Naissance d’Ineka le 4 octobre 2017

Namaste,

Je souhaitais avant tout remercier Martine et le groupe pour la belle rencontre du stage d’automne à Gretz. Votre énergie m'a réconfortée et accompagnée dans cette première expérience de l'accouchement.
Je tenais à vous fait part de mon témoignage.

Le dimanche 01/10 (soir du stage) nous nous sommes rendus aux urgences pensant que j'avais perdu les eaux. Fausse alerte.

Les deux jours suivants j'ai eu pas mal de contractions très supportables. J'ai repris les différentes postures apprises durant le stage notamment, la posture du héros, le grand geste de l’univers, l'enracinement accroupie et sur le ballon, le palmier et surtout la respiration de la vague et la relaxe de l'abandon à la terre (mention très bien!!)

Mardi 03/10 21:30 soir de pleine lune, je dis à Laurent mon compagnon tiens toi prêt, c est le jour J !

Les contractions étaient de plus en plus rapprochées et concentrées au niveau des reins.
J'ai donc pratiqué les postures chien-chat et le palmier pour m'étirer. La respiration abdominale "force dans les reins" et dans les lombaires en position accroupie m'ont aussi bien soulagée.
Après 3 bains et moult 8 de l’infini, accroupie et sur mon ballon nous prenons la route à 05h15.

Arrivée à l'hôpital à 05h35, je me fait gronder par la sage-femme qui m'indique que j'aurais pu accoucher dans la voiture...col ouvert à 8cm!

On m'installe à 05h50 et le travail commence comme je le voulais par voies naturelles et sans péridurale !
Je m'abandonne à la nature en fermant les yeux. Mon cher et tendre Laurent me tient la main en silence. Il cale sa respiration sur la mienne.
Je récite dans ma tête le mantra "Om aim hrim om" et me laisse traverser par cette force. Je fais confiance à mon corps et accueille chaque contraction comme un pas de plus vers ma fille.
Après 4 /5 intenses poussées, Ineka voit le jour le 04/10/17 à 06h14.

Om!


Stéphanie

Naissance de Robin le 12 novembre 2017

Après une semaine de stage de yoga maternité EVE à Evian


Voici un petit récit de cet accouchement avec les points dont je me souviens (c'est à dire, sûrement pas tout....)

Le samedi 11.11 dernier, nous avons décidé de dîner au restaurant en pensant que ce serait une des dernières soirées à deux que nous aurions. L'accouchement était prévu pour le 23.11, mais sait-on jamais...
Le dîner a été délicieux mais émaillé de tensions assez fortes dans le ventre. Ne sachant faire la différence entre le bébé qui s'étire et de réelles contractions, je ne me suis pas vraiment formalisée (même si mon mari trouvait mon ventre bien dur...).
La nuit a ensuite été parfaite et bien calme.

Le lendemain matin, réveillée vers 8h avant mon mari, je suis allée nettoyer le box de nos chevaux et des volailles. J'ai senti que mon ventre s'agitait un peu mais sans plus.
Je suis retournée réveiller mon mari vers 9h (alors qu'il se lève toujours le 1er d'habitude!) pour lui dire qu'il faut déjeuner et peut être se tenir prêt pour partir à la maternité. Il a sauté du lit!
Le temps qu'il prépare le petit déjeuner, je suis retournée dehors voir nos animaux et marcher quelques minutes. Je suis remontée un peu plus tard avec le sentiment plus concret que quelque chose venait de démarrer.... Mais sans me dire que c'était vraiment l'accouchement. En tous cas, incapable d'avaler la moindre bouchée de mon petit déjeuner!
Et là, j'ai eu quelques contractions un peu plus sérieuses qui m'ont forcées à me mettre à genoux. Toujours pas de vrai prise de conscience pour moi. Nous avions tout organisé pour que j'accouche à Strasbourg, soit à 3h de route et j'étais bien décidée à ce que nous prenions la voiture pour y aller!
Seulement, le temps que Martin emmène les bagages dans la voiture (tout était déjà prêt, restait seulement à tout mettre dans la voiture et à protéger un siège au cas où...), les contractions avaient lieu environ toutes les 30 secondes à 1 minutes. Pas vraiment douloureuses d'après mon souvenir mais par contre assez brutales, me faisant me mettre à genoux pour chacune. Entre chaque, j'ai pensé à rassembler encore d'autres affaires et j'ai préparé la chambre pour mon père qui devait venir à la maison pendant notre absence.
La poche des eaux a fini par se rompre et j'ai dû revoir notre voyage à la baisse: nous irions non pas à Strasbourg mais dans la maternité voisine (seulement 15 minutes de route). Mon mari en a été très soulagé!!

Encore quelques allers-retours de sa part vers la voiture, pendant que les contractions battaient leur plein m'obligeant rester dans l'appartement au lieu de rejoindre la voiture comme prévu. Je n'avais toujours pas pris conscience de ce que le travail était vraiment lancé et que les choses "sérieuses"avaient commencé. Je profitais de chaque pose pour marcher un peu dans l'appartement. Le chien et les chats me surveillant d'un air endormi mais bien présents.

Puis, j'ai décidé d'attendre la prochaine pose pour mettre mes chaussures et partir. A ce moment là, j'ai senti que les pieds du bébé étaient, non plus sur le coté à hauteur du nombril comme pendant la grossesse, mais à la verticale, proche du plexus solaire et en train de remuer pendant que "quelque chose" bougeait dans mon bassin et se tournait profitant d'une pression un peu réduite. Je me souviens de cette sensation qui m'a amusé et m'a fait rire béatement.
Ça n'a duré que quelques secondes puisque déjà les contractions reprenaient peut être encore un peu plus fortes qu'avant et avec un besoin impérieux de "pousser".

Quelques minutes (ou secondes??) plus tard, la tête était là et mon mari par bonheur a juste eu le temps de se pencher pour attraper Robin.
Robin a râlé puis presque tout de suite pleuré.
Encore 2 ou 3 contractions et tout le placenta était expulsé. Nous l'avons mis dans un tupperware sans couper le cordon et Martin nous a mis au chaud dans le lit le temps de nettoyer un peu le "champs de bataille".... Il était environ 10h30.

Nous nous sommes mis en route un peu plus tard pour aller à la maternité où nous avons été pris en charge par une équipe peu habituée à ce mode d'accouchement mais très dévouée! Nous avons été le seul accouchement de la journée!

Quel beau souvenir et comme la nature a bien fait les choses! Le planning était parfait et le déroulement aussi!
La remise en forme physique a été presque aussi rapide que l'accouchement, quel bonheur!

Merci au yoga (même si je ne l'ai pas entretenu assez régulièrement pendant la grossesse) et aux partages qui ont eu lieu pendant le stage pour me permettre de me préparer sereinement!

Naissance d’Emmie le 5 novembre 2017

Petit réveil habituel dimanche matin vers 4h, pour un pipi! Et comme d'habitude aussi pas possible de me rendormir tout de suite, je patiente donc... Respiration de la vague, détente pour ne pas gamberger et me rendormir...
Au bout d'une 1/2h ou 1h, une contraction, pas comme les autres, celle-là je la sens, ça n'est pas mon ventre qui se durcit, pas comme d'habitude.
Puis une autre...
Je pense alors au yoga, et si c'était le début ? Commence à te mettre dans ta bulle.
Je ne réveille pas pierre, c'est largement supportable et j'ai envie d'attendre d'être sûre...
Je vie ces contractions, qui se rapprochent les unes après les autres, elles me confirment le début du travail, ne sont pas douloureuses.
Je suis bien dans notre lit.
Je regarde l'heure, 5h45 et décide de réveiller Pierre : "la journée commence maintenant pour nous mon chéri".
Il sourit, comprend.
Mes parents sont là, ils étaient venus passer qqs jours pr m'aider à la maison et...au cas où, pour garder le gd. Ils dorment encore.

Avec Pierre, nous décidons d'aller prendre le petit déjeuner dans la cuisine, nous "briefons" les affaires et la matinée.
Je prends mon petit déjeuner en faisant des pauses pr les contractions.
Je mets une galette physiomat sous mes fesses sur la chaise pr retrouver les sensations du ballon.

A 7h environ notre fils Clément se réveille de bonne humeur...
Nous lui expliquons que sa sœur a décidé d'arriver aujourd'hui.
Il est tout content et aimerait venir avec nous à la maternité lui aussi !

Mes contractions sont déjà plus intenses et plus rapprochées, je reste au maximum dans ma bulle mais pas facile avec le gd qui me regarde interrogateur, je le rassure, et décide de retourner dans notre chambre avec le ballon, lorsque mes parents se réveillent à leur tour.

Pierre fait des allers retours entre moi et le reste de la famille dans la cuisine.
Les contractions se rapprochent encore. J'ai besoin de m'appuyer les mains sur le ballon pour basculer le bassin en avant et le dos en arrière.
Quand Pierre est là, il s'assoit sur une chaise derrière mon dos, et il soutient mon appui contre lui au moment des contractions, elles sont alors moins intenses c'est fou.
Il ne peut malheureusement pas rester tt le temps, car Clément nous réclame, il veut me faire une caresse.

Je plonge, à chaque contractions dans une respiration très profonde et très basse dans le bassin, et je commence à sentir très fort l'énergie apana?

Pierre revient, et je lui demande si l'on va à la maternité, il me propose de rester encore un peu...
Mais le travail s'accélère, l'envie de pousser se fait sentir, je lui dis : Pierre, elle arrive!

Un peu démuni, il court se laver les mains, prêt... Au cas où !
Nous sommes un peu maladroits et la situation me sort un peu de ma bulle.

Il prend la décision de partir à la maternité, fermement avec moi, je l'écoute, et entre des contractions très intenses où je m'accroche à son cou, et des envies de pousser, je ne sais quelle ressource me fait presque courir à la voiture, épaulée par mon papa.

Encore une devant la voiture, je m'accroche à la poignée, puis saute à l'arrière, a 4 pattes, en cramponnant l'appui tête de toutes mes forces.

Nous voilà partis, durant le trajet, je parle à Emmie, et lui dis : attend, attend, attend, attend,...
Car je la sens, vraiment très près de nous !!!

Pierre ralentit pour les passages des 2 dos d’âne de l'hôpital. Je me dis qu'On y est presque !
Il a appelé les urgences et la maternité pour les prévenir durant le trajet.
On stoppe, il klaxonne devant le sas des urgences !
J'entends des voix, des infirmières arrivent et me demande de sortir de la voiture, je les envoie bouler, et leur dit que notre fille est là, elle arrive, impossible pour moi de sortir.
Mon mari leur demande d'appeler une sage-femme, qui arrive dans la seconde.

Je sens ses mains, les champs stériles, ça y est je peux tout laisser aller, lâcher prise ! en 2 contractions Emmie est sortie sur les sièges arrière de notre voiture !
Pr ne pas qu'elle attrape froid, ils la rentrent vite, puis c'est à mon tour.
Nous nous rencontrons au chaud à l'intérieur, tous : avec Emmie mais aussi avec l'équipe!

Pas de monito, pas de perf d'ocitocyne, une expulsion du placenta sans artifice...Emmie est arrivée à "environ" 8h45, (car personne n'a regardé l'heure) le 1000eme bébé de l'année à la maternité !

Je ne m'attendais pas une arrivée aussi rapide, et pourtant, les rêves, le yoga mat..

Tout s'est très bien déroulé à la seconde près...

Et du haut de ses 3kg630 Emmie est en pleine forme, nous rentrons à la maison après 2 j à la maternité.

Et ceci grâce aux cours de yoga Christine, au stage d'une semaine en juillet avec Christine et Martine, à ma sage-femme, à mon mari, d'une sérénité et d'un calme à toute épreuve, à mon entourage pdt cette grossesse. Merci à Emmie et à son gd frère a qui elle ressemble beaucoup !


Grosses bises et beaux accouchements aux futures mamans!


Pauline

La naissance de Pierre dont la maman Sophie a été préparée par Juliette Pelloux sage-femme formée à l’école EVE Evian.

Depuis mardi soir, je reconnais les contractions qui ont fait naître Alma. Elles sont toutefois irrégulières, moins douloureuses que dans mon souvenir et elles s'estompent dans le temps, si bien que j'arrive à m'endormir tout en sachant que la naissance de mon bébé est proche.
Le lendemain matin, je veux rester dans la vie quotidienne et faire tout ce que j'ai prévu malgré les contractions : aller à la pharmacie, la poste, faire des photocopies... À midi, lors du repas, je signale à Christophe que les contractions se précisent et deviennent plus douloureuses mais que nous irons, comme convenu, au cinéma puis à la banque. Certes, je ne vois pas tout du film, je dois me concentrer sur cinq contractions en 1h40 que dure la séance, et pendant le rendez-vous à la banque, la conseillère me laisse tranquillement respirer à plusieurs reprises quand les contractions montent.
Depuis quelque temps, nous avons prévu avec mes sœurs et ma cousine de dîner ensemble au restaurant. Je souhaite du fond de mon cœur profiter de ce moment avec mon trio de sœurs, qu'Anne nommera le lendemain « mon choryphée ». La soirée et la conversation suivent leur cours, je me concentre sur les contractions toutes les 15 minutes environ, puis de plus en plus souvent. Sous cette lumière de la lune, par ce soir d 'été, mes sœurs m'accompagnent discrètement dans ce travail de mise au monde et je me connecte à une force féminine ancestrale, dans laquelle je suis ancrée et en même temps, qui me dépasse : nous partageons quelque chose de profondément intime et universel.
À la fin du repas, Anne me raccompagne à la maison vers Christophe. Je veux être dehors et à pied, sous la lune, pouvoir toucher les arbres lors des contractions.
À la maison, je dis à Christophe de dormir, je l'appellerai en temps voulu. Je règle les affaires courantes : Claire viendra garder Alma avec Simon quand nous l'appellerons. Puis je me consacre, seule, à mon travail de dilatation.

Durant tout le travail, je me connecte à des images, des totems, parfois consciemment, mais sur la fin, sans y penser, je demeure liée à ces alliés.
Bien sûr, il y a le « choryphée » qui m'accompagnera jusqu'au bout, même après la soirée.
Puis, la lune, avec sa lumière froide, n'a rien de spécialement réconfortant, mais je fais circuler sa lumière en respirant.
Ensuite, durant le trajet à pied, je m'appuie aux arbres quand s'annonce la contraction. Je savoure leur chaleur et je sens la sève qui boue et traverse mon corps, c'est une expérience intense et agréable.
J'en appelle encore à la louve rencontrée lors d'une méditation il y a un an avec une amie. Je demande à la louve de m'aider. J'accepte sa cruauté. Je ne sens pas particulièrement la présence de la louve mais je me rappelle son information : accepter de laisser mourir quelque chose pour faire rejaillir la vie.
Lors de la première contraction après avoir percé la poche des eaux, je me connecte à Christophe. Physiquement, je suis lovée en lui, je vomis de douleur mais j'apprécie sa chaleur, son ventre, sa main et malgré la douleur forte à ce moment-là, je suis heureuse de me sentir proche de lui, de partager, sans qu'il le sache peut-être, la douceur et la force.
Portée par ces connexions, je m'applique à retrouver les techniques découvertes lors des séances de yoga.

Je cherche à rentrer dans la contraction, sans y échapper, dès qu'elle s'annonce, le plus souvent au début du travail, par des respirations de la vague : sur l'inspiration, je fais circuler depuis le dessus de ma tête jusqu'aux pieds, soit de l'eau, soit la lumière de la lune, soit de la douceur, pour moi et mon bébé ; sur l'expiration, je puise la force depuis le sol sur mes appuis et je la fais remonter dans le ciel, au-delà de moi. Je me sens présente à l'univers et à la terre. Cette respiration dilue la douleur dans mon corps. Entre les contractions, j'essaie de me concentrer sur l'énergie qui a été déployée pour la diluer dans mon corps à nouveau.

Plus tard je fais le son ÔM, grave, pour faire vibrer mon utérus, ce qui me fait beaucoup de bien. Puis la signification du ÔM s'impose - du moins ce que j'en ai compris.
Dans l'unité de l'univers, il y a, entre autres, mon corps, réceptacle et traversé par l'univers et toutes ses forces. Dire ÔM me rappelle cette appartenance. Ma douleur est alors répartie dans l'infiniment grand et l'infiniment petit. Elle n'est pas une souffrance mais une intensité à vivre pleinement. Avec le ÔM, je suis ici et maintenant, mais ici et maintenant s'étirent. La douleur est vaine comme souffrance, elle demeure douleur mais se mue en une intensité lumineuse qui me rend heureuse, heureuse de cette force, de ce mystère malgré tout rassurant, de l'extraordinaire, de l'accueil à venir de mon enfant.
A posteriori je me fais la réflexion que, tout comme pour la peur ou la colère, on peut distinguer la cause de la réaction à la cause. S'il peut y avoir des raisons objectives et bien réelles d'avoir peur, je suis le seul auteur de ma peur. De même s'il y a une douleur bien réelle durant le travail de dilatation, je suis le seul auteur de ma souffrance, si bien que je peux m'éviter cette souffrance. Le ÔM m'aide à transformer la douleur en force de vie.

L'essentiel du travail de dilatation a lieu à la maison. Quand je me sens prête, j'en informe Christophe qui appelle ma sœur Claire et dépose les affaires dans la voiture. Dans l'escalier je croise Claire et Simon mais reste concentrée sur mes contractions. Je me déplace en appui sur Christophe, qui me guide ; j'ai confiance.
J'avais redouté le trajet car pour mon premier accouchement il avait été long et éprouvant. Pour mieux le vivre, je le passe à dire ÔM, pour l'essentiel.
Arrivée à la maternité, la sage-femme, Julie Moulin, m'accueille. Tout est calme. À la première contraction en sa présence, je m'appuie contre le mur et me concentre sur une respiration de la vague. Elle me félicite et me dit que je gère très bien la contraction, c'est encourageant.
Je lui explique que je souhaite éviter la position couchée car elle me rend les contractions plus douloureuses. Elle l'accepte très bien. Je m'allonge seulement pour l'examen : le col est dilaté à 5-6, je m'attendais à plus, mais c'est déjà bien. Quand Christophe arrive dans la salle d'accouchement, les contractions sont très rapprochées. Je perce la poche des eaux et la contraction qui suit est très intense, j'en vomis de douleur pendant un temps qui me paraît très long mais je suis réconfortée d'être blottie contre Christophe.
Je me déplace pour m'appuyer les mains contre un meuble. Je sens une pression sur mon périnée, je sais que mon bébé va bientôt venir au monde. Je souhaite laisser faire mais cette poussée est plus douloureuse que dans mon souvenir de mon premier accouchement et je n'ai plus beaucoup de forces dans les jambes. Je m'accroupis, la sage-femme approche un gros ballon pour que je puisse m'appuyer dessus. Je tiens la main de Christophe. Lors des contractions, soit je laisse faire la poussée, soit j'expire doucement en faisant comme si je baissais mon diaphragme pour faire descendre le bébé. Parfois je suis fatiguée et j'y arrive moins bien. La sage-femme me fait toucher le dessus du crane du bébé, je sais alors que le travail avance. Je sens sa tête sortir, puis les épaules, c'est tellement étrange et fascinant de démouler un petit être humain !
Quand le bébé est prêt de sortir, la sage-femme me propose de l'accueillir et oriente mes mains : je peux accueillir mon enfant quand il sort, c'est une très grande émotion, un moment fort de tendresse, je suis tellement heureuse lui souhaiter ainsi la bienvenue, je le porte contre mon cœur et le présente à son père. C'est un garçon : c'est Pierre. Toute la douleur est vaine, oubliée, dépassée, l'essentiel est là entre mes bras.

Le lendemain, ma sœur Anne me rappelle la soirée extraordinaire que nous avons passée ensemble au restaurant, elle nomme ce trio de sœurs mon choryphée, qui m'a accompagnée jusqu'à la porte de mon mari et remise à lui.
Claire, dans une carte à Pierre, lui écrit : "petit Pierre a ouvert la porte du jardin".
Simon et Célestin, mes neveux, me demandent, lors de leur rencontre avec Pierre, s'il porte les clés du paradis.
Je crois que nous portons tous un peu ces clés et que nous savons ouvrir des portes. Petit Pierre a été celui qui a su me l'enseigner.

Cléo le 2 juin 2017

Prélude

Le 1er juin 2017, j'ai une séance d'acupuncture. Nous sommes à une semaine du terme. Pour moi, il s'agit de préparer le terrain pour l’accouchement. Je dis à Pauline, la sage-femme-acupunctrice, que je ne souhaite pas que le bébé vienne en avance. Nous ne sommes pas encore prêts matériellement, et Marc le papa espérait participer à un stage artistique de quelques jours le lendemain. Et puis, j'ai envie de profiter de la fusion avec le bébé jusqu'au bout. Pauline rétorque que je peux accoucher maintenant, qu'il faut que je lâche, que j'accepte l'idée de m'en séparer. Que les femmes qui ne lâchent pas n'accouchent pas et dépassent le terme, et alors on les déclenche. Elle a un discours insistant, me met un peu la pression.
Pendant la séance, j'ai l'impression qu'elle met le paquet. Elle insiste sur les points, c'est même douloureux.
Après la séance, je flotte. Je fais une sieste en rentrant chez moi.
En me levant, une heure après, je ressens un écoulement. Je pense que c'est vaginal. Un peu plus tard survient un deuxième écoulement, puis un troisième. Nous appelons le bureau des sage-femmes. Nous devons nous rendre à la maternité.
Je prépare mes affaires, prends une douche. Je suis perturbée. Pour moi, ce n'est pas le moment. Je ne peux m’empêcher de penser que j'ai été déclenchée par la sage-femme-acupunctrice.

Arrivée à la maternité

Arrivés à la maternité, nous faisons deux tests pour vérifier qu'il s'agit bien de liquide amniotique. Les tests sont positifs. Nous devons rester. Une sage-femme nous accompagne dans une chambre pour faire un monitoring. Il me semble interminable. Je suis dans une position inconfortable, j'ai mal au dos. J'ai des contractions, je n'avais jamais réussi à les identifier jusque là. En fait, ces derniers jours j'en avais eu, je pensais alors que ces douleurs étaient dues à un mauvais placement du bébé, trop près des côtes. Les contractions ne sont pas assez régulières ni rapprochées. On nous installe dans une chambre pour la nuit. Il doit être 23h.
J'ai des difficultés à m'endormir, à cause des contractions et de l'agitation mentale. Cette histoire d'acupuncture me travaille.
Je me réveille vers 3h30 avec des contractions régulières, fortes et rapprochées. Je gère les contractions comme je peux. J'essaie la respiration de la vague, la respiration-détente de l'utérus. Je visualise l'ouverture du col. J'ai besoin de rester assise et verticale. Deux fois j'ai envie de vomir, la troisième vers 6h30. C'est de la bile qui sort.
Nous appelons les sage-femmes. On refait un monitoring, elles examinent le col. Les contractions sont régulières, rapprochées. Le col est ouvert à un doigt. Nous pouvons aller en salle de travail.
Nous choisissons la salle 5 avec la liane, la fenêtre, l'air climatisé.

Le travail

Je continue à gérer les contractions en restant assise. Je m'intériorise. Je reste concentrée sur ce qui se passe. Je me laisse traverser par la vague. Je la sens arriver, je me détends le plus possible, je ne résiste pas.
Ca prend au ventre, ça donne la nausée. Je sens clairement que ça monte en intensité, puis ça redescend. C'est assez rapide en effet, ça ne dure pas. Je gère une contraction à la fois, et ressens le bien-être de la détente qui suit. Je garde les yeux fermés. Je me sens traversée par l'intensité de la sensation, un peu comme après une longue séance de méditation Vipassana. Mes yeux restent mi-clos, mon regard est lointain. Je me sens ailleurs, sur une autre planète.
Je n'ai pas envie de bouger beaucoup, juste rester verticale.
Au bout de deux heures, le col a peu changé. La sage-femme (une autre Pauline !) me propose de prendre un bain, et me donne de l'homéopathie à prendre tous les quarts d'heure. Le bain me détend.
Retour sur la table, toujours pas envie de bouger. A nouveau deux heures passent.
Nouvel examen, le col s'est encore un peu dilaté. La progression est lente. Pauline m'encourage à me mobiliser. Elle souhaite que la poche des eaux se rompe.
Elle me montre des mouvements sur le ballon : sur les côtés, en avant, en arrière. Je fais aussi des cercles avec le bassin et le mouvement de l'infini.
Je fatigue au bout d'un moment. Je me lève du ballon et me penche en avant sur le lit pour laisser passer une contraction.
La poche des eaux se rompt. C'est impressionnant tout ce liquide chaud, toute cette pression vers le bas. La force d'apana.
A partir de là, les sensations s'intensifient.
La sage-femme vérifie le rythme cardiaque du bébé. Il est constant. Elle s'exclame: "ce bébé est imperturbable !".
Je m'allonge sur le côté gauche en position semi-assise et je rentre dans ma bulle.
Marc est à mes côtés. Je suis heureuse de sentir sa présence. Je n'ai pas envie qu'il agisse. Juste sentir la douceur de sa présence, son soutien. Il me caresse la main. Il est là.
J'essaie de rester le plus détendue possible lorsqu'une contraction me traverse.
Mon corps ne m'appartient plus. Ça devient TRÈS intense.
Cette phase dure un bon moment (une à deux heures).
Puis l'impression que la contraction "pousse" toute seule vers le bas.
Je sens que ça pousse au niveau du rectum.
Nous appelons la sage-femme. Nouvel examen : je suis à 6,5 ou 7cm.
Je continue à ressentir la montée de l'intensité, et à gérer de la même façon.
En observant et en détendant.
J'essaie la respiration de la vague.
C'est difficile et j'ai l'impression que ça ne m'aide pas.
Idem pour les visualisations.
J'essaie l'ouverture du col, la respiration abdominale et vaginale, l'onde de détente bleue pour aider le bébé à descendre.
Ca me demande beaucoup d'effort mental.
Je pense que j'aurais eu besoin de m'entrainer davantage.
Les contractions "poussent" de plus en plus vers le bas.
La sage-femme m'examine : le col a disparu.
Elle appelle une autre sage-femme et une auxiliaire de puériculture.
Elles sont trois à nous accompagner pour accueillir notre bébé.

L'expulsion et la délivrance

On me laisse le choix de la position.
J'essaie à quatre pattes, puis allongée sur le côté gauche.
Besoin de l'aide de la pesanteur. Je me mets à genoux, suspendue à la liane.
Pauline me dit de pousser de toutes mes forces. Je n'ose pas, je préfèrerais que ça se fasse dans la détente. J'ai peur de la déchirure. Elle me dit de ne pas m'en soucier. J'essaie de pousser en faisant "hissssssss", comme dans les préparations à la naissance. Ca n'est pas suffisant.
Je commence à mettre de la voix pour accompagner la poussée. Je chante, je crie.
Je me suspends à la liane.
Je pousse pendant peut-être 6 ou 7 contractions. Peut-être davantage. Ca me semble long. Je suis fatiguée. Les sage-femmes m'encouragent, me disent que je travaille bien.
Finalement, elle voient des cheveux ! Je les touche. Ça m'encourage.
La contraction suivante, je pousse de toutes mes forces. J'en ai assez, j'ai envie que ça cesse !
Le bébé sort. Je sens son corps passer d'un coup.
Elle est sous moi. C'est une petite fille !!!!!!!
Il est 15h53.
Instant magique : le bébé et moi en peau à peau, Marc à nos cotés. Elle trouve le sein.
Sentiment de plénitude.
Malheureusement le travail n'est pas fini, il y a encore l'expulsion du placenta.
Je suis à bout de forces, je n'y arrive pas.
Marc prend le bébé (nous ne l'avons pas encore nommée) en peau à peau.
Finalement c'est la sage-femme, avec mon accord, qui m'appuie sur le ventre pour faire sortir le placenta. Je n'en suis pas capable, elle m'a laissée un long moment pour y parvenir seule.
Je retrouve le bébé et Marc. Nous restons deux heures dans la salle avant de regagner notre chambre.

En guise de conclusion

J'ai vécu un très bel accouchement.
Le plus important pour moi était d'offrir à Cléo une naissance naturelle et sans violence, d'où mon choix de ne pas avoir recours à la péridurale. Je me considère très chanceuse d'avoir vécu un accouchement sans problème. Le seul petit bémol est la séance d'acupuncture qui pour moi a provoqué la fissuration de la poche des eaux, à une semaine du terme.
On m'a rassurée en me disant que si le corps et le bébé ne sont pas prêts, l'acupuncture ne peut rien faire. Tout ce que je souhaite, c'est que Cléo ait bien vécu sa naissance, et qu'elle était prête à venir nous rejoindre.
Un grand merci à Martine et son accompagnement dans le yoga maternité.
Le stage que nous avons suivi avec toi ainsi que tes livres m'ont donné une meilleure conscience du bassin et permis d'affiner ma sensibilité.
Je pensais utiliser plus de techniques le jour de l’accouchement, je ne m'attendais pas à rechercher l'immobilité. Au final, c'est le lâcher-prise qui m'a le plus aidée.
Avec plus d'entrainement, j'aurais davantage tiré profit des exercices de visualisation, qui me demandaient trop d'effort mental pendant le travail.
Mais je suis convaincue que les exercices de yoga m'ont aidée à me préparer à l'accouchement, aussi bien physiquement que psychologiquement.
Merci aussi à la méditation Vipassana car j'ai su observer la douleur sans y réagir.
Et merci à Cléo de nous avoir choisis et d'illuminer nos vies.

La naissance de Cléo

Vue par Marc.
Le 2 juin à l’hôpital de Tourcoing.


C’est le matin. L’intensité augmente.
Emilie se retire en elle même.
Quand une contraction arrive, elle ferme les yeux et penche un peu la tête.
Elle respire.
Immobile.
Impassible.
Elle observe l’intensité qui vient et qui s’en va.

Toutes les techniques apprises en stage avec Martine ou pendant la préparation à l’accouchement ont disparu.

La respiration de la vague, la pluie de pure énergie, les mouvements de l’infini, la sophrologie, les prolongements, les postures sur ballon, les notes dans les carnets, les exercices des bouquins, les conseils des magazines, les témoignages des copines, les dizaines d’heures d’enregistrement de stage…

Tout ce que nous avions entassé ces derniers mois pour nous préparer au voyage.
La première vague arrive et emporte tout.

Tout, sauf la méditation.
Inscrite en elle par des années de pratique, Emilie la trouve sans avoir à chercher.

Sur l’écran du monitoring, la courbe grimpe.
Je regarde Emilie.
Elle baisse un peu la tête.
Ses yeux sont fermés.
Elle ne bouge plus.
Elle respire doucement.

Sans prévenir, elle entre-ouvre les paupières et redresse la tête.
Je regarde le monitoring.
La courbe plonge.
Le pic est passé.

Chaque contraction, c’est la même chose.

Moi, je veux me rendre utile. Agir.
Je veux l’encourager, la réconforter, lui caresser le dos ou lui masser épaules.

Elle dit que ça perturbe sa concentration.

J’arrête. Je me tais. Je range le brumisateur.
Je m’occupe de la musique.
Elle me demande parfois une petite gorgée d’eau.
J’ai le droit laisser mes doigts posés sur les siens.

Pendant quelques heures, je suis chargé d’une mission par les sages-femmes.
Je suis responsable de la distribution des petits granulés homéopathiques.
Une dose toutes les quinze minutes.

Alors je reste assis sur un tabouret à roulettes.
Enveloppé dans ma blouse de papier bleu, je surveille l’horloge.
J’observe le monitoring. Et je regarde Emilie.

Plus les contractions se rapprochent et s’intensifient,
Plus elle disparaît à l’intérieur d’elle même.

Et plus je me sens démuni.

J’avais cette image du compagnon formidable.
Celui qui dit les phrases justes de sa belle voix forte.
Celui qui sait où poser ses mains pour soulager.
Celui qui supervise les opérations et dirige les exercices de gestion de l’intensité.
Celui qui sert de médiateur entre madame et l’équipe médicale.

Et me voici assis sur mon tabouret à roulettes.
Sans rien à dire ni rien à faire.

Je me souviens qu’on nous avait parlé de la vague et du rocher.

C’est exactement ça.
Sauf que dans l’image qu’on nous avait décrite, la vague pouvait se déchaîner parce qu’elle savait le rocher à ses côtés, solide et immuable.
Quelle drôle d’idée...

Je m’imagine petit caillou face aux mouvements massifs et mystérieux de l’océan.
Je vois la vague qui surgit, roule, gronde, s’écrase, disparaît, et revient…

Comment le rocher pourrait-il croire qu’il est nécessaire à la tempête ?
Comment pourrait-il imaginer que c’est lui, minuscule grain de la plage, qui autorise la vague à jaillir de l’océan ?

Tout comme la mer ignore le petit caillou qu’elle ballotte,
La mère ignore celui qui se prenait pour un admirable rocher.

Je suis assis sur mon tabouret à roulettes,
Inutile à l’incroyable événement qui advient devant moi.
Je me sens impuissant. Démuni.
Mais aussi plein de gratitude pour cette prodigieuse leçon d’humilité.

Car Emilie gère parfaitement les heures qui passent,
L’intensité qui augmente.
Les sages-femmes sont impressionnées.
L’une d’elles lui dit : « C’est bien ce que vous faites madame. »
Emilie reste impassible.
Elle respire, les yeux fermés, le menton légèrement baissé.
Alors la sage-femme se tourne vers moi : « Il y a des dames qui à ce moment là ne gèrent plus rien du tout ! »

Alors quoi ?
Est-ce que je souhaiterais que, comme tout le monde, Emilie ne gère plus rien du tout ?
Comme ça je pourrais entrer en action, parler fort, bomber le torse, sauver la situation, briller dans la salle de travail…

Pourquoi devrais-je me lever de mon tabouret à roulettes ?
Et surtout pour qui ?
Pour elle ? Ou pour moi ?
Elle, elle n’en a pas besoin…

Parfois elle ouvre les yeux.
Et parfois, elle me sourit.
Alors je me sens mieux.
C’est incroyable… c’est elle qui s’occupe de moi.

Elle est si forte.
Le bébé est si proche.
J’en ai les larmes aux yeux.

D’autres heures passent.
La poche des eaux craque.
Les contractions se déchaînent.
Le « travail » se termine.
L’accouchement commence.

Emilie quitte le silence.
Elle est à genoux.
Tout le monde s’occupe d’elle.
Mes mains font parties de celles qu’elle serre.
Ma voix fait partie de celles qu’elle entend.

Et puis soudain il y a une personne de plus dans la salle de travail.
Une petite fille est apparue d’un coup.
J’ai cette impression étrange qu’elle est tombée du ciel.

Cléo est là et je pleure.
Je ne pleure pas longtemps mais je pleure comme rarement j’ai pleuré.
On pleure à deux, avec Cléo.
Peut-être parce qu’à ce moment là,
On est les seuls à n’avoir rien de mieux à faire.

Merci Cléo et Emilie,
Pour ce jour où j’ai tant appris.

Naissance de Julie

Vendredi 14 Avril se présente comme une journée faste !
Je me réveille sereine et en forme. Mon bébé bouge tranquillement comme tous les matins.
Le soleil est au RDV. Je prends le temps d'accompagner Rachel à son école puis je range la maison.
Je sents le besoin de mettre une touche d' « ordre » avant les vacances de Pâques mais n'y prête pas plus attention que cela.
Le midi, je pratique mon dernier cours de Yoga avec Catherine Prime. L'énergie est bonne. Je resssents un mélange agréable de mollesse, lenteur, suspension du temps surtout dans les changements de positions qui me paraissent très longs !
Après le yoga, je craque pour un sandwich et surtout deux grosses pâtisseries au chocolat avant d'aller chez la coiffeuse. Nous blaguons sur le fait de perdre les eaux dans leur salon ! Elles ont la frousse, mais « que nenni » leur dis­je, « je sents bien que le bébé ne va pas venir maintenant ! »
En rentrant, je passe à la boulangerie acheter quelques œufs de Pâques pour Rachel. Soit on les cachera ce week end dans l'appartement, soit je les glisserai dans ma valise pour la maternité.

Tout est prêt ! J'ai besoin d'entammer les vacances avec Rachel et Damien dans une totale disponibilité d'esprit, ne pas avoir à me préoccuper de l'aspect matériel pour vivre pleinement ces derniers moments à trois !
Rachel et Damien rentrent de l'école. Ils m'offrent une rose rouge cueillie dans le jardin de l'école. Ce petit geste et l'odeur suave de la rose me font beaucoup de bien.
Nous passons une agréable soirée en famille. Je glisse discrètement à l'oreille de Damien, que
« tout est prêt, le bébé peut venir quand il le souhaite. Mais, s'il peut attendre quelques jours, c'est bienvenu pour pouvoir se reposer, n'est­ce pas ?!»
Je sents alors un grand sourire dans mon corps. Je le reçois mais ne pense pas à un pré­signe !
Le soir avant de me coucher, je parle à mon bébé et masse mon ventre en comptant sur les 5 doigts des mains pour lui proposer de naître dans 5 jours, i­e, mercredi soir, lorsque Marion sera présente à la Mutualité !
Finalement, mon bébé fera signe dans 5 heures mais je ne le sais pas encore !

Je dors d'un sommeil profond, puis vers 4h Rachel m'appelle pour aller aux toillettes. Je l'accompagne, me recouche mais n'arrive pas à retrouver le sommeil.
Puis vers 5h, un mal de reins me fait d'abord penser au bébé qui doit être mal positionné. Je le caresse un peu. La gêne ne passe pas. Je me lève, passe aux toilettes et me dit malicieusement que j'ai du faire trop d'excès de chocolat la veille encore une fois !
Le mal de reins reste présent. Je n'est pas envie de me recoucher ;
Je bois un verre d'eau dans la cuisine et me mets à allumer toutes les lumières, salon, bureau et hall d'entrée!!! Inconscienmment, je prends mon ballon et commence à faire des mouvements de l'infini au milieu du salon en me disant que ce ne doit pas être ça, je n'ai pas de contraction... !
Cependant, je me rends compte que je fais différents mouvements et étirements désordonnés en me questionnant toujours sur la faisabilité ou non d'un possible accouchement maintenant ...
Les premières ondes de contraction arrivent mais je n'y crois pas vraiment.
Je parle à mon bébé :
« Déciderais­tu de venir maintenant ? »
« Ton jour serait­il le 15 avril au petit matin ? »
« Ton signe serait Bélier comme moi ? »
J'entends intérieurement le corps médical me prévenir d'un accouchement rapide car mon col est effacé, et qu'il faille aller à la maternité dès la seconde contraction... mais, je ne suis vraiment pas sûre que ce soit cela, enfin peut être…

Bon, avec toutes ces questions qui trottent, il est déjà 5h30. Je décide de prévenir Damien au cas où... Il dort. Doucement je l'appelle et m'assoie à ses côtés.
« Damien, je pense que notre bébé veut venir maintenant, mais je ne suis pas sûre ! »
« Tu as des contractions ? »
« Bah oui, mais pas vraiment... » Et là, une onde me traverse le corps et je plonge dans ma vague. J'entends Damien me dire que « Si, c'est ça ! Comment veux tu que je fasses ? »
« Eh bien, je vais prendre une douche. Appelle Judith (une amie) pour venir garder Rachel »
Pour moi tout roule ; la chaleur de l'eau me détends et je sents que je plonge de plus en plus profondément dans une énergie du corps, une certaine tranquillité et jouissance de savoir que le moment de la naissance arrive !
Damien me dit que Judith ne répond pas à deux fois. Il a prévenu Rachel et tente d'appeller Marie­France, notre voisine. Elle se prépare et arrive. Soulagement pour nous deux.
Je lui propose de prendre aussi une douche... je sents qu'on a le temps et de toutes façons, le travail a commencé mais je me sents bien.
Je boucle ma valise. Je viens embrasser Rachel et la rassurer :
« Le bébé a fait toc toc. Marie­France sera avec toi et on se reverra tout à l'heure avec le bébé. » Marie­France arrive chez nous. Je la remercie et lui dit de faire comme chez elle.

Nous sommes tous les trois dans le hall d'entrée. Au moment de partir, une 1ère vraie contraction arrive. Je me mets directement à quatre pattes et souffle dans la vague. Je sents que le non­ contrôle et la peur pourraient m'envahir mais non, je souffle et j'accueille. La contraction cesse. «Onyva,ondescend!»meditDamien.«Oui!»
On arrive au parking. Damien m'ouvre la portière pour que je m'installe dans la voiture mais je n'est pas envie ! Il part chercher l'autre valise pour le séjour à la maternité.
Pendant ce temps là, très court en réalité mais d'une force indéfinissable pour moi, je sents que je me connecte et reçois les énergies nécessaires à la naissance :
je respire l'air frais du petit matin, j'apprécie la force du calme et la solitude nocturne, la lune lumineuse et les étoiles me sourient. Je prends le temps d'appeler puis d'envoyer un message pour prévenir Marion.
Une seconde contraction débute. Je l'accueille avec mes bras et érige tout mon corps vers la lune. Lorsqu'elle est au maximum, une autre énergie m'attire vers la terre. C'est tout simplement bon et puissant. Je ressents davantage une force ultra puissante que de la douleur. Les contractions sont mes copines maintenant, je le sais et m'entends leur dire !
Damien arrive. On s'installe dans la voiture et il démarre. Ses mots sont tendres et appaisants. Il est 6h10 mais je ne m'en soucis pas vraiment. En route, une autre copine s'amorce mais elle ne semble pas aller jusqu'au bout de son travail... nous arrivons à 6h20. Damien peut se garer presque devant l'entrée de la clinique ! Incroyable !
Je suis bien dans la voiture. Je prends le temps d'écrire un message à Martine et Christine.
C'est Damien qui me propose de ne pas traîner en ouvrant ma portière. Je termine d'écrire le message, cela semble prendre plus de temps que d'ordinaire... puis, en arrivant au passage piéton, une 3è copine arrive ! Je suis à nouveau accroupie, me tiens d'une main au poteau, pose le portable au sol et vois 6h22 lorsque j'envoie le message à Martine et Christine... « les copines sont avec nous ! Nous arrivons à la maternité »
Je ne veux pas prendre l'ascenseur extérieur. N ous montons les marches et nous dirigeons vers l'accueil. Une 4è copine m'accroupie une fois encore, le temps que Damien et le personnel préviennent l'étage de la maternité. Ils me proposent un fauteuil roulant mais je préfère le bras et le soutient de Damien. Nous montons dans l'ascenseur.
Nous sortons. Tout est calme. Dès l'entrée dans le couloir, la terre m'attire. Je me mets à quatre pattes et une envie de pousser m'envahie. Damien court chercher une sage­femme. Lisa arrive.
« Bonjour, je suis Lisa. Comment vous sentez­vous Delphine ? Vous avez envie de pousser là, maintenant ? » «Oui!»
« Est­ce que vous vous sentez de marcher jusqu'à la salle d'accouchement ? »
«Oui!»
Damien et Lisa me soutiennent avec leurs bras. En nous dirigeant vers la salle d'accouchement, je dis à Lisa « Je pourrais avoir la salle nature ? »
« Oui, mais vous êtes sûre ? Vous ne pourrez pas utiliser la baignoire ! »
« Ce n'est pas grave, je veux la salle nature ! »
Elle est au bout du couloir. Lisa ouvre la porte. (elle me dira plus tard qu'il était 6h37) J'embrasse des yeux les tapis et me jette dessus.
Seconde poussée.
Lisa me propose de retirer legging et culotte. Je la laisse faire. Elle regarde le col.
« Vous êtes totalement dilatée Delphine ! » Cette phrase me donne un regain d'énergie et de joie.
« Vous voulez accoucher ici, dans cette position sur le tapis ? »
«Ohoui!»
Je pousse une troisième fois. Pour être efficace et ne pas me fatiguer, Lisa et Damien me conseillent de pousser en bas plutôt que par la gorge. C'est vrai que je pousse des cris vraiment gutturaux !
Leurs encouragements me sont très précieux. Malgré la rapidité de l'évènement, je sents qu'ils ont confiance en moi. Ils apperçoivent déjà la tête du bébé. De mon côté, je l'appelle de toutes mes forces.
A la 4è poussée, je sents la poche des eaux se rompre.
A la 5è poussée (6h45), je vois mon bébé en dessous de moi, couché sur le tapis. Je suis au dessus de lui.

C'est magnifique.
Il pleure.
Je pleure de joie.
Il est magnifique. C'est une fille.
Nous l'appellons Julie.
J'embrasse Damien. C'est merveilleux.
J'embrasse Julie. Elle est sur moi. Sa chaleur m'envahie. Je l'entends respirer. Elle cherche le sein.
Le temps se suspend. Je ressents une plénitude pour nous quatre.
Une fille, une petite sœur, Rachel va être ravie.

Lisa me dit « Vous êtes une championne Delphine. Bravo ! »
Je réponds en regardant Lisa et Damien « C'est Julie la championne ! »

Le 15 Avril 2017 à 6h45

La naissance de Valentin

Voici mon récit de la naissance de Valentin:

Le signal à retenti le dimanche 26 février, 9 jours avant la naissance de Valentin avec la perte du bouchon muqueux : "Ca y est, mon corps se prépare à la naissance". Panique à bord: je viens d'arrêter le travail la veille ( j'ai terminé mon dernier soin par un massage de femme enceinte...joli clin d'oeil), j'ai dû relâcher et voilà que j'entre dans la dernière phase avant que mon bébé ne sorte.
Je ne suis pas prête, ni matériellement , ni psychologiquement: à 4h du matin je m'agite dans tous les sens ( préparation de la valise, commande sur internet des vêtements premier âge etc...).
Mon terme étant au 22 mars, j'avais prévu de profiter des 3 dernières semaines pour me ressourcer, mettre en place les derniers préparatifs etc... Mais le compte harbour est lancé: il va falloir que j'entre rapidement dans cette phase de détachement de la vie ordinaire, que je m'intériorise profondément.
Je sens que c'est là, maintenant, chaque instant compte, je commence à accentuer ma qualité de présence à moi-même! Pas évident de faire cette transition: je vais quitter l' état de grossesse, ce sont les derniers moments avec mon bébé en moi. Se préparer au deuil, c'est une fin! Evidemment après une fin, un renouveau, j'en ai bien conscience mais à ce moment je veux être presente, être bien en moi afin de vivre ses derniers moments ainsi que la naissance en Conscience.


La perte du bouchon muqueux s'associe à des contractions douloureuses dans le col, Valentin est placé bien bas et malgré le fait que je le fasse remonter en positionnant mes mains plus haut, il pèse lourd maintenant.
Je decide quand même que ce n'est pas le moment d'accoucher, et comme c'est mon col qui travaille, je choisi d'y mettre un petit noeud! Je saurai l'enlever plus tard...je me souviens de l'anecdote raconté par Chrisine.
Voila j'ai fermé une porte! Alors que durant 2 années de formation yoga maternité j'ai appri à les ouvrir... Mais là c'est conscient, et je déferai le noeud en conscience aussi! Je précise que pour la naissance mon 1er enfant, Matéo, mon col ne s'était pas dilaté dans les 24 heures après avoir perdu les eaux, j'avais donc été déclanchée au propess. Mais à l'époque je ne connaissais pas mon col! Aujourd'hui oui!

Je passe donc les jours suivants à me ressourcer, et, comme nous avons quelques jours de vacances, j'emmène donc ma petite famille dans un lieu qui répond à tous mes besoins de femme enceinte qui va bientôt accoucher: Evian! Durant ces 3 jours , j'ai recueilli tout ce dont j'avais besoin pour être confiante et reposée pour la naissance: la présence du lac, l'observation de la lune, la balade au milieu des arbres , la petite pause sur le banc face à la mare des canard, la baignade dans l'eau de la piscine, un massage , un cadre harmonieux, la présence de Massimo et Matéo... J'insiste sur l'importance de ces quelques jours avant l'accouchement car mon état intérieur se modifiait, et j'avais besoin de constituer ma bulle.

3 jours plus tard, le mardi 7 mars au matin, j'ai des contractions en continu dans le col, je bouge dans différentes positions en faisant le mouvement de l'infini dans mon lit. Je dis à Massimo que je ne peux pas amener Mateo à l'école ce matin et lui demande d' y aller. Je suis entrain de créer ma bulle et n'ai pas la force physique ni l'envie de sortir. Massimo part travailler...

Assise sur mon lit, toujours dansant l'infini, je sens que s'est le moment de défaire mon noeud (au niveau du col), il n'y a plus rien à retenir désormais. J'ai pu vivre ses derniers jours tout ce que je souhaitai. Je suis prête, sans peur! Je dois préciser que quelques jours avant le séjour à Evian, j'étais paniquée par la peur de revivre la douleur de l'accouchement de Mateo ( à l'époque mon col s'était dilaté de 1 à 9 en 1 heure, les contractions avaient étés intenses et je n'arrivais pas à respirer entre chaque).
Pendant ces 2 années de formation yoga mat Martine nous a beaucoup parlé d'intensité pour remplacer le mot douleur...sauf que jusque là c'était de la théorie. Apres une discussion avec un copain sportif, j'ai compris que mon mental se focalisait sur le vécu, la mémoire de cette expérience douloureuse passée et qu'il faisait un "copier/coller" sur l'expérience que j'allais vivre pour cette naissance. Dans un marathon, si un athlète est en grande difficulté physique à un endroit précis d'une montée par exemple (et qu'il abandonne là), les autres fois qu'il repasse par là, son mental se souvient et se remet en difficulté à cet endroit. D'où l'importance de la visualisation positive, d'un autre possible!

La semaine qui a précédé l'accouchement, mon col était très sensible, je ressentai des décharges électriques sur mon col, chacune d'elles me faisait spontanément me rétracter de douleur . J'ai donc pris ces décharges douloureuses pour une préparation aux contractions de l'accouchement et j'ai mis en place la respiration d'expansion , d'ouverture pour ne pas résister mais aller avec!

Retour au 7 au matin, je gère mes contractions avec le mouvement de l'infin dans toutes les positions qui me soulagent. J'appelle la sage femme Manuela vers 10h30, qui n'est pas certaine de la mise en route du travail au vu de ma gestion des contractions...Moi je sais que c'est le jour J. Les contractions sont regulieres, toutes les 5 minutes, voir moins. Je sais qu'il est temps de prendre la route... J'appelle Massimo, pas affolé du tout mais qui comprend à la determination de ma voix qu'il faut qu'il arrive. Il y a 30 minutes de route pour arriver à l^hoptal de thonon, et vivre les contractions intenses dans la voiture ne faisait pas parti de mes rêves!
Manuela tres calmement me demande si elle doit se rendre a l'hopital mintenant pour m'accueillir ou si je veux plutot la rappeler apres ma balade au bord de l'etang....C'est fou ça, personne croit que l'accouchement est imminent! Il est environ midi, Massimo arrive, et je donne à ma soeur les dernières instructions pour aller chercher Matéo a l'école.

Enfin l'esprit libéré, nous prenons la route, direction l'hopital. Je m'installe à l'arrière et me dis une chose: "surtout rester dans mouvement" Martine nous l'a assez répété. Je précise que j'avais bien insisté dans mon projet de naissance sur ma crainte de devoir gérer les contractions en voiture, et nous avions donc prevu de partir au plus tot, avant que les contractions ne soient trop rapprochées. C'est raté, je vais donc faire avec! Adaptation!
Assise sur 1 ischion, l'autre décollé du siege, je danse l'infini avec mon bassin. Pour que Massimo puisse être connecté à ce que je vis, je le préviens de chaque contraction. Mouvement de l'infini, puis respiration dans mon bassin: expension, expension, expension... J'ouvre. J'ai dans la tête comme un mantra: chaque contraction me rapproche un peu plus de l'arrivée de mon bébé". Oui Martine et Christine ont bien fait leur travail...!

Arrivée à la maternité, j'attends sagement dans la voiture la prochaine contraction afin d'être" bien installée" pour la gérer. Puis je marche en direction de l'hopital, et là sur le chemin nouvelle contraction: nouvelle méthode donc car je suis debout, et spontanément c'est la respiration de la vague qui s'impose! Nous arrivons au service maternité, Manuela nous accueille. Bonne nouvelle, nous avons la salle Nature avec la baignoire! Le service est très calme, peu d'accouchement ce jour là. Manu m'examine: col court, dilaté a 2 cm: Super, les contractions sont donc efficaces! Je continue comme ça!
Assise sur le ballon, Massimo me masse le bas du dos avec des huiles essentielles. Je commence a faire des sons pour gerer les contractions, des " Ou A". Le "Ou" descend dans mon bassin et le "A" l'ouvre. Massimo m'accompagne dans les sons (2 week end de yoga mat l'ont préparé a la vibration). Puis nouvel examen du col et là enfin la baignoire m'attend! Je la réclamait depuis un moment à Manu...


J'arrive dans la salle Nature, je "saute presque dans la baignoire", et je n'en sortirai pas avant d'avoir accouché! Je me sens bien dans l'eau, c'est l'élément dans lequel je souhaitai vivre cette naissance! Massimo ne pensait pas que l'on irait jusqu'au bout dans l'eau mais devant le peu d'entrain de ma part à en sortir ainsi que l'indifference de Manu à son "Ca serait bien de sortir là!", il s'est résigné! il faut dire que nous avons confiance en elle. Je continue a vibrer des sons qui maintenant ne sont plus "controlés". Ces sons viennent du fond de moi.

Manu insiste pour que j'inspire aux narines, car l'intensité m'amène quelquefois a inspirer par la bouche. Je me recale donc, j'ai même le temps de penser "la respiration aux narines c'est celle qui nous fait changer d'etat de conscience, passer dans le plus subtil". Ensuite je suis dans un état tres particulier, je n'ai plus conscience du temps. Je suis dans mon corps et dans un autre espace/temps!

Valentin sortira à 15h28. Juste après le passage de sa tête j'ai comme un relachement. Je me laisse glisser dans la baignoire, Massimo me le racontera plus tard, qu'il a du me retenir, me ramener vers lui. C'est à ce moment là que Manu me dit d'un ton ferme (pour la 1ere fois)," Allez Aurélie, on a besoin de toi là!". Cet ordre me ramène dans mon corps, je pousse à nouveau quelques fois et Valentin sort.
Il a les yeux ouvert, je suis là, nos regards se rencontrent pour la première fois. Son regard est puissant et tranquille à la fois.

Ce fut une naissance en conscience, vécu dans la confiance! J'ai pu, au fur et à mesure qu'elles se présentaient voir mes peurs, les accueillir et trouver des ressources pour les transformer en confiance! Un véritable travail d'équipe avec Massimo et Manuela, dans la communication et le respect.

Aurélie

Accouchement Valentin - Vu par Massimo



Mardi 7 mars

Belle journée ensoleillée. Je me lève normalement pour aller travailler, avant qu’Aurélie, me dise : « Massimo, j’ai besoin de me reposer. Tu peux amener Matéo à l’école ». Je lui demande si ça va et elle me répond qu’elle a juste besoin de repos. J’amène donc Matéo à l’école et me rend au travail.

Vers 10h30, je reçois un message d’Aurélie. Elle m’écrit « beaucoup de contraction ». Je l’a rappelle pour faire le point avec elle. Je la sens stressée. Je lui demande qu’elle me parle de ses contractions et des fréquences, mais elle devient agressive… On va sûrement finir la journée à 4. Je lui propose de la rappeler dans 5 minutes pour voir s’il y a eu une nouvelle contraction.

5 minutes plus tard, je la rappelle. Elle est en ligne avec Manuela, la sage-femme. Elle me demande de patienter. J’entends à sa voie et à son discours avec Manuela que les choses se précisent. Toujours en attente et à l’écoute de leur conversation, je commence à ranger mes affaires et à transmettre mes dossiers à mes collègues. Aurélie termine sa conversation. J’ai compris, je lui dis que je saute dans un taxi et que j’arrive. J’annonce mon départ à mes collègues qui me glissent des mots d’encouragement. « Comme si c’est moi qui allait accoucher à la place d’Aurélie…. ». Finalement, j’en aurais bien besoin.

Je saute dans un taxi et comble de malchance, je tombe sur « Monsieur Je Respecte toutes les règles ». Je lui fais comprendre sur un ton convaincant que je n’allais pas lui en vouloir s’il oubliait 2-3 priorités, car ma femme allait accoucher. Message reçu 5 sur 5 par le chauffeur qui se transforme en pilote et me montre que son klaxon fonctionne. Rassuré, j’en profite pour appeler la sœur d’Aurélie pour lui demander d’aller chez nous, car c’était le jour J. Je sens en moi un sentiment étrange m’envahir : mi-peur, mi-excitation. Mon fils arrive !

A la maison, Aurélie est là, elle m’attend. Le temps de sauter dans un jeans et nous sommes en route pour la maternité. Je demande à Aurélie, qui est à l’arrière, de me faire partager ses contractions, afin de les compter. La sage-femme appelle dans la voiture. « Contractions régulières de plus 30 secondes toutes les 5 minutes » . Nous nous donnons RDV à la maternité, les indicateurs sont aux verts.

Je suis admiratif devant Aurélie. Comment fait-elle pour supporter ces contractions ? J’ai l’impression qu’elle n’a pas mal. Est-ce vraiment pour aujourd’hui ? Je la laisse dans sa bulle. Nous arrivons à la maternité. Manuela nous accueille et examine Aurélie. Ça s’annonce bien. Il est temps de mettre mon « armure de gardien du temple ». Je suis impatient, mais intérieurement terrifié. Est-ce que ça va bien se passer ? Fais-je être à la hauteur de ses attentes ? L’adrénaline commence à m’envahir. Je le sens, car je suis malade : toux et nez qui coule. Mais, soudainement plus rien et ça sera comme ça jusqu’à l’arrivée de Valentin. Mon dieu que la nature est bien faite.

Je masse Aurélie avec des huiles essentielles entre les contractions et l’accompagne des sons que nous avions travaillé pendant les stages. Je prends plaisir à l’accompagner. Elle souligne la qualité de mes massages. Je ne vais finalement pas me faire trop insulter aujourd’hui.

Finalement, les portes de la salle nature s’ouvrent et Aurélie peut rentrer dans la baignoire. Je prends soins d’améliorer l’ambiance : Musique de fond et lumière tamiser. Aurélie est bien dans l’eau. Elle est souriante, mais les contractions s’intensifient. Mon rôle change : il est temps de la rassurer et de la soutenir. Finis les massages, je dois être un roc. Pour la première fois, je vois la douleur. Aurélie a les mains crispées.

La sage-femme examine à nouveau Aurélie qui sent le besoin de commencer à pousser. Je demande s’il ne serait pas mieux de sortir de la baignoire. Je n’obtiens aucune réponse de mes partenaires d’aventure. « Elles ont dû se mettre d’accord quand j’étais aux toilettes ». Valentin va naître dans l’eau. Je tremble sous mon « armure ».

Valentin descend bien dans le col. Les sons d’Aurélie deviennent de plus en plus animal. Elle se transforme. La douleur s’intensifie un peu plus. Mais, je suis tellement impuissant. Vivement que le bébé arrive.

Aurélie s’allonge sur le dos alors que jusqu’à présent, elle était à genou. Je la sens glisser, partir, s’envoler. Elle n’est plus là. Je suis à sa tête et dois la tirer vers moi pour qu’elle ne parte pas sous l’eau. Mes cuisses me brûlent, les bords de la baignoire me rentrent dans les côtes. « Chéri, si tu voulais me faire partager ta douleur, tu as réussi». Elle hurle. Ses sons sont au niveau de sa gorge, ils n’aident pas Valentin dans son voyage. Je lui demande de descendre ses hurlements dans son bassin. Aurélie est de plus en plus lourde. Elle me glisse des mains. Soudain, Manuela, la sage-femme la rappelle à l’ordre : « Aurélie, on a besoin de toi, MAINTENANT ». La peur me submerge. Je l’encourage, lui dit que Valentin sera bientôt là, mais qu’elle devait revenir vers nous. Puis, son hurlement, bestial, et enfin l’arrivée de Valentin dans ses bras. Je le regarde dans les yeux, mon armure me tombe, les larmes m’envahissent, mon nez coule, mon corps tremble, les portes du temple se ferment….

Naissance de Sylvain

Naissance de Sylvain, lundi 27 février 2017 à 20h23
La semaine précédent sa naissance, j'ai été malade pendant 2 jours, l'occasion de vraiment lâcher sur les dernières petites tâches routinières que j'avais gardées: aller chercher les enfants à l'école, faire les allers-retours aux activités, le fonctionnement de la maison... Mon corps m'envoyait un message pour dire "stop, ça y est, c'est suffisant", Thomas a pu prendre le relai car justement il terminait aussi une phase très chargée pour son travail. Mes humeurs étaient aussi très changeantes, la veille nous étions invités chez des amis et nous avons décliné car l'énergie n'était pas là, nous avons au contraire passé la journée du dimanche à dormir de pièce en pièce, du salon à la chambre, même avec les enfants....

Lundi matin, je suis en forme, je décide d'aller à l'atelier de portage que proposait une amie, c'est aussi mon anniversaire, il fait beau, tout va bien. Quand je rentre à midi, on mange ensemble avec Thomas, l'après-midi je me repose, j'observe mon jardin, j'entends les oiseaux, et je me dis que pendant cette grossesse j'aurais vraiment été dans la contemplation ;-) J'ai passé beaucoup de temps à regarder mon jardin, à m'écouter, intérieurement, à être juste là, dans l'instant. Quand arrive l'heure d'aller chercher les enfants, voyant que Thomas est en retard, je me prépare et propose d'y aller. Finalement il part, donc je retourne tranquillement sur mon canapé, reprendre mon activité d'observation et d'écoute des oiseaux du jardin :-)

À 17h, les enfants reviennent de l'école, je les vois arriver par le jardin... Au portail de l'école, ils ont tout de suite demandé à leur papa "le bb est né?" pourtant ils savent que le terme est le 11 mars, même si ce matin on en parlait et je disais que "ça pouvait arriver cette semaine ou la suivante".... D'ailleurs ce matin là, nous avons dis à Elena quels étaient les prénoms choisis pour le bébé, si c'était une fille ou un garçon...!

Retour au présent, les enfants jouent dans le jardin en arrivant, Elena vient me voir et me donne 2 pâquerettes cueillies dans le jardin... et là je sens un petit liquide qui s'écoule de mon vagin.... ah tiens...? Je me relève pour m'assoir, et là beaucoup plus de liquide! Je souris, surprise, et en allant aux toilettes je dis à Thomas que je crois bien avoir perdu les eaux -c'est la première fois que ça m'arrive sur les 3 accouchements! Je sens que l'écoulement se fait non stop, du coup bêtement je me sens coincée sur les toilettes, jusqu'à ce que enfin je pense à mettre une protection pour sortir... Les enfants continuent de jouer, entrent et viennent dans la maison, Jérémie demande "alors on fait l'anniversaire de maman? il est où le gâteau, les cadeaux? ...
" Petit temps de réflexion avec Thomas, et puis on se dit que ce sera mieux de remettre mon anniversaire à demain :-) et que ce serait préférable d'accompagner les enfants chez Gaétane! Gaétane qui en plus ce soir là est rentrée beaucoup plus tôt que d'habitude! Donc les enfants finissent tranquillement de goûter, Thomas descend leurs sacs, ils se choisissent un doudou et sont ravis d'aller dormir chez Lothaire et Héloïse!! Je n'ai pas beaucoup de contractions encore donc je suis ravie de les emmener moi-même à coté, tranquillement, ça me permet de voir Gaétane, qui est émue pour moi. Je ne réalise pas complètement ce qui m'arrive et je lui dis "j'espère que c'est le bon choix, que je ne t'amène pas les enfants pour rien" et elle me répond de sa voix toute calme, "qu'en général quand on perd les eaux on va à la maternité, donc oui tu fais le bon choix :-)"
oui, c'est vrai, elle a raison, ça me rassure. De retour dans mon salon, Thomas s'est activé à préparer la chambre (bâches et alèses sous le drap housse, rangement, monter les chauffages, et même aspirateur je crois; ces derniers jours il a été très maniaque sur la propreté de la maison!), nous restons encore dans le salon tous les deux, la porte-fenêtre toujours ouverte pour rester au contact des oiseaux, je suis assise sur le ballon, je fais des mouvements de l'infini tranquillement et sereinement, j'accueille chaque contraction avec le mouvement et je la laisse s'en aller avec le sourire, je suis bien. Nous écoutons ma musique de Noa, chanteuse israélienne qui m'accompagne depuis la grossesse d'Elena, ses mots me relient à la puissance du féminin et à la mise au monde de nos enfants, notre devenir mère, commun. On est surpris tous les deux de cette sérénité qui nous anime, on se dit qu'on a bien fait d'accompagner les enfants à côté, leur excitation ne nous aurait pas permis d'être tant dans notre bulle tous les deux. Ce bébé nous laisse du temps pour préparer son arrivée, pour l'accueillir dans le calme et l'amour, c'est évident et stupéfiant. Les contractions sont toujours si "faciles", l'humour et la joie sont toujours là entre Thomas et moi et je me mets à dire et à penser que si ça continue comme ça cet accouchement va juste être au top, trop facile! (bon j'ai parlé trop vite, la suite va se corser évidemment!) Le jour commence à baisser et je décide donc de monter dans la chambre, Thomas prend avec nous le ballon et la musique. Il est 19h, on hésite à rappeler Julia, on ne veut pas la faire venir trop tôt, mais on sait aussi que les choses peuvent s'accélérer, donc finalement thomas la rappelle, elle dit qu'elle arrive. Progressivement, les contractions se rapprochent et s'intensifient, toujours gérables, je suis à 4 pattes au bout de mon lit, qui me sert de support, ainsi que Thomas qui est assis sur le ballon en face de moi. Je sens que mon bassin commence à s'ouvrir et je pense que j'attends la présence de Julia pour le laisser vraiment s'ouvrir. Je sens un inconfort dans le bas ventre, je me demande si ma position est bonne mais je ne vois pas comment faire autrement donc j'accompagne - du mieux que je peux...
je laisse aller en tout cas. Thomas guette l'arrivée de Julia, et la voilà, il est trop content! On voulait tellement être accompagnés et voilà c'est sûr, elle est là, c'est chouette. Julia monte discrètement ses affaires près de la chambre, s'installe à côté de nous, assise par terre et accompagne mes sons de ses OMs très calmes et sereins, ça me fait du bien, ça me rassure, comme des sons qui me guident sur un chemin. À la fin d'une contraction, elle écoute le cœur du bébé, et alors qu'il avait tout le temps le dos à gauche ces derniers mois elle me dit qu'il est à droite, et là je me dis ben mince, alors il va faire les 3/4 de tour dans le bassin avant de sortir? Le rythme cardiaque indiqué est lent mais on n'est pas inquiet car on entend au son que tout va bien, Julia nous le confirme d'ailleurs. Les quelques contractions qui suivent sont fortes mais ça va quand même, par contre je repense à cette histoire de 3/4 de tour et entre 2, je dis à Julia "mais tu crois que ça va être encore long là alors?" Je ne me rappelle plus vraiment de sa réponse mais ça voulait dire "reste confiante, tout va bien, ton bébé arrive". Les contractions qui suivent sont alors plus fortes, je suis surprise d'une telle intensité. Mon corps se penche vers l'avant, comme si je voulais sortir de ce corps, les sons de mes "A" très forts, très puissants me surprennent...
et puis pendant la contraction j'entends toujours la voix rassurante de Julia qui m'invite à détendre mes tissus, j'essaie alors de "revenir" dans mon corps, dans mon centre, je visualise mes ligaments, j'y place la volonté de les détendre, je ne sais pas si j'arrive, j'essaie d'accompagner avec un son plus grave, plus vers mon centre, vers la terre...
Les suivantes seront aussi fortes ou plus, et j'accompagne les "A" de "oui" très fort, car je sais que mon bébé est là, Julia me guide "Il va sortir sa tête. Il sort sa tête. Il va sortir tout le reste du corps" Ses mots rythment mon ressenti et - j'entends alors le son de mon bébé! C'est magique, c'est magnifique, il est là! Julia qui était restée à côté tout le long, sans jamais intervenir, sans rien faire du tout, est venue tout aussi discrètement le réceptionner et le déposer sur le beau gros coussin qui était là devant moi. Je le regarde, je le trouve si beau, si petit, si crevette (en fait il fait quand même 3kg720, mais c'est quand même le plus petit poids des 3 à la naissance;) mais aussi le plus grand: 54 cm!) Je le couvre d'une serviette éponge, Thomas est passé derrière moi, je prends Sylvain contre moi et je dis "merci, merci, merci" je ne sais pas combien de fois. On est là tous les 3, ce moment est inoubliable. Je sens tellement de gratitude en moi pour sa belle arrivée, sa présence parmi nous, en vie, en santé, je suis si heureuse.

Le placenta sortira tranquillement au son du carillon de Julia, il s'est décollé, est resté dans mon vagin et a fini par sortir en l'incitant un peu avec le cordon. Julia nous informe que Sylvain avait 2 tours de cordon autour du cou; cela n'a pas posé de soucis, elle a attendu qu'il sorte et lui a retiré le cordon comme on enlève une écharpe. J'ai eu une petite déchirure qui n'a pas nécessité de points. Chouette, j'ai apprécié pour le post-partum de ne pas avoir de point. Les saignements se sont très vite arrêtés, au bout de qq jours déjà; les tranchées sont passées quasiment inaperçues....
J'appréhendais le post-partum et finalement c'était assez facile, je ne pensais pas être surprise de l'intensité de l'accouchement - sur un 3ème que peut- il y avoir de nouveau, et le yoga m'accompagne tellement? Et bien si bien sûr! Pour Elena tout était nouveau, pour Jérémie j'ai reconnu toutes les sensations de la naissance d'Elena en accéléré, avec en plus cette sensation de brûlure au niveau du périnée; cette fois, pas de brûlure, mais une telle intensité qui m'a clairement dépassée....
3 accouchements assez semblables finalement, mais avec chacun leurs particularités et leurs surprises. Le yoga m'a accompagné pendant toutes mes grossesses, pour Elena, j'étais sur un chemin complètement nouveau pour moi, dans un pays qui n'était pas le mien, comprendre le fonctionnement du corps.... J'ai aimé observer et contempler l'eau également, la nuit particulièrement, ce canal qui passait juste en dessous de chez nous... Sur ma seconde grossesse, pour Jérémie, le retour vers soi, nettoyage intérieur pour se libérer de ses peurs, aller vers et assumer le choix de l'accouchement à domicile, et la puissance du son lors de l'accouchement ont été des moments forts...
Et cette fois, j'ai l'impression que ces perceptions se sont un peu plus affinées encore. D'un point de vue physique déjà, pour bien me sentir dans mon corps, dans mon bassin. Deux séances d'ostéo m'ont fait beaucoup de bien également et m'ont permis de mieux comprendre encore certaines postures & respirations. Et puis, j'ai revisité des postures autrement, avec un autre ressenti. Et je me suis laissée guidée sur un nouveau chemin, sans doute encore un peu plus spirituel. La présence d'une deuxième poche à la conception, qui n'a pas été fécondée, m'a permis de rencontrer sur les conseils d'Hélène, Ophélie une sage-femme très particulière qui dès le début de ma grossesse m'a permis de reprendre confiance en mon corps et en mon bébé. Et d'inviter la Joie! Aujourd'hui encore je me replonge dans cet infiniment grand, cette grande histoire de l'Univers qui fait que tu es là Sylvain, petit être de la Nature et des Arbres.

Tu as ta place avec nous, être 5 avec toi semble si évident. Elena est émerveillée chaque fois qu'elle te regarde, Jérémie est heureux, doux et tendre avec toi, ton papa et moi on est rempli de bonheur à un point que l'on ne peut pas imaginer, toi tu es là calme et serein - un si beau cadeau de la Vie. Merci merci merci



Capture-11.56.04

Naissance de Basile le 18/02/2017

Dernière semaine avant le terme, je suis toujours dans cet état de grande plénitude de la grossesse et je profite de chaque instant. Nous finissons notre nid et nous décidons de déménager 2 jours avant le terme, cela décidera peut être notre petit à pointer le bout de son nez ! Dernière séance de yoga avec Christine, ouverture de la porte du cœur, je me sens prête et confiante seule ma tête de sage femme s’inquiète un peu d’un éventuel déclenchement à terme dépassé.

Jour du terme, nous partons pour Thonon afin d’effectuer une consultation avec Manuela qui doit nous accompagner pour la naissance. A l’échographie tout va bien notre bébé a encore plein de place et de liquide et va très bien. Nous effectuons un décollement des membranes dont je ne sens pas trop les effets. L’après midi, Manue nous dégotte un rdv avec une sage femme acupunctrice pour commencer à préparer le col. Je sors de ce rdv dans un état second, je ne sens pas de changement flagrant dans mes sensations corporelles mais je ne suis plus dans le même monde.

Nous passons la soirée chez Manuela, après une belle relax pour me remettre en confiance et en présence, nous décidons de rentrer chez nous car rien ne se précise vraiment et nous avons peur de trop focaliser notre esprit sur la mise en travail en restant sur place.

4 heures du matin, je savoure mes premières contractions ! Elles sont enfin là, c’est parti ! Je reste dans mon lit, je me rendors entre chaque contraction, elles ne sont pas très intenses je les accompagne avec la respiration de la vague. Vers 6 h, rester dans le lit commence à être difficile, je m’installe sur mon tapis et mon ballon, varie les postures et continue des grandes respirations et des mouvements de l’infini sur le col.

7h je réveille François pour lui annoncer que je suis en travail et que je pars faire un tour car j’ai envie de marcher. Je sors je me sens bien seule dans la brume matinale, je vais jusqu'au lac qui est près de chez moi, les contractions se rapprochent, sur le chemin du retour je m’arrête de marcher à chaquecontraction, elles sont désormais plus intenses.

De retour à la maison François me fait couler un bain et me prépare une boisson chaude. Dans le bain je commence à faire des sons, le son « ou » m’aide beaucoup. Nous appelons Manue qui nous encourage à la rejoindre dès maintenant car nous avons 1h de route. Je sors de l’eau difficile de trouver une tenue confortable, nous rigolons bien entre 2 contraction en voyant comment je me suis accoutré pour partir !

Le voyage en voiture n’est pas des plus confortable, les contractions sont désormais très rapprochées toutes les 2 à 3 min. Je cherche désespérément une position antalgique mais l’espace est réduit et finalement la seule chose qui marche c’est de m’étirer et de me mettre dans ma bulle.

Nous arrivons chez Manue, l’idée est de se poser ici mais en m’observant sur une ou 2 contractions elle décide de m’examiner plus vite que prévu ! Je suis à 6 cm ! Quelle joie d’entendre ça, nous repartons donc à la maternité afin que je puisse profiter d’un bain et surtout que nous n’ayons plus à changer d’endroit.

Arrivée à la maternité, je plonge dans un bain. Le travail avance, je suis dans l’eau j’alterne les positions et ressens le besoin de m’immerger complètement dans l’eau pendant la contraction. Manuela m’accompagne avec des outils qui me parlent puisque nous avons toutes les 2 fait la formation yoga. Elle me recentre sur la respiration de la vague et m’encourage à faire des sons de plus en plus grave, elle m’aide à ne pas perdre pied et m’incite entre les contractions à me poser et à recharger en énergie. François est également très présent, il me masse, me soutient, m’étire. Quel rôle difficile que celui du père : il trouve un massage qui me soulage, la contraction d’après je le supplie de faire pareil et celle d’après je ne supporte plus qu’on me touche à cet endroit ! Petit à petit je sens la présence de Manuela et François toujours aussi forte mais j’ai moins besoin d’eux physiquement, ils sont là dans la salle et moi je suis dans ma bulle. François a mis de la musique mais je ne l’entends pas …

Puis arrive cette fameuse phase de désespérance, je crois que je ne lui chercherai plus jamaisd’autre nom ! Avant de l’avoir vécu je trouvais ce terme trop fort, trop anxiogène, mais non c’est bien cela. D’un seul coup je perds toute confiance, je désespère, je crois mourir ! Et Manue me répond que je sais ce qui se passe, que c’est cette fameuse phase. Je lui dis que non, c est pas ça, c est pas pareil moi je n’y arriverai pas !

Je suis à 8 cm, la poche des eaux se rompt pendant l’examen, le bébé n’apprécie pas ce changement brutal, son cœur se met à ralentir. Le fait qu’il n’y est plus de poche me donne envie de pousser, le col passe de 8 à 10 cm sur une poussée et le bébé s’engage dans le bassin.

Je ne suis plus bien dans l’eau, j’ai besoin d’avoir les pieds sur terre, je sors de la baignoire. Grand changement d’ambiance, les contractions sont plus violentes, je ne sais pas comment m’installer sur la table, je cherche des points d’appuie. Le cœur du bébé continu à ralentir, comme je ressens l’envie de pousser et que le bébé avance quand je pousse, Manuela m’encourage à pousser même si c’est encore tôt. Je pousse dans différentes positions, François m’aide à m’étirer en se mettant debout sur la table, je sens que mon bébé progresse très doucement. Le rythme continue à inquiéter Manue qui demande l’avis d’une sage- femme de garde, par chance c’est Carine une amie de promo, une tête connue ! Elles décident ensemble d’appeler le gynéco de Garde, celui-ci arrive. Ils effectuent un prélèvement sur la tête du bébé pour vérifier que celui-ci n’est pas en hypoxie (manque d’oxygène), le prélèvement est bon, le gynéco s’en va. Je continue à pousser de plus belle, je ne comprends pas je pousse le plus fort possible, je sens que ma poussée est efficace mais que mon bébé est coincé !

Autant jusque là je ne suis pas trop revenu dans ma tête de sage femme, autant à ce moment là l’angoisse me prends, j’ai peur pour mon bébé, j’ai peur d’une extraction instrumentale. Je touche je sens sa tête mais c’est une bosse et je ne peux m’empêcher de me dire que la tête doit être grosse, alors je pousse de plus belle et essaie encore d’autres positions.

Il y a maintenant 3 sages femmes autour de moi, l’une me dit de lâcher, de détendre mon périnée, les autres de pousser encore plus fort. C’est difficile, cela me parait être 2 énergies tellement différentes. A ce moment là je suis guidée seulement par mon adrénaline et je n’ai qu’une idée en tête faire sortir ce bébé. Manuela et Carine échangent un regard, 2 mots, je sais que je vais avoir uneépisio. Manuela coupe, je ne sens rien, je pousse encore et mon bébé sort enfin. Quelle joie de le sentir enfin glisser, sortir, et de l’entendre pousser son premier cri ! Son papa est impressionné car il est tout bleu mais tout va bien ! Il se porte à merveille et s’appelle Basile, il est enfin là tout contre moi, nous échangeons nos premiers regards, c’est magique ! Effectivement Basile est un beau petit père de 3730 g et 56 cm, grand comme son papa et sa maman et avec un beau périmètre crânien !!!

Lya M

Adèle, le 3 février 2017

Par de savants calculs, l’obstétricienne de la maternité avait finalement décidé que le terme était le 30 janvier, 3 jours plus tôt que prévu initialement. La veille de la naissance, un jeudi, ça faisait déjà 4 jours que je faisais des aller-retours à la Mut’ pour un suivi post-terme. Pour dire vrai, je n’avais qu’une trouille c’est qu’ils déclenchent l’accouchement. En soi, je sais bien, ce n’est pas bien grave, Cosma le grand frère était né d’un très bel accouchement déclenché. Mais voilà je ne voulais pas que l’équipe médicale s’en mêle avec leurs tampons et injections. J’usais depuis plusieurs jours de toutes les techniques que je connaissais pour faire venir cet enfant : je lui parlais « ça y est, nous sommes prêts, on t’attend ! », buvais de la tisane de sauge et de framboisier, marchais, faisais du toboggan à Flottibulle, câlinais le père plus qu’il n’en rêvait, me faisais piquer d’acupuncture, etc… J’ai fini par correspondre par texto avec ma naturopathe, un peu sorcière !, qui m’a dit (à distance !) que j’avais l’hypophyse bloquée (ah bon !), qu’elle s’en occupait (mais comment ?) et qu’en attendant je devais me masser les seins.

Ce jeudi après-midi-là, j’ai reçu beaucoup de messages, de mes sœurs, de mes copines, de mes proches qui venaient aux nouvelles et j’ai comme senti une énergie nouvelle, différente. J’ai senti que quelque chose se libérait, que je ne serais bientôt plus enceinte.

Dans la nuit, je me suis réveillée à 2 heures du matin, secouée par quelques contractions. Je suis restée au lit, comptant leur régularité. Elles étaient peu intenses mais arrivaient toutes les 7-8 minutes. Une joie immense que j’ai d’abord voulu garder pour moi, aussi parce que j’avais tellement eu de faux débuts de travail ces dernières semaines, que je préférais attendre d’être vraiment sûre. Je suis restée au lit jusqu’à 3h30, somnolente, vérifiant la régularité. Puis je me suis levée, j’ai prévenu Aziz que c’était sûrement pour cette nuit, qu’il pouvait dormir, que je viendrais le chercher quand j’aurais besoin de lui. J’avais la maison pour moi, dans une jolie lumière tamisée, les deux ainés et le père endormis. J’ai d’abord pris un long bain où je me suis appliquée à me faire belle, c’était doux et agréable. Je me suis épilée, coiffée, crémée, j’ai mis ma belle robe de grossesse que je ne porterais plus et qui est si confortable. Les contractions sont devenues de plus en plus intenses, un peu plus espacées aussi, toutes les 10 minutes. Et puis j’ai bu une tisane, j’ai écouté de la musique, du flamenco soufi, hypnotique et rythmée et j’ai fait du ballon : des mouvements de l’infini beaucoup, des respirations en visualisant un mouvement descendant, de l’infini vers la terre. Et je sentais ça très fort, l’énergie qui allait du haut vers le bas. Les contractions continuaient de s’intensifier et à 5 heures j’ai eu un immense coup de barre, je me suis allongée sur le canapé et j’ai un peu dormi entre des contractions qui devenaient de véritables déferlantes, puissantes, violentes. A 5h30, j’ai réveillé Aziz, qu’il vienne, qu’il m’aide. Il s’est affairé pour préparer les affaires : rassembler les sacs, préparer les gouters des enfants, s’habiller, bref ce genre de choses et à chaque contractions il me rejoignait et m’aidait à les vivre, respirant, envoyant des sons, me rassurant. Puis il repartait s’affairer, jusqu’à ce que le temps entre chaque contraction soit si court. Tout est ensuite allé très vite : appeler un taxi, allé réveiller le voisin pour qu’il reste avec les ainés (il m’a vu en bête sauvage, à quatre pattes, envoyant des Aaaaa et des Oooo, les yeux dans le vague. On ne se dit plus bonjour pareil maintenant devant l’ascenseur !!). Le trajet jusqu’à la Mut’ fut rapide épargnant de peu les sièges en cuir de la flambante voiture de taxi.

On était bien, on faisait des blagues, on était confiant et détendu. Même si ça devenait urgent d’arriver et même si les contractions étaient très fortes, on était calme. C’était une sensation étrange, calme dans le tourbillon.

En arrivant à la maternité, nous sommes accueilli par une étudiante sage-femme qui suit le protocole à la lettre, nous dit que je suis à dilatation 4 (et je sais que notre enfant va venir très vite maintenant) et qui rate l’installation de la perfusion en m’explosant une veine. Elle part, terriblement gênée.

Je perds les eaux et je sens que tout s’accélère, Aziz continue d’être une aide précieuse à chaque contraction je l’agrippe, je me sens plus forte. C’est l’heure du changement de service, une nouvelle sage-femme arrive et me propose d’aller en salle nature, me mettre dans la baignoire. J’y vais d’un bon pas, me déshabille et j’attends l’eau dans la baignoire. J’ai très envie de m’asperger d’eau chaude, mais il y a un problème, l’eau ne vient pas, ou elle trop brulante ou elle est trop froide, bref, ça ne marche pas et la sage-femme entame des réflexions et des travaux de plomberie, préoccupée par le matériel qui ne marche pas.

Et là je sens que je n’y arriverais plus, je ne trouve pas de bonne position, nue dans cette baignoire vide, je me mets à pleurer. Je reconnais alors le fameux moment de désespérance… le bébé va arriver ! je sors de la baignoire, je me suspends et j’annonce que j’ai très envie de pousser. La sage-femme fait alors un geste technique incroyable, elle se jette au sol pour se mettre sous moi, vérifier ma dilatation et « c’est bon, à la prochaine contraction vous pouvez pousser ! » dit-elle, je pousse deux fois, sur l’expire, en bloquant mon diaphragme, et je sens l’enfant qui passe. Et ce qui est fou, c’est que je sens tout, les reliefs de son visage, ses épaules passer dans mon bassin. C’est une sensation étrange que je garde très fort en mémoire. Je suis sur les genoux, à la verticale, l’enfant nait comme cela, comme aspiré par la gravité.

Je m’écroule au sol et on me pose Adèle sur moi, sur mon ventre, pas plus haut… le cordon est trop petit, mais elle est bien costaud, pesant plus de 4kg !

Il est 7h40 et ça ne fait même pas une heure que nous sommes à la maternité.

Merci infiniment pour cette préparation et cet accompagnement en yoga !


IMG_2872

La naissance de Lina

Lundi 19 décembre,

Les préparatifs pour l'arrivée de notre bébé se sont terminés la veille, je me rends à ma dernière séance d'acupuncture à 18h.
La séance fait son petit effet, j'observe quelques contractions plus fréquentes qu'à l'habitude.

Dans la soirée, je ne parviens pas à m'intéresser au programme télévisé, mes préoccupations sont ailleurs. J'ai la sensation de devoir faire un des plus grands sauts de ma vie, je me dis qu'une fois le travail commencé, rien ne sera jamais plus comme avant... Mélange d'impatience et d'appréhension, des peurs ressurgissent.

Je décide d'aller marcher au bord du lac. Il est 22h30 passé, il fait froid, personne à l'horizon. Mais une multitude d'oiseaux qui crient au port, les mouvements de l'eau, la clarté de la lune.
La reconnexion à la nature se fait et m'aide à trouver un calme intérieur. Quelques respirations de la vague, la confiance est là. Je me réjouis de voir ce qu'il se passera dans les heures à venir.

Dans la nuit, je suis réveillée toutes les heures par 1 contraction seulement (autant dire que le rythme est cool), mais l'intensité est déjà bien présente : je suis obligée de me lever et d'adapter ma respiration, pas franchement agréable…

Au petit matin, les contractions se rythment aux 20 minutes, puis 10. Je sens une joie m'envahir : c'est probablement bien « LE » jour !

Patrick se lève et je lui exprime mon besoin de l'avoir à mes côtés ce matin. Il décide d'aller chercher son ordinateur au boulot pour pouvoir travailler depuis la maison et voir si les choses se précisent.

J’envoie un sms à Alexandra, notre sage-femme, pour l'informer que les choses commencent peut être à bouger, nous convenons de nous appeler 1h-1h30 plus tard.
Je prends un premier bain.

Patrick et moi prenons ensuite le temps d'un sympathique petit déjeuner, je cherche une posture et souffle régulièrement à chaque contraction qui se présente, maintenant aux 5 minutes.
Petit déjeuner en amoureux à la lueur d'une bougie, l'agitation du début de journée commence dehors et moi je sens que je m'en déconnecte, pour me mettre dans un autre rythme.

L'intensité augmente franchement, je commence à être submergée par moment. J'adapte ma respiration comme je le peux, je me laisse aller aux mouvements dont j'ai besoin, je panique parfois un peu.
Mes vocalises commencent à être plus soutenues, je m'observe m'inquiéter d'être entendue par la voisine.

Téléphone avec Alex, le pré-travail semble se confirmer, elle viendra nous voir à la maison vers 10h30.
En attendant, je prends à nouveau un bain, ambiance bougie et huiles essentielles. Je savoure la présence de Patrick proche de moi, je suis apaisée par sa sérénité.

Alexandra arrive. J'ai tellement besoin de savoir si on y est « pour de vrai » ! Mon col est effacé et ouvert à 2 doigts, autant dire un début-début qui aurait pu me décourager, mais non :je suis euphorique de me dire que les choses se lancent !
Elle me conseille de chercher plus de stabilité dans mes postures car elle voit bien que je suis submergée par les contractions. Ahhh l'ancrage….
Alexandra repart, nous convenons de nous rappeler vers 13h pour voir l'évolution de la situation.

J'installe mon tapis de yoga et mon ballon dans le salon. Respiration de la vague et quelques sons à côté de Patrick, concentré sur son ordinateur.
Je me sens déjà un peu « ailleurs ».

Je retourne dans un bain, et ma quête d'appuis devient une priorité, mon plus grand besoin, car je me sens par moment complètement embarquée par la douleur.
Je me mets accroupie dans l'eau ou repousse les bords de la baignoire avec mes jambes ou mes bras.
Je déguste pas mal et ne suis pas sûre d'arriver à attendre le prochain contact avec Alexandra.

Patrick relance donc un téléphone, et nous convenons de nous rejoindre à la maison de naissance directement. Je sens qu'il est temps de partir, j'ai peu de répit entre les contractions et j'ai besoin d'avoir fait le trajet pour complètement lâcher-prise.

Je fais ce trajet à 4 pattes ou allongée sur la banquette arrière de la voiture, agrippée à la poignée, toujours en recherche d'appui que j'ai du mal à trouver. Le voyage me paraît interminable. Les sons m'aident un peu à me canaliser.

14h30 :
L'accueil chaleureux d'Alexandra à la maison de naissance m'apaise, et l'ambiance de ce lieu que nous avons choisi me réconforte : bougies, huiles essentielles, le bain est prêt.

Je suis à 5 cm (seulement, me dis-je à ce moment là) et n'ai pas du tout envie de retourner dans l'eau. Je m'assieds donc sur un petit tabouret, tantôt accroupie tantôt en position asymétrique, suspendue à une corde de tissu. Alexandra écoute régulièrement le cœur du bébé, je me sens en confiance, Patrick me masse et me réconforte.

Suspendue, je me laisse me balancer entre les contractions, je m'enracine à la Terre comme je peux. Je rentre dans un état de transe, je perds la notion du temps, mes souvenirs de cette étape sont très flous.
Patrick à mes côtés, qui me soutient, me fait boire de la tisane, rafraîchit mon front avec un gant frais.

Contractions après contractions, il est 16h, je commence à me sentir fatiguée, découragée. Je demande à Alexandra de m'examiner : je suis à 9 cm,le moral remonte ! Objectif presque atteint !
La poche des eaux se rompt pendant le toucher vaginal, Alexandra me propose d'aller dans l'eau.
J'apprécie un doux mais bref moment d'accalmie, les contractions repartent ensuite de plus belle..

Je me suspends à nouveau à une corde accrochée au dessus de la baignoire, accroupie dans l'eau ou à 4 pattes, les sons m'aident franchement à gérer l'intensité des contractions qui m'emportent. J'essaye de diriger mes « O » et mes « A » dans mon bassin et mon périnée. Je visualise le canal de la naissance et le voit s'ouvrir un peu plus à chaque contraction.

Enfin, le moment tant attendu de la désespérance arrive !!
« Je ne sais plus quoi faire, c'est trop intense, je ne vais jamais y arriver… etc etc ».

Alexandra m'encourage à ne rien faire et à me laisser guider par mon bébé. Je sens mon bassin qui s'ouvre, qui s'écarte et mon bébé qui descend. Quelle puissance !
Puis qui commence à me donner envie de pousser et appuie sur mon périnée. Je dis « NON ! », mais rapidement derrière « enfin...SI, OUI, mais NON » tellement l'envie se mêle à la peur.

Le jour s'en est allé, et dans l'intimité de la tombée de la nuit, une force incroyable me traverse. Je commence à pousser presque malgré moi dans l'eau de manière incontrôlée, avec des sons qui viennent du plus profond de mon être. Je suis soulagée par cette poussée. Je deviens alors plus active.
Je n'avais jamais goûté à une telle intensité…

Allongée sur le coté, je m'aide des appuis de mes jambes et de mes bras sur les parois de la baignoire pour pousser. Je trouve ainsi une grande stabilité et mon bébé avance bien. Alexandra me demande de me remettre sur le dos, mais cette posture ne me va pas du tout. Nous décidons donc que je sorte de l'eau, je tiens la tête de mon bébé visible entre mes jambes pour marcher jusqu'au lit de la chambre, soutenue par Patrick.

Juste le temps de me mettre à 4 pattes, une dernière contraction,la plus belle et la plus puissante, arrive et mes forces sont décuplées : je prends appui sur Patrick pour accompagner mon bébé une dernière fois.

Mardi 20 décembre, 17h46 : Lina est née !

S'en suivent la Joie immense, l'inondation d'Amour, les premiers regards et les premiers touchés, l'infini gratitude envers la Vie qui m'offre cette expérience unique, et envers mon équipe de choc.

Je me sens toute petite face à la puissance de l'énergie qui m'a traversée, et toute grande d'avoir permis la naissance de ce bébé. Je ne me suis jamais sentie aussi bien à ma place qu'à cet instant là.

La délivrance, la suture du périnée, la 1ère mise au sein, les premiers examens pour Lina, un bon repas pour se remettre de tout ça…

Il est 23h00, nous reprenons la route pour rentrer chez nous, avec la merveilleuse perspective de nous réveiller le lendemain ensemble à la maison, tous les 3 !

Claire et Patrick

Arrivée de Capucine, le jeudi 28 juillet 2016

Cela fait deux jours et deux nuits que mon utérus se resserre comme un étau autour de bébé.
Sensations, jusque-là, guère désagréables.
Ça "travaille" et c'est normal...

Jeudi matin, j'en parle à Nicolas en lui précisant que c'est un peu plus intense que d'habitude...
Nous décidons, l'un et l'autre, de vaquer à nos occupations : je passe l'aspirateur, il bricole dans son atelier...

Je prends ma douche, puis regarde l'heure car mon estomac crie famine : 12h30 !
Comme à mon habitude ces derniers temps, je n'attends pas Nicolas et décide de grignoter les restes de la veille.
Je prends alors conscience du travail qui est en route.
En effet, je suis obligée de rester debout pour m'alimenter et de m'arrête régulièrement pour laisser passer les contractions qui vont et viennent de-ci, de-là.

Nicolas réapparaît, je n'ai pas besoin de lui dire que cette fois c'est la bonne !
Il charge la voiture, se rase et pars se doucher.
Je laisse un message à Lya, ma sage-femme, pour la prévenir et avoir son avis...

En attendant, je monte à l'étage pour une pratique de yoga entre deux vagues.
Je me relie au Ciel, à la Terre et à mon bébé.
Je dirige ensuite des vibrations vers mon col avec l'intention de l'ouvrir.
Debout, je fais des mouvements de balancier du bassin de l'avant vers l'arrière, puis de la droite vers la gauche avec le son "OuA".
Je m'arrête-là !! Car après, tout s'accélère.
Je me mets à genoux et prend appui sur le ballon de yoga pour me bercer et entrer dans la danse des contractions de plus en plus rythmées.
Ces dernières sont intenses et rapprochées, j'ai l'impression qu'elles se localisent toutes au niveau de mon col.
Nicolas me rejoint avec le téléphone, c'est Lya qui, malheureusement, ne pourra pas venir nous rejoindre.
Au vue de notre conversation entrecoupée de respiration de la vague, elle me confirme bien que le travail a commencé...
En effet, je demande maintenant le soutien de Nicolas toutes les 3 mn en lui serrant la main.
Quant à moi, je plonge régulièrement dans un monde silencieux d'une grande profondeur.

Nous descendons tant bien que mal le premier étage, il me déclare :
"- J'appelle les pompiers, je ne me vois vraiment pas faire la route avec toi dans cet état !"
Il est 13h20.

Arrivée au salon, je sens un liquide chaud entre mes jambes et pense que c'est la poche des eaux qui se perce.
Je regarde le sol et vois du sang !!
Panique à bord, en ce qui me concerne !
Je me dirige dans la douche pour me rincer tandis que les pompiers au téléphone mettent Nicolas en relation avec un médecin qui nous rassure quant à ces gouttes de sang.
Impossible de rester debout et encore moins de m'habiller...
À genoux, adossée sur le ballon de yoga (que Nicolas a été me chercher), les premières poussées arrivent.
Je respire la vague et serre fort la main de Nicolas.
Les pompiers aussi, arrivent !
"- Salut Claire, c'est Manu !"
Tiens, tiens, tiens... Je reconnais cette voix...
Une femme me pose une perfusion et Manu reprend :
"- Tu vas devoir rester ici pour accoucher, on n'a plus le temps d'aller à l'hôpital..."
Aurais-je eu, un seul instant, l'intention de bouger de chez moi ?!!!
Je ne vois personne, ni ce qu'il se passe autour de moi car mes yeux sont fermés et régulièrement, je plonge dans ce monde silencieux et profond.
À deux reprises, "ils" souhaitent m'allonger, je refuse fermement !
À nouveau une voix familière retentie dans la salle de bain : il est 14h25.

"- Bonjour Claire ! C'est Cécile, la sage-femme de l'hôpital... Celle avec qui tu as fait toutes tes échographies...
Allez, c'est parti, on va t'installer sur un matelas et je vais te guider pour la dernière ligne droite."
"Ils" me déplacent, en effet, sur un matelas juste à côté de la douche.
Je demande à garder ma position initiale.
Requête accordée !
Cécile intervient :
"- Pousse Claire !
Attends... Ne pousse plus...
Cette fois vas-y à nouveau, pousse !
Encore, encore, encore, c'est intense mais tu sais que cela ne va pas durer... Fais-le pour ton bébé ! Ça y est je le vois ! Une tête toute chevelue !"
De mon côté, j'effectue ce travail final avec des sons, non pas des "OM" mais plutôt des "A" gutturaux.
Je donne "tout" et pense fort à mon bébé, je fais corps avec lui dans cet instant ultime.
Emballée dans une serviette, Capucine m'est remise dans les bras, je n'en reviens pas !
Elle tète ma joue pendant que Nicolas coupe le cordon.
Il est 14h45.
Nous repartons toutes les deux en ambulance à l'hôpital pendant que son papa fait un peu de ménage... Il nous rejoindra un peu plus tard...

Pour l'anecdote...
Quatre jours auparavant, je suis partie faire une petite balade à pieds avec mon gros ventre en partant de chez moi. J'ai rejoins la maison d'Émilie et Manu.
Coup de chance, ils étaient là et m'ont invité à boire le café.
Dans la conversation, j'ai demandé à Manu :
"- Est-ce que cela t'ai déjà arrivé de devoir accoucher une femme, en tant que pompier ?"
Il m'a répondu :
"- Non, mais on est formé pour...
Cela dit, il faut que tout se passe bien car nous ne sommes pas médecin !"
J'ai rétorqué :
"- J'imagine, qu'en général, si cela doit arriver, c'est que cela va vite et que tout se passe bien..."
Sur ces belles paroles, je les avais quitté...

Lorsqu'ils sont venus nous rendre visite de retour de la maternité, Manu était très ému et moi très touchée !...


Conclusion...
Avec du recul, j'avoue avoir manqué d'intimité (5 pompiers et 3 membres du SAMU dans ma salle de bain).
Tout ce "staff" pour moi, alors qu'il n'y avait rien "à faire", juste à attendre que la Nature opère...
Mais dans le fond, cela ne m'a pas tant dérangé car j'étais loin... très loin... ailleurs... dans l'Essentiel.
La dernière naissance à St Sigismond remonte à 1950.
Claire et Nicolas

Naissance de Mira

IMG_4546

14 mai 2016

Le vendredi matin, je sens quelques contractions et la sensation de mon col qui « travail ». Je suis contente et un peu excité mais je ne m'emballe pas, car cette semaine j'ai déjà eu plusieurs amorces de travail qui on finis par s’arrêter.
Je fais mon yoga du matin, une fois que les filles sont partis à l'école, puis je décide d'aller me balader. Il tombe une pluie fine, tout est d'un vert intense et lumineux, il y a des fleurs partout, la rivière coule à flot. Tout respire la terre, l'humide, que c'est beau!Je déguste les odeurs et la lumière, je « sens » la terre surtout, les flaques, , la boue, les pierres du chemin. Je me sens « dans » la terre, complètement. Ca me fait des frissons au coeur, c'est dur à décrire, les mots rendent les sensations un peu plates, je ne suis pas assez poète ! Bref, même un tas de caillou me fait un effet incroyable… je suis caillou, je suis terre. Sur le chemin de retour , je fais des va et viens entre cet état de sensibilité intense et mes pensées. Dans un temps de recul j'observe à quel point quant je pense je suis totalement coupé de cet état de reliance magnifique. L'opposition entre ces deux états ne m'a jamais parut si grand.
Me voilà de retour à la maison, c'est l'heure d'aller chercher Siane à l'école pour la pause repas .Thibaut me demande comment je me sens, si c'est ok pour moi de prendre Siane à midi. Mais les contractions sont toujours assez douces et espacés donc je me dis que la vie continue tranquille, faisons comme prévu.
Nous mangeons tout les 3 et Thibaut part au travail. Je dessine ensuite pendant une demi heure avec ma fille ; Elle des princesses et moi des têtes de bébé, des cols qui s'ouvrent avec des fleurs autour. Je sens que ça travail dans mon ventre, mais pour l'instant tout en douceur. Grand moment de calme avec ma Siane. Puis je l’emmène à l 'école.
Au retour, je me sens fatiguée, mes sensations s'intensifie, mais les contractions sont toujours aussi espacées. Je ne peut m’empêcher de comparer avec mes autres accouchements qui ont été rapides et rapidement dans l'intensité. Je n'ai pas les même repères que d'habitude et quelque part, ça me dérange. Je décide d'aller faire une sieste, en me disant que si ça arrive cette nuit, autant dormir un peu maintenant.
Je dors bien et au réveil , toujours pas d'accélération de rythme. Je me sens perdue, un peu énervée , impatiente, comme entre eaux. C'est tellement doux et lent que je me demande si c'est un « vrai travail ». J'ai la sensation d'être prête, dans les starting bloque, mais pas sûr que la course va vraiment commencer. Je sais qu'il faut que je lâche mais je n'y arrive pas pour l'instant.
Je range toute la maison, me fait un gros goûter et repars marcher un long moment. Là encore je me nourris de la nature, je n'ai pas envie de revenir, je voudrais m'y blottir et rester là au creux des arbres. Mais je dois aller chercher mes filles à l'école.
En rentrant je leurs explique que peut être ce soir elles dormiront chez leur tata Lucie, car le bébé risque d'arrivé bientôt. Je ne me sens pas très disponible à elles, aprés la lecture de quelques histoires et le récit de la journée de chacune, je leurs met un dessin animé et pars me glisser dans un bain.Thibaut arrive, il gère le repas, le coucher, pendant que je barbote.
Aprés ça, nous sommes un peu penaud. Rien ne s'accélère, accouchement ou pas ? Quelque chose travail en moi, indubitablement mais c'est tellement lent et doux que j'ai du mal à reconnaître un début d'accouchement.
On se met à regarder un vieux film qu'on adore, moi su mon ballon, mon tibo sur le canapé. Pendant le film les contractions se rapproche un peu, Joie ! On arrête le film. Tibo appel Lucie qui passe prendre les filles. Ca y es on sent que c'est là pour de vrai. Moi j’attends les contractions comme le Messie, comme les vagues de l'océan quant on joue à plonger dedans… L'attente entre 2 contractions me paraît longue et dés qu'une contractions arrive je suis ravie et rassurée, je plonge dedans avec délice. Chaque contractions me rapproche un peu plus de mon bébé et me laisse trempée et heureuse sur le sable.
On décide d'aller se coucher un peu, car même si les contractons se rapprochent, ça reste encore assez doux.Je passe par une phase de déprime, je pleure , me dis que c'est trop long , que ça n'arrivera jamais, que j'arrive pas à rentrer dedans. Mon Tibo me câline et je sens que quelquechose lâche en moi, alors je pleure et je laisse faire. Tibo s'endort et moi je somnole, avec toujours cette impression d'attendre les contractions comme des grandes vagues qui m'amène toujours un peu plus vers mon enfant. Peut être qu'a force des les attendre , de les souhaiter si fort, dans mon demi sommeil, je ne me rend pas compte que le travail s'intensifie.Toujours en somnolent je dois maintenant me mettre à 4 pattes à chaque contractions, avec les mouvement du 8 de l'infini qui s'installe naturellement dans mon bassin. Il est 4 heure du matin. Je réveil tibo et on se dit que là enfin : ça y est te voilà bébé ! Alléluia, youpi tralala ! Nous voilà tout excité !
Je me met dans un bain et mon homme installe la chambre, draps, bougies, musique douces..;ect
Aprés le bains , j'ai envie de mouvement. On part se balader dans la nuit, ou plutôt l'aube , les oiseaux chantent déjà. Nous marchons en silence. Encore cette reliance particulière aux pierres, à la boue, à la terre. Chaque sons des cailloux sous mes pieds et d'une intensité vibrante.
Et les contractions sont cette fois bien forte ! Je dois m’arrêter, respirer à chaque contraction. Mais c'est la première fois que j'ai autant de plaisir à vivre les contractions. Malgré la « douleur » ou plutot l'intensité, j'ai presque du plaisir à sentir cette force qui me prends et me serre. Aprés quelques centaine de mètre, on fait demi tour, parce que je commence à devoir m'agripper à Tibo à chaque contraction, et les sons arrivent aussi … J'ai envie de m'asseoir sur mon ballon et d'ouvrir d'ouvrir.
Au retour, je m'installe sur le ballon, il est 5h 30. Tibo me masse le bas du os et je fais des sons à chaque contractions.
Cette fois ça y est c'est intense ! Mais les pauses entres les contractions me permette encore de bien récupérer. Je ne me sens pas en « transe », mais bien là, sur mes deux pieds, consciente de tout ce qui se passe dans mon corps, tout s'ouvre, et cette force qui fait descendre mon bébé. A un moment je dis à tibo d'appeler Sybille, la sage femme, car c'est sûr j'accouche ! Mais comme je suis encore bien consciente entre chaque contraction, que je peux parler avec Tibo sans problème, j'ai la sensation qu'il reste encore pas mal de temps avant la fin. Il est 6h.
Je demande ensuite à Tibo d'aller me chercher une bouillotte car j'ai envie de chaleur sur mon dos. A ce moment là j'ai comme une envie de pousser mais j'interprète ça comme une envie de faire caca, comme je ne me sens pas du tout encore proche de la délivrance. Je m’accroupis donc au dessus de ma bassine. Puis je pousse et là j'entends Tibo qui revient et qui se met à crier «  Mais c'est pas, c'est pas, mais… c'est… c'est bébé !!! ». Il lâche la bouillotte, enlève la bassine, place un coussin entre mes pieds. Je pousse une fois, la tête est dans ses mains,la poche explose en même temps. Il me dit de me relever un peu. Je repousse le sol avec mes pieds , pousse une seconde fois avec cette force infini et indescriptible et … notre bébé est là. Nous voilà tout les 3 ahuris autant les un que les autres ! Il est 6h20.
On se traîne jusqu'au lit et là, et là… c'est l'inondation d'amour pur. Mira trouve le sein
en 2 minutes et y restera 1h. Puis 1/4 d'heure après Sybille arrive , elle entre en souriant et en disant : « je m'en doutais, bande de coquin! ».
Ca alors quel accouchement, si long et doux au début , si rapide et intense à la fin.
Cette fois, je ne suis pas partis en « transe », je suis rester tout le long parfaitement consciente de tout, très proche de mes sensations. J'ai eu plaisir à sentir finement tout ce qui me traverser. J'ai la sensations que pour mes deux premier accouchements j'étais partis très haut et que là , je suis rester là en accompagnant la descente, beaucoup plus en lien avec la terre, avec la matière. Comme quoi, chaque enfant nous amène un cadeau qui lui est propre, au moment de sa naissance. Ma Mira m'a amener à la terre je crois.


Une naissance magnifique !

Bonjour Martine

Je te transfert le récit de la naissance de Térence, notre petit garçon né le 29 mai 2016, jour de la fête des mamans :)
Une naissance magnifique !
Merci Martine pour ton enseignement, le week end d'avril à Evian m'a permis de replonger dedans complètement.
Cet enseignement m'a suivi tout le long de ma 1ère grossesse pour Gaétane mais n'a eu cesse de m'imprégner depuis.
Je pense d'ailleurs que ça ne me quittera plus ;)
Pour cette 2ème grossesse j'ai eu la chance de suivre la préparation "naître enchanté" avec Magali Dieux que j'avais découvert lors de tes cours.
Cette préparation associée à la tienne m'a permis de mettre à mal les dernières résistances qui subsistaient et d'être totalement dans le lâcher prise.
Encore un grand merci à toi Martine pour tout ce que tu apportes au monde merveilleux de la naissance

Ca y est je me reconnecte tout doucement (mais pas trop vite qd même hein...on est trop bien dans cette bulle !)

Alors tout d'abord mon entrainement "naître enchantés" :
Faut que j'avoue, proche du zéro...
Après la formation j'ai bien fait qq vibrations, en voiture, à la maison mais pas énorme
J'ai proposé à mon homme mais vraiment c'était pas son truc alors j'ai arrêté d'insister.
J'en ai fait devant ma fille et là " pourquoi tu fais ça maman ?"
Je lui explique et en retour "non maman j'aime pas !" "tu arrêtes hein maman"
Même le chat demandait à sortir !
Bon ok ça branche personne mon truc :P
Ca me fait plutôt rire et ça n'ébranle pas ma confiance.
J'ai vibrer pour la naissance de mon aînée et je savais que les vibrations viendraient à moi le jour J

En revanche ce qui est resté de la formation, + que la technique des vibrations, et qui pour moi est énorme, c'est le lâcher prise total sur le déroulement de la naissance, la foi inébranlable dans ma capacité à accompagner mon bébé quoi qu'il arrive et cette image "le bébé est le chef d'orchestre et je suis l'instrument de sa mise au monde"

Alors voilà 1 er coup de baguette de mon petit chef d'orchestre samedi 28 mai après midi après la sieste.
Le matin j’avais écrit dans son journal qu'il avait encore qq jours s'il le souhaitait (terme prévu le 1er juin) mais que ce serait bien qu'il ne dépasse pas trop le terme car après c'est une autre logistique plus un risque de déclenchement.
L'après midi j'ai fait une méga sieste super réparatrice.
Mon homme avait assuré la petite car elle avait mis 3 plombes à s'endormir et ça sentait  le "je ne veux pas faire la sieste!"
Du coup je me réveille en pleine forme :)
Je perds un peu de liquide au lever mais minime pour que ça m'interroge sur sa provenance mais sans me dire c'est le grand jour.
Environ 1h après j'en perd assez pour qu'il n'y ait plus de doute : la poche des eaux est fissurée. Pas rompue c'est certain car je me souviens de l'inondation pour l'aînée quand ça rompt complètement.
Je n'ai pas de contractions
J'appelle la maternité et la sage femme libérale qui m'a suivi.
Elles me confirment qu'il faut qu'on descende à la maternité, qu'on est pas obligé de se speeder mais qu'il faut descendre (on est à 1h de route).
On informe la petite que ça y est son petit frère arrive ! Elle est tout excitée !
On prépare le reste de la valise , on prévient les copains qu'on va leur amener Gaétane et on décide de manger à la maison.
Tout se déroule tranquillou et on quitte la maison vers 21h.
Le trajet se passe super bien, de très légères contractions et Gaétane qui nous tient le crachoir tout le trajet avec une question de taille " est ce qu'il y a un réducteur (pour les toilettes) chez les copains" :)
Chacun ses priorités ;)
On la dépose, on papote un peu avec les potes et on se rend à la maternité vers 23h30.
On rencontre Muriel une super sage femme !
1er monito et les contactions qui commencent à se manifester mais toujours douces pour l'instant.
Muriel nous demande quel est notre projet de naissance : il est simple, une naissance naturelle avec 2 souhaits : ne pas avoir à me déplacer qd le travail devient intense et pouvoir accoucher au sol ou sur la table en fonction de mon ressenti
Elle nous dit pas de problème !
Je lui parle de naître enchanté et des vibrations, elle ne connait pas mais là aussi me dit pas de souci :)
Elle nous propose d’installer nos affaires dans la chambre et de venir nous installer en salle nature dès qu'on le souhaite.
On va donc dans la chambre, j'écris une dernière fois dans le journal de mon petit garçon avant son arrivée 
Je lui dit que j'aime beaucoup Muriel et que ce serait chouette qu'il naisse pendant sa garde...
Les contractions sont bien installées et commencent à se faire sentir.
Je décide d'aller prendre une douche puis je propose à mon homme qu'on dorme un peu.
On s'allonge tous les 2 sur le lit et je commence à laisser passer les vagues avec la respiration
Ca s'intensifie très rapidement et j'annonce à Yannick qu'on ne va pas dormir...
On traverse les couloirs de la maternité, tout est calme et l'ambiance nocturne délicieuse...
On rejoint Muriel qui nous installe dans la salle nature : une grande salle assez chaleureuse avec des grands tapis, des poufs, une baignoire,un ballon, des suspensions et une lumière douce... de quoi faire son nid sereinement.
Elle m'installe sur la table pour un nouveau monito puis reste papoter avec nous un petit moment.
Elle s'interrompt dès qu'une contraction arrive pour me laisser entrer dans la respiration de la vague et je la sens me tenir la main.
Une fois le monito terminé elle me demande si j'ai envie d'un bain mais non pas envie, je lorgne le gros tapis de 2m sur 2m !
Elle nous laisse tous les 2 avec Yannick et nous dit de l'appeler dès qu'on le souhaite
Une sage femme au poil ! présente mais pas trop, juste comme j'avais envie.
On reste donc tous les 2 avec mon Homme, moment que j'affectionne particulièrement et qui m'avait laissé un super souvenir pour notre aînée.
Les contractions s'intensifient rapidement et je sens qu'elles sont d'une efficacité incroyable ! A chaque contractions je sens mon col s'ouvrir.
Je suis tantôt sur le ballon, tantôt au sol, Yannick à mes côté qui me soutient par sa présence, comme un roc et je sens tout l’Amour que j'ai pour cet homme...
A partir de là c'est un peu flou pour moi ...
Je sens mon petit chef d'orchestre qui se tortille, c'est incroyable, quel concert !
Yannick me dit de ne pas hésiter à faire des vibrations mais je n'en ai pas encore envie, je suis bien dans la respiration de la vague et je garde les vibrations en cartouche ;)
Cartouches que je dégaine peu de temps après et qui s'imposent tout simplement.
Quand j'ai l'impression d'être dépassée tellement c'est intense j'accroche un sourire et oui ça change tout  et me permet d'atteindre la période de calme avant la nouvelle contraction.
Pendant les périodes de calme je crois que je m'assoupis...
A un moment je sens une grande fatigue et l’énergie qui commence à baisser.
Je pense à ma puce et je m'entend fredonner "dans sa maison un grand cerf"... Ca me redonne la papate grave ! pourtant c'était pas dans ma playlist !
Je sens que l'intensité est à son max, je dis à Yannick d'appeler Muriel.
J'explique à Muriel que l'ai l'impression d'être au max de l’intensité et que je devrais ressentir l'envie de pousser mais pourtant je ne sens pas mon bébé descendre.
Elle m'examine et me confirme que je suis à dilatation complète.
Elle m'explique que la poche des eaux est encore bien bombée et que c'est ce qui ralentit la descente du bébé.
Elle me propose de la rompre, chose que j'accepte bien volontiers car je sens que je commence à vraiment fatiguer et j'ai envie qu'il arrive.
Quelques minutes à peine après l'avoir rompue je le sens descendre et cette poussée irrépressible.
Je suis à genoux, la tête dans les genoux de Yannick , je suis bien.
A chaque poussée j'enfonce ma tête dans ses genoux 
Mon cortex, sensé être débranché, se reconnecte un instant en se disant que mon homme a des sacrés adducteurs !
Je sens la tête et je la touche c'est incroyable !
Et puis la poussée suivante,cette fameuse phase de désespérance... Je dis à Muriel que ça ne passera pas  !!!
Elle me dit que si, qu'il arrive mais j'ai du mal à la croire.
Une poussée plus tard mon bébé sort sa tête et la suivante les épaules, ça y est il est là !
Il est 6h51 quand notre petit Térence rejoint nos bras
Nous sommes le dimanche 29 mai, le jour de la fête des mamans
Muriel termine sa garde à 7h...

J'ai eu grand plaisir à vous raconter cette merveilleuse naissance et j'en frissonne encore d'émerveillement...
Quelle force, quelle magie dans ces instants...

Pleins de gros bisous à tous et encore un grand merci Magali
C'est comme si d'avoir lâcher prise total sur le déroulement de la naissance avait permis du coup que ça se déroule exactement comme je l'avais souhaité ;)
Marion

Jennifer et sa petite fille Salomé

Dans la nuit du 30 au 31 mars 2016:


Le murmure d’une membrane qui se rompt :

Dans la nuit du 30 au 31 mars, tout d’un coup, en plein sommeil, je vois et j’entends un « poup » et je sens la poche des eaux qui se déchire tout doucement, je ressens en pleine nuit comme une sensation de membrane tout à l’intérieur.
Il est alors 4 heures du matin et je suis réveillée à 100%, instantanément, en une fraction de seconde, alors que je dormais d’un sommeil paisible et profond. Lentement je me lève et je sens que quelque chose coule de moi. Péniblement je me hisse hors du lit, à ce moment là, j’ai un pic soudain d’adrénaline, mon cœur s’emballe à fond les ballons, avec la fuite des eaux c’est la panique à bord, car je ne connais pas ce que c’est que de « perdre les eaux », mais je comprends quand même théoriquement ce qui est en train d’arriver et j’ai une pensée réconfortante et très raisonnable qui me dis « ah, mon bébé va naître dans les 24 heures ».

Alors, en vent de panique, ça coule, c’est humide, il y a du sang dans les wc, le petit coup d’adrénaline me permet de me déplacer et d’arranger le « dégât des eaux » si j’ose dire, avec serviette hygiénique, culotte spéciale etc., car j’ai aucune idée du phénomène : si je vais perdre 1 litre, 5 litres ou quoi ? Beaucoup en une fois ? En fait, je m’aperçois que ça coule doucement petit à petit, mais ça coule.

Et puis je retourne après 10 minutes auprès de mon chéri qui ronfle et qui dort profondément, je choisi de ne pas le réveiller, sachant que la journée qui s’annonce sera longue.
Impossible de dormir ! Alors je fais un truc assez étrange, me demander pas pourquoi, je me met à écouter de la musique au lit, chose que je n’ai jamais faite, j’écoute mon lecteur mp3 et je suis si profondément émue par la musique que mon cœur se rempli, j’écoute jusqu’au son du réveil de Mickaël, à 6h. C’est là que je lui glisse un «  Mick, j’ai rompu la poche des eaux, notre bébé arrive ». Alors on se synchronise pour appeler la sage femme vers 8h et il s’en va à son travail auprès des chevaux, à 8 minutes de la maison.

Je me rendors très profondément pour une heure et lorsque Michaël revient, tout ce que je comprends c’est qu’on a rdv avec la sage-femme pour 16h si rien ne se passe avant.

Notre préparation à tous les trois :

C’est parti pour une journée de parfait « far niente », où nous sommes à regarder des mangas japonais sur l’ordi et à squatter le canapé du salon, tranquillement allongés, en vacances, tranquilles tous les deux ou plutôt tous les trois ;) La journée passe, nous sommes ensembles paisiblement, mon homme se prépare aussi, à sa façon, il s’absente quelque fois pour voir quelqu’un, il s’isole et il fait des choses de son côté alors que moi, je suis à l’écoute de mon corps et des signes du bébé, je suis à 100% disponible à mon accouchement, je me repose, je m’allonge.

Arrive 16h et nous partons vers la sage-femme qui se trouve au village d’à côté. Elle m’installe sur une table et me place un ancien monitoring, qui ressemble assez au calculateur de secousses sismiques et on écoute ce qui se passe.
Bébé dors, alors il ne se passe pas grand chose, je bouge un peu et tout à coup, il y a des « pics », des « contractiounettes », je dirais, des petites pics de rien du tout, mais qui montrent que quelque chose a commencé. Jusque là j’avais déjà eut quelques contraction qui m’ont connectées avec mon intériorité, qui m’ont ramenée tout à l’intérieur et à m’allonger, mais elles n’étaient pas très fortes.

Notre super sage femme nous propose de bien rester ensemble et de faire plein de choses en privé pour faciliter l’arrivée de notre bébé (ici, je vais pas vous dire quoi ! car c’est à vous de trouver !) et elle nous lance aussi que vu que la poche des eaux s’est rompue, ça serait important que le travail commence et que si rien ne se passe avant 22h, on pourra se préparer à aller en hôpital (pour la première heure le lendemain). En gros, elle nous met un peu la pression !

Puis, après cela elle nous donne une recette de cocktail en dernier recours, pour préparer le travail, une potion avec de l’huile de ricin (=plante indienne qui veut dire la main de Bouddha), de la glace, du jus de pomme et deux trois autres ingrédients dont une lampée de whiskey ( !).
Michaël, qui est très fort en préparation de cocktail le préparera pour 22h.

Nous gambadons l’après-midi en ville de Nyon pour acheter quelques éléments du cocktail dont l’huile de ricin et puis vu que « je coule » nous trainons pas trop.

Les contractions tout-azimut et un petit cocktail :

A la maison, des contractions plus longues ont dès lors commencées et je suis rentrée dans 3 contractions très fortes, qui m’ont plongée à l’intérieur de moi, dans mon ressenti profond. C’est à partir de là que je me relie à la spiritualité de mon corps, à chaque contraction, je plonge à l’intérieur de moi et je peux ressentir mon col de l’utérus, accompagner son ouverture, à chaque contraction, visualiser l’ouverture. Ces contractions sont justes merveilleuses ! C’était comme d’ouvrir la porte de l’univers à chaque fois un petit peu plus!
Cela a commencé vers 21h30, les contractions se sont répétées à peu près toutes les 6 minutes.

Ainsi, je bois la potions vers 22h et puis vers 23h, Michaël appelle notre sage-femme car les contractions s’étant espacées toutes les 4 minutes et on se prépare gentiment pour aller à la maison de naissance, toujours dans le village d’à côté. Je sens que le bébé est sur le point d’arriver tout bientôt, j’ai maintenant des grosses, des IMMENSES contractions qui arrivent et que je vis doucement, lentement et qui me mettent….euh….woaw….qui me renversent carrément, …. comme une crèpe…ou plutôt comme un séisme d’amplitude 10 sur l’échelle de Richter, et je profite pour aller faire pipi entre deux contractions. Et la vers minuit moins dix, là c’était …. si intense, ah ! Comment ça m’a donné des vagues, des vagues qui me traversent et la j’ai vraiment de l’intensité à vivre juste avant de nous déplacer… et puis on décide d’aller à la maison de naissance.

La descente de l’escalier était épique et j’avais déjà envie de pousser sur le parking !!!





Au coin du feu :

Arrivée à la maison de naissance : miracle…..un petit feu de bois nous attends, une douce musique, la lumière tamisée, la sage femme…
Dans ces conditions…c’est allé très très vite, la sage femme m’examine et je suis dilatée à 5 cm, la moitié du travail est fait, me dit-elle, et puis j’accueille des contractions toutes les deux minutes maintenant et moi, je suis profondément dans la contractions, je ressens tout mon corps, je me mets accroupie sur un mini « pouf », un peu comme la position appuyée avec les bras en avant sur le ballon, mais sur un gros coussin et là les sensations étaient tellement fortes et rapprochées, il y avait très peu de temps entre les contractions pour récupérer, je suis même arrivée à un point où il n’y avait pas de récupération entre deux contractions !!! (J’ai appris plus tard que c’était l’effet du cocktail !) A ce moment là je commence à prendre le petit tube en bambou et je souffle, je souffle pour canaliser ma respiration (je vous envoie aussi une photo de mes deux petits tubes en bambou qui m’ont accompagné à merveille pendant mon accouchement). Petite parenthèse, concernant les « tubes en bambous », il s’agit de souffler dedans avec la bouche, à chaque expire et ils ont la fonction de canaliser le souffle et de « concentrer » l’expire tout en plaçant les muscles abdominaux à leur justes places pour expulser. En fait, le tubes exerce une légère résistance et place le corps dans la forme d’un toboggan énergétique (avec rétroversion du bassin) qui permet de mieux faire glisser son bébé. Il y a un tube large, pour la période des contractions et puis un tube plus fin, qui condense d’autant plus le souffle et permet l’intériorité. Pour cet accouchement j’ai utilisé les tubes en bambous et ils ont été d’une grande aide, je vous les recommande !

Ainsi, je me retrouve en appui sur le gros coussin, les bras en avant et accroupie. Dans cette posture, j’ai une partie de moi qui a envie que ça s’arrête, une partie de moi qui a envie de partir de cette intensité et en même temps, je réalise qu’à un moment donné, il n’y a pas le choix, il n’y a pas de refus possible, ni de recul possible, je n’ai pas le choix ! Je dois aller jusqu’au bout…là, c’est certainement l’apogée, et je le sais ! Les IMMENSES contractions me lancent, j’expire à travers le tube de bambou du mieux que je peux et….c’est là que … je me lève tout d’un coup, portée par une FORCE colossale et je m’agrippe au cou de Michaël qui était tranquillement assis près du lit et qui s’était levé pour me retenir. Ici, je dois dire que, je n’ai pas trop regardé ce que lui faisait, il était là, c’est tout ! Et en me levant, j’ai aussitôt une envie de pousser, d’une force, avec une de ces puissance ! Une puissance de la TERRE… et il y a comme un déclic, quelque chose que je connais déjà qui se produit, comme un changement de conscience. C’est assez étrange, comme si je me reliait tout à coup à une espèce de ligne, comme un fil de lumière d’ou j’observe ce qui se passe et je contemple ce qui se passe, je vis pleinement mon corps que je ressens si intensément et à cet instant-là, je lui donne plein pouvoir, je lui fais confiance, infiniment…je crois que c’est cela « lâcher-prise ».

Force ultime insoupçonnée :

En fait je comprends ce qui se passe, à ce moment là de pleine conscience et puis juste là, j’ai envie de pousser fort et il y a un cri, un cri qui vient du fin fond de moi, du fond de ….l’humanité et puis je sens Michaël qui me tient avec force, mais trop haute et je me dis mais c’est juste surhumain de pousser là dans cette position debout avec les os du bassin et j’essaie de descendre un peu et de bouger mon bassin vers l’avant , mais debout, les sensations du sacrum, du bassin sont tellement intenses. La sage femme me dis « regarde, tu peux sentir déjà la petite tête avec ta main, la tête de ton bébé qui est en train d’arriver », alors je mets ma main et je sens une toute petite bosse, je n’en revient pas de sentir ça, je me dis « elle est déjà avancée », et ensuite, la sage femme me place un siège d’accouchement sur lequel je peux m’accroupir et appuyer avec mes jambes. L’intensité est au maximum à ce moment-là et j’ai vraiment l’envie de pousser très très fort et d’abord je pousse faux, parce que debout, c’est difficile d’avoir le mouvement du toboggan et là, je m’assois et je pousse, je sens….je me souviens qu’à un moment, j’ai envie que ça s’arrête, mais je me dis que c’est maintenant qu’il faut pousser ! Je crie, c’est la force de la nature qui me traverse et puis je ressens comme ce matin à 4 heure, lorsque tout à commencé…tout à coup…paf…je vois la circonférence de la tête du bébé (c’est un peu compliqué à expliquer, mais disons que je visualise la tête de mon bébé).
La sage femme me dit doucement, c’est ton premier bébé, tu peux y aller doucement…et heureusement qu’elle m’a dit ça, parce que la force de la nature que j’ai eut pour pousser….ça allait presque être trop fort !
Lorsque j’ai senti la tête, j’ai poussé doucement, doucement, je sentais l’avancée et après, la tête a passé, les épaules et puis tout le reste.

Elle est dans mes bras :

Je me suis retrouvée avec mon bébé dans les bras et ….. j’étais assise, je l’ai regardé…..mon bébé.
Je l’ai mise sur ma peau tout de suite, elle était toute gluante. Sous moi il y avait une grosse bassine remplie de sang et alors que je contemplais mon bébé, la sage femme a essayé de faire tomber le placenta cela a pris un peu de temps et puis le placenta est sorti dans la bassine.
Ces instants de clarté totale, d’unité infinie sont indescriptibles par des mots…de sentir ce petit être tout chaud, tout vivant…incroyablement réel, c’est comme toucher au noyau de la vie.

Soins de la sage-femme :

Enfin, pour résumé la suite qui a duré quelques heures, je n’ai plus eut de notion du temps donc c’est assez difficile d’écrire tout ça dans un sens chronologique, je me souviens que j’ai été très faible après l’accouchement et que la sage-femme m’a donné des soins. D’ailleurs c’est tellement beau cet accompagnement d’une femme, et tellement nécessaire et je dirais …sacré. D’abord elle me lave dans la salle de bain, dans la baignoire, en m’aidant à marcher car j’ai tendance à tourné de l’œil. L’eau était tellement douce et apaisante, puis je crois que je me suis évanouie 2 fois car j’avais perdu plus d’un litre et demi de sang et que je tremblais beaucoup. Bref elle s’est bien occupée de moi.

C’est drôle comme tout c’est déroulé pour le mieux du côté de mon bébé et j’ai tenu le coup avec une force titanesque et lorsque mon mari est allé dormir avec le bébé, juste à côté, j’ai commencé à me sentir vraiment « ravagée », comme après le passage d’un tsunami ou d’un camion de 4 tonnes.
La sage-femme m’a donné une pomme à croquer et elle a commencé à contrôler mon périnée. J’ai eut droit à plusieurs points de sutures alors que mes jambes tremblaient comme jamais, j’ai vécu les sutures avec courage mais je me réjouissais surtout de retrouver mon bébé. Il y a aussi quelque chose qui se passe « quand le travail est terminé »….il y a des « méchantes » contractions qui apparaissent…comme une piqure de rappel, elle ne servent pas vraiment à l’accouchement car ça, c’est fait mais plutôt elles sont comme un message pour dire au corps à quel point ce qu’il vient de faire était intense et que c’est nécessaire d’intégrer l’expérience entièrement et de ne pas l’oublier, de la mettre aux oubliettes aussi vite que cela… Donc ce sont des contractions un peu ingrates, mais que j’ai quand même accueillie comme il se doit, avec beaucoup d’amour et de conscience ;)

Voilà ! Un immense coucou à toutes les femmes qui ont écouté ce récit, mon dernier message est un vrai message de confiance, que le corps de la femme sait ce qu’il doit faire et que surtout….les femmes ont toujours accouché, de tout temps…alors je peux vous dire que vous pouvez leur faire confiance au femmes et oui…vous pouvez le faire !!!


Un grand merci à Martine et Christine pour leur enseignement, à bientôt pour de nouvelles aventures !



IMG_20160527_175649

Jennifer et sa petite fille Salomé.

Indiana_Jen


IMG_20160630_143935


Mahé – 23.05.2016

Mahé – 23.05.2016

Ce dimanche, jour où tout a commencé, nous avons mis un peu par hasard un peu par jeu les pieds dans l’eau gelée d’une rivière, cherchant à travailler notre souffle et à accueillir l’intensité en oubliant le mot « douleur ». Myriam a de la peine à rester dans l’eau plus de quelques secondes. Je lui tends les mains et lui offre mon soutien, qu’elle finit par accepter et ose me rejoindre. Les débuts sont rudes, elle peine mais nous sommes ensemble dans cette eau froide, ma présence et ma chaleur la calment. Y-a-t-il quelque chose à lâcher ? Canaliser l’intensité qui saisit son corps ? Au fur et à mesure des expirations, Myriam parvient à se détendre, à prendre confiance, à accueillir cette intensité dans mes bras, suspendue à mon cou. Je me sens fort, je me sens rocher, Myriam est formidable, et nous ressortons tous les deux de cette eau remplis d’une force nouvelle. Les pieds un peu gelés aussi, avouons-le. Mais sans trop le savoir ni le prévoir, cette expérience marquante – pur instant de complicité et confiance réciproque – nous amène directement à préparer le vrai travail qui s’apprêtait à venir.

Les contractions débutent dimanche soir à 23 heures. Nous sommes au lit après une journée plutôt casanière, la balade et les pieds nus dans la rivière, un ping pong, une sieste prémonitoire l’après-midi et un long bain aux huiles essentielles. Je masse le périnée de Myriam et nous prenons, comme à notre habitude, quelques instants pour parler à notre enfant. Le rassurer, lui dire combien nous nous réjouissons de sa venue, qu’il peut venir tranquillement, que nous sommes prêts et – c’est vrai – impatients de le rencontrer.

Et soudain, Myriam les sent, elles arrivent. Discrètes, irrégulières d’abord, puis chaque dix minutes environ. Nous nous regardons avec le sourire, le bonheur aux lèvres. Notre intuition était bonne, bébé viendrait avec la lune, dans les heures à suivre. Il pleut des cordes dehors et nous sommes bien au chaud dans notre cocon, au lit dans la mezzanine sous le toit. Dans cette nuit magique, balayée par l’averse qui ruisselle sur les tuiles, j’allume des bougies, place quelques objets symboliques ici et là sur notre petit meuble, lance une musique douce de méditation. Nous créons une ambiance chaude et rassurante. Myriam accueille ses contractions avec le souffle et les ondulations, en laissant sortir parfois quelques sons vibratoires. Quelle douceur et quelle harmonie avec cette énergie de naissance. Je revis les cours de yoga à Evian et soutient ma femme dans ce début de travail.

Notre projet était d’accoucher en maison de naissance. Celle-ci se trouve à vingt bonnes minutes de la maison et vu la météo exécrable qu’il fait, mais aussi grâce à l’atmosphère que nous avons créée, nous décidons de poursuivre chez nous. Oui, au final, pourquoi ne pas mettre au monde notre enfant chez nous, à la maison ? C’est ce qui nous paraît le plus naturel et juste. La nuit se déroule sans sommeil, les heures défilent et les contractions s’enchaînent. Bercée par la pluie, dans mes bras ou en mouvement, Myriam est en sécurité, détendue, sereine et confiante. Nous sommes main dans la main et vivons cette nuit comme une parenthèse magique, silencieuse, en connexion totale avec la nature, notre enfant et nous-mêmes. Nos animaux dorment encore, tout autour de nous le monde est comme suspendu, figé, en observation, alors que nous sommes dans notre bulle hors du temps. Nous formons dès le début une équipe et resterons soudés tout le long, jusqu’à la naissance et aujourd’hui encore.

Je téléphone à Nadège, notre sage-femme, aux alentours de quatre heures du matin. Les contractions sont installées et plus rapprochées, entre cinq et sept minutes environ. Elle arrive peu après et examine Myriam. Le col est dilaté d’un doigt et bébé va bien. Le travail est lancé. Nous poursuivons toujours dans le souffle, les mouvements de l’infini et la visualisation. Myriam alterne les positions, entre le quatre-pattes et debout accrochée à moi. Parfois elle a besoin d’espace, sans que je ne la touche, et d’autres fois elle est dans mes bras et demande mon contact. Tout cela se fait naturellement, parfois dans le silence, parfois dans les rires, parfois les yeux fermés dans l’intensité. Si vous les hommes vous demandez quoi faire dans ces moments, eh bien soyez juste à l’écoute de votre compagne, soyez là, offrez-lui votre force, votre présence, vos encouragements, prenez votre place de rocher sans vous imposer. Dansez avec votre femme, soyez sa lumière dans la nuit.

Au matin, les contractions augmentent en intensité, parfois sans interruption entre chacune d’elles et Myriam prend un premier bain dans la matinée. L’eau agit rapidement et lui procure détente et soulagement. Que c’est beau de la voir ainsi, elle est magnifique, incroyable, je suis épaté par la manière dont elle « gère » tout cela. Toujours en union, nous ne voyons pas les heures passer.

Nagède contrôle le col vers 14 heures. Dilaté maintenant à six centimètres, elle m’annonce qu’à priori, bébé devrait arriver en tout début de soirée. Jusqu’ici le travail se déroule bien et progresse régulièrement. Les contractions s’intensifient encore et Myriam prend un second bain.

Dans l’après-midi, nous remarquons que les contractions s’espacent un peu et les contrôles suivants indiquent que le col stagne. Nadège palpe le bébé qui est remonté un peu. Rien d’inquiétant pour le moment, mais elle nous incite à bouger plus. Elle fait marcher Myriam accroupie en canard, nous sortons ensuite pour une nouvelle mini balade, puis alternons les positions dans le lit. A ce stade, nous gardons confiance, bien que la fatigue commence à se faire sentir. Nous subissons une baisse d’énergie et les premières questions arrivent. Que se passe-t-il ? Nous peinons à comprendre pourquoi le col stagne et ne se dilate plus, jusqu’ici tout a été si parfait.

A 17 heures, Myriam perd enfin les eaux et cela nous redonne un élan d’espoir. Le col est toujours « coincé » à 6 centimètres, les contractions sont plus espacées mais très intenses. Nous stimulons bébé avec des huiles essentielles sur le pubis et le sacrum et je masse légèrement ces zones pour encourager notre enfant à descendre. J’encourage Myriam, la caresse et l’embrasse entre ses contractions. Nadège est aux petits soins et fait le maximum. Soucieuse, elle nous prévient que si les choses n’évoluent pas bientôt, nous devrons nous déplacer à l’hôpital. Nous parlons encore à notre enfant, lui disons à quel point nous l’attendons et qu’il peut venir en toute sécurité nous rejoindre. Nous visualisons le tunnel de naissance baigné de lumière. Je joue également du didgeridoo avec l’intention d’ouverture sur le col, afin que bébé et Myriam entendent ces vibrations auxquelles ils ont été habitués durant la grossesse. Nous donnons tout ce que nous avons pour que bébé descende et que le col s’ouvre.

Pourtant rien n’y fait et l’échéance se rapproche. La réalité rattrape cruellement nos rêves et nos idéaux. Nadège nous dit qu’il va falloir se déplacer à l’hôpital afin de poursuivre l’accouchement. Il est 18h30, le col stagne à six centimètres depuis 14h et Myriam a de moins en moins de contractions. La fatigue s’installe, Nadège place un monitoring sur bébé et nous constatons avec soulagement qu’il va bien, son rythme cardiaque est normal et stable, même s’il semble endormi.

Nous vivons ce départ de la maison avec déchirement et émotion, car il marque l’évanouissement de notre projet initial, la fin de ces heures magiques vécues chez nous. Je n’ai aucun remord ni reproche, car tous les quatre, ensemble, Nadège, Myriam, bébé et moi avons fait tout ce que nous pouvions pour accueillir notre enfant ici.

Les heures qui suivent sont pénibles physiquement et émotionnellement. Le changement de décor est radical et j’ai beaucoup de peine à l’encaisser. J’ai encore dans la tête les images de notre mezzanine, des bougies, de la musique douce, du parfum d’huiles essentielles, de ma femme qui ondule, souffle et chante sur le lit, dans mes bras, sous l’œil discret et attentif de Nadège, de la pluie qui ruisselle sur le toit et du silence de cette nuit magique. Mes rêves de naissance physiologique se bousculent avec la réalité de cette chambre d’hôpital. Nous nous imaginions accueillir bébé ensemble à la maison et à la lueur des bougies, et nous nous retrouvons maintenant dans une salle d’hôpital au teint bleuâtre, Myriam avec des tuyaux dans le bras et une blouse médicale qui fait injure à ses formes magnifiques.

Myriam reçoit une injection de Syntocinon afin de booster les contractions et espérer dilater le col. Cette injection est suivie d’une péridurale qui s’est vite profilée comme une évidence au vu des circonstances. Myriam est fatiguée, ces longues heures de contractions « pour rien » l’ont épuisée physiquement et psychologiquement.
L’effet des produits est rapide et nous soulage tous. Très bien dosés, nous sommes surpris de constater que Myriam peut ressentir ses contractions sans souffrir et sans être « shootée ». Le personnel nous donne deux heures afin de laisser la chance à une progression de la dilation du col et une venue par voie basse. Nous pouvons rester seuls et nous retrouver dans un semblant de douceur, avec notre musique et notre harmonie. Pourtant, à 23 heures ce lundi soir, vingt-quatre heures après le début du travail, le verdict du médecin tombe : aucune progression, le col ne montre aucun signe de dilatation. Il faut maintenant que bébé sorte et la seule voie possible est celle à laquelle nous ne nous étions que peu préparés : la césarienne. Nous sommes ébranlés et pleurons cette issue, à l’opposé de ce que nous vivions et souhaitions encore quelques heures plus tôt.

Le personnel a été délicat et nous a laissé un moment seuls, tous les trois, afin de vivre nos émotions. Difficile et rude, cette décision est malgré tout la bonne pour tout le monde. S’entêter nous aurait tous conduits dans le mur. La voie basse disparaît et se voit remplacée par une intervention chirurgicale et tout ce qu’elle implique. Myriam rêvait que j’accueille notre enfant dans mes mains lors de la délivrance et que je le dépose sur sa poitrine pour les premiers instants de rencontre. Moi-même savoir que l’on allait ouvrir le ventre de ma compagne sur une table d’opération me fait trembler les jambes.

A 23h30, nous sommes en salle d’opération. Blouses blanches, tuyaux et personnel masqué. La grosse baffe dans la figure. Myriam couchée sur cette table, tremblotante et anesthésiée, bien présente à moi néanmoins, je suis auprès d’elle, je lui caresse la joue, l’embrasse et nous sommes les yeux dans les yeux. De A à Z, connectés et ensemble, complices et unis. Nous nous rassurons et laissons libre court à nos émotions. Ici encore, le souffle nous aide à vivre cette expérience.

En tant qu’homme et compagnon, ce fut dur de la voir ainsi, immobilisée sur cette table, totalement passive de notre propre accouchement, dans les mains de médecins qui, je le sais, font tout cela pour notre bien commun. Ces images me brouillent encore les yeux. Mais je souhaite relever que malgré tout et avec le recul, cet épisode de l’hôpital était juste et beau également. Les sages-femmes, infirmières et médecins ont été tous doux, attentionnés et silencieux. Notre souhait était de pouvoir prendre dans les bras notre bébé (fille ou garçon ???) dès sa sortie et avant qu’il ne file chez le pédiatre. Ce qui a été respecté. Notre souhait était de garder la surprise de son sexe jusqu’au bout, et cela aussi a été respecté jusqu’à ce qu’ils nous le déposent vers nous.

A 23h51, le premier cri retenti, on nous apporte délicatement notre…. petit garçon !!

Mahé, ton nom qui sent bon le voyage, les épices, le soleil, la mer et la terre, notre fils. Bienvenue au monde.

Mahé est né plus de 24 heures après le début du travail, qui s’est déroulé pour la majeure partie chez nous à la maison. Autant ce que nous avons vécu à l’hôpital a été dur à accepter, autant cela a été juste à ce moment-là pour la santé de Myriam et Mahé. Nous avons vécu à la maternité des moments forts qui, bien que désagréables ou éloignés de notre idéal, nous ont rapprochés, renforcés et surtout permis de rencontrer enfin notre petit homme. A l’inverse, tout autant de ce que nous avons vécu à la maison a été magique. Un réel et puissant rite initiatique traversé ensemble. Jamais je n’oublierai cela. Nous sommes allés bien au-delà de notre projet initial, dans ce sens-là également. Décider de rester à domicile, faire confiance à ce que nous savons tous (et toutes !!) faire, a été la plus belle de toute les expériences possibles. Un authentique cadeau.

Alors avec le recul, oui bien entendu une césarienne à l’hôpital n’était pas ce que nous voulions, bien entendu que nous aurions voulu terminer le travail à la maison et accueillir Mahé dans notre cocon. Mais le fait est que, dans notre cas, les choses se sont déroulées différemment et nous ne pouvons faire autrement que de l’accepter. De voir aussi et surtout les trésors cachés dans cette expérience.

Je suis un père et un homme comblé, fier, enrichi et reconnaissant envers la Vie de m’avoir offert ce cadeau-là. Messieurs, peut-être que vous vous posez, comme moi il y a quelques temps, la question de savoir quel peut bien être votre rôle durant l’accouchement ? En tant qu’homme, je peux faire quoi ? J’aimerais juste vous dire que les femmes ont besoin de nous, qu’il vous suffit d’être là, dans l’ouverture, dans votre douceur et votre force. Le reste viendra tout seul, mais osez prendre votre place de rocher. Impliquez-vous, soutenez-les, elles ont besoin de nous et nous avons besoin d’elles ! Je suis si heureux d’avoir accompagné Myriam durant sa grossesse et cette naissance.

A vous tous, spécialement à celles et ceux qui attendent leur bébé, je souhaite vous dire de rester confiantes en votre puissance. Le souffle, le son, la visualisation, le huit infini, tout cela fonctionne, tout cela est réel. Myriam, Mahé et moi en sommes les témoins. Il n’y pas eu de hurlements, d’injures ni de violence, encore moins de boucherie. Notre accouchement a été intense, c’est certain, une épreuve majeure, mais jamais horrible. Un accouchement en douceur est possible. Vous savez tous comment faire. ÔÔÔôôôôôôômmmmmm… ;)

Témoignage de naissance

Bonsoir Martine

De lien en lien je vous "rencontre" ce soir, et je me sens tellement emerveillée que je me dois de vous partager mon témoignage de maman.
Je porte en moi ce témoignage, que je ne peux partager facilement car le jugement rationnel l'emporte souvent. Je sens que vous avez les oreilles pour m'ecouter et cela m'apaise , j'ai besoin de pouvoir vous transmettre mon experience.
Je m'appelle Amélie Garcia, j'ai 35 ans. Il y a 5 ans en Argentine j'ai donné naissance à mon fils Elouan. La grossesse et l'accouchement ont été parfaits, comme l'existence , simple et en chorégraphie . Moi qui n'avais jamais souhaité avoir d'enfant j'ai reçu de la Vie ce que j'appelle l'initiation. Cela a commencé 2 ans avant de tomber enceinte, j'ai commencé a rever de mon fils, reves qui se sont intensifiés jusqu'à devenir quotidiens. C'est sa force de vouloir venir qui a parlé a mon esprit, et mon coeur a finalement accepté sa mission. Durant la grossesse, j'ai ressentis une plénitude d'Etre incomparable, j'entendais mon fils me parler et nous étions très complices. C'était une danse, comme la danse du cosmos mais en moi, je me sentais fière et tellement bénie de pouvoir vivre cet état.

Vers le quatrieme mois de grossesse j'ai fais " le reve de la déesse": j'étais debout et devant moi une femme aux cheveux noirs me dit : je vais t'expliquer ce qui se passe quand le bébé va naitre: tu sens monter depuis la pointe des pieds une douleur, un tremblement fort qui va remonter jusqu'à la pointe de tes cheveux. Lorsque la douleur est là haut, laisse toi envahir par la déesse, à travers toi laisse la déesse agir" . Lorsqu'elle dit cela je vois dans son aura la transparence bleue des ailes d'Isis, je vois Isis qui remonte ses ailes et l'enveloppe . La dame me dit " Puis la douleur va redescendre d'une façon plus forte mais tu vas oublier cette douleur puisque tu vis dans la déesse, tu es la déesse , la déesse est en toi". Je ne connaissais pas Isis , à l'issue de ce reve j'ai décidé de croire en elle et de me préparer au maximum pour etre digne de recevoir son aide. Le pere de mon fils me faisait confiance mais ne s'impliquait que peu dans la préparation à l'accouchement. Je savais que mon fils devait naitre à la maison, si la grossesse se passait de façon optimale evidemment....mais je ne trouvais pas de sage femme pour m'accompagner. Alors je priais et pratiquais des visualisations créatives pour me programmer: j'imaginais "l'accouchement parfait, rapide et sans douleur de plus que la normale ".

Dix jours avant le jour j je rencontre deux mamans qui me disent " oui on viendra, on sera là pour toi" , cela m' a rassuré ainsi que mon compagnon.
Le travail a duré 6 heures. Lorsque je n'en "pouvais plus" le père de mon fils a téléphoné aux amies . Il a joué du didjeridoo et la poche des eaux a rompue. Les amies sont arrivées peu après, à point pour recevoir mon bébé. Lorsque j'ai senti sa tete prete a sortir et avant de pousser pour la délivrance c'était comme dans le reve, je n'avais plus mal, et j'ai juste essayé de me détendre et laisser faire. Durant ce moment si court de délivrance j'ai senti un canal très puissant qui s'ouvrait, comme un faisceau très large de lumière. En moi il y avait quand meme la peur, et la résponsabilité d'avoir fait ce choix de naissance à la maison alors je ne me suis pas autorisé à explorer ce faisceau . Je devais "etre ancrée, etre là". Je n'ai pas eu de visions de la déesse à ce moment d'ailleurs je crois que je n'y pensais pas, je pensais seulement à mon fils et que tout se passe au mieux.
J'ai ressentis une jouissance sexuelle que je n'ai jamais ressentis avec un homme, quelque chose de vraiment fort et unique lorsqu'il est né.
Après cette expérience j'ai sentis avec force en moi ce messsage : " je dois aider les femmes à comprendre ce qui se passe durant l'initiation, je voudrais devenir sage femme". Puis j'ai essayé de partager mon expérience ou j'ai reçu beaucoup de rejet, au mieux les gens me disait "tu as eu de la chance qu'il ne se soit rien passer de grave", ou on me regardait comme une folle dingue/ menteuse ou que sais je.
Alors j'ai appris à me taire et ne pas donner plus de détails....
Les choses de la vie ont fait que nous sommes séparé avec le papa, nous sommes de retour en france mon petit bout et moi, depuis 3 ans. Je n'ai pas l'esprit assez scientifique pour apprendre la médecine conventionnelle alors j'ai décidé d'apprendre la medecine traditionelle chinoise au travers du shiatsu. Actuellement je termine ma seconde année.
J'admire votre travail, j'aimerais pouvoir accompagner moi aussi les futures mamans mais au travers du shiatsu. Nous verrons bien ce que l'avenir me prépare, je me rends ouverte à accueillir l'abondance de l'univers , je sens que je dois partager mes expériences mais pour l'instant c'est encore en germe !!!! Merci pour votre participation dans ce domaine!!!! Je suis un peu loin ( près de montpellier) pour venir vous rencontrer voilà pourquoi je vous ai écris, émue de votre belle réalisation de vie !!!!

bravo merci merci votre exemple me donne du courage pour continuer à me battre pour réaliser mon rêve !!!!

Sincères salutations
Amélie Garcia

La naissance de Lya

La naissance de Lya,
Notre bébé se fait attendre ! Nous avons dépassé la date prévue d'accouchement depuis 5 jours. Et au bout de 5 jours de dépassement de terme, à la maternité, ils ont décidé d'aider notre bébé à venir.

Nous avons cru que le travail se mettait en route la veille au soir, des contractions relativement intenses sont arrivées toutes les 5 minutes pendant 3 heures, puis se sont arrêtées. Dommage, je me suis dit ouf, je vais éviter le déclenchement (je craignais de dépasser le terme et d'être déclenchée ! Et biensûr, j'ai dépassé mon terme, et été déclenchée !).

Mais finalement, quand j'ai commencé à dépasser le terme, je commençais à me dire peu importe, travail naturel ou déclenchement, péridurale ou pas, je commençais à abandonner mes « souhaits » , je me disais que l'essentiel c'était que bébé soit en forme.
« Je commençais donc à abandonner mes souhaits » soit un accouchement naturel, qui se mettre en route tout seul, ne pas forcément avoir une péridurale, à voir en fonction de la douleur. Et j'espérais beaucoup accoucher aussi facilement que ma mère : en quelques heures, avec des contractions supportables, un accouchement normal. Bref facile et physio !

Et donc le 11mai, je dépassais mon terme de 5 jours. On avait RDV le matin pour déclencher l'accouchement.
On arrive, la sage-femme m'examine, et dit « ah oui d'accord » ! Mon col est vraiment bien, il est déjà ouvert à 4-5cm, c'est plutôt très bien pour un déclenchement.

Claire, la sage-femme, nous prend en charge pour l'accouchement. Elle me laisse le choix entre la rupture artificielle de la poche ou la perfusion de synto. Je ne sais pas quoi choisir, et lui demande ce qu'elle aurait fait si je n'étais pas sage-femme. Elle me dit la rupture, car c'est plus naturel, et sûrement plus rapide. Et que dans cette maternité ils préfèrent faire ça.
Du coup je suis convaincue par son argument, effectivement moi qui voulait quelque chose de naturel, la rupture c'est mieux.

La sage-femme rompt donc la poche des eaux, le liquide est teinté, elle ne pourra donc pas trop me retirer le monitoring... Au début, je n'ai pas trop de contractions.
Puis je commence à vraiment avoir des contractions, rapprochées, et qui commencent à être intenses. Je ne suis pas bien en position allongée. Je passe beaucoup de temps assise sur le ballon. Je tiens la main d'Aurélien pendant les contractions, on discute entre deux, il me fait des blagues. Je trouve que c'est très largement gérable, au pic de la contraction je respire profondément, je fais la respiration de la vague, me concentre, je fais les mouvements de l'infini avec le bassin. Je me mets un peu debout (je ne peux pas aller bien loin car je suis accrochée au monito).

Vers midi, Auré a trop faim (comme à chaque fois qu'on est à la maternité, le stress doit lui stimuler la faim!). Mais il n'ose pas trop me laisser toute seule. Moi je sens que les contractions s'intensifient, et je préfère qu'il y aille maintenant, car je sens que je vais commencer à avoir du mal à me passer de lui quand les contractions seront plus fortes. Il part donc moins d'une demi heure, mais ça m'a paru long, il m'aide tellement ! Je suis sûre qu'il s'est dépêché de manger pour revenir vite vers moi.

La sage-femme est surprise, je suis toujours souriante, elle m'examine en insistant un peu (pour voir comment notre bébé met sa tête), c'est pas très agréable, mais ça va. Elle me dit que des femmes sous péri ne supportent pas qu'elle leur fasse ça, et moi sans péri ça va. Elle a l'air assez étonnée de la façon dont je gère. Oui je crois que ne suis pas douillette ! Et que le yoga m'aide beaucoup.

Je sens qu'au fur et à mesure, je me sens mieux debout, je marche un peu, je fais des mouvements de l'infini avec mon bassin, tout en étant appuyée sur les épaules d'Aurélien. Aurélien me masse le sacrum, ça fait du bien !

Le travail avance bien, assez rapidement. Mais arrivée à 9 cm, un bout de col résiste, et bébé commence à fatiguer pendant les contractions. Du coup la sage-femme me demande de m'allonger sur le côté... Aïe, aïe, aïe !!! Et là ça commence à être difficile à gérer. J'ai l'impression que les contractions augmentent d'un coup en intensité. Du coup je lui demande le proto (gaz hilarant). Je ne sais pas si c'est dû à la position allongée, ou si même debout ou assise, l'intensité aurait été la même.
Vu que je gérais encore bien les contractions à 9cm, je me disais bien que ce serait un peu plus fort pour la fin de l'accouchement, mais je ne m'imaginais pas que ça puisse augmenter autant d'un coup en intensité !
Claire met environ 5 minutes à trouver le masque pour le gaz, je trouve ces minutes très longues, je n'arrive plus à gérer les contractions, mais je me contrôle quand même, je n'hurle pas encore. Puis je me mets à respirer dans ce masque à chaque contractions, elles deviennent très rapprochées. Je ne rigole plus, et je n'arrive plus à parler à Auré, j'ai à peine une minute entre deux contractions, je ne peux plus parler. Le gaz m'aide à ma relâcher mais la douleur est toujours aussi forte. Je fais comme je peux, je me dis que j'aurais dû prendre la péridurale, je ne sais pas comment je vais faire... Mais je n'arrive même pas à dire à Auré de demander à la sage-femme si je peux encore avoir la péridurale. Je réfléchis 2 secondes, et me dis que c'est impossible, les contractions sont tellement rapprochées, l'anesthésiste n'aura jamais le temps de me piquer entre deux contractions... Et j'ai l'impression que je ne pourrai pas changer de position. Comment je vais faire... Je crois qu'on peut dire que je suis dans la phase de désespérance, je me rappelle de ce que Martine nous disait en formation yoga!...
Pourvu que ça ne dure pas trop longtemps, que le col s'ouvre vite, que mon bébé descende rapidement, et sorte vite, je ne sais pas comment je vais arriver à tenir ! Et pourtant je tiens, je commence à faire des vocalises, crescendo. Des « AAAAAA » et autres sons (je ne sais plus lesquels). Le masque atténue le son apparemment, ce n'est pas si fort. Mais au bout d'un moment, j'ai besoin de crier, je ne contrôle plus rien du tout, je suis dans le lâcher prise total. C'est assez « animal », le corps fait ce qu'il peut. Auré fait des « MMMMM » et je crois que ça m'a bien aidée, il me guidait, me canalisait.

Et heureusement, mon col s'est rapidement ouvert complètement, au bout de 45 minutes (d'après Auré ! Moi je n'ai aucune notion du temps qui s'est passé à ce moment là) je commence à sentir le bébé pousser. C'est la seule chose que j'arrive à dire à Auré, « ça pousse ! ». Auré est un peu pris au dépourvu, il me dit « qu'est-ce que je dois faire ? », je lui dis « appuis sur le bouton». Au bout de quelques minutes, la sage-femme n'était toujours pas là. Il pensait avoir appuyé sur le bouton, mais il avait appuyé dans le mauvais sens (peut être un peu pris de panique!) !
La sage-femme a quand même fini par arriver, elle devait m'entendre crier. Je pense que je criais assez fort !!! Heureusement, il n'y avait que nous en salle d'accouchement. Du coup je pense que je n'ai pas fait peur à d'autres couples !

On a commencé la poussée sur le côté, j'avais l'impression que je ne pouvais pas changer de position, et c'était bien comme ça. Au début, je criais en poussant, je donnais toutes mes forces, et je ne sentais pas le bébé avancer. J'avais l'impression que tous mes efforts ne servaient à rien. Mais la sage-femme m'encourageait, et me disait que bébé avançait bien. Auré aussi m'encourageait, ça m'aidait beaucoup.
Au bout d'un moment j'ai arrêté de crier pendant la poussée, et je crois que c'était plus efficace. Mais bébé commençait à fatiguer. La sage-femme m'a alors proposé de me mettre sur le dos et d'attraper mes jambes avec mes mains. Elle m'a fait sentir la tête mon bébé, pour que je sente qu'il était pas loin. Ah oui je le sens ! Et là il a fallu quelques poussées pour que notre bébé arrive.

Les encouragements d'Auré, de la sage-femme et de l'auxiliaire de puériculture (Aurélie) m'ont beaucoup aidée. Je prenais également appui sur les mains d'Auré, ça m'aidait beaucoup, j'étais perdue quand il me lâchait une main. J' ai tiré sur son T shirt, j'ai cru que j'allais le craquer ! Auré m'a dit que je lui avais fait une clé de bras, il a cru que j'allais lui casser le bras. Je ne m'en rappelle pas du tout !... C'est fou la force que l'on déploie pendant l'accouchement. Auré a assuré, il avait l'air très zen et n'a pas perdu le cap. Mais il avait hâte que bébé soit là !
Comme dit une amie, un vrai travail d'équipe entre le couple, la sage-femme et le bébé !

Je ne pensais pas pousser si longtemps (30 minutes) sans péridurale. Je me disais que le fait de bien sentir le bébé appuyer, ça guiderait bien pour la poussée. Mais bon, c'est quand même mon premier bébé, il faut faire le chemin ! Et peut être que accroupie ça aurait été plus facile. Mais à ce moment là, je n'arrivais pas à réfléchir !

16h32, ça y est, notre bébé est né, quel soulagement !
La sage-femme le pose sur moi, il est un peu surpris par l'accouchement, il ne se met pas à respirer tout seul tout de suite. Je le frotte avec la sage-femme, pour le stimuler. Mais il faut aller l'aspirer. Avant qu'elle l'emmène, je demande si c'est une fille ou un garçon, et à ce moment là je le vois directement. Ses petites fesses sont en l'air, c'est une fille !!! Ce sera donc une petite Lya !

Lya reste environ 10 minutes avec la sage-femme, elle l'aspire et lui met un peu d'oxygène. C'est long, je n'ai pas eu le temps de la voir longtemps, et j'ai trop envie de l'avoir en peau à peau contre moi. On est tout émus avec Auré. Je crois qu'il est soulagé aussi que Lya soit née, c'était sport pour lui aussi !!! Je sais pas si j'aurais pu être à sa place. Mais en tous cas, lui il a trop assuré, je n'en doutais pas, mais à ce point là !!!

On nous remmène notre petite Lya, je la prends en peau à peau, elle est toute calme, et cherche déjà à téter ! J'essaye alors de la mettre au sein. Elle ne perd pas de temps pour le prendre, elle a mis à peu près 2 secondes !
Elle est belle !!! Elle est toute curieuse, elle a les yeux grand ouverts. On est trop heureux tous les 3 ! C'est fou tout ce qui vient de se passer, il va falloir un peu de temps pour réaliser tout ça ! Complètement dingue, je ne m'attendais pas à ce que ce soit si intense !
Ce petit bébé qui a passé 9 mois dans mon ventre est là dans mes bras ! Elle a un pleur tout doux notre petite Lya.

Notre sage-femme a été vraiment super, à l'écoute de nos souhaits, à ne pas vouloir trop presser les choses. J'ai pu me mettre dans les positions que je souhaitais.
Je comprends mieux pourquoi les femmes qui accouchent normalement, pour lesquelles on n'intervient pas trop, remercient énormément les sages-femmes. Je me rappelle, je répondais « mais c'est vous qui avez tout fait », et elle me disaient vous m'avez beaucoup aidée. Je comprend mieux !... Le soutien et les encouragements de la sage-femme m'ont énormément aidée.

Je n'ai pas de regret d'avoir accouché sans péridurale! J'ai pu vivre toute l'intensité de l'accouchement. Et effectivement, le mot « intensité » colle bien !!!

Naissance de Ninon le 10 mai 2016 par Pauline et Damien

Naitre et accueillir un être, c'est recevoir tout un univers en cadeau et c'est surtout s'ouvrir à la magie de la Vie.
Le bonheur est sur le chemin.
L'univers, à nouveau, s'est donné en cadeau.
Poussière d'étoile infinie tu étais, tu nous as choisis il y a quelques mois. Nous t'avons nourrie de tout notre Amour, de notre confiance, et de toute notre force.
Ta présence douce et intense à la fois nous a éclairés durant ces quelques mois, parfois sombres, parfois lumineux, où tu grandissais en moi. Tu as fait un sacré bout de chemin avec nous, partageant nos joies, nos doutes parfois, nos peines aussi... Illuminant notre chemin de cette lumière qui manquait parfois. L'inondant de confiance par ta présence si forte et rassurante.
Jusqu'à cette journée où toi, deuxième magnifique petite étoile, tu t'es décidée à rejoindre encore un peu plus nos vies, où tu as rejoint nos bras.
Avec tout notre amour, toute sa présence, sa force, sa lumière, Ninon est arrivée rapidement le 10/05 en cette magnifique après midi printanière.
Extraordinaire instant, comme notre première expérience, où intensité, douceur, force et amour se mêlent pour laisser faire la magie de la vie.
Accueillir ce petit être et découvrir encore un peu plus son univers est un bonheur infini que nous partageons avec notre autre petite étoile chérie, Capucine.
Elle illumine encore un peu plus nos vies et nous allons profiter des quelques jours à venir pour savourer pleinement cet instant magique, et lui offrir à notre tour notre petit univers.
Nous sommes très très très heureux. Le bonheur est vraiment et toujours sur le chemin !
️❤ ️❤ ️
Voici le récit de sa naissance...
Lundi 9/05
Belle journée qui démarre avec un magnifique soleil. Grand ménage car une fois capucine déposée chez la nounou il faut absolument que je fasse qqe chose apres ce we de l’ascension hyperactif et assez magique avec capucine et Damien. Beaucoup de randos, une belle journée à Pravouta, pendant le week end, je baigne dans la nature avec une énergie débordante qui pourrait déplacer les montagnes ! Je m'étonne moi même de crapahuter comme ca en montagne au 9ème mois. Je ne suis pas essoufflée. Je pète vraiment la forme ! Il fait beau et je me ressource auprès du soleil. C'est fantastique. Séances de yoga tout le we sur la terrasse au soleil face à Belledonne.
Ménage donc ce 9/05 même si je l'ai déjà fait la semaine passée. On recommence et faut que ca brille !
Je mange au soleil, réceptionne le colis de la poste qui amène les éléments de décoration de la chambre du bebe.
Puis l'après midi je me sens émotionnellement différente. Je ne fais que rigoler, pour un oui, pour un non, et surtout pour pas grand chose. Tout me fait rire.
Puis je me fais une séance de yoga où j'invite bebe à venir nous rencontrer quand il sera prêt. Je suis prête à tous les étages. A lui de choisir sa date maintenant. Je le rassure aussi sur ce qu'il va se passer, lui explique un peu les contractions. Bcp de visualisation sur le trajet dans le bassin et bcp de respiration dans le bassin, de lumière.... Des recharges en énergie.
Puis j'écoute de la musique que j'aime bien. Je ressens beaucoup de joie intérieure.
Le soir je cherche capucine chez sa nounou puis part faire qqes courses au supermarché. Histoire de remplir le frigo si bebe pointe le bout de son nez.
Je me sens bien tjs débordante d'énergie !
Puis soirée où je continue à rire de tout. Damien me regarde d'un air bizarre. Je me dis intérieurement que ca ne saurait tarder car vraiment même moi je me trouve franchement bizarre d'être aussi euphorique.
Cela fait une bonne semaine que j'enchaîne les faux travail la nuit. Bcp de contractions régulières pendant 2-3h voire plus puis ca s'arrête. Chaque nuit l'intensité croit. Et tout finit par s'arrêter. Mais même si je dors peu, je ne suis pas du tout fatiguée.
Je fais des séances de yoga en pleine nuit face au ciel étoilé, mais finalement à chaque fois que je fais du yoga ça se calme et qd je me recouche ça redémarre.... Il y a même une nuit où j’attaque les cookies (petit clin d'oeil car lors du debut de travail de capucine, je m'étais jurée de ramener des cookies à ma copine SF qui devait m'accoucher), c'est pour dire ! Finalement les cookies seront tous mangés avant le 10/05 !
Je me couche vers 22h.
Mardi 10/05
Quand je me fais réveiller vers 1h par une salve de contractions je me dis, c'est encore ma vessie trop pleine qui me fait contracter, puis voyant qu'en la vidant elles continuent, je me dis "encore un faux travail"... Je n'ai pas envie de me lever cette fois ci pour activer, j'ai juste envie de me reposer.
De dormir. J'entrouvre la fenêtre car j'ai chaud et j'entends 2 hiboux qui discutent, ça me fait sourire, on a mis pas mal de hiboux dans la chambre du bebe, stickers, peluches.... Ils discuteront toute la nuit. A chaque fois je me dis que c'est un joli signe ! Voyant que ça continue, et surtout qu'on franchit un nouveau palier dans l'intensité, et repensant à mon état complètement loufoque de la veille, je me dis "tiens tiens c'est peut être bien le grand jour cette fois ci".
Je me lève, fais une série de grands gestes de l'univers face à Belledonne dans la nuit et face au ciel nuageux pour activer l'énergie et inviter bebe a descendre dans mon bassin. Puis un peu de relaxation. Je pars me recoucher. Damien dort. Je lui dis qd même que j'ai l'impression que ça se met en route tout doucement. On est tous les deux très heureux à l'idée que bebe arrive ! Les contractions me paraissent régulières et je demande a Damien de regarder un peu l'intervalle et de me dire si c'est régulier. Je n'ai pas du tout envie de regarder la montre, mais comme pour capucine c'était allé assez vite, et que je veux accoucher en maternité, il faut quand même que je sois un peu vigilante car je suis tellement dans le lâcher prise que j'ai "peur" de louper le moment où il faudra partir.
Damien me confirme que c'est régulier. L'intensité augmente petit à petit mais c'est largement gerable avec des respirations vague ou abdo. Je me mets en position d'étirement du chat à chaque contraction et ca me fait beaucoup de bien. Damien me masse le sacrum. Puis entre les 2 m'assoupis allongée sur le côté.
Vers 6h je me lève, avec le chant des oiseaux qui prennent le relais des hiboux, prends une douche et un bon petit déjeuner et réveille tranquillement capucine. J'ai l'impression que ça s'espace. Zut... On dépose capucine chez la nounou un peu plus tôt que d'habitude expliquant à la nounou qu'il faudra peut être la garder ce soir tard ou la nuit prochaine, mais on ne dit rien a capucine. Dans la voiture elle dit plusieurs fois "sors bebe, je veux te faire des bisous !". On sourit.
Il est 8h, il fait beau, et on décide de partir faire une ballade. Je dis à Damien que tant que l'intensité ou la fréquence ne croit pas, on ne s'arrêtera pas de marcher. C'est le printemps, il y a des arbres en fleur partout. Les oiseaux chantent. On marche toujours face à Belledonne dans les Dioux, un petit circuit qu'on a l'habitude de faire souvent avec Capucine. Rien de très sportif, 2 mini montées... Mais ça permet d'être dans la nature sans être loin de la voiture si jamais... L’avantage c'est que le tour des dioux dure environ 30-40min donc on peut enchaîner les tours sans soucis !
C'est vraiment magique. C'est vert et il y a des fleurs partout. La Dent surplombe le plateau.
Belledonne s'offre à nous. Quelques parapentistes en l'air, je me mets sur la longueur d'onde de la vastitude, repense à mon dernier vol en parapente en novembre... Je me sens extrêmement bien, dans mon élément. L'air, la terre, le ciel, tout est là. On ne croise que qqes promeneurs avec leurs chiens, mais sur le plateau tout le monde connaît tout le monde, alors pour éviter de montrer que je suis en travail et de risquer recevoir des messages de félicitations avant même la naissance du bébé, je prends sur moi et arrive finalement à discuter même pendant les contractions. Hors de question que radio plateau fasse son effet !
On enchaine les tours mais ca n'a pas l'air de vouloir s'intensifier. Alors au bout de 2h de marche, on décide de monter en voiture un peu plus haut. On reprend la voiture pour aller au col du coq.
C'est une autre ambiance là haut. Peut être que ça amplifiera les choses. J'ai tjs ce besoin d’être dans la nature. Pour capucine déjà. Baigner dans cette immensité m'apporte beaucoup. C’est impensable pour moi de ne pas m'y ressourcer avant la naissance.
On passe prendre des viennoiseries et du pain à la boulangerie, et arrivés au col, on se fait notre deuxième petit dej face au charmant som et sous l'oeil bienveillant de la dent. Je pense à Max...
Nous avons érigé un cairn pour lui là haut, j'aurais aimé monter y poser une pierre avant la naissance, mais le passage de l'Oeille, trop technique en ce début de printemps car encore de la neige et de la glace, ne me permettent pas d'y monter.
Il ne fait pas très chaud, beaucoup de vent. On observe un petit faucon immobile dans cette masse d'air agitée, il ne bouge pas, réajuste sans cesse avec ses ailes et sa queue. C'est beau. J'ai un peu froid et on décide de rentrer à la maison se poser. Ca ne nous enchante pas plus que ca car c'est le festival des tractopelles chez nous. 8 mois qu'on a signé un devis pour l'aménagement de notre chemin d'accès, et ils décident de faire les travaux les derniers 15j de ma grossesse. Mais finalement j'ai bien lâché prise par rapport à ca, des l'annonce des dates, car de toute façon c’est comme ça, et puis finalement tractopelles, rouleaux, camions, gravats,... Ben ça en fait des belles vibrations !!!
On croise les ouvriers. C'est vraiment le chantier....
Je prends un bain en arrivant. Et je propose à Damien de finir la deco de la chambre avec ce qu’on a reçu hier par la poste. Ca décidera peut être bebe !
Là les contractions s'amplifient et se régularisent enfin. Je danse l'infini dans la chambre de bebe pendant que Damien fixe les derniers éléments au mur, bercée par le son des moteurs de camion et tractopelles... Un doux souvenir !
Puis je passe aux toilettes, mon col a commencé à saigner. Pour Capucine ca avait été le cas aussi et 2h apres les premiers saignements je l'avais dans les bras.
Les contractions sont vraiment gérables, mais cet élément me dit qu'il faut peut être quand même enfin se décider à aller à la maternite.
J'appelle ma collègue pour lui demander si je peux m'arrêter au cabinet pour qu'elle m’examine, puis j'appelle Muriel, ma copine qui doit m'accoucher, pour l'informer qu'elle peut stopper sa session escalade en extérieur, histoire qu'elle soit prête au cas où, que je passe au cabinet me faire examiner par Helena et qu'en fonction on se rejoint où non à la maternité.
Pendant le trajet en voiture, j'écoute de la musique, je gère mes contractions avec la respiration de la vague a l'expiration en me concentrant sur la force descendante, et la visualisation et le ressenti du col qui s'ouvre à l'inspir. Je me remémore un peu cette grossesse entre chaque contraction.
Toutes ces étapes que la vie m'a posées sur mon chemin, je pense à Max, je ferme les yeux au moment où on passe sous la ligne électrique qu'il a percutée, je ne veux pas la voir aujourd'hui, je pense à petit dragon et sa maman, les larmes montent mais ne sortent pas. J'ai déjà bien lâché sur ces sujets, elles sont déjà sorties... Je me sens bien. Je rassure bebe. Il sait de toute façon.
Nous avons vécu ce chemin ensemble.
Nous arrivons au cabinet et je ne suis vraiment pas sûre d'être franchement dilatée car les contractions sont presque trop faciles à gérer... Surprise, Helena m'annonce que je suis dilatée à 4cm, 5cm même a la contraction. Elle est trop contente pour nous et me dit de vite filer à la mat.
On part donc. Muriel est au courant, nous rejoint en velo à la mutualiste !
J'adore le déroulement de cette journée !
On trouve une place juste devant la clinique, Damien met nos dernières pièces jaunes dans le parcmètre, il est 13h45, le ticket va jusqu'à 17h30. Bah au pire on aura un PV !
Arrivés devant la mutualiste, il fait super beau et chaud, et je propose à Damien de faire qqes pâtés d'immeubles à pied le temps que Muriel arrive. J'arrive encore à marcher pendant la contraction. C'est fou que je sois à 5cm ! Elles ne me paraissent pas hyper rapprochées en plus.
Puis apres un tour de quartier, je me décide à monter m'asseoir devant les portes de salle d'accouchement. On prend l'escalier. J'ai toujours du mal à croire que ces contractions soient efficaces... Et pourtant elles le sont !
Une SF sort de salle d'accouchement. Elle me demande si j'ai sonné car n'est pas dans ce service là ce jour là, et pourquoi je viens. Je lui réponds que non je n'ai pas sonné, que je suis une amie de Muriel qui me rejoint, et que et bien je viens ... pour accoucher !
Elle me répond : "ah ben vous paraissez tellement détendue que...", ne finit pas sa phrase.. Mais je sais ce qu'elle pense. A savoir, encore une qui n'est pas en travail et qui est venue trop tôt ! Je lui dis alors, que je suis SF, que ma collègue vient de m'examiner et que je suis à 5cm. Elle est surprise, j'ai comme l'impression qu'elle a du mal à le croire, mais comme moi finalement...
J'appelle Muriel qui me dit qu'elle est sur la route, elle pedale, et me dit de sonner, car elle a informé les SF de salle de mon arrivée.
Je sonne donc presque gênée à l'idée de leur dire que je viens pour accoucher avec des contractions franchement gérables... La SF arrive, m'explique que c'est un peu la pagaille. Je comprends que toutes les salles d'accouchement sont prises, elle m'installe en salle d'examen.
Puis revient et me demande si j'ai prévu de prendre une péridurale, je lui dis que non. Elle me dit alors, ah et bien parfait car la seule salle de dispo est la salle nature. Et m'y installe ! La vie est belle ! J'entre dans cette salle et me souviens immédiatement de la naissance de Capucine qui avait eu lieu dans la baignoire, de l'ambiance particulière à ce moment là, qui est complètement différente aujourd'hui. Les 2 SF de garde viennent, je connais la deuxième. Elles me posent le monito sans fil et me disent de faire comme chez moi en attendant l'arrivée de Muriel. J'ai besoin d'être debout. Donc je marche dans la salle, et à chaque contraction m'accroupie. Il y a un espalier, très pratique pour se suspendre en position accroupie. Je fais des vibrations "AOAO" ou "AOM" dans une sensation de grande vastitude déjà, avec toujours l'image de cette force descendante a l'expir, et le ressenti du col qui s'ouvre à l'inspir. J'ai tjs cette sensation de contractions courtes, pas longues à gérer en tout cas, alors je vais voir quand même un peu le papier qui sort du monitoring et là surprise, elles sont méga longues, 2-3 minutes !!! et bien rapprochées toutes les 2 minutes, bebe les supporte comme un chef, et moi j'ai l'impression de ne devoir gérer qu'une poignée de secondes... Je pense effectivement que je n'ai à gérer que le pic, mon seuil de "détection" de l'intensité devant être élevé... C'est dingue ! Je suis déjà dans un espace temps complètement différent...
Des que la contraction passe, je ne me sens pas vidée de mon énergie, au contraire.
Je n'ai aucune crainte. Je suis dans une confiance infinie.
Muriel arrive, me ramène ballon, galettes, bref tout ce qu'elle a pu trouver, m'examine pour se faire une idée. Je suis à 6 bons cm. Il est 14h15 environ. Je fais un peu de ballon, mais je suis mieux debout entre les contractions et accroupie pendant. Muriel me propose de me faire couler un bain mais je n'ai pas envie d'aller dans l'eau. Je suis vraiment bien debout, à danser l'infini parfois entre les contractions, et suspendue accroupie à l'espalier pendant. Damien me masse le sacrum et y applique une pression a chaque contraction, c'est super agréable. Il appelle aussi bebe dans mon bassin à travers le sacrum. Nous sommes très présents à notre bebe, chacun de notre côté, et à notre façon. On est bien. Super biens.
Muriel nous laisse seuls, c'est vraiment super, on est dans notre petit monde, comme à la maison.
Quand elle est là, sa seule présence est entourante, elle m'encourage, est super positive et douce à la fois, bref c'est juste parfait. En fait je n'ai pas besoin d'un accompagnement particulier, j'ai tous les outils en moi, j'ai juste besoin qu'on m'encourage dans ma démarche d'accouchement naturel.
A chaque contraction j'invite bebe à venir nous rencontrer, je me dis à moi même ouvre toi... Je laisse faire. Désormais l'intensité croit a chaque contraction. Je continue mes sons. Elle revient vers 15h et je lui dis que je sens que ça s'intensifie et que bebe descend ou que la poche des eaux bombe je n'en sais rien mais en tout cas je sens une pesanteur qui s'installe dans mon vagin. Pas d'envie de poussée. Juste une pesanteur à la contraction. Je lui dis qu'à mon avis ça ne vas pas tarder à s'intensifier pour de bon, pour le final ! Damien répond en rigolant "si j'avais su, j’aurais mis moins de sous dans le parcmètre !" Non mais on est vraiment dans un autre monde !
Heureusement que c'est Muriel, sinon on nous prendrait pour des fous !
Elle me propose de me réexaminer, je m'installe sur la table, je suis à 8cm, la tête n'est pas encore engagée. Je redescends de la table, elle s'en va, je dis à Damien que finalement je prendrais bien un bain. Je vais dire a Muriel de m'en faire couler un quand elle revient. Une nouvelle contraction arrive et je vois bien que je n'ai pas le temps d'aller jusqu'à l'espalier alors comme je suis à proximité de la table d'accouchement je m'accroupie en appui sur la table. Ca y est je suis servie en intensité !!! C'est fort !!! Moi qui avais envie d'eau, me voilà aussi servie de ce côté là, la poche des eaux se rompt d'un coup. Il y en a de partout et surtout instantanément la tête de bebe glisse dans mon bassin, s'engage dans le détroit supérieur, puis inférieur en quelques secondes à peine.
Je sens cette descente expresse et l'envie de poussée irrépressible s'installe immédiatement.
Cette force si puissante me traverse... Je dis a Damien entre 2 envies de poussée d'aller vite chercher Muriel, bebe arrive, il appuie sur la sonnette. Ca y est me voilà agenouillée par terre les avant bras appuyés sur la table d'accouchement, avec comme point d'ancrage les bras de Damien qui les positionne sur la table, et avec cette sensation de poussée animale, innée, incontrôlable...
Ca pousse, ce n'est pas moi qui pousse, la nature le fait pour moi. Muriel arrive. Je la sens et l'entends s'activer derrière moi, installe un drap par terre (ça m'arrange car je glisse dans le liquide amniotique, et j'ai du mal à trouver un appui confortable pour laisser se détendre mon périnée). J’ai les yeux fermés, je suis dans mon corps avec cette sensation de poussée et d’étirement inconfortable du périnée. Je sais que c'est bientôt fini. Mon bébé est juste là. Je sens Damien hyper heureux, Muriel aussi. Tous les 2 m'encouragent, Muriel rit, me dit que la tête est juste là. Il ne faudra il me semble qu'une ou 2 contractions et qqes poussées en bloquant pour que bebe sorte sa tête, dans cette sensation particulière d'étirement maximal du périnée. Une dernière poussée pour les épaules et voilà que je sens mon bébé glisser hors de moi, sensation douce, chaude, moelleuse, si agréable, et qui contraste tant avec l'étirement périnéal juste avant. C’est vraiment délicieux.
Il est 15h18. La nature encore une fois a été particulièrement généreuse avec nous. Ninon est arrivée dans nos bras, amour infini, bonheur inégalable. Une deuxième magnifique petite fille rejoint nos vies et notre petite famille. Nous pleurons tous. Des larmes de Joie. Délicieuses elles aussi. C'est bon de pleurer de Joie !!! On avait presque oublié...
3070g. Elle qui était prévue à 2500g maximum à terme.. Elle pour qui on avait évoqué tout et son contraire pour expliquer ce pseudo retard de croissance... Elle qu'on avait surveillée de près...
Toutes les 3 semaines. Et bien moi je l'ai nourrie de mon amour et surtout de ma confiance, j’avais confiance en mon bébé, en moi, et j'avais raison. Je rassurais même l'équipe médicale... Je leur avais même dit que je sentais mon bébé plus gros que ce qu'ils disaient. Comme quoi, avoir confiance est essentiel.
18h30, Ninon valide tous les tests. Nous refaisons le chemin inverse, en descendant les mêmes escaliers par lesquels nous sommes montés. Pas besoin d'ascenseur, de lit, de chaise roulante, je suis en pleine forme. Nous arrivons avec une heure de retard quand même sur le ticket du parcmètre ! Nous rentrons à la maison. Je ne suis pas du tout fatiguée. Je suis encore pleine d'énergie. Nous récupérons Capucine chez la nounou, avec Ninon dans les bras. Elle découvre sa petite soeur, ébahie. Nous aussi sommes ébahis de les voir toutes les 2. Puis nous rentrons à la maison. Le tractopelle est toujours là.
Journée merveilleuse, extraordinaire, magique. Infiniment intense...
Nous savourons le soir encore et encore cette journée et ces premiers instants en famille.
Le rêve est finalement à portée de main, et surtout il existe vraiment.
Je suis infiniment reconnaissante en cette Mère Nature grâce a qui tout est possible. Je sais aussi que cette énergie phénoménale a traversé d'autres femmes aujourd'hui. Que d'autres bébés sont nés.
Merci à Martine pour tout. Cette grossesse et les aléas de la vie m'ont emmenée sur un chemin "extra"-ordinaire, au sens propre et figuré, dont je ne soupçonnais même pas l'existence, tu as réussi à m'ouvrir à ce chemin et comprendre beaucoup de choses. La confiance en la vie que je croyais perdue, était en fait juste en hibernation. J'ai réussi à la recontacter. Et j'ai baigné avec mon bébé toute ma fin de grossesse dans ce bain de confiance absolue et infinie. Cette sensation de force intérieure immense, rien de négatif ne pouvait m'arriver. Fantastique.
Merci à Muriel. C'est une joie immense d'avoir pu partager ce moment de vie avec elle, sa douceur, sa délicatesse, son énergie de vie. Quand je repense à notre première rencontre, elle stagiaire, moi sage femme qui reprenais le travail après 9 mois d'arrêt suite à mon accident de parapente.... Je l'entends encore m'encourager, alors que je boitillais encore, pour aller faire un monitoring à une patiente au 4eme étage sans ascenseurs... Quelle chance d'avoir croisé son chemin...
Merci à Virginie qui nous a accompagnés en haptonomie, et avec qui nous avons vécu des choses extraordinaires d'un point de vue présence au bebe. Ses conseils nous ont été précieux.
Merci à Helena et son optimisme légendaire ! Nous avons je crois la même vision de la vie ! J’ai la meilleure collègue du monde entier !
Merci à Isabelle pour son accompagnement en acupuncture. Les séances m'ont permis de sentir bien des changements en moi.
Merci à Nathalie, Surement la meilleure ostéopathe de la terre entière. Elle a j'en suis sûre permis à Ninon de grossir et ses conseils dans mon choix de l'accompagnement de cette grossesse ont été précieux aussi.
Merci à ma Maman, qui elle aussi, un jour, m'a donné la vie.
Merci à Damien, mon chéri, il me connaît si bien... Sa présence, son écoute, même pas besoin de se parler, nous ne formions qu'un. Il a donné naissance à Ninon avec moi. Notre Amour est encore plus fort.
Et surtout Merci à Capucine et Ninon de nous avoir choisis et d'avoir fait de nous leurs parents.
Quelle chance...
La vie finalement installe des soleils un peu partout sur nos chemins ! Il suffit de les saisir et d’en profiter pour refaire le plein d'énergie.
Merci la Vie.
image15

Saul, Celui qui brille

MON ACCOUCHEMENT


Nous sommes le mercredi 11 novembre 2015, j'arrive doucement au terme de ces magnifiques 9 mois de grossesse, encore deux semaines et notre bébé sera dans nos bras. Ce soir, nous allons rencontrer notre sage-femme, Sandrine et sa stagiaire Laurine, pour la dernière fois. Vincent et moi avons décidé d’accueillir ce petit Être dans la chaleur et l'intimité de notre foyer, c'est pour nous une évidence depuis les premiers moments de ma grossesse, depuis bien avant même. J'ai confiance en ma nature de femme, je sais accoucher, je le sens au plus profond de mon être, quant à Vincent, il a vu sa maman accoucher de ses frères à la maison et il ne connaît pas les choses autrement, ça tombe bien n'est-ce pas ? Nous sommes prêts, enfin, presque...

De retour à la maison, en ce jour de Saint-Martin (fête des lumières), je suis dans la salle de bain, me préparant pour aller me coucher, lorsque je sens un liquide tiède couler entre mes jambes, je demande à Vincent ce qu'il en pense, mais moi je le sais, même si je ne veux pas y croire, je suis en train de perdre les eaux, il est 22h05, deux semaines plus tôt que la date prévue du terme. J'appelle Sandrine : « est-ce que tu as des contractions », non, je n'en ai pas, « alors va te coucher et repose toi, tu as besoin de tes forces pour l'arrivée de ton bébé Marie ». Incrédule face à cette proposition, je me met au lit, tremblante comme une feuille, ça y est, on y est, d'ici peu, nous serons 3. Vincent me borde comme une enfant, on respire ensemble, je me calme doucement, il me dit de dormir lui aussi. Je n'y arrive pas, je me tourne et me retourne, j'attends les contractions...Rien. J'entends Vincent s'activer au loin, il passe l'aspirateur, bouge les meubles, gonfle la piscine, dispose des bougies dans l'appartement, accroche de beaux tissus... il me confectionne un nid, tel que nous l'avons rêvé ces derniers mois. J'ai cette réflexion de Sandrine en tête, je n'y avais pas vraiment pensé jusque là : « on a 24h Marie ». Oui, en Suisse, une fois les eaux perdues, on a 24h pour un accouchement à domicile avant de devoir se rendre à l’hôpital. Je fini par m'endormir, d'un sommeil léger, je suis debout à l'aube. Les contractions arrivent doucement mais pas de quoi dire que le travail a commencé. Je regarde le jour se lever. J'appelle ma Doula, Kim, puis Sandrine de nouveau. Elle me propose de venir à son cabinet (qui est à 4 étage à descendre et 20 min de voiture) pour voir ou j'en suis et aider le travail à commencer, je n'ai vraiment aucune envie de sortir de chez moi et au moment ou l'on se prépare pour y aller, mes contractions, même si elles sont encore irrégulières, se rapprochent et s'intensifient. C'est décidé, je reste à la maison, il est 11h30. Vincent sort faire quelques réserves avant que tout ne s'accélère, je marche dans l'appartement, attentive, centrée. Kim pointe le bout de son nez vers 12h, une heure plus tard, on peut dire que le travail commence vraiment. Je suis debout, les jambes écartées et à chaque nouvelle contraction, j'appuie ma tête sur le rebord du bar, laissant échapper un long mmmmm alors que Vincent dépose une pression avec ses mains sur le bas de mon dos. Chaque nouvelle vague vient prendre mon ventre, mon dos et mes fesses. Je me laisse doucement emporter par ces mouvements de va et vient, mettant mon corps en mouvement aux rythmes des contractions. Sandrine arrive, il est 15h, je suis dilatée à 2cm...Et moi qui avais l'impression que j'allais déjà accoucher ! Je reste dans cette position, les contractions s'intensifient et Vincent dépose sur le bas de mon dos des serviettes chaudes, cela me soulage. Deux heures passent, je change de position, je me met à quatre pattes sur le matelas et je commence à faire des mouvements de l'infini avec mon bassin. Les décharges dans les fesses me font souffrir plus que de raison, je perd un peu pied, je n'arrive plus à me connecter, je suis dans ma tête, dans mes pensées, je dois trouver une solution pour soulager cette douleur ! Kim vient à ma rescousse, elle se met à 4 pattes à côté de moi, me dit de la suivre et commence à respirer, inspiration par le nez, grande expiration par la bouche. Je visualise mon souffle, je le vois qui ouvre la voie, je le vois qui entoure mon bébé à chaque expiration, lui donnant des forces et l'aidant à avancer un peu plus chaque fois, je suis repartie. Vincent ne me quitte pas, je le veux prêt de moi, j'ai besoin de le sentir, j'ai besoin qu'il me touche. Le travail avance lentement et le temps passe. Je leur demande de préparer la piscine, je sens que cela pourra me soulager et m'aider. Ça fait maintenant 6 heures, je suis à 4cm, je commence à être fatiguée et un peu inquiétée par ces 24 heures de délais. Sandrine aussi apparemment puisqu'elle décide de me préparer un petit cocktail à l'huile de ricin pour accélérer le travail... Je les entend s'affairer pour me préparer ce mélange : huile de ricin, glace à la vanille, jus de fruit, champagne...mmmmhhh !!! Il me faudra une heure pour le boire, je n'arrive pas à avaler plus d'une gorgée par minute et dieu que le verre est grand. J'entre dans la piscine avec Vincent. Il se met sous moi, je me met sur le dos, faisant bouger mon bassin de haut en bas au rythme de ma respiration. le cocktail fait son effet et je n'ai presque plus de répit entre les contractions. De nouveau, je traverse un moment de détresse, criant « j'ai mal au cul , emmenez moi à l’hôpital, je ne vais pas y arriver » tout en pensant bien sûr que pour rien au monde on ne me fera bouger d'ici. Sandrine est tout prés elle me propose de laisser passer une heure avant de voir ou en est le travail et, si rien n'a bougé, de me reposer alors la question : « veux-tu aller à l’hôpital ? ». Cet objectif me fait du bien, comme si soudainement j'avais quelque chose auquel me raccrocher. Je me tourne sur le côté et commence à faire des Om à chaque contraction, Vincent me suit, Kim, Sandrine et sa stagiaire aussi. La nuit est tombée, l'ambiance est quasi mystique, je suis partie, complètement connectée avec mon bébé et avec Vincent, j'ouvre grand les portes. Deux heures plus tard, je suis à 10cm, il est 21h, Vincent et moi pleurons de joie et de soulagement. Les contractions s'espacent, je me redresse et me met sur mes genoux, la poussée commence. J'ai tellement mal aux fesses que je n'arrivent pas à laisser descendre mon bébé. J'ai besoin de me suspendre, de sentir la gravité. On m 'aide à sortir de l'eau, je retourne sur le matelas et à chaque contraction je me suspend au hamac que Vincent a accroché au plafond, je laisse partir ma tête en arrière et mon corps se tend, créant un toboggan pour notre bébé. Vincent est sous moi il me soutient à chaque nouvelle contraction et me récupère entre chaque contraction. Je ne sais pas d’où sort cette énergie, cette force presque surnaturelle, mais après 3 poussées la tête apparaît, Sandrine me la montre avec un miroir, je la touche. Je sens ma peau qui s'étire et qui chauffe, ça y est, c'est le moment, une dernière extension de tout mon corps, de tout mon Être, et je sens la tête qui sort, suivi du petit corps tout chaud de notre enfant. Il est là, tout bleu, je pense « il est bleu, c'est un garçon », il émet un petit cri, je le prend sur mon ventre, il me regarde et en un rien de temps, il grimpe jusqu'à mon sein et se met à téter goulûment, il est 22h05, 24h exactement depuis que j'ai perdu les eaux. Je suis dans une autre dimension. C'est bel est bien un petit garçon, un bout de ciel dans notre maison et à partir de là, plus rien d'autre ne compte.

Dans cette ambiance magique d'après naissance, nous nous sommes rencontrés, observés, aimés. Après 48h, il nous a soufflé son prénom : Saul, Celui qui brille.

La naissance de Firmin

La naissance de Firmin

Nous sommes le 10 novembre, le terme est prévu pour le 26 novembre et déjà je me sens tout doucement glisser vers cette énergie de naissance. Je m’y installe de plus en plus consciemment, je le sens par rapport à la présence au bébé qui s’affine énormément, j’ai l’impression que lui aussi le manifeste dans son comportement.
Lorsque je m’installe dans cette énergie de naissance, je me sens en harmonie avec moi-même et avec mes sensations, des sensations qui sont encore plus claires et précises, des sensations énergétiques qui s’affinent énormément. Lorsque j’écoute une musique qui me plaît, j’ai l’impression qu’elle est encore plus intense ! Une conscience plus accrue de ce qui se passe en moi en lien avec cette naissance à venir. Je me sens aussi beaucoup plus rayonnante dans mon énergie et je ressens le besoin de me couper de certaines choses et de certaines personnes.

Les jours passent et je continue de profiter pleinement de cette ambiance.

Nous voilà à J+8, la sage-femme vient faire un contrôle à la maison. Elle me propose de faire un décollement des membranes car l’accouchement à domicile pourrait être remis en question si bébé continue à se faire désirer...

Le vendredi à midi, voici les premières contractions qui se manifestent. L’après-midi, je décide de partir en ballade avec Emmy et Félicien, je sens que la marche active les contractions. Je suis bien dans la nature, en contact avec la terre, en admiration devant cette nature endormie du début de l’hiver qui m’invite tout naturellement à rejoindre mon intériorité. Les contractions sont là, elles m’accompagneront jusqu’au soir où finalement elles s’arrêteront, me permettant de passer une nuit reposante. Le lendemain matin, nous partons faire une grande marche avec Hugo. Les enfants ont passé la nuit chez leurs grands-parents. A nouveau, une magnifique promenade dans la fraîcheur matinale de ce début décembre. Nous marchons longuement, avec lenteur et dans la contemplation des paysages qui nous entourent. Nous profitons pleinement de ce moment de partage avec mon mari et enfin nous nous décidons pour le prénom du garçon qui n’était pas encore choisi. Doucement, les contactions se remettent en route.

De retour à la maison, nous prenons le repas de midi avec les enfants. J’apprécie chacun des moments qui passe avec une présence accrue par rapport à d’habitude. Je baigne déjà dans une ambiance de plénitude et de douceur. Durant le repas, j’ai deux ou trois contactions qui se précisent en intensité. Je propose alors à mon mari de conduire à nouveau les enfants chez mes beaux-parents car je sens que j’ai besoin de m’installer dans ma bulle...

Lorsqu’Hugo revient à la maison, je lui propose que nous repartions se promener en forêt. Je suis tellement bien au cœur de la nature, dans un lien de simplicité que me procure le contact des arbres, des pierres, de la forêt... Durant la promenade, les contractions s’intensifient, je dois maintenant m’arrêter pour accueillir la contraction et la laisser glisser en moi. Je la vis en dansant le mouvement de l’infini avec le bassin. Nous marchons jusqu’à la prochaine contraction et à nouveau, je m’arrête, naturellement ma conscience revient à l’intérieur et j’accueille la contraction. Au bout d’une heure, je fais savoir à Hugo qu’il va falloir retourner à la maison et appeler la sage-femme.
La sage-femme arrive chez nous vers 17h, elle me propose de faire un monitoring pour écouter le cœur du bébé. Je reste debout durant les 30 minutes que dure le monitoring car j’ai besoin de pouvoir bouger. C’est toujours avec le mouvement de l’infini que je vis chaque contraction, je sens le besoin de m’ancrer dans mes racines avec un mouvement descendant.

Lorsque nous avons fini le monitoring, je monte dans la pièce que nous avons aménagée pour l’accouchement, j’ai besoin de me retrouver un peu seule. Mon mari allume les bougies qui ont été disposées dans la pièce. Baignée par cette douce luminosité, je glisse dans mon espace intérieur. Petit à petit le monde autour de moi s’estompe et je me retrouve avec moi-même, mes sensations et avec mon bébé. A partir de ce moment là, je n’ai plus aucune notion du temps qui s’écoule. Les contractions grimpent en intensité, encore, j’utilise maintenant la respiration ujjayi. Cette respiration m’amène à beaucoup de calme et me permet d’allonger mon expiration et ainsi de pouvoir lâcher, lâcher encore durant chaque expire.

Je m’allonge sur le matelas que nous avons mis dans la chambre, je me sens fatiguée, j’ai besoin de me reposer, Hugo est allongé à mes côtés et m’enlacent avec ses bras. J’ai besoin de sentir sa présence tout prêt de moi. Je pars dans un demi-sommeil, à chaque contraction, naturellement c’est la respiration ujjayi qui s’installe et qui me permet de dissoudre l’intensité de la contraction, je n’ai aucune idée du temps que nous avons passé ainsi, le temps linaire n’existe plus...

Plus tard, la sage-femme me propose de m’osculter vu que je suis couchée, elle me fait savoir que je suis dilatée à 3cm. Brièvement, je replonge dans mon mental, je suis déçue de n’être qu’à 3 cm alors que j’ai déjà passé toutes ces heures à « gérer » mes contractions. Heureusement, mon mental est vite mis KO par une nouvelle contraction et je retrouve les sensations de mon corps. La sage-femme me propose alors un massage du sacrum avec quelques huiles essentielles pour me donner un petit coup de pouce. Elle prépare le mélange et Hugo me masse le sacrum avec des mouvements circulaires, à travers le mouvement de sa main, je me relie à sa force et sa présence. Ce massage est vraiment délicieux et m’éveille pleinement à la conscience de mon sacrum.

Je profite d’être descendue à la cuisine pour reprendre quelques forces et manger une orange.

Puis je retrouve mon petit nid qui se trouvera être la futur chambre de notre enfant. Les contractions sont maintenant devenues vraiment intense et je ressens le besoin d’extériorisé cette intensité par la vibration. C’est le MMMM que je commence à utiliser. J’alterne les positions, assise sur le ballon, à 4 pattes, debout, je bouge, je danse le huit de l’infini, les contractions s’intensifient de plus en plus et c’est toujours avec la vibration que j’accompagne les contractions. Je suis à 4 pattes sur le sol en appui sur le ballon avec mes bras lorsque je sens la poche des eaux qui se rompt. La sensation du liquide tiède qui coule le long de mes jambes renforce ma confiance dans la progression du travail et à partir de ce moment là, les contractions deviennent encore plus intenses. A partir de cet instant, j’ai besoin de sentir le contact physique avec mon « rocher », je me liquéfie de plus en plus et j’ai juste besoin de me relier à cette force masculine. Je laisse vibrer le OM et le A durant la contraction. Les sons qui sortent de moi sont de plus en plus grave, je demande à Hugo de me rejoindre dans cette vibration et nous pratiquons longuement ainsi.

Puis l’intensité devient telle que je dois me redresser ! J’ai besoin de retrouver ma verticalité. Je ressens une force intérieure qui me traverse, cela se ressens dans les sons que j’émets, ceux-ci sont encore plus fort. Je prends appui sur Hugo. Il est maintenant assis sur le ballon et moi je suis appuyer
sur ses épaules. L’envie de pousser se fait sentir. Ca y est notre bébé entame sa descente dans le tunnel de la naissance. J’ai vraiment l’impression de n’être plus que mon bassin. Il y a tellement de force et d’intensité dans cette zone de mon corps. La descente est rapide, je pousse 4 ou 5 fois, j’amène ma main vers mon périnée et je sens la tête de mon enfant qui est là. Je peux sentir ses cheveux. Tout naturellement, ma conscience s’installe vers la porte de sortie, sur mon périnée. Je pousse encore deux fois et le voilà..., je l’accueille au creux de mes mains et l’emmène sur mon ventre.

La sage-femme m’aide et nous nous installons sur le lit, moi dans les bras d’Hugo, Firmin déposé sur mon ventre. Le temps s’arrête, je dépose mon regard sur ce petit être et je suis fascinée par lui, mon regard ne peut plus s’en détacher... nous prenons le temps de nous observer, je suis comme hypnotisée. J’aime sentir l’odeur de mon enfant, son petit corps déposer contre ma peau. Nous restons ainsi jusqu’à que la sage-femme propose à Hugo de couper le cordon.

Le plus merveilleux s’est cette sensation d’être complètement reliée à la vastitude et cela continue même après avoir accouché il y a bientôt 2 mois ! Je n’en n’avais pas vraiment mesuré la grandeur avec mes deux premiers enfants mais là c’est juste magique. Je continue à baigner dans cet état de grâce à travers la présence à mon bébé.

Firmin me ramène continuellement dans cette énergie infinie, quelle cadeau ! Quand je vois le sourire de Firmin, je suis remplie de gratitude envers la vie ! Tout simplement Merci...

Christelle Rey, janvier 2016

Naître en Yoga 2016/17

Enki le 9 et 10 juin 2016


Enki est né cette nuit à 2h14 du matin. Et sa Nanou, ma maman, a envoyé un message à 2h13 pour changer ses plans du lendemain et venir nous voir, car elle imaginait que ça pouvait être pour ces jours-ci.
On ne savait pas si ce serait un garçon ou une fille, et l'ordre de nos noms de famille combinés dépendait de cette découverte. C'était presque comique, la femme plus âgée venue en renfort pour l'expulsion et la naissance était sûre que c'était une fille. Elle a buggué plusieurs fois en disant «
 elle » pendant la poussée, et a écrit son nom sur des bracelets roses plutôt que bleus. Ça n'aurait sans doute pas fait rire tous les parents, mais nous on l'a pris en souriant, sur notre petit nuage d'insouciance et de bonheur, et sans préjugés vis-à-vis du fait que notre petit mâle porte du rose :-)
Nous avons eu énormément de chance de vivre un accouchement rapide et sans complications, malgré les circonstances particulières dans lesquelles il a commencé (déclenchement le jour du terme, du fait d'un monito pas parfait, sans suffisamment d'accélérations).
Petit récit chronologique.
9h40 Rendez-vous du terme. On s'est levé très «
 tôt » par rapport aux habitudes prises ces derniers temps (11h à 12h tous les jours :-)) pour descendre de la Motte à la « Mut » (clinique mutualiste).
La bonne nouvelle, c'est que je suis déjà à 2 cm, col court. Même si je n'ai jamais eu de vraies contractions, on dirait donc que «
 ça travaillait » vraiment, quand j'en avais vaguement l'impression, ce dernier mois.
La sage-femme me refait de l'acupuncture (j'ai déjà fait une séance mardi 7 à Vizille), cette fois en me mettant quelques aiguilles dans le dos en plus des jambes et des mains, pendant le monito. Elle prend le temps d'examiner mon dossier. On patiente un peu en attendant l'interne et l'appareil d'écho. Il confirme ce que la sage-femme a senti déjà à la main, comme Odile de Vizille
 : il y a plein de liquide, bébé a encore une jolie piscine ;-) Bon, l'écho est parfaite. Elles semblent s'orienter plutôt vers le fait de nous donner RDV dans 2 jours, selon la procédure. L'interne veut quand même en toucher 2 mots au gynéco de garde, Jean-Louis Coulon, avant de nous laisser partir. Elles se demandent et nous demandent s'il y a des consignes particulières du fait de l'ectasie sur la veine ombilicale, par rapport au fait d'arriver à terme. Evidemment, rien de tel n'a été donné puisqu'on avait surtout peur que j'accouche trop tôt à ce moment-là !
L'interne revient. Elle a changé d'avis, après une discussion un peu longue. Ils s'orientent pour un déclenchement, car le bébé est déjà bien gros, et qu'on «
 n'a plus grand chose à gagner » à le laisser, surtout si son activité ralentit. En plus, avec l'état de mon col, ça ne devrait pas être trop difficile. On est un peu sur le cul car on ne s'y attendait plus. La sage-femme, en attendant l'interne, nous donnait déjà des petites consignes et astuces pour les deux jours suivants à la maison, avant le prochain RDV. L'interne explique calmement les choses, et précise que c'est une discussion qu'on peut avoir, mais que tel est leur avis. D – qui a décidément sacrément progressé en communication émotionnelle tout au long de cette grossesse – commence par exprimer notre ressenti à tous les deux : c'est qu'on ne s'y attendait pas... Mais on dit assez vite « d'accord », en même temps, au bout de 5 minutes. C'est vrai que la veille, le 8 au matin, j'ai pas trop senti BB bouger pendant 2-3h et j'étais trop stressée, quasiment à pleurer, et que j'ai pas envie de risquer quoi que ce soit pour lui... et de trop jouer avec mes nerfs ! Par contre, je suis pas hyper-zen par rapport au déclenchement : il paraît que ça peut être très long, et que c'est souvent plus douloureux qu'un accouchement qui démarre de lui-même. On commence direct par perturber la physiologie... alors c'est pas très rassurant. Evidemment, l'interne nous a prévenus, il y a aussi le risque que bébé ne supporte pas les effets du produit, trop forts, et que ça se transforme en césarienne. Mais si on finit de toutes façons par déclencher, mieux vaut que ce soit maintenant que dans 6 jours – car a priori les monitos sur la fin ont plus tendance à empirer qu'à s'améliorer. Bon. C'est peut-être déjà ici le deuil de mon accouchement rêvé, physiologique et sans péridurale. La sage-femme de la consultation avait d'ailleurs dit, en lisant mon projet de naissance, que ce n'était pas un projet mais « une profession de foi » et que, bien sûr, c'était tout à fait en phase avec leurs orientations ici. Elle nous donne une chambre, la 124, et nous envoie faire « l'entrée » (papiers d'hospitalisation) tandis qu'elle prévient ses collègues des salles de travail pour qu'elles préparent tout.
Déjà, juste après avoir dit «
 oui » au déclenchement, j'ai commencé par aller aux toilettes. J'avais vraiment envie, mais une fois dedans, j'ai en plus ressenti que ça me permettait de souffler 2 secondes, juste moi et mon bébé, et de réaliser et nous préparer à ce qui allait sans doute maintenant s’accélérer très vite. J'ai parlé à mini-piou-piou, en lui disant que ça y est, on aillait bientôt se rencontrer face-à-face, mais que, finalement, pour prendre aucun risque pour lui, on allait nous donner un coup de pouce, que ça risquait d'être assez bousculant pour tous les deux, mais qu'on serait ensemble et que je ferai tout pour prendre soin de lui, que je serai toujours avec lui :-) ça m'a au moins aussi rassurée que bébé :-)
12h15. Je fais la connaissance de Marie-Catherine, sage-femme qui me met le «
 propess », tampon d'hormones dans le vagin – je le garderai max 24h, puis injection d'ocytocine si ça ne suffit pas... C'est aussi toutes ces étapes qui peuvent faire un accouchement qui traîne en longueur. Dieu merci ! Ça ne sera pas le cas pour nous.
12h30. Monito pour vérifier que BB supporte le produit. Pour l'instant, il ne se passe pas grand chose pour moi. La sage-femme m'autorise à manger, mais léger car quand les contractions arrivent, ça risque de ressortir... Puis on fait un petit tour – pas plus loin que le pâté de maisons, je suis officiellement hospitalisée. Je sens moins bébé que d'habitude, ça me conforte dans la décision prise. Marie-Catherine a vu juste en nous disant que maintenant le tout était de savoir tuer le temps, s'occuper sans stresser ni focaliser sur le déclenchement – les contractions nous rappelleraient bien suffisamment tôt à l'ordre, d'arriver à faire comme chez nous dans la chambre, où tout commencerait, plutôt qu'à la maison. De retour dans la chambre, je fais quelques exercices de yoga (racines-ciel, face avant, arrière, gauche, droite, puis je balaie l'univers avec mes bras), yeux fermés, mais face à un sommet de Belledonne qu'on apperçoit entre deux rues par la fenêtre. D est parti faire des courses pour son manger le reste du séjour (il s'est fait un kebab quand on est sortis). Je profite encore d'avoir la chambre à moi pour faire une séance de relaxation sur le lit. D revient sans m'interrompre. On fait la sieste tous les deux.
17h30-18h15. Monito numéro 2. ça va toujours, même si je commence à avoir «
 l'utérus contractile », d'après les mots de Marie-Catherine. Grosso modo : ventre tendu le plus que je l'ai été jusque là, et quasi en continu. Je sens que ça brasse, mais pas de contractions véritables encore. La sage-femme nous donne rendez-vous le lendemain, au cas où ça ne serait pas fini cette nuit, car pour le prochain monito ce sera la relève. Là, on a encore apporté nos lectures à ce 2nd monito, dont on a bien profité au premier – respectivement un magazine d'astro et El viejo que leía historias de amor, mais moi je n'arrive plus trop à m'intéresser à mon livre.
18h30. Dîner. Mêmes consignes, je mange léger. On est «
 en amoureux », face à face, on plaisante en disant qu'il ne manque que des chandelles sur la table à roulettes qui nous sépare des 2 côtés du lit.
Ma «
 contractilité » s'intensifie et me donne envie de bouger. Je fais la danse de l'infini, face au sommet désormais dégagé, et éclairé par le coucher de soleil. J'ai bien essayé de m'allonger à côté de D pour une sieste-câlin, mais je n'ai pas tenu 5 minutes. Je marche en allers-retours dans la chambre. Je relève la table très haut et je m'arrête, me balance d'un pied sur l'autre en m'appuyant dessus. J'ai déjà un souvenir confus de cette phase intermédiaire de pré-travail ou début de travail. D dira que les vraies contractions ont démarré vers 21h, quand la sage-femme, Marine, lui demandera. J'aurais alors dit moi un peu plus tôt :-) mais difficile à dire.
21h30-22h. On rencontre Marine, la sage-femme qui nous accompagnera jusqu'à la fin
 :-) Elle est plus jeune, douce. Elle dit qu'elle a lu mon projet de naissance. Que, du coup, elle ne me proposera pas spontanément la péridurale, mais que je peux bien sûr la demander et y avoir accès si je le souhaite. Ça fait du bien d'entendre qu'elle y croit malgré le déclenchement. Déjà, j'ai dû m'arrêter une fois sur le trajet de la chambre à la salle de monito, et les contractions m'arrêtent clairement dans ce que je fais. Ça marche ! J'angoisse un peu à l'idée d'être allongée sur le dos pour le monito, je ne sais pas comment gérer les contractions en même temps ! Marine me propose un ballon. Oh oui ! D glisse que je me plaignais de ne pas avoir le mien dans la chambre. On gagne le droit d'emporter celui-ci. Et Marine nous file même un premier outil auquel je n'avais pas pensé : une bouillotte ! Marine nous propose un bain en salle nature d'ici 1h, quand elle serait probablement libre. J'acquiesce. Elle dit aussi qu'on peut venir un peu plus tard si jamais on est bien dans la chambre, mais qu'elle veut un monito vers minuit.
Retour dans la chambre. Cette fois, plusieurs arrêts sur le trajet. D m'aide. Dans la chambre, quel bonheur le ballon
 ! Je fais ballon-fenêtre et D me tient la bouillotte sur les lombaires. Un peu la table haute, lit-évier... tout l'espace se transforme. D est aux petits soins pour venir me proposer ses bras, ses mains en soutien ou me faire un câlin.
23h. Ouf on a tenu l'heure. Je suis pressée d'être en salle nature, je pense que cette fois on va rester de l'autre côté du sas, on a pris le petit sac et tout... Le trajet jusqu'aux salles d'accouchement est plus long. Je fais plusieurs arrêts, dans le couloir, sur le ballon, même. D m'aide. On croise un couple et bébé en chemin inverse, radieux, et le papa dit «
 ah c'est le moment difficile » en me voyant m'arrêter. Je crois que ça me donne du courage, ça me fait penser à la naissance du bébé, au fait qu'on va bientôt être comme eux. Aucune pudeur ou gêne de leur présence. Par contre, malgré toute sa bienveillance, il me semble que j'aurais préféré que le type se passe de commentaire et se contente d'un silence respectueux. Il n'a aucune idée de ce que je vis ! Déception : la salle n'est pas encore libre, il faut revenir dans 1h. Là, ça me perturbe, j'en ai marre, j'en peux plus de ces aller-retours dans le couloir. D'ailleurs, le retour est plus long. Je veux de l'eau chaude, donc pour ça c'est la douche de la chambre.
On arrive tant bien que mal dans la chambre. J'essaie d'aller vers la douche, mais je reste bloquée par terre, nue, à me pencher sur les toilettes lors des contractions, accroupie. Je sais pas combien de temps ça dure, mais je bloque un peu, là. D essaie de m'inciter à me remettre en mouvement, à me diriger vraiment vers la douche ou à revenir dans la chambre, mais je suis un peu bugguée. J'ai eu beau lui demander de mettre une lumière tamisée et de la musique en arrivant, je suis encore perturbée par ce dernier imprévu. En plus, il met autre chose que la clef USB avec la play-list patiemment concoctée, ça m'énerve
 ! Tout cloche! C'est même un truc avec des paroles ! C'est sûrement là que je l'engueule le plus :-)
Je commence à trembler et à perdre du sang. J'ai l'impression que je suis à bout, que physiquement mon corps va lâcher, que je vais tomber dans les pommes – mes muscles tétanisent. D pense que c'est le froid car cela fait un moment que je suis nue, au sol, sans eau chaude. Sûrement un peu les 2. Je l'envoie demander si c'est grave que je saigne. Je dis que j'ai envie d'enlever le tampon, que j'ai l'impression qu'il me gêne maintenant. Ce qui est très perturbant, c'est que ça ne ressemble pas à ce qu'on m'avait décrit
 : je n'ai pas de repos entre les contractions – en tout cas pas 5 min mais max 1 min et je m'épuise ! Et c'est censé être que le début ! Je pense à la péridurale mais je vous direct que ce ne serait pas une solution : le problème c'est pas la douleur – j'ai pas vraiment très mal même si c'est pas confortable- mais c'est l'épuisement musculaire : même sous péri, les contractions devraient être vécues, on va pas tout arrêter !
D revient me rassure sur le sang, on lui a dit que c'était bon signe, et me dit que la sage-femme va venir. Il m'aide à enfin me mettre sous la douche chaude, sur le ballon, et là, miracle
 ! Une sacrée récrée, presque l'impression que les contractions ont disparu. Je suis trop bien ! D me propose de boire ou manger un petit truc. Wah le coca de Clémence, comme il tombe à pic ! Juste quelques gorgées mais qui, combinées à la douche, me requinquent. Marine arrive, pas le moins étonnée du monde de me trouver sur le ballon sous la douche, rassurée, comme D, que j'ai bien meilleure mine que l'instant d'avant. Elle m'autorise encore une dizaine de minutes sous la douche puis je dois venir, elle va m'examiner, car le sang signifie que le col a bougé. Elle propose un fauteuil pour m'amener cette fois. Ouf ! Ça ne m'était même pas venu à l'idée, cette possibilité, et je me faisais une montagne de parvenir à refaire le trajet jusqu'à l'autre côté.
12h10. Elle m'examine tout en laissant le tampon, je ne croyais pas ça possible
 : 4 cm, col effacé. Elle dit que c'est « très favorable » et que ça avance très bien. D, qui était tout adorable et encourageant, mêle maintenant encouragements et félicitations : « t'es la plus forte ! » « Bravo ma chérie ! » « t'es très courageuse ! » et la sage-femme de dire que je « gère très bien ». ça me donne confiance, même si ça veut dire potentiellement encore 6h et que moi je ne suis pas aussi fanfaronne si vite... Problème avec le monito sans fil et aquatique de la salle, il faut attendre encore un peu. Elle va en chercher un autre – juste 15 min et après promis, baignoire ! Elle me prévient qu'elle va laisser le tampon dans le bain pour éviter que les contractions ne diminuent de trop. Ouf ! Le monito la fait changer d'avis : elle s'aperçoit que j'ai juste jamais de temps de repos, que c'est trop ! Et hop elle me fait me lever 2 sec du ballon et se glisse entre mes jambes pour le retirer. J'ai « survécu » à ce dernier monito fixe quasi en câlin continu avec D, assise sur le ballon, tandis qu'il me balançait légèrement – merci l'haptonomie, le geste juste ! :-) Marine nous a montré quelques points d'acupression en arrivant dans la salle (main comme pour l'acupuncture, creux du dos) mais je jette assez vite D quand il essaie dans mon dos : ça fait mal! C'est censé être une stratégie pour détourner de la douleur des contractions mais non merci! moi je ne veux pas en rajouter ! Le contact de ses mains chaudes ou de la bouillotte à cet endroit me suffit amplement, et me soulage davantage ! Marine nous prévient qu'elle préfère que j'accouche dans une salle de naissance, même si je peux rester ici jusqu'à dilatation complète si je veux. Ok ok ça me paraît alors tôt pour m'expliquer ça, mais elle avait du flair ! Je ne sais pas si c'est le retrait du tampon ou le bain ou les 2 combinés, mais les contractions se mettent à être plus fortes, clairement orientées vers le bas, elles « poussent », avec, par contre, de vrais temps de repos entre. En bref, là ça commence à ressembler à ce que je m'étais figuré. J'arrive à les gérer en respirant, ventre et lombaires immergés. Au début, seul le ventre l'est et D me passe la douchette sur le dos, juste après avoir installé son ordi, cette fois avec la fameuse clef USB :-)
12h45 environ, en tout cas assez vite, je perds les eaux dans le bain. Comme une explosion. On appelle pour prévenir. Marine réussit alors à me mettre le monito sans fil, et m'examine dans la baignoire, en prédisant sans doute une bonne surprise
 : 8 cm ! Je n'en reviens pas. Adieu la tentation de péridurale ! C'est déjà ça :-)
Je gère bien ces contractions fortes mais avec de vraies détentes, dans le bain, avec la musique – bientôt remplacée par le seul bruit du cœur de bébé – et les photos qui défilent sur l'ordi de D. Les contractions fortes me font faire des selles sans même m'en rendre compte, que D nommera «
 poissons indélicats » pour l'expliquer ensuite :-) je l'engueule d'ailleurs car c'est pas le moment de faire des circonvolutions ! Il aura pris la peine de les enlever et les jeter soigneusement, quand même, avant de demander si ça faisait un risque d'infection ou quoi maintenant que la poche était rompue. Non. Mais très bon signe : bébé descend ! Ça me vaut un second examen en baignoire : quasi 10 cm !
Je vois 1h53 quand on quitte la salle nature, sur un fauteuil, pour la salle d'accouchement. Je crois rêver que tout aille si vite
 ! Arrivée en salle de naissance, Marine me demande dans quelle position je veux me mettre. Je dis ben comme dans la baignoire, par terre, accroupie. En fait je ne sais pas vraiment ce qui m'attend dans cette dernière phase, je ne réalise pas trop encore comme ce sera différent ce que je devrai faire. Ni une ni deux, Marine va chercher des matelas qu'elle traîne de la salle nature, et sur lesquelles elle pose un drap. L'autre femme venue en renfort pour l'accouchement (celle du bracelet rose :-)) a l'air un peu perplexe face à cette idée mais bon.
Dans les descriptions que j'avais lues, l'envie de pousser était décrite comme très forte, instinctive, animale. Moi, je ne sais pas trop ce que je dois faire, c'est pas si évident. Au début, je continue à «
 gérer » les contractions en soufflant, et en accompagnant vaguement le mouvement vers le bas qui « pousse ». ça le fait pas. Les femmes l'attribuent à ma position : accroupie, me tenant à D devant moi. Elles proposent d'abord de me mettre pareil mais sur la table, pour qu'elles puissent plus facilement m'aider si nécessaire. J'y grimpe entre deux contractions. Toujours difficile. En fait, je capte pas trop ce que je dois faire. Là, j'essaie de pousser quand même, en laissant venir ce qui me traverse : je souffle en poussant 2-3 cris forts et rauques. J'avais presque oublié que j'en étais capable, ça change des gémissements de toute à l'heure à l'oreille de D ;-) M'entendre rugir me donne du courage, me rappelle ma force, je crois, dans ce moment crucial. N'empêche que ce n'est quand même toujours pas la méthode la plus efficace, puisque je lâche l'air au lieu de m'en servir pour faire pression vers le bas :-) Ah les cours de prépa théoriques... !
La femme plus âgée me propose alors de me mettre sur le dos. Elle a une phrase débile «
 on n'est pas des animaux » que je trouve dommage mais bon sur le moment je suis concentrée sur autre chose :-) Je suis le conseil et me mets sur le dos, elles me montrent comment positionner mes pieds sur les étriers, en hauteur, pour me servir de la force de mes jambes, et attraper l'intérieur de mes cuisses avec mes mains pour aider aussi au mouvement. Là, je me laisse complètement guider par leurs excellents conseils. Les contractions sont toujours espacées de vrais repos et elles me semblent trop courtes, j'aimerais qu'elles durent plus pour mieux profiter de la vague dans mon travail de poussée. En fait, je pousse quand la contraction arrive très fort, jusqu'au bout, une première fois, puis je dois souffler mon air, réinspirer très fort et recommencer une seconde fois, en bloquant à nouveau ma respiration. Leurs conseils sont archi-précieux et font écho : mais oui, ça remonte, donc pour avoir un vrai progrès, il faut au moins deux fois à chaque contraction, j'avais oublié ! Mais la seconde fois, je n'ai déjà plus l'aide de la contraction, qui passe trop vite à mon goût :-/ Elles ne cessent de m'encourager, D aussi, qui est à ma gauche. Elles disent que je fais très bien alors que je mets au moins la moitié du temps total de poussée avant de réussir à trouver la respiration juste. La femme plus âgée, à ma droite, pousse un peu bébé aussi et me guide avec sa main posée sur mon ventre, en me disant de m'appuyer contre. Ses conseils sont toujours très précis, factuels, clairs et rapides. C'est hyper-efficace pour m'orienter dans la folie du moment. Marine regarde ce qui se passe entre mes jambes. Elle parle de la tête qui arrive. Elle voit des cheveux. Instinctivement, entre deux contractions, je mets ma main pour la toucher. Ça me donne un sacré boost de courage en plus :-)
A un moment, D, se met aussi à parler de la tête, et moi je me plains pour la première fois de la douleur. C'est quand mon périnée atteint son extension max que je m'entends dire «
 mais ça fait mal ! ». Avant, c'était l'énergie, la fatigue musculaire, la tension sur le ventre, le dos... C'est le seul moment de l'accouchement où j'ai vraiment « mal » sur un tissu. Elles me rassurent disent que c'est normal, que la tête du bébé est à moitié sortie, alors que ça tire. Je repense à l'accouchement qui a eu lieu en salle nature le 10 mai, raconté sur le site du lotus rouge, et à l'expression « cette sensation si spéciale/intense du périnée dans son extension maximale ». Encore 2 contractions, je crois, et bébé est dehors. Il sort accompagné d'une vague de liquide qui éclabousse Marine (elle devra carrément ensuite aller changer de pantalon ;-)). Surprise, c'est du coup D qui repère le premier que c'est un garçon. Moi je suis épatée de le trouver pas si bleu ni gluant mais très ressemblant dès sa sortie à un « vrai bébé » :-)
D coupe le cordon et me tend immédiatement le petit Enki. Je le garde tout contre moi, comme ça, le dos contre mon buste, et son papa a droit, le premier, à de longs regards.Il chouine juste ce qu'il faut pour nous faire entendre sa jolie voix et nous rassurer sur sa capacité à respirer, mais il a assez vite l'air très bien. On lui dit des mots doux. Bébé d'amour, maintenant tu t'appelleras Enki. Mais tu seras toujours notre bébé d'amour. Bienvenue dans ce monde
 ! Tu verras, la vie peut être belle... La femme dont j'ignore le nom nous fait épeler le prénom et s'enquiert du nom de famille (on n'avait pas pu leur donner avant, ça dépendait du sexe...). Je garde Enki contre moi pendant que Marine m'explique qu'elle n'a pas eu besoin de faire une épisiotomie et que ça s'est un peu déchiré mais à peine. A son discours, elle semble même ouverte à l'idée de ne pas forcément faire de points, même si elle suggère d'en faire quand même 2 au moins à un endroit, et 1 à la lèvre de l'autre côté. Je dis ok. On reste comme ça, en peau à peau avec Enki, à qui on a juste mis un bonnet, et qui partage drap et couverture avec moi encore un bon moment. Le temps que le placenta sorte, que Marine m'anesthésie localement et me fasse les points, et qu'elle appuie quelques fois sur mon ventre pour faire sortir, s'il y en a, de petits caillots, car je saigne beaucoup à son goût.
L'autre femme revient et prend gentiment Enki pour le peser, le nettoyer, et lui mettre sa première couche. Elle l'avait déjà dit lors de la poussée
 : c'est un beau bébé quand même, qui cache bien son jeu :-) : 3,720 kg ! Elle me le rapporte plus gluant du tout, et avec de jolies joues roses. Déjà un vrai bébé, qui n'a même pas l'air si frêle, pour le bonheur de sa maman-poule ! Elle m'aide alors à le mettre au sein, d'abord le gauche, je suis épatée comme il prend vite ! ça me surprend au début j'ai l'impression qu'il me mord alors qu'il ne peut pas avoir de dents !?! Mais dès qu'elle le repositionne ça va mieux. Il est bien éveillé et tête sans s'arrêter un petit moment. Avant de le mettre au sein, la femme avait appuyé un peu pour faire sortir du colostrum. Je suis épatée de voir du liquide sortir de mon sein :-) et, toute en prenant mon sein en C, elle le guide pour qu'il le prenne bien, et dit « le bébé sait têter, il a le réflexe de succion, mais il faut que la maman le guide pour attraper bien tout le sein ». Elle m'enjoint à essayer moi de faire comme elle. Ça marche ! On aura encore le temps de le faire têter à l'autre sein en salle de naissance, et de faire tous les 3 un petit somme, car Marine est tout de même inquiète de mes saignements qui restent trop abondants à son goût. Plusieurs fois, elle devra m'appuyer fort sur le ventre pour tenter de faire sortir des caillots ou voir comment ça réagit, si je saigne trop ou pas. Deux risques : problème de coagulation ou bien petit bout de placenta resté coincé... Warf, le souvenir du récit de la révision utérine de ma sœur me hante, j'espère y échapper!Bon, Marine penche quand même plutôt pour la première explication surtout que mes ébats dans la douche, le bain le sol... ont arraché mon cathéter et qu'elles n'ont pas pu me mettre un produit qu'on met habituellement à la fin pour aider justement l'utérus à se refermer, à coaguler. Elle tente d'abord de me donner l'équivalent en mangeant un sucre aux hormones. Après quelques temps, toujours pas convaincue, elle passe à l'étape suivante en réinstallant une perfusion à l'autre bras. Ça finit visiblement par faire l'effet escompté... mais ça nous aura valu 4h au lieu de 2 en salle de naissance pour la surveillance. Les fréquents tests en m'appuyant sur le ventre sont douloureux, mais avec Enki dans les bras j'évite de me crisper, et tout est moins dur :-) Je garderai quand même le nouveau cathéter jusqu'au lendemain, au cas où.
Finalement, tout va bien, mes saignements redeviennent normaux, et retour à la chambre vers 6h30. On nous offre un petit dej avec un chocolat chaud, juste ce dont j'avais trop envie
 ! Et D a une super surprise : des viennoiseries ! On petit déjeune en tête à tête, tout étourdis par cette folle nuit. Enki dort paisiblement. Le début d'une nouvelle vie !
--
Claire


Curtis le 1er octobre 2016


Avant que Curtis ne naisse je parlais de « mon accouchement » et depuis c’est devenu « la naissance de Curtis ». Pendant toute la durée de ma grossesse je me suis interdite de trop penser au fait que j’allais être maman, par superstition, par peur que si je me mette trop à penser à ce que ce serait quand le bébé sera là...nous n’ayons pas cette chance. Donc tant qu’il n’était pas né mon bébé n’était pas là. Ce n’est que lorsque je le tiendrai bien vivant contre moi que je pourrais commencer à y croire. Et c’est ce qui s’est passé.
J’ai commencé à aller au cours de Martine et Catherine un mois avant la naissance de Curtis. Leurs cours m’ont énormément aidé à me projeter, à imaginer mon accouchement, à m’ouvrir au futur. Une copine m’avait offert le livre de Martine « Accouchement naissance, un chemin initiatique » et les quinze jours avant mon accouchement je faisais les exercices que conseillent Martine pendant une demi-heure tous les jours suivis d’une petite séance de méditation.
Et puis une semaine avant le terme, jeudi 29 septembre 2016 à 23h45 j’ai perdu les eaux, on venait de regarder un Western « Les 7 mercenaires » et on se préparait à aller au lit, ce n’est pas arrivé d’un coup, j’ai senti un filet de liquide tiède qui ne s’arrêtait pas de couler et je me suis dit, là quelque chose est en train de se passer. J’ai prévenu Grant que la nuit serait probablement longue. Je décide d’appeler la clinique pour savoir si je dois venir rapidement car il semble que j’ai rompu la poche des eaux mais les contractions ne sont pas là. Réponse du sage-femme à la permanence, oui venez dans l’heure qui vient, prenez le temps de finir votre valise mais venez. C’est donc ce que je fais, je rassemble mes dernières affaires avant de partir à la clinique mutualiste avec Grant. J’ai une fâcheuse tendance à tomber dans les pommes en cas d’émotions fortes et je suis fière de moi car j’arrive à ne pas tomber dans les pommes dans la voiture durant les 15 minutes de trajet jusqu’à la clinique, ce n’est pas que j’ai mal car les contractions se font toujours attendre, juste beaucoup d’émotions.
Je suis examinée lorsque nous arrivons, la poche des eaux est effectivement rompue mais les contractions n’ont pas l’air de vouloir commencer... Et comme elles n’ont toujours pas commencé 4 heures plus tard, j’ai droit à ma première injection d’antibiotiques car le milieu n’est plus stérile pour le bébé, les heures qui ont suivi ont été les plus pénibles finalement, à me trimballer dans les couloirs avec le cathéter en espérant déclencher les contractions...rien ne semble marcher, ni le ballon, ni l’homéopathie, ni la séance d’acuponcture, ni la marche dans les couloirs. Le bébé n’est pas prêt à descendre. Et moi je m’impatiente je regarde les autres mamans et papas avec leurs bébés dans les couloirs en les enviant. Ça y est leur bébé est là ! Je n’ai pas dormi de la nuit en entendant les autres bébés pleurer, je n’ai qu’une hâte que les contractions commencent, je les attends avec impatience maintenant. Le personnel de la clinique est sympa et entend ma demande de laisser les choses se faire naturellement, on attendra samedi matin pour déclencher les choses si rien ne se passe d’ici là. Vendredi 31 septembre au matin toujours rien, vient midi, toujours pas
de contractions en tout cas pas de contractions de travail, ni l’après-midi, ni le soir d’ailleurs...juste des petites contractions désagréables mais c’est tout. La sage-femme m’examine à nouveau, je suis toujours à 2 centimètres. Elle me conseille de dormir, de me reposer, cela ne sert à rien d’essayer de déclencher mes contractions à tout prix, elles viendront quand elles viendront même si je suis en train de dormir. Cela me rassure, je vais donc me reposer maintenant. Et si rien ne se passe cette nuit, ce sera le tampon de prostaglandine demain matin de toute façon.
Je relis mes notes sur les post-it collés un peu partout dans le précieux livre de Martine m’accompagne depuis 2 mois tous les jours maintenant. Comme avant un examen, je révise ! J’écoute mes enregistrements de préparation à l’accouchement par auto-hypnose comme je fais depuis 3 semaines environ dès que je m’assoupis, il m’arrive de m’endormir avec les enregistrements sur les oreilles (là j’écoute surtout celui sur l’ouverture, s’ouvrir, s’ouvrir encore plus...).
Et le lendemain matin toujours rien, Grant me demande comment ça va, son soutien est merveilleux, il est là avec moi depuis le début et ne veut pas rentrer dormir chez nous, il a mal au dos le pauvre il « dort » sur la chaise transformable en « lit » depuis jeudi, beaucoup de choses sont formidables à la Mutualiste mais pas les chaises/lit pour les papas...
Samedi 1er octobre 9heures toujours rien, je vais donc avoir droit au tampon de prostaglandine. J’aime bien la sage-femme qui m’examine, Muriel, elle a une petite fleur rose dans les cheveux, elle est douce et professionnelle, son prénom me dit quelque chose, mais oui Muriel ! J’ai vu son prénom dans des témoignages sur le site de Martine ! Toujours très positifs et laudatifs ! C’est un signe ! Je veux accoucher pendant le service de Muriel ! J’ai une chance que les choses se déclenchent d’ici ce soir, ce serait formidable ! La matinée se passe, toujours pas contractions, à midi je décide de manger un petit peu, je n’ai pas faim ou presque, c’est bon signe m’avait dit Muriel le matin.
Quelques exercices sur le ballon en début d’après-midi et là 14h30 ça y est ma première contraction de travail !! Une qui fait bien mal pendant au moins 30 secondes ! YESSS ! Je ne pensais pas que je serais si heureuse de les sentir ces fameuses contractions, mais après une journée et deux nuits d’attente, je suis ravie ! Elles sont irrégulières, une autre arrive au bout de 30 minutes, à nouveau je sens mon ventre tendu pendant 30 à 40 secondes mais c’est tout à fait supportable ! Si ce n’est pas plus intense ça va être une partie de plaisir ! Grant et moi décidons d’aller faire un tour dans le couloir pour passer le temps en attendant que les contractions deviennent plus régulières, pour l’instant elles arrivent toujours de manières irrégulières, 20 minutes, 30 minutes, puis toutes les 10 minutes environ ça y est ça se précise.
La technique qui m’est venue d’instinct pour surmonter la douleur et que je conserverai pendant toute la durée de la première partie du travail : je suis debout, j’appuie mes avant-bras contre le mur et je souffle en faisant le son OM ou plutôt la partie MMMMhhhh du son car je n’arrive pas à faire le « O » pendant les contractions, je fais aussi un mouvement de descente avec la main droite comme
au Qi Kong pour encourager le bébé à descendre, je ferme les yeux pendant ce mouvement et que je fais le son MMMh je suis concentrée, je suis dans le moment présent, j’estime que j’ai de la chance car depuis 14h 30 la durée des contractions semble être de 30 à 45 secondes max plutôt que 60 secondes comme j’avais anticipé en cours de préparation à l’accouchement. Formidable c’est toujours ça de gagné ! Je demande à Grant d’appuyer avec ses pouces à l’arrière de mes lombaires comme nous avons vu avec la méthode d’accupression Bonapace pendant les cours de préparation à l’accouchement avec Christine puis Joëlle . Nous continuons notre trajet entrecoupé d’arrêt contre le mur du couloir à faire les OMMM vers la salle d’accouchement pour 16h30 comme m’avais indiqué Muriel pour l’injection d’antibiotiques, j’imagine que j’aurais le temps de retourner dans la chambre chercher le sac pour la salle d’accouchement, les balles de tennis, les affaires du bébé, une tenue de rechange pour moi, etc .
Quand Muriel me voit, elle décide de m’examiner car il semblerait effectivement que le travail ait commencé. Je m’allonge et trouve la position inconfortable pendant les contractions. Je suis à 4-5 centimètres ! WOW ! Déjà !! La salle nature est libre si vous voulez y aller nous dit Muriel. Génial !!! Exactement ce que je souhaitais ! Après un monitoring de 30 minutes qui me paraît une éternité tellement la position allongée est inconfortable pendant les contractions...je finis par me lever pour reprendre ma technique du mur et du OM avec Grant qui appuie sur les points au niveau des lombaires toujours. Ahhh ça va mieux. On y va nous dit Muriel qui nous encourage en nous disant que l’on se débrouille comme des chefs, ça fait du bien à entendre parce que les contractions semblent se rapprocher et augmenter en intensité. Dans la salle nature, Muriel me propose de prendre un bain, la chaleur peut atténuer la douleur, je suis pour ! J’essaie une autre position, accroupie à côté de la baignoire en attendant que Muriel la remplisse...ça ne marche pas du tout, je sens davantage la douleur car je perds ma concentration. Je me relève et retrouve le mur pour mes OMMMh. C’est mieux j’ai retrouvé ma concentration ! La baignoire est prête super ! Je me glisse dedans, la chaleur est agréable elle semble apaiser un peu la douleur des contractions c’est vrai. Je retrouve mes marques avec le son OMM, Grant continue de me faire des points d’accupression sur les épaules, je ressens une envie de pousser de plus en plus forte pendant les contractions. C’est irrépressible je pousse et mes sons Omm se transforment en GRRR rauques. Muriel qui nous avait laissé tous les deux pendant une demi-heure revient et m’examine à nouveau. Je suis à 8 cm !! Génial ! Elle me demande si nous souhaitons que la naissance se fasse dans la baignoire ??!! Ah oui pourquoi pas ? ! Je suis un peu surprise parce que je n’avais pas anticipé cette possibilité mais ravie, oui bien sûr ! si c’est possible, d’ailleurs à ce stade je préfèrerais ne pas en bouger de la baignoire ! Parfait je vais chercher le matériel pour la naissance nous dit-elle. Elle repart et revient rapidement avec une autre sage-femme Anne et une élève sage-femme Ambre. Elles m’entourent toutes les trois autour de la baignoire, Anne est à gauche, Ambre devant et Muriel qui est à ma droite continue le monitoring sous l’eau ! Grant derrière moi, je sens sa présence forte et ses encouragements. Il est impressionné par mes cris rauques. Moi même je ne pensais pas
avoir autant de voix, c’est irrépressible comme l’envie de pousser, j’ai besoin de hurler quand les contractions arrivent. Je suis toujours concentrée sur mes sons OMM enfin GRRRR. Chose incroyable, je m’endors 3 fois entre les contractions au plus fort, je ne pensais pas que ce soit possible ! Je l’avais lu dans le livre de préparation à l’accouchement par auto-hypnose mais je n’y croyais pas vraiment mais si pas de doute je me suis bel et bien endormie plusieurs fois pendant une minute ou deux, Grant me parle et je suis dans un rêve avec lui, il me parle aussi dans mon rêve, je lui réponds quelque chose qui n’a pas de sens, je suis dans mon rêve. Une fois même je me suis dis « mais qu’est ce qui se passe ici ? tiens une femme est en train d’accoucher ! ah mais c’est MOI ! I’M giving birth !! quelques secondes avant de répondre aux sages-femmes et à Grant que tout va bien je me suis juste endormie..je reprends mes esprits . Je récupère un peu comme cela avant qu’une nouvelle contraction arrive mais je commence à fatiguer. Ça y est je suis complètement dilatée. Il y a comme une phase d’accalmie avant le dernier effort. Muriel, Anne et Ambre me disent de pousser, que la tête du bébé est juste là ! Pourtant mes poussées ne marchent pas, puis j’ai compris ce que me dit Muriel, inspirez- bloquez- poussez ! J’avais continué à expirer en faisant OMM-GRR alors qu’il fallait bloquer la respiration et pousser !!! Maintenant j’ai compris ! En effet je le sens prêt à sortir mais je ne suis pas tout à fait prête, le bébé n’est pas tout à fait assez bas. Cet effort doit se faire avec lui, j’attends la prochaine contraction pour pousser de toutes mes forces, j’ai besoin de le sentir qui descend et veut sortir pour pousser. J’appuie mes pieds de toutes mes forces contre la baignoire pour pousser. Ce que je fais à la prochaine contraction, je prends une inspiration, bloque et pousse, ça y est la tête est sortie me dit Muriel !! Grant m’a dit plus tard qu’il a vu la tête de Curtis sortir une fois un peu puis re-rentrer pendant mes efforts jusqu’à ce qu’elle sorte vraiment ! Je n’ai pas eu cette impression ! Il faut recommencer à la prochaine contraction et là c’est la libération il sort facilement une fois que Muriel l’attrape par les épaules. Nous n’en revenons pas avec Grant notre bébé est là ! Grant coupe le cordon. Curtis est tout petit et tout mouillé mais tellement beau ! Les sages femmes le laissent quelques instants sur moi dans la baignoire pour que nous puissions le regarder, Grant et moi sommes ébahis « we did dit ! » on s’embrasse.
Le placenta sort sans problème, nous demandons à le voir, drôle de maison pour ces 9 mois ! Et je suis recousue, 7 points de suture quand même, Curtis a éraflé le côté droit en sortant mais c’est une coupure droite ce qui est mieux me disent les sages-femmes.
Une sage-femme prend Curtis pour le sécher brièvement et vérifier que tout va bien pour lui avant de me le remettre sur la poitrine sur le lit dans la salle nature, le temps que je sorte de la baignoire et me sèche. Ils nous laisseront ensemble faire un peau à peau pendant deux heures dans la salle d’accouchement avant que nous retournions dans la chambre. Dans la salle nature Curtis cherche mes seins, il arrive à téter quelques gouttes de colostrum, c’est incroyable si petit et si fort déjà lorsqu’il s’agit d’aller vers la nourriture ! Je me souviens de son odeur, il l’a gardé quelques jours, une odeur de feu de bois que j’adorais. Je me souviens aussi d’une chose qui m’a impressionnée,
l’arrière de sa petite tête si parfaitement ronde avec quelques cheveux bruns. C’est elle qui est sortie en premier et que Grant a aperçu quelques secondes avant qu’elle ne sorte vraiment. Quelle merveilleuse aventure que la naissance de Curtis et ma naissance en tant que mère. Je n’en reviens toujours pas, quelle chance j’ai d’être enfin maman ! Grant adore son rôle de papa aussi, nous nageons en plein bonheur depuis 6 mois.
Katya


Hugo le 26 novembre 2016


Ma grossesse s’est déroulée sereinement, avec très peu d’inconfort. Je suis arrivée au terme prévu du 23 novembre «
 fraîche et pimpante »,  malgré un ventre bien rebondi. Je n’avais encore ressenti aucune contraction. Alors que jusque-là je n’étais pas pressée d’accoucher, j’ai commencé à m’impatienter.  Pendant 48h, j’ai enchaîné les pratiques pour « faire venir bébé » : séance d’acupuncture à la maternité, postures d’ouverture avec incitation du bébé « à sortir », piscine, tisanes… Je ne voulais surtout pas être déclenchée !  C’était important pour moi que le travail débute spontanément, que la merveilleuse alchimie naturelle s’opère. Et maintenant que je me sentais (enfin) prête, il ne restait qu’au bébé à se décider…
Le 25 novembre à 3h du matin, je suis réveillée par une sensation bizarre, une sorte de «
 colique » dans le bas du dos qui me donne envie d’aller à la selle. Je constate alors que ces sensations se reproduisent à intervalle plus ou moins  régulier, toutes les 15 min environ. Elles débutent dans la région lombaire, et viennent s’écraser comme des vagues sur mon sacrum.
«
 Le travail commence » me dis-je. Je ressens une douce joie sereine, et de l’émerveillement devant ces corps qui fonctionnent. Il est tôt, et une longue journée risque de s’annoncer. Je dois garder des forces. J’essaye donc de somnoler entre les contractions…
A 6h30 du matin,
  Gwenaël mon conjoint se réveille et je lui annonce la nouvelle. Comme j’ai un RDV prévu avec un sage-femme de la maternité à 8h (visite post terme), je lui propose de venir avec moi à la consultation. Durant le trajet, je constate que la marche me fait du bien et diminue la douleur.
Arrivée à la maternité, j’explique au sage-femme les sensations ressenties. Il me branche le monitoring et me fait une séance d’acupuncture. Pas de chance, l’enregistrement des contractions ne marche pas très bien
 : oui il y en a quelques unes, mais on ne peut rien dire quand à leur régularité. Il me donne un autre RDV pour dans 48h… Je rentre à la maison, et Gwenael part au boulot…
Arrivée chez moi, je constate vite que les douleurs sont plus intenses et plus difficiles à gérer, surtout en position assise ou immobile. J’envisage donc de rester active toute la journée. Je prends mes affaires et vais faire quelques courses à l’épicerie, avant de me rendre à la séance de yoga maternité avec Catherine à 12h15… Dans le doute d’un faux travail, je ne lui ai pas parlé de ce que je ressentais! La position allongée sur le dos m’est impossible à tenir. Heureusement que les mouvements proposés sont doux
 ! Je quitte la séance et Catherine me souhaite un début du travail….pour la sainte Catherine, soit avant ce soir ! Merci Catherine, je peux le dire maintenant : ton souhait était déjà exaucé !
Il fait beau, le soleil brille, et je décide d’aller marcher
 : je ressens un grand besoin d’être dans la nature ! Je décide de me rendre sur les chemins qui montent à la Bastille. Je marche lentement. L’air frais me fait du bien, alors je continue, je monte…et me retrouve 250 m de dénivelé plus tard en haut de la Bastille ! Le soleil se couche, l’horizon est rouge, c’est beau et je me sens bien… Mais il me faut descendre maintenant, il fait nuit noire et je n’ai pas de frontale. La descente me semble interminable.  J’appelle Gwenaël, entendre sa voix me fait du bien : « oui, je suis à la Bastille… Je descends… Peux-tu rentrer du boulot ? Ce soir j’ai besoin que tu prennes soin de moi »…
Nous arrivons ensemble à la maison. Il est 18h30. J’ai envie d’un bain chaud. L’eau tiède me fait du bien, mais la baignoire est trop étroite pour mobiliser mon bassin, alors cela devient vite inconfortable. Je m’installe donc dans la chambre, avec mon tapis de yoga, mon ballon, de la musique douce. Gwenaël est aux petits soins et m’aide à m’installer au mieux. Instinctivement, je trouve assez rapidement la position qui soulage le mieux les douleurs
 : à 4 pattes, les bras et la tête sur le ballon, le bassin dessinant entre les contractions le signe de l’infini. Pendant les contractions, je compte jusqu’à 8 en mobilisant ma tête d’un coté puis l’autre. La musique me berce… Je reste ainsi plusieurs heures, répétant inlassablement les mêmes mouvements… J’arrive même à somnoler entre les contractions. A un moment nous chronométrons le temps entre les contractions : entre 3 et 5 min. Nous appelons la maternité : la sage-femme me pose quelques questions : « vous avez l’air de bien gérer les contractions, vous pouvez rester encore chez vous,  rappelez-nous si ça s’intensifie ».
Une à 2 heures après, les contractions ne sont plus les mêmes
 : je sens comme une envie de pousser. « Je pense qu’il faut qu’on y aille »
Nous arrivons à la maternité à minuit et demi, moi, concentrée, un large plaid sur les épaules, Gwenaël, bienveillant et à l’écoute, chargé comme un mulet, avec le gros ballon de yoga, le tapis, la valise, le lecteur mp3 et une petite enceinte audio… Tout ce qui m’aidait à vivre ce moment intense et fort, il avait accepté de les porter. Je garderai longtemps en mémoire sa silhouette chargée, souriante, m’accompagnant le mieux possible dans les couloirs de la maternité…
Nous attendons 15 longues minutes devant la salle de naissance avant que l’on vienne nous ouvrir
 : « désolée, nous avons une urgence » nous dit la sage-femme. Elle m’installe enfin dans la salle de consultation pour m’examiner : « Vous êtes dilatée à 7 cm et avez rompu partiellement la poche des eaux ». Je saute de joie : « 7 cm ! C’est super ! Ca se trouve dans 1h je suis à dilatation complète et dans 2h nous avons le bébé dans nos bras ! »
La sage-femme veut m’installer dans une salle d’accouchement classique. «
 La salle nature n’est pas dispo ? » « si me dit-elle, mais vous ne voulez pas de péridurale ? » Non ! » lui répondis-je simplement !
Nous nous installons donc avec tout notre matériel dans la salle nature. Très vite je retrouve la position qui me soulage, et la musique qui me berce…
1h après la sage-femme m’annonce
 : « vous êtes à dilatation complète ! Mais… »
«
 Mais ? »
«
 Le bébé n’est pas engagé. Et… il me semble que sa tête est positionnée le sacrum en arrière… Il va falloir l’accompagner »
Elle m’encourage
 : « c’est super ce que vous faites ! Et vous savez ce qu’on dit des bébés qui naissent « la tête vers les étoiles » ? ce sont des rêveurs… »
Je sens la poche des eaux se rompre complètement. «
 Les contractions vont être plus intenses » me  prévient la sage-femme.
Je reste motivée pour un accouchement sans péridurale
 !
Les contractions plus intenses s’accompagnent d’une envie irrépressible de pousser. Entre chacune d’elles, je fais des 8 sur le ballon, quand elles arrivent, je me concentre sur ma respiration, compte jusqu’à 10 (ou plus
 !), et m’assois sur mes talons pour accompagner la sensation de poussée. Parfois je cris tellement c’est fort. Gwenaël m’encourage et repositionne pudiquement sur mon dos le drap vert, qui tombe après chaque contraction.
Nous sommes seuls la majeure partie du temps. La sage-femme passe nous voir toutes les 20 à 30min. «
 Oui, il est toujours haut » « Continuez à l’accompagner, mais ne pousser pas trop, vous devez garder des forces pour après »…
1 heure s’écoule, puis 2h, 3h…. Je suis épuisée. Mes muscles tremblent. Je n’ai désormais plus la force de passer de la position assise à la position à 4 pattes, et Gwenaël doit m’aider à me relever après chaque contraction.
Au bout de 3 heures la sage-femme m’annonce
 : Le bébé n’est toujours pas engagé. Elle essaye alors de me faire pousser à 4 pattes, sans succès. Elle déclare alors « Je viens d’en discuter avec le gynécologue : c’est une indication de péridurale, pour que l’utilisation des forceps, ventouse, ou une césarienne soient possibles… »
«
 Ok » lui dis-je. Mon état de fatigue facilite le lâcher-prise… je murmure en moi même : « Quand même pas une césarienne après tout ca ! »
Pourquoi le bébé ne descend-il pas…
 ? Je suis bien obligée d’accepter la situation. Je me  rappelle que j’avais décidé de faire confiance à l’équipe médicale quoi qu’il arrive.
«
 Je vous vois déçue mais ce n’est pas un échec » me dit la sage-femme
On m’installe alors dans une salle d’accouchement. L’anesthésiste arrive, froid, professionnel. «
 J’aimerais que la péridurale ne soit pas trop dosée »  lui demande-je, « je voudrais pouvoir encore sentir les contractions ». Il me montre que je peux doser moi-même l’anesthésie en poussant sur un petit boîtier, que je n’ai pas utilisé.
Après la pose de la péridurale, je suis surprise de voir que je ressens encore très bien mes jambes, et aussi encore très bien les contractions
 !
Je suis installée en position gynécologique. Je demande si je peux être verticalisée,
  on me répond que je dois garder cette position …
Commencent alors les poussées. Je pousse à chaque contraction, de manière très efficace, ce qui me vaut les compliments de la sage-femme. «
 C’est super, vous poussez super bien ! ». Il faut dire que je m’y suis bien entrainée pendant mon congé maternité ! Malgré cela bébé ne sort pas… il remonte entre chaque poussée !
Je pousse encore, et encore. Je donne tout ce que je peux, toute ma force. Gwenaël maintient ma tête en flexion, une autre sage-femme appuie fortement sur mon abdomen pour empêcher le bébé de remonter…
Au bout de 30 interminables minutes, la sage-femme m’annonce qu’elle va appeler le gynécologue pour forceps ou ventouse.
Le gynécologue rentre dans la salle…
A ce moment là, je ressens pendant quelques secondes un sentiment de désespoir
 : je n’y arriverai pas…
«
 Reste concentrée ! » me dis-je
Une contraction arrive à ce moment là. «
 J’ai envie de pousser !!»
«
 Allez-y !!»
Je pousse. De toutes mes forces. Je donne tout.
«
 Oui oui oui , il sort sa tête ! »
Je ressens une extension intense de mon périnée.
«
 Je dois vous faire une épisiotomie » me dit la sage-femme
«
 Oui ok ! »  Plus rien d’autre n’importe à cet instant pour moi que de faire sortir cet enfant !
La tête passe, bébé est positionné la tête en bas et non vers les étoiles
 !
Une épaule passe, puis l’autre.
Et ça y’est, bébé est sorti sans forceps ni ventouse
 !
Instant magique, joie intense et profonde, ce petit être tout chaud est déposé sur moi.
Bienvenue Hugo
 !
Gwenaël coupe le cordon.
Je viens de vivre une épreuve sportive de 26h30
 Malgré cela, je me sens euphorique et en pleine forme !
Les 2 heures de peau à peau sont un moment de bonheur pur.
«
 4kg 250, un bien beau bébé !!» m’annonce la puéricultrice !
3 Jours après, j’ai eu l’occasion de discuter avec la sage-femme de mon accouchement.
Je voulais comprendre ce qui avait empêché la descente de Hugo dans le bassin, et comment il avait pu naître «
 la tête en bas » étant positionne d’abord « la tête en haut ».
Concernant la descente difficile dans le bassin, elle m’a répondu qu’il n’y avait pas d’explication évidente
 : sans doute le gros poids du bébé, le positionnement de sa tête, ou un obstacle mécanique dans le bassin ont pu jouer un rôle.
Concernant la rotation de la tête, celle-ci ce serait faite pendant la poussée. Une vraie spirale…
La sage-femme m’a confié
 : « je dois vous dire qu’il s’est passé quelque chose d’assez  exceptionnel lors de votre accouchement! Avant la dernière poussée, le bébé s’est désengagé, il est remonté complètement au dessus du grand bassin. Il a du à ce moment-là modifier la position de sa tête, ou de ses épaules, de telle sorte, que lors de la poussée suivante, il est sorti… »
Voilà l’histoire de cette naissance.
Avec cet accouchement j’ai du faire le deuil de l’accouchement totalement naturel, sans péridurale, que je souhaitais.
Mais je suis aujourd’hui satisfaite de comment cela s’est passé, C’est comme si j’avais survécu à un tsunami
 ! Je suis restée actrice de mon accouchement, et ne l’est pas subi, ce qui est l’essentiel pour moi.
Je remercie de tout cœur
 :
  • mes professeurs de yoga pour leur accompagnement qui m’a été très utile et qui m’a sans doute évité une césarienne !
  • la sage-femme Clara, qui a su respecter au mieux mon souhait d’accouchement naturel.
  • Gwenaël, conjoint exceptionnel, qui s’est montré parfait le jour J et m’a énormément aidé de sa présence
  • Hugo, d’avoir su trouver ce petit quelque chose vers la sortie !
Pauline


Adèle le 3 Février 2017


Par de savants calculs, l’obstétricienne de la maternité avait finalement décidé que le terme était le 30 janvier, 3 jours plus tôt que prévu initialement. La veille de la naissance, un jeudi, ça faisait déjà 4 jours que je faisais des aller-retours à la Mut’ pour un suivi post-terme. Pour dire vrai, je n’avais qu’une trouille c’est qu’ils déclenchent l’accouchement. En soi, je sais bien, ce n’est pas bien grave, Cosma le grand frère était né d’un très bel accouchement déclenché. Mais voilà je ne voulais pas que l’équipe médicale s’en mêle avec leurs tampons et injections. J’usais depuis plusieurs jours de toutes les techniques que je connaissais pour faire venir cet enfant
 : je lui parlais « ça y est, nous sommes prêts, on t’attend ! », buvais de la tisane de sauge et de framboisier, marchais, faisais du toboggan à Flottibulle, câlinais le père plus qu’il n’en rêvait, me faisais piquer d’acupuncture, etc… J’ai fini par correspondre par texto avec ma naturopathe, un peu sorcière !, qui m’a dit (à distance !) que j’avais l’hypophyse bloquée (ah bon !), qu’elle s’en occupait (mais comment ?) et qu’en attendant je devais me masser les seins.
Ce jeudi après-midi-là, j’ai reçu beaucoup de messages, de mes sœurs, de mes copines, de mes proches qui venaient aux nouvelles et j’ai comme senti une énergie nouvelle, différente. J’ai senti que quelque chose se libérait, que je ne serais bientôt plus enceinte.
Dans la nuit, je me suis réveillée à 2 heures du matin, secouée par quelques contractions. Je suis restée au lit, comptant leur régularité. Elles étaient peu intenses mais arrivaient toutes les 7-8 minutes. Une joie immense que j’ai d’abord voulu garder pour moi, aussi parce que j’avais tellement eu de faux débuts de travail ces dernières semaines, que je préférais attendre d’être vraiment sûre. Je suis restée au lit jusqu’à 3h30, somnolente, vérifiant la régularité. Puis je me suis levée, j’ai prévenu Aziz que c’était sûrement pour cette nuit, qu’il pouvait dormir, que je viendrais le chercher quand j’aurais besoin de lui. J’avais la maison pour moi, dans une jolie lumière tamisée, les deux ainés et le père endormis. J’ai d’abord pris un long bain où je me suis appliquée à me faire belle, c’était doux et agréable. Je me suis épilée, coiffée, crémée, j’ai mis ma belle robe de grossesse que je ne porterais plus et qui est si confortable. Les contractions sont devenues de plus en plus intenses, un peu plus espacées aussi, toutes les 10 minutes. Et puis j’ai bu une tisane, j’ai écouté de la musique,
  du flamenco soufi, hypnotique et rythmée et j’ai fait du ballon : des mouvements de l’infini beaucoup, des respirations en visualisant un mouvement descendant, de l’infini vers la terre. Et je sentais ça très fort, l’énergie qui allait du haut vers le bas. Les contractions continuaient de s’intensifier et à 5 heures j’ai eu un immense coup de barre, je me suis allongée sur le canapé et j’ai un peu dormi entre des contractions qui devenaient de véritables déferlantes, puissantes, violentes. A 5h30, j’ai réveillé Aziz, qu’il vienne, qu’il m’aide. Il s’est affairé pour préparer les affaires : rassembler les sacs, préparer les gouters des enfants, s’habiller, bref ce genre de choses et à chaque contractions il me rejoignait et m’aidait à les vivre, respirant, envoyant des sons, me rassurant. Puis il repartait s’affairer, jusqu’à ce que le temps entre chaque contraction soit si court. Tout est ensuite allé très vite : appeler un taxi, allé réveiller le voisin pour qu’il reste avec les ainés (il m’a vu en bête sauvage, à quatre pattes, envoyant des Aaaaa et des Oooo, les yeux dans le vague. On ne se dit plus bonjour pareil maintenant devant l’ascenseur !!). Le trajet jusqu’à la Mut’ fut rapide épargnant de peu les sièges en cuir de la flambante voiture de taxi.
On était bien, on faisait des blagues, on était confiant et détendu. Même si ça devenait urgent d’arriver et même si les contractions étaient très fortes, on était calme. C’était une sensation étrange, calme dans le tourbillon.
En arrivant à la maternité, nous sommes accueilli par une étudiante sage-femme qui suit le protocole à la lettre, nous dit que je suis à dilatation 4 (et je sais que notre enfant va venir très vite maintenant) et qui rate l’installation de la perfusion en m’explosant une veine. Elle part, terriblement gênée.
Je perds les eaux et je sens que tout s’accélère, Aziz continue d’être une aide précieuse à chaque contraction je l’agrippe, je me sens plus forte. C’est l’heure du changement de service, une nouvelle sage-femme arrive et me propose d’aller en salle nature, me mettre dans la baignoire. J’y vais d’un bon pas, me déshabille et j’attends l’eau dans la baignoire. J’ai très envie de m’asperger d’eau chaude, mais il y a un problème, l’eau ne vient pas, ou elle trop brulante ou elle est trop froide, bref, ça ne marche pas et la sage-femme entame des réflexions et des travaux de plomberie, préoccupée par le matériel qui ne marche pas.
Et là je sens que je n’y arriverais plus, je ne trouve pas de bonne position, nue dans cette baignoire vide, je me mets à pleurer. Je reconnais alors le fameux moment de désespérance… le bébé va arriver
 ! je sors de la baignoire, je me suspends et j’annonce que j’ai très envie de pousser. La sage-femme fait alors un geste technique incroyable, elle se jette au sol pour se mettre sous moi, vérifier ma dilatation et « c’est bon, à la prochaine contraction vous pouvez pousser ! » dit-elle, je pousse deux fois, sur l’expire, en bloquant mon diaphragme, et je sens l’enfant qui passe. Et ce qui est fou, c’est que je sens tout, les reliefs de son visage, ses épaules passer dans mon bassin. C’est une sensation étrange que je garde très fort en mémoire. Je suis sur les genoux, à la verticale, l’enfant nait comme cela, comme aspiré par la gravité.
Je m’écroule au sol et on me pose Adèle sur moi, sur mon ventre, pas plus haut… le cordon est trop petit, mais elle est bien costaud, pesant plus de 4kg
 !
Il est 7h40 et ça ne fait même pas une heure que nous sommes à la maternité.
Merci infiniment pour cette préparation et cet accompagnement en yoga
 !
Fanny


Julie le 15 avril 2017


Vendredi 14 Avril se présente comme une journée faste !Je me réveille sereine et en forme. Mon bébé bouge tranquillement comme tous les matins.Le soleil est au RDV. Je prends le temps d'accompagner Rachel à son école puis je range la maison.Je sents le besoin de mettre une touche d' « ordre » avant les vacances de Pâques mais n'y prête pas plus attention que cela.Le midi, je pratique mon dernier cours de Yoga avec Catherine Prime. L'énergie est bonne. Je resssents un mélange agréable de mollesse, lenteur, suspension du temps surtout dans les changements de positions qui me paraissent très longs !Après le yoga, je craque pour un sandwich et surtout deux grosses pâtisseries au chocolat avant d'aller chez la coiffeuse. Nous blaguons sur le fait de perdre les eaux dans leur salon ! Elles ont la frousse, mais « que nenni » leur dis­je, « je sents bien que le bébé ne va pas venir maintenant ! »

En rentrant, je passe à la boulangerie acheter quelques œufs de Pâques pour Rachel. Soit on les cachera ce week end dans l'appartement, soit je les glisserai dans ma valise pour la maternité.
Tout est prêt ! J'ai besoin d'entammer les vacances avec Rachel et Damien dans une totale disponibilité d'esprit, ne pas avoir à me préoccuper de l'aspect matériel pour vivre pleinement ces derniers moments à trois !
Rachel et Damien rentrent de l'école. Ils m'offrent une rose rouge cueillie dans le jardin de l'école. Ce petit geste et l'odeur suave de la rose me font beaucoup de bien.
Nous passons une agréable soirée en famille. Je glisse discrètement à l'oreille de Damien, que« tout est prêt, le bébé peut venir quand il le souhaite. Mais, s'il peut attendre quelques jours, c'est bienvenu pour pouvoir se reposer, n'est­ce pas ?!»Je sents alors un grand sourire dans mon corps. Je le reçois mais ne pense pas à un pré­signe !Le soir avant de me coucher, je parle à mon bébé et masse mon ventre en comptant sur les 5 doigts des mains pour lui proposer de naître dans 5 jours, i­e, mercredi soir, lorsque Marion sera présente à la Mutualité !

Finalement, mon bébé fera signe dans 5 heures mais je ne le sais pas encore !
Je dors d'un sommeil profond, puis vers 4h Rachel m'appelle pour aller aux toillettes. Je l'accompagne, me recouche mais n'arrive pas à retrouver le sommeil.
Puis vers 5h, un mal de reins me fait d'abord penser au bébé qui doit être mal positionné. Je le caresse un peu. La gêne ne passe pas. Je me lève, passe aux toilettes et me dit malicieusement que j'ai du faire trop d'excès de chocolat la veille encore une fois !
Le mal de reins reste présent. Je n'est pas envie de me recoucher ;Je bois un verre d'eau dans la cuisine et me mets à allumer toutes les lumières, salon, bureau et hall d'entrée!!! Inconscienmment, je prends mon ballon et commence à faire des mouvements de l'infini au milieu du salon en me disant que ce ne doit pas être ça, je n'ai pas de contraction... !Cependant, je me rends compte que je fais différents mouvements et étirements désordonnés en me questionnant toujours sur la faisabilité ou non d'un possible accouchement maintenant ...Les premières ondes de contraction arrivent mais je n'y crois pas vraiment.Je parle à mon bébé :« Déciderais­tu de venir maintenant ? »« Ton jour serait­il le 15 avril au petit matin ? »« Ton signe serait Bélier comme moi ? »

J'entends intérieurement le corps médical me prévenir d'un accouchement rapide car mon col est effacé, et qu'il faille aller à la maternité dès la seconde contraction... mais, je ne suis vraiment pas sûre que ce soit cela, enfin peut être...
Bon, avec toutes ces questions qui trottent, il est déjà 5h30. Je décide de prévenir Damien au cas où... Il dort. Doucement je l'appelle et m'assoie à ses côtés.« Damien, je pense que notre bébé veut venir maintenant, mais je ne suis pas sûre ! »

« Tu as des contractions ? »
« Bah oui, mais pas vraiment... » Et là, une onde me traverse le corps et je plonge dans ma vague. J'entends Damien me dire que « Si, c'est ça ! Comment veux tu que je fasses ? »« Eh bien, je vais prendre une douche. Appelle Judith (une amie) pour venir garder Rachel »

Pour moi tout roule ; la chaleur de l'eau me détends et je sents que je plonge de plus en plus profondément dans une énergie du corps, une certaine tranquillité et jouissance de savoir que le moment de la naissance arrive !
Damien me dit que Judith ne répond pas à deux fois. Il a prévenu Rachel et tente d'appeller Marie­France, notre voisine. Elle se prépare et arrive. Soulagement pour nous deux.
Je lui propose de prendre aussi une douche... je sents qu'on a le temps et de toutes façons, le travail a commencé mais je me sents bien.
Je boucle ma valise. Je viens embrasser Rachel et la rassurer :
« Le bébé a fait toc toc. Marie­France sera avec toi et on se reverra tout à l'heure avec le bébé. » Marie­France arrive chez nous. Je la remercie et lui dit de faire comme chez elle.
Nous sommes tous les trois dans le hall d'entrée. Au moment de partir, une 1ère vraie contraction arrive. Je me mets directement à quatre pattes et souffle dans la vague. Je sents que le non­contrôle et la peur pourraient m'envahir mais non, je souffle et j'accueille. La contraction cesse. «Onyva,ondescend!»meditDamien.«Oui!»
On arrive au parking. Damien m'ouvre la portière pour que je m'installe dans la voiture mais je n'est pas envie ! Il part chercher l'autre valise pour le séjour à la maternité.
Pendant ce temps là, très court en réalité mais d'une force indéfinissable pour moi, je sents que je me connecte et reçois les énergies nécessaires à la naissance :
je respire l'air frais du petit matin, j'apprécie la force du calme et la solitude nocturne, la lune lumineuse et les étoiles me sourient. Je prends le temps d'appeler puis d'envoyer un message pour prévenir Marion.
Une seconde contraction débute. Je l'accueille avec mes bras et érige tout mon corps vers la lune. Lorsqu'elle est au maximum, une autre énergie m'attire vers la terre. C'est tout simplement bon et puissant. Je ressents davantage une force ultra puissante que de la douleur. Les contractions sont mes copines maintenant, je le sais et m'entends leur dire !
Damien arrive. On s'installe dans la voiture et il démarre. Ses mots sont tendres et appaisants. Il est 6h10 mais je ne m'en soucis pas vraiment. En route, une autre copine s'amorce mais elle ne semble pas aller jusqu'au bout de son travail... nous arrivons à 6h20. Damien peut se garer presque devant l'entrée de la clinique ! Incroyable !
Je suis bien dans la voiture. Je prends le temps d'écrire un message à Martine et Christine.
C'est Damien qui me propose de ne pas traîner en ouvrant ma portière. Je termine d'écrire le message, cela semble prendre plus de temps que d'ordinaire... puis, en arrivant au passage piéton, une 3è copine arrive ! Je suis à nouveau accroupie, me tiens d'une main au poteau, pose le portable au sol et vois 6h22 lorsque j'envoie le message à Martine et Christine... « les copines sont avec nous ! Nous arrivons à la maternité »
Je ne veux pas prendre l'ascenseur extérieur. N ous montons les marches et nous dirigeons vers l'accueil. Une 4è copine m'accroupie une fois encore, le temps que Damien et le personnel préviennent l'étage de la maternité. Ils me proposent un fauteuil roulant mais je préfère le bras et le soutient de Damien. Nous montons dans l'ascenseur.
Nous sortons. Tout est calme. Dès l'entrée dans le couloir, la terre m'attire. Je me mets à quatre pattes et une envie de pousser m'envahie. Damien court chercher une sage­femme. Lisa arrive.
« Bonjour, je suis Lisa. Comment vous sentez­vous Delphine ? Vous avez envie de pousser là, maintenant ? » «Oui!»
« Est­ce que vous vous sentez de marcher jusqu'à la salle d'accouchement ? »«Oui!»Damien et Lisa me soutiennent avec leurs bras. En nous dirigeant vers la salle d'accouchement, je dis à Lisa « Je pourrais avoir la salle nature ? »« Oui, mais vous êtes sûre ? Vous ne pourrez pas utiliser la baignoire ! »« Ce n'est pas grave, je veux la salle nature ! »Elle est au bout du couloir. Lisa ouvre la porte. (elle me dira plus tard qu'il était 6h37) J'embrasse des yeux les tapis et me jette dessus.Seconde poussée.Lisa me propose de retirer legging et culotte. Je la laisse faire. Elle regarde le col.« Vous êtes totalement dilatée Delphine ! » Cette phrase me donne un regain d'énergie et de joie.« Vous voulez accoucher ici, dans cette position sur le tapis ? »«Ohoui!»Je pousse une troisième fois. Pour être efficace et ne pas me fatiguer, Lisa et Damien me conseillent de pousser en bas plutôt que par la gorge. C'est vrai que je pousse des cris vraiment gutturaux !Leurs encouragements me sont très précieux. Malgré la rapidité de l'évènement, je sents qu'ils ont confiance en moi. Ils apperçoivent déjà la tête du bébé. De mon côté, je l'appelle de toutes mes forces.A la 4è poussée, je sents la poche des eaux se rompre.

A la 5è poussée (6h45), je vois mon bébé en dessous de moi, couché sur le tapis. Je suis au dessus de lui.
C'est magnifique.Il pleure.Je pleure de joie.Il est magnifique. C'est une fille.

Nous l'appellons Julie.
J'embrasse Damien. C'est merveilleux.J'embrasse Julie. Elle est sur moi. Sa chaleur m'envahie. Je l'entends respirer. Elle cherche le sein.Le temps se suspend. Je ressents une plénitude pour nous quatre.

Une fille, une petite sœur, Rachel va être ravie.
Lisa me dit « Vous êtes une championne Delphine. Bravo ! »
Je réponds en regardant Lisa et Damien « C'est Julie la championne ! »
Le 15 Avril 2017 à 6h45

Notre petite fille a glissé jusqu'à la lumière du jour

Bonjour Martine, Bonjour Christine,

J'ai l'immense joie de vous annoncer la venue au monde d'Isée, Anna, Echat.
Notre petite fille a glissé jusqu'à la lumière du jour (quoiqu'il faisait nuit...) samedi 10 octobre à 20h 35.
Apparement elle n'était pas la seule à avoir cette idée là, à ce créneau horaire là puisqu'à Givors je l'ai su après c'était le rush! Mais nous sommes bien tranquillement resté à la maison avec notre sage femme.
Tout à commencé le vendredi soir, le 9 à 23h30. Gaëlle était arrivée à la maison depuis 22h avec sa fille, on avait projeté depuis 1 petit mois ce week end, Gaëlle m'ayant proposé un moment de détente avec un massage. La naissance dans ma tête se ferait pas avant la semaine prochaine, donc c'était bon. On a mangé un petit bout, on s'est restraint en papotage se disant qu'on aurait tout le week end pour cela et qu'il commencait à se faire tard.
Je monte aux toilettes et là... la poche des eaux se rompt sur une contraction (plus fréquentes et plus fortes depuis le dernier week end de Yoga et depuis la dernière scéance d'acu), ca coule abondament, un liquide chaud et clair dont je reconnais rapidement sa douce odeur. Je suis toute interloquée: je n'avais pas du tout prévu ça comme ça! La présence de Gaëlle ne doit pas être un hasard. Je redescend, prévient Gaëlle (qui est ravie!) Habib qui ne voyait pas du tout les choses comme ça non plus (ma belle mère qui devait être là pour s'occuper de l'ainé n'arrivait que Mardi...) ; j'appelle Roselène ma sage-femme qui décide de venir immédiatement, car étant donné la distance (1h30) elle préfère attendre à la maison. J'ai quelques contractions assez régulières mais pas plus fortes, on décide de se coucher en attendant Roselène.
Lorsqu'elle arrive, on écoute le bébé, les contractions sont bien présentes, tendent bien mon utérus, il y a bien quelque chose qui se prépare. On décide de se reposer. Il faut que je précise que la maison est donc bien habitée: Gaëlle et sa fille dorment dans la chambre de Nathaël, Nathaël dans notre chambre, et Roselène sur le canapé, car la chambre qui doit accueillir ma belle mère est en cours de préparation, le canapé lit ikéa que nous avons acheté le jour même est encore dans son emballage... Bref en me couchant je ressents mes contractions avec joie mais je percois bien que j'ai peu d'espace physique pour accoucher, je me dis d'ailleurs qu'attendre le matin serait préférable ; et donc malgrès des contractions régulières, je m'endors. Lorsque je me réveille vers 7h, je n'ai plus de contractions, je ressens un peu de stress, Roselène avait évoqué hier qu'à 12h de rupture de la poche des eaux nous partirions à Givors, lorsque je me rend au toilette, le liquide est légèrement teinté, ces éléments ne m'inquiètent pas vraiment mais je ne vois pas vraiment comment me mettre en travail dans de pareil circonstance. La vie dans la maison s'éveille, nous déjeunons tous ensemble, Gaëlle et Roselène font connaissance et ont mille choses à échanger. Nous n'avons encore rien décidé pour la suite, j'essaie de trouver un monitoring auprès de ma remplacante et de ma collaboratrice (Roselène n'a pu en récupérer un à son cabinet). En attendant les réponses de mes collègues, Abib s'affaire à ce que tout le monde ne manque de rien et moi je décide d'aller faire du yoga pour me recentrer, et il y en a besoin... Je m'enracine, m'ouvre à l'infini, parle à mon bébé dont je percois la présence. Entre temps Abib a eu ma remplacante, elle amène à la maison le monito, et on en fait un autour d'une tasse de thé. Il est parfait, il y a même pas mal de contractions que je ressens régulières et plus fortes depuis ma séance de yoga, jusqu'à ce qu'on est une conversation avec Roselène et Sophie sur une situation professionnelle et la justice que je traverse actuellement, à partir de là... plus rien. Pfff... Devant le monito parfait Roselène me donne feu vert jusqu'à au moins ce soir 23h30 pour rester à la maison, je prend de la pénicilline à partir de 12h.
Nous décidons d'aller faire un tour en ville avec les enfants pour acheter l'antibiotique et leur montrer le cabinet. Je sens que de m'activer me fait du bien et ca contracte un peu plus. Ca fait bizarre à la fois d'être dans mon quotidien, de croiser mes voisins tout en me disant que mon bébé sera bientôt là... J'ai du mal à me dire que je vais accoucher... Gaëlle m'invite à me connecter à cette simplicité que les femmes du monde entier vivent, elles accouchent dans leur environnement. Cette réflexion m'aide.
Au cabinet je retrouve de la teinture mère de Caulophylum (ca donne des contractions), je prends ca en plus d'huiles essentielles, de l'homéo, des tisanes, bref je pend TOUT ce que je peux pour en avoir. Et je recommence à en ressentir des bien régulières, plus fortes, chouettes, nous mangeons le repas qu'habib nous a concocté pendant la ballade, je suis confiante, ca contracte!! on décide de prendre un temps de calme pour que Nathael dorme un peu, Roselène et Habib aussi, Gaëlle me propose de me masser. Chouette! On s'installe au soleil dans le salon baigné de lumière, la fille de Gaëlle est avec nous. Gaëlle commence c'est super de pouvoir être bichonnée comme ça! Mais les contractions cessent pendant le massage... pfff... on a pourtant doublé les doses de teinture mère, massé les bout de seins énergiquement, mais rien à fait... Nathaël ne s'est pas endormi et à même rapidement réveillé et agaçé ce qui essayé de faire la sieste. Bon l'agitation dans la maison est bien palpable.
Roselène et moi nous isolons pour refaire le point et décider de la suite à donner. Elle m'examine: mon col est à juste juste 2 doigts, court. Super cela veut dire que s'il est nécessaire de me déclencher on le fera avec la perf et pas avant demain matin. J'ai donc jusqu'à demain 8h pour me mettre en travail. Et à partir de cela tout se met en place: Gaëlle décide de repartir, Nathaël va dormir cette nuit chez la voisine, mes parents pourront être là demain vers 10h pour s'en occuper. A partir de là j'ai envie de passer un moment avec Habib, d'aller marcher. Il n'y a qu'une ballade qui m'attire: le gouffre de l'enfer (cf photo). Oui je sais comme ça ça parait un peu machiavélique mais c'est un endroit avec une énergie toute particulière: on commence par monter une gorge puis on se rtrouve sous un grand barrage, on monte pas mal d'escalier et puis quand on arrive en haut tout s'ouvre et s'éclaire, et puis on redescend par la fôret. Je déguste chaque moment de ce temps avec abib, je suis contente d'être avec lui et de nous offrir cet ballade à l'aube de la naissance de notre bébé. Dans la voiture je recommence à avoir des contractions régulières et puis nous commencons à marcher. Je sens toutes les tensions de mon corps se dissiper, j'ai l'impression de prendre un bain d'énergie, que tout s'harmonise à l'intérieur de moi: mon mental se calme, mon coeur s'ouvre et mes pieds se fondent dans la terre. A partir de là je lâche et j'accueille chaque contraction en étant présente à chaque sensation: je sens très bien le bas de mon utérus avec la tension qui se fait sur le segment inférieur et le col, lorsque la contraction passe je visualise de la lumière à cet endroit, je fais le mouvement de l'infini sur le col avec l'intention de l'assouplir. Au pied de l'escalier abib n'est pas très chaud à l'idée que je monte toutes ces marches, mais moi je me sens confiante, j'ai envie d'aller tout en haut pour goûter à cette autre énergie. Au fur et à mesure de la ballade les contractions se font plus fortes, je m'arrête, pratique la respiration de la vague, je prend appui avec mon front sur l'épaule d'abib. Et entre les contractions j'apprécie l'air frais que je respire, les rochers, les couleurs de l'autonme dans les arbres, la hauteur des sapins qui nous surplombent. Sur la fin de la ballade, je me dis: voilà j'ai fais ce que j'avais à faire, maintenant soit ca continue soit ca s'arrête. Si ca s'arrête je referais une séance de Yoga avant de dormir et si rien d'ici demain matin, direction Givors.

Je m'installe dans la voiture, plus aucune douleur pendant plusieurs minutes. Je recois un message de mes parents pour l'organisation, je m'apprête à rappeler mais une contraction d'une grande intensité me fait lâcher le téléphone, je m'agrippe à ce que je peux et me retient de ne pas jurer (ce que je ferais très prochainement!). Je suis scotchée par l'intensité, ce doit être la voiture... je me dépèche de rappeler mes parents avant la prochaine, je finis la conversation en envoyant ballader ma mère (qui part dans mille considérations!) car une autre vague vient me submerger...
j'ai hâte d'arriver car je ne gère rien du tout dans la voiture.
En arrivant je rentre vite à la maison, dès le premier escalier une contraction vient m'arréter, là je ne crois plus qu'il s'agisse de la voiture je suis en travail, Roselène comprend immédiatement et commence à s'affairer. Je monte dans notre chambre, m'agrippe au ballon et essaye tant bien que mal à traverser chaque vague. Honnètement l'intensité est telle que je n'arrive rien à mettre en place, je fais des sons mais leur seule utilité est un support pour aller du début à la fin de la contraction, j'essaie bien d'envoyer la vibration quelque part mais je n'arrive pas à en tirer un effet vibratoire pour venir m'intérioriser. Les contractions se succèdent et sont proches, je garde un petit résidu de douleurs qui ne disparait que 5 à 10 secondes ne me permettant pas de me relâcher entre chacune. Heureusement ce ne sera pas très long (mais combien de temps je ne saurais pas dire non plus!!)et je sens ensuite que je suis en fin de dilatation car c'est à nouveau gérable, elles sont moins intenses et je bénificie d'une vraie pause. Petit détail non négligeable, Abib se tenait assis devant moi sur le ballon et à chaque contraction je m'accrochais à sa taille pour m'étirer. A un moment il a du s'absenter pour gérer un truc pour Nathaël, c'est Roselène qui a pris sa place. Au départ je croyais qu'il allait me manquer mais en fait la présence très maternante et féminine de Roselène m'a été très importante, j'ai sentie comme j'ai pu plonger complètement dans ma bulle à ce moment là alors qu'auparavant malgrès la puissance de ce qui se passait en moi entre les contractions je sentais que j'étais encore alerte à ce qui se passait autour de moi. J'ai pris conscience que "ce gros calin" que j'ai reçu de Roselène à ce moment là, était quelque chose qui m'avait manqué pour la naissance de mon ainé.
Roselène et Abib ont fait coulé un bain à ma demande dans l'espoir que l'intensité qui persistait entre les contractions s'annule ; le temps que la baignoire se remplisse j'étais plus dans la descente du bébé, je commencais à avoir envie d'aller à la selle, mais bizarrement pour moi je ne sentais pas que c'étais le bébé qui avancait, quand j'ai dis ca à Roselène, elle a sourit, elle m'a dit que si c'était bien lui; c'était un moment un peu curieux, tout portait à croire que mon bébé descendait mais moi je ne sentais rien de cela à part une banale envie d'aller à la selle, franchement j'y croyais pas du tout. Roselène devant mes doutes me proposa de sentir la tête, en tant que sage-femme je me serais réjouie mais là franchement je la trouvais super loin encore!! Roselène mis sa main sur mon périnée (j'étais toujours à 4 pattes accrochée à la taille d'abib ) me proposant de venir respirer là pour pousser mon bébé, cela m'a beaucoup aidé car j'étais un peu perdue. A chaque contraction je guettais des sensations dans mon bassin et très spontanément je murmurais un "oui" à chaque contraction comme ce grand oui à la vie que l'on a vu pendant les stages. C'est devenu plus concret, je sentais la tête de mon bébé appuyer sur le sacrum, mais j'étais toujours à douter. Roselène me proposa de me retourner accroupie pour pousser en m'enroulant autour de mon bassin, j'acceptais mais sans grande conviction... j'essayer plusieurs fois mais je n'avais pas l'impression qu'il se passait grand chose. J'avais plutôt l'impression de pousser contre une porte qui ne voulait pas s'ouvrir. J'étais un peu desespérée à ce moment là, le sentiment de ne pas y arriver. Roselène me proposa de me mettre dans une autre position ce que j'accepta vivement, je me tournais sur la gauche, toujours accrochée à la taille d'abib et la jambe droite posée sur le bord de la baignoire. A la contraction suivante j'ai sentie la tête d'Isée descendre d'un seule coup sur l'arrière du périnée et tout se débloquer, je sentais le besoin de m'étirer en même temps que je poussais. Petit hic, mon bassin sortait de l'eau, rentrait dans l'eau, sortait, rentrait. Je ne pouvais pas continuer comme cela, soit je restais immergée, soit je devais sortir ( et ça cela relevait de l'impossible pour moi à ce moment là) je suivis donc les conseils de Roselène et me remis accroupie mais cette fois ci face à elle, l'axe des hanches dans la longueur de la baignoire. Je n'ai pas trouvé cela idéal (mais aurais-je trouvé quelque chose d'idéal face à cette intensité de l'étirement de cette dernière porte!) et Isée continua de glisser étirant l'avant et l'arrière du périnée, avec cette envie irrépressible de la pousser et à la fois cette intensité qui se fait de plus en plus forte! Roselène me demanda entre 2 contractions de ne pas pousser, et cela me paru impossible (et pourtant je l'ai demandé combien de fois à mes patientes??) Avec un peu de recul j'ai trouvé que tout se faisait tout seul, fallait juste accepter d'ouvrir...
Puis la tête sortie, les épaules suivèrent rapidement et tout son petit corps glissa hors de moi avec cet étonnant calme qui suis une telle intensité. Isée blottie dans mes bras pleura un peu. Quand j'ai vu sa petite trogne j'étais sûre qu'il s'agissait d'une fille et qu'on la nommerait Isée (bon après on en a débattu pendant 3 jours...) Elle se calma assez vite, on sortit du bain et on est allé s'installer dans le lit, elle a attrapé le seins avec beaucoup de facilité. 20H35! Soit 1h 50 et des brouettes après la 1ère contraction de la voiture... 3100g
Son frère n'étant pas encore couché, son père est allé le chercher et il a pu découvrir sa petite soeur avant d'aller faire dodo.
1 petit point sur le périnée pour la forme, la délivrance qui porte très bien son nom, et puis dans la douceur du foyer, on enroula Isée dans un drap de soie, et on est allé mangé un bout avant que Roselène reprenne la route et nous le chemin du lit, à trois!


La naissance de notre petite fille Garance

Bonjour Martine!

je voulais donc t'annoncer la naissance de notre petite fille Garance née le 7 novembre avec presque 2 jours de plus dans le ventre de maman... elle avait bien raison de jouer les prolongations!!
et comme je sais que tu es très friande de récit, voici donc le mien :
La veille,le vendredi (dernier jour de travail de son papa, soit l'approche d'un beau week end...), mon corps me donne des sensations de fin : comme si j'allais avoir mes règles, pesanteur dans le bassin, jambes lourdes et surtout envie de ne voir personne...
le soir les sensations se font plus fortes mais non douloureuses et je suis sûre que ça sera cette nuit ou du moins dans les prochaines 24 heures.
mes enfants s'endorment en sachant qu'il est fort probable que nous allons les réveiller pour aller finir la nuit chez papi,mamie....tu aurais vu leurs visages émerveillés....
et c'est à notre tour de nous coucher de bonne heure car la nuit va être intense....
vers 23h, Diane (2 ans) se réveille, maman?? ouf maman toujours là, et moi bien endormie je réussis à me rendormir avec quand même une certaine excitation car je commence à ressentir qq contractions mais que j'oublie en m'endormant...
1H09!! mes yeux se posent (pour la dernière fois) sur le réveil, une forte contraction me fait sortir de mon sommeil, je me lève,passe aux toilettes, regarde par la fenêtre cette belle nuit étoilée et je sens que je ne peux plus me recoucher....
quelques contractions plus tard, je réveille Jean Guillaume (pour qu'il est le temps de bien se réveiller car je sens que je vais avoir besoin de lui très vite ....)
il m'amène le ballon, des compresses chaudes, et mes contractions s'intensifient de plus en plus, le murmure commence à se faire entendre dans toute la maison.
Jean Gui appelle mes parents pour venir chercher les enfants, 30 minutes plus tard ils sont arrivés, les enfants sont réveillés et très heureux (malgré encore le sommeil) à l'idée que leur petite soeur va bientôt arriver. Ils entendent les murmures plus forts de leur maman et partent sereins avec mes parents.
je me retrouve seule avec Jean Gui, et là les contractions passent à une autre étape, le murmure n'est plus possible, le son om est plus efficace et très puissant...
mon esprit est localisé sur le col et le tunnel pour diriger ma fille vers la sortie, et je sens la dilatation du col très rapide....si rapide que ce moment de grand désespoir arrive très vite....je n'ai plus de forces, jamais je n'y arriverais (Jean Gui, à l'écoute de ces paroles, m'a dit après qu'il était ravi d'entendre ça, c'est que la fin était proche)
entre temps il appelle Lya, notre sage-femme (et la future formée au yoga maternité....et oui elle est là parmi vous aux stages d'évian) pour peut-être venir à temps....
ce qui m'est assez désagréable c'est cette sensation de faiblesse dans les jambes, Jean Gui me masse beaucoup et ça me fait du bien, je suis toujours à 4 pattes, les bras posés sur le ballon et je chante (fort!!!!). mais quelle puissance ce son, je suis emporté et je voudrais qu'il ne s'arrête jamais, il me soulage, m'emporte, m'évade au delà de mon corps, vraiment quelle puissance!!
puis ce son s'efface et là cette envie de pousser jaillit....vraiment ma fille arrive!! les contractions ne me font plus mal, mon esprit est bien dirigé vers le tunnel que je détends et ouvre au maximum... Lya arrive, juste sa présence silencieuse m'apporte beaucoup, une vraie sage-femme pour moi avec beaucoup de respect et de confiance!
Je suis en train de pousser, je sens sa tête sous mes mains et je la laisse trouver son chemin tout en continuant à pousser quand j'en ressens le besoin.
je sens sa tête qui est sortie,petite pause avant de nouveau une autre contraction/poussée qui accompagne le reste de son corps.
il est 2h50, il fait nuit, nous sommes dans la pénombre, et j'accueille ma petite fille Garance à la vie dans mes bras!!! quelle joie, quelle bonheur et surtout quelle tranquilité!!!
nous savourons ces 1ers instants à jamais gravés dans notre mémoire.
elle est là tout contre mon corps, cherchant déjà à téter...elle a raison en +, ça va aider à la délivrance!!
mon corps se remplit de nouveau d'ocytocines, j'ai froid, très froid, je tremble....il est temps que le placenta sorte, et 2è soulagement!!!!
cette fois c'est bien fini, nous profitons, acceuillons et ressentons cette belle force de la vie, là, entre nos mains.
quelle merveilleuse aventure qu'est de porter un enfant et de le porter à la vie!!
cette naissance a vraiment été très fluide, avec des sensations qui m'étaient déjà familières: rapidité-force et efficacité des contractions et que j'ai pu vivre avec encore plus de sérénité et de joie! un bel accomplissement!
Et puis quel bonheur et que d'Amour de se retrouver tous les 5 très vite! 
Alors un grand merci à toi Martine, ton enseignement, ton énergie et ta confiance à la Vie m'ont de nouveau beaucoup porté pour cette 3è naissance!!
Merci aussi à tout le groupe yoga, cette énergie collective me portait toujours un peu plus chaque week end!
Toutes mes pensées sont portées vers toutes ces mamans, que la Confiance et l'Amour emplissent leurs corps et leurs esprits pour accompagner leur bébé à la vie!! C'est une fabuleuse aventure qui nous transcendent et nous connectent vraiment à la Vie, à l'enfant! N'ayons pas peur de la vivre entièrement et pleinement!
à très bientôt,
je t'embrasse, Sandie

La naissance d'Ariane

A terme (40 semaines) + 10 jours, toujours rien et pas vraiment de signe que ça serait pour bientôt. Dès le 9e jour au delà de la date du terme, j'ai fait une séance d'acupuncture pour essayer de déclencher naturellement, car je voulais éviter l'ocytocine de l’hôpital (accouchement prévu en maison de naissance), et au maximum aussi la potion de ma sage-femme Michèle à l'huile de ricin, qui m'avait quand même l'air rude! Deuxième séance d'acupuncture le lendemain. A terme + 11 jours, on est allé voir ma sage-femme. Je ne sentais toujours pas les contractions, même si le monitoring a montré que j'en avais quand même quelques unes. Dans l'après midi, j'ai réussi à me rendre compte physiquement que j'en avais, mais elles n'étaient vraiment pas douloureuses, et c'était toujours dur de deviner le début et la fin de chaque contraction. Le soir, on a regardé les Bronzés font du Ski pour essayer de libérer de l'ocytocine naturellement... L'idée était qu'on prendrait la potion de ma sage-femme le samedi ou le dimanche, avec un monitoring à l'hôpital le lundi si rien ne se passait... Mais l'hôpital, ce n'était vraiment pas mon truc, et je voulais éviter à tout prix...

A 1h30 du matin le vendredi soir, j'ai perdu les eaux alors que je dormais, et j'ai couru aux toilettes. Dès la, les contractions fortes ont commencé tout d'un coup. J'ai essayé de continuer à dormir/me reposer dans le lit, en faisant des respirations de la vague quand les contractions venaient. Je me suis levée pour faire un thermos de tisane et j'ai alors fait les respirations de la vague debout. J'ai essayé de me recoucher mais ca devenait trop douloureux alors j'ai fait couler un bain. Avant d'aller dans le bain, j'avais mis en marche une app pour compter les contractions (je pouvais du coup les compter dans le noir quand j'essayais encore de dormir! - je n'avais qu'à cliquer start et stop...) Mon ami Olivier lui continuait à dormir... Dans le bain, je me suis mise à chanter pour faire passer la douleur. J'ai fait des aaah surtout, sur tous les tons, et c'était fantastique, et très beau aussi - ça a vraiment beaucoup aidé. J'espère juste que les sons ne sont pas passés par la bouche d'aération!

Je suis sortie du bain mais re-rentrée dedans quand Olivier s'est levé vers 5h. Olivier lui m'a massé sur 2 points du bas du dos à chaque contraction et ça a beaucoup aidé - la douleur diminuait de plus de moitié, et moi je continuais à chanter "aaaah" allongée dans l'eau... Vers 6h15, on a appelé Michèle. Elle est arrivé vers 7h, alors que le marché dans notre rue s'installait. L'idée était qu'elle m'examinerait puis qu'on irait à la maison de naissance de Nyon car la sienne était occupée (elle avait fait un accouchement dans sa maison de naissance le vendredi en fin d'après midi! Manque de pot...). Mais j'étais déjà dilatée de 5 cm quand elle m'a examinée, et à cause de la douleur je ne me voyais pas marcher jusqu'à sa voiture, qui à cause du marché ne pouvait pas être garée juste en bas de chez nous (ni passer 25 minutes en voiture pour aller à Nyon...)! Du coup elle a proposé d'accoucher à la maison. Elle avait tout le matériel avec elle. On a dit oui alors que originellement on avait pensé que le plan B c'était vraiment la maison de naissance de Nyon et pas la maison. Du coup le travail a continué dans la chambre, toujours en chantant, puis de plus en plus en "criant" mais toujours avec les respirations très conscientes. Je crois que j'ai réussi à ne jamais penser à la contraction suivante mais toujours à celle en cours, et ça a aidé à tenir je pense... Je mettais en pratique le discours de Martine sur la douleur.

A 9h, j'étais dilatée à 10 cm et Michèle pensait que je pouvais accoucher d'ici 20-30 minutes. Par contre, le bébé est un peu resté coincé dans le tunnel, et a même reculé. (Elle avait un hématome à la tête et du coup une tête immense quand elle est sortie...) Un temps j'étais à 4 pattes, avec le ballon devant moi pour me reposer entre les contractions, et j'ai fait des 8 pour essayer de faire descendre le bébé. On a changé de position mais rien n'y faisait... Puis Olivier a eu l'idée de pendre une corde d'escalade au crochet qu'on avait installé sur la poutre du plafond au dessus du lit pour mettre le hamac du bébé dans notre chambre, et il y a mis des noeuds pour que je m'accroche. A partir de la, les poussées ont été un peu plus efficaces et le bébé s'est remis à avancer. Je me soulevais sur la corde pendant les contractions (Olivier m'aidait à me soulever puis comptait tout fort pour que j'essaie de pousser le plus longtemps possible - mon esprit de compétition a fait que je voulais aller au delà de 10!). (La douleur qui est restée le plus longtemps est en fait la douleur aux bras!!) La présence d'Olivier était incroyable et au stage de yoga, on avait parlé de ça, mais c'est vraiment quelque chose qui m'a marqué sur le coup. Sans lui et son "investissement", je ne crois pas que j'aurais pu aller jusqu'au bout (vu que j'ai poussé plus ou moins pendant 2 heures, je commençais à fatiguer...) J'avais besoin de le sentir avec moi à 100%, et lui aussi en était très conscient. Je l'avais un peu coaché sur ce que j'attendais de lui, mais je ne pensais pas qu'il pouvait être autant "là" avec moi. L'autre chose c'était la bulle - d’être restée à la maison, je crois que ça m'a aidé à vraiment y rester, car je n'ai eu à penser à rien d'autre que le moment présent. Michèle (et son assistante - elles étaient 2 et ce n'était pas de trop je pense!) était aussi une super coach, je me suis sentie tout du long en confiance et en de bonnes mains... A un moment (11h01!), le bébé est enfin sorti. Et voila! On a Ariane avec nous depuis... Et on est très heureux!! Elle n'a pleuré qu'au bout de 30 minutes, je crois, elle était toute paisible. Et l'est toujours, elle est un bébé très facile. J'ai vraiment l'impression que cette naissance "simple" et belle l'a façonnée pour la vie, en tout cas c'est que j'aime croire.

La naissance de Corentin

Je viens vous annoncer la naissance de Corentin qui est né jeudi 4 juin.

Mardi j'ai perdu le bouchon muqueux. Mercredi matin la sage femme est venue à la maison. elle trouve que le bébé est oblique, il n'est pas bien positionné, il n'a pas la tête en bas, ni sur le col. Le col commence à être ouvert, et je commence à avoir des débuts de contractions. L'après midi j'ai rendez vous pour une échographie
En début d'après midi je me sens plaine d'énergie, et je ne fais pas la sieste, je vais me promener avec ma fille dans la nature. je me sens en confiance. je fais des visualisations...
L'échographie montre que le bébé a la tête en bas, et le dos latéral droit.
le soir je me sens encore pleine d'énergie, disponible . Ma fille Aurore, vient me dire que le bébé est bas, et elle demande d'ailleurs si c'est encore le ventre où il est. elle dit qu'il va bientôt naître. Elle se relève régulièrement pour voir si il est sorti.
je suis excitée, impatiente, j'ai du mal à trouver le sommeil, mon mari aussi. mon mari finit par s'endormir. je dors un peu, les contractions me réveillent.
le lendemain matin, ça n'a pas beaucoup avancé toujours les mêmes contractions. mais à partir du moment où les enfants sont partis à l'école en piedbus, le travail a vraiment commencé, là il n'y avait plus de doute.
Avec mon mari nous sommes d'abord restés un moment tous les deux : on a accueilli ensemble dans l'amour ta venue proche.
plus tard on a appelé la sage femme. elle est vite arrivée. je crois que j'étais dilatée à 4. j'étais encore sur le ballon. les contractions étaient intenses mais avec la respiration de la vague , ou en mettant ma conscience corporelle plus large, il y avait alors du plaisir de l'énergie.
je n'ai pas pu rester sur le ballon et je me suis mise à califourchon sur un coussin soutenue par mon mari et la sage femme me massait le dos. j'étais entre de bonnes mains. je sentais leur présence mais je ne les voyais plus.
pour reposer mes jambes, la sage femme m'a proposé de m'allonger sur le côté. j'ai apprécié les moments de détente entre les contractions en étant allongée. je tenais la main de mon mari.
les sensations sont devenues très vite très intense : c'était la pleine tempête. le bébé appuyait très fortement sur le col presque ouvert mais pas suffisamment. la sage femme appliquait une bouillotte dans mon dos. dès que j'avais soif, j'avais un verre, ou j'avais quelque chose à manger, je ne sais plus d'où ça arrivait.
puis les sensations se sont amplifiées , j'ai senti mon sacrum brûler , s'écarter , s'écarteler. ( il s'est avéré que Corentin avait une grosse tête et aussi elle n'était pas dans l'axe)
j'ai essayé de me remettre accroupi : la poche des eaux a rompu, mais à la fin d'une contraction je me sentais mal : je tremblais, j'étais épuisée, découragée.
je me suis remise allongée sur le côté et les contractions étaient assez espacées : toutes les 10 minutes, la tête du bébé progressée lentement. entre les contractions , je savourais le repos et la recharge en énergie. Pendant les contractions je sentais la tête du bébé, je pouvais dire où il en était : rectum, puis je l'ai senti appuyer écraser le coccyx. Les sensations étaient fortes, mais je n'ai pas eu peur car je savais d'où venaient ces sensations. j'ai eu de la fatigue, du découragement. La sage femme et mon mari m'ont aidé . et aussi je me suis souvenue que ce n'est pas moi qui mets au monde mon enfant mais la force de la vie. ce qui a été dur aussi c'est de dépasser dans la poussée cette sensation d'écrasement du coccyx. c'est à dire de se dépasser, de pousser au delà de ça et d'accompagner cette enfant.
j'ai fini par me remettre accroupi : je sentais la tête avancée , et le périnée brûlait. je l'ai accompagné. La tête est sortie, ma vulve brûlait . j'ai attrapé mon enfant.
je n'ai pas eu de déchirure.
Corentin est né la tête tournée vers le côté, avec un diamètre de tête un peu plus gros que la moyenne.


merci à vous toutes pour ces moment de partage de yoga qui resteront dans mon coeur.
beau week end de yoga .

TEMPS DE REPOS

J’ai fait plusieurs jours de « faux travail » deux semaines avant mon accouchement, nous venions de déménager récemment (eh oui, encore un déménagement, décidément nous sommes beaucoup dans le stage de yoga 2014 à avoir déménagé étant enceinte). Je suis allée voir mon osthéo, le faux travail s’était calmé mais m’avait laissé un début de sciatique.
« Se serait bien que ce bébé reste jusqu’au terme si j’ai bien compris ? Car tu ne te sens pas encore prête c’est ça ? » Oui effectivement, je ne me sentais pas prête, je voulais que notre appartement soit au mieux pour l’accouchement, mais surtout je sentais que ce n’était pas le bon moment. Elle m’a soulagé du poids du bébé trop sur la droite, remonté un peu et surtout on lui a bien dit de rester encore au chaud.

Mon terme était prévu pour le 22 septembre. La veille nous sommes allés nous promener en montagne, quand je suis rentré à la maison, je me sentais...en préparation. Toute la soirée je sentais la présence de ma sage-femme à mes côtés. Je n’arrivais pas à me poser, j’ai demandé à mon homme Benjamin de me masser, il est minuit passé, je contracte un peu. À une heure du matin première contraction vraiment intense, nous sommes maintenant le 22 septembre, pour du timing c’est du timing !

Je suis totalement rentrée dans l’accouchement dès les premières contractions, il n’y avait aucun doute. J’ai voulu me mettre sur le ballon, impossible je ne supportais pas la position, je suis resté dans la chambre tranquillement, changeant les positions pour voir, en laissant monter l’intensité. Benjamin m’observe, au bout de quelques contractions je lui donne le feu vert, il peut aller tout préparer, c’est le moment. J’avais l’intention de passer dans notre salon mais je suis resté un grand moment dans le couloir, être debout, m’accrocher aux meubles en bougeant mon bassin, je commençais à trouver mon rythme, mais je voyais que je ne trouvais pas la bonne façon de gérer correctement la contraction, qui était très intense, longue et efficace. J’arrive à partir du couloir en faisant une halte dans la cuisine, j’entends Benjamin qui s’affaire, il pousse les meubles, pose le futon, met des draps, gonfle la piscine, qui est percée, mais à cet instant je m’en moque, je ne sais plus comment, je suis à quatre pattes sur le futon et j’accompagne les contractions d’un « oh » très grave, long et saccadé au rythme de l’intensité. Benji a apparemment trouvé une solution pour la piscine (un chewing-gum mâché pour boucher le trou, créatif !). Je suis accroupie vers le canapé, en m’accrochant aux accoudoirs, il vient me voir, me touche le dos, le sacrum, on ne se dit rien, c’est même la première fois depuis la première contraction qu’il me touche mais on se sent connectés, lui sait que je gère, moi je sais qu’il s’affaire pour moi et le bébé et qu’il gère totalement notre confort et notre sécurité. C’est très harmonieux. Je le vois partir loin dans le couloir, il est allé discrètement appeler sa soeur pour qu’elle vienne chercher nos deux premières filles (qui dorment) ainsi que la sage-femme, à 3h du matin, qui ne dormait pas car elle était sûre que le travail avait commencé ce soir pour nous. Benjamin avait senti la modification de mon sacrum, il l’indique à notre sage-femme.

Je suis retournée sur le futon, à quatre pattes m’appuyant sur le rebord de la table basse. Je sens que ma fille fait son chemin, je sens que je gère les contractions avec mes « oh » que s’est efficace, mais je n’ai pas envie de la gérer, j’ai envie d’entrer réellement dedans mais je ne trouve pas la bonne position selon moi pour le faire. J’ai l’impression d’être présente, mais sérieusement j’étais déjà très loin… Ma sage-femme Marion arrive, elle sent bon et ses habits sont très doux. Elle vient vers moi, me prend dans les bras pour accompagner une contraction, très calmement, en me disant « c’est bien, laisse-la t’envahir, accompagne-la jusqu’au bout » et là TILT pour moi ! Je me suis souvenu, comme un flash, Martine qui nous disait dans ses cours de yoga maternité quelque chose comme ça « les femmes se concentrent sur la contraction, se focalisent dessus, mais quand on se focalise sur les temps entre les contractions pour bien récupérer cela change tout ». Et c’est ce que je fis, je me concentre sur ces temps, je récupère un maximum, je suis totalement dans ma bulle, je ne vois plus les contractions comme au début du travail, je les accompagne, les traverse, toujours avec mes sons. Je les sens arriver, je me laisse totalement envahir, maintenant je connais leurs mouvements. Une ambiguïté apparait cependant, il y a de la douleur, mais qui ne me fait pas souffrir : au contraire ! Et je sais que ma fille ne souffre pas non plus, elle avance, millimètre par millimètre, je ressens une confiance infinie.

On me demande si je veux aller dans l’eau, je suis incapable de prendre une décision, ou de parler, on doit me reposer plusieurs fois la question, je finis par dire oui de la tête. Je passe dans la piscine, accroupie contre le bord. L’eau est chaude, cela fait beaucoup de bien. Je n’ai toujours pas rompu la poche des eaux, mais je sens que je suis avancée dans le travail. À ce moment dans ma tête souvent je me dis que j’ai mal, mais c’est une pensée éclair car chaque contraction est plus intense et je sens très clairement la progression de ma fille, et quand la contraction finit je me mets en totale récupération. Benjamin est auprès de moi, me masse le sacrum, enfin une minute car je lui éjecte la main, ça me fait trop mal ! La deuxième sage-femme (en stage) est arrivée, elle me demande si elle peut approcher, je me blottis dans ses bras, d’ailleurs j’ai dû lui briser le cou tellement je la serrais fort. Marion essaie de communiquer avec moi… Il faut partir à l’hôpital, le travail est avancé, on est censé aller en plateau technique, pour moi cela me paraît juste impossible, je suis bien là, dans l’eau chaude, dans ma maison. Elle m’habille, m’aide à me déplacer jusqu’à la monter d’escalier, il me semble que je répète « je ne vais pas y arriver » et le temps de faire tout cela j’ai dû avoir trois ou quatre contractions, et là dans les escaliers, la poche des eaux se fissure doucement, je dis en boucle que je sens le bébé pousser. Ma sage-femme voit très clairement que je n’ai pas envie d’y aller, on retourne dans la piscine.

Très peu de temps après je commence à pousser, je sens exactement où est mon enfant, je sens qu’elle va bien, mais je sens aussi que je commence à fatiguer. Mes temps de récupération sont très court, je suis essoufflée, et très clairement l’intensité est telle qu’elle m’inonde totalement. J’ai l’impression de perdre pied. Mes « oh »ne peuvent pas être plus forts, un mélange de vibration, et de grognement. Mes sages-femmes me parlent, j’entends en décalé je crois, et de très loin, je leur réponds dans ma tête mais suis complètement incapable de parler. Je vois que Marion commence à m’ausculter en regardant sa montre, je reviens un peu dans le temps réel et me rend compte que ça fait un moment que je pousse, j’essaie de savoir comment est mon bébé. J’ai une position très bizarre, je suis accroupie dans l’eau mais avec une jambe écartée lors de la contraction, qui me fait avoir des crampes énormes qui me font souffrir! Dans ma tête je me dis : « je suis « à l’ouest » pourquoi je reste comme ça ?! » c’est comme si je m’observais faire quelque chose sans me rendre compte que je suis dans l’observation. Je dois laisser venir la contraction mais en gérant la crampe qui vient aussi. Je m’inquiète : maintenant il faut qu’elle sorte. Alors j’y ai mis toute ma force, toute ma rage et je disais à ma fille que c’était le moment. Je sais plus du tout ce que j’ai dit, « j’ai mal, je n’en peux plus.. » ou quelque chose comme ça, avec du recul j’étais en pleine phase de désespérance. Marion m’a proposé de me mettre sur le dos (je flottais dans l’eau), Benjamin l’aide à me retourner et j’ai crié (la peur m’a fait crier, j’avais l’impression que ma chair allait craquer, d’un coup, c’était si fin !) Benjamin m’a dit « elle est là puce, elle est là » quel soulagement ! Elle a le cordon en bretelle, comme mes deux premières, du coup ça ne m’étonne même pas. Elle est coincée aux épaules, je l’accompagne, de tout mon coeur, de toute ma volonté jusqu’à ce qu’elle naisse, en buvant un peu la tasse au passage dans la piscine.
Cette sensation, son passage je n’oublierai jamais, comme une libération. Je me répétais « elle est sortie, ça fait du bien, elle va bien » et dans ma tête, je me disais « je comprends le mot intensité maintenant ! » et surtout « eh ben je ne suis pas prête de recommencer !!!! » Bien évidemment je ne pense plus la même chose, la magie des hormones sans aucun doute. Agathe n’a pas pleuré, elle nous a observés, grands yeux ouverts, calme. C’était juste magique cette rencontre, un instant suspendu dans le temps, une pause, et une pièce remplit d’amour. Je me souviens très clairement de ces instants, sa peau, son regard, son odeur, tout.

Marion nous laisse comme ça un moment puis on me sort de la piscine, on m’installe sur le futon, toujours en lien avec ma fille par le cordon. On attendra la fin de son battement pour le couper. Vient le temps de la délivrance, je ne m’en souviens même pas, je me souviens juste de Marion qui vérifie mon placenta consciencieusement, aucun problème, et de la sensation : la délivrance, ça y est, je sentais que l’accouchement était fini. Ah si je me souviens de cette impression, j’avais la sensation d’avoir été déchiré, mais pas du tout, même pas un point. Une fois l’accouchement complètement terminé, je vois venir ma belle-soeur, qui en fait n’avait pas pu partir puisque je suis revenu dans l’appartement, je ne l’avais même pas vu y entrer ! Elle a assisté à l’accouchement dans la pièce à côté, une expérience très forte qui nous unit, et Agathe est toujours très calme avec sa tata, comme avec nous. Puis mes deux filles sont venues. Ma belle-soeur pleure, de joie, d’émotions, mes filles sont admiratives, elles ne décrochent pas du bébé. « Maman a fait son bébé dans le salon ! » c’est ce qu’a partagé ma grande à toute sa classe le matin même dans le « quoi de neuf ? » du jour.

J’ai mis au monde ma fille chez moi, alors que l’idée me faisait peur pendant la grossesse, j’ai fait des sons, j’ai grogné et ragé, j’ai même crié, alors que je n’ose même pas faire « ohm » fort dans les week-ends de yoga . Mais j’étais tellement bien préparé avec Benjamin, on était aussi parfaitement entourés, je savais ce que je faisais et j’étais très confiante : le 22 septembre j’étais prête !

Quelques heures après l’accouchement j’étais sur pied, ça me change de mes expériences à l’hôpital ! Et je suis en forme ! Ma sage-femme vient me voir très souvent dans les jours et les semaines qui suivent. C’était son premier accouchement à domicile, cette expérience est gravée pour nous deux, c’est sûr !
Notre Agathe est un amour de bébé, calme, sereine, le lien qui nous unit est très fort.

Naître en Yoga 2014/15

Basile le 1 août 2014


Je ne sais pas vraiment pourquoi nous nous étions persuadés que notre fils arriverait au moins deux semaines avant le terme normalement prévu le 3 août, jour de la fête de ma mère. Aussi, dès le 10 juillet, nous étions prêts. Le 14 juillet, on regarde le feux d'artifice. Rien, toujours rien. On commence à se dire qu'il arrivera peut-être à terme et nous passons nos journées à la piscine grenobloise de Jean Bron. Dès que j'ai trop chaud je nage, dés que je suis à bonne température je retourne lire à l'ombre. Nous allons aussi au cinéma lorsqu'il pleut. Un jour nous avons même vu trois films dans la même journée. On est aussi allé marcher en montagne. Rien. Toujours rien. On profite de ce temps calme pour nous. On est bien, au calme. On pratique un peu de yoga chaque jour.
Le 30 juillet, nous décidons de composer une playlist de musiques pour l'accouchement. Ce n'était pas vraiment une nécessité mais un petit plus qui nous faisait plaisir. Nous y passons la journée. Et le soir, je me retrouve avec une playlist « naissance » sur mon iphone : soit 4 heures de musiques que nous présupposons adéquates pour un accouchement. Mais qu'en savons-nous vraiment ?Certaines sont lancinantes, d'autres faites pour être chantées ou dansées. On se couche en se demandant si tout ça servira vraiment mais quand même satisfaits de la tâche accomplie. Et ce bébé quand viendra t-il ? La tension monte.
Durant la nuit, je suis réveillée par ce que je pense être un gaz de ma part. Celui-ci est suivi d'un peu d'un petit écoulement. Je me dis « Ma pauvre fille ! C'est la fin des haricots ! Tu pètes la nuit ! ». Aussitôt pensé, je me reprends et me réveille : « Mais qu'est ce que c'est que cette histoire ? Et si j'étais en train de perdre les eaux ? Ce serait tout à fait mon genre d'être en train de les perdre et de me raconter une sombre histoire de pets ». Tout en rigolant de moi même, je me lève pleine d'entrain et après une petite douche, bien mieux réveillée, je peux affirmer que je perds doucement les eaux. Pas de doute. J'annonce donc la bonne nouvelle à Olivier et nous partons dans l'instant pour la maternité. La valise – vous l'aurez compris – nous attendait déjà depuis plus de quinze jours.
Il est 5 heures du matin, nous traversons la ville dans le calme. Nous nous rendons à pied à la maternité. Je respire l'air frais, je regarde le jour qui se lève, on voit passer des chats sauvages, on n'est pas pressé, on découvre des jardins que nous n'avions jamais vus.
Arrivés à la maternité, les choses se gâtent. Nous sommes coincés dans l’ascenseur. Effectivement pour je ne sais quelle obscure raison je me trompe d'ascenseur – celui-ci est hors service la nuit. Mais le problème n'est pas tant d'être coincés dedans que d'entendre la personne au bout de l'interphone de secours nous répondre pour toute aide « Mais sortez de l'ascenseur, voyons, sortez » alors que nous sommes bel et bien enfermés dedans. Je me dis « Ceci n'arrive qu'à moi » et ça me fait bien rire. Ca m'aide à rester calme. Enfin, une sage-femme entend les tambourinements d'Olivier sur la porte de l'ascenseur et nous libère. Elle est si charmante et atterrée de notre situation que nous n'en retenons que le comique.
Tout de suite après cet incident, je suis examinée à l'aide d'un monitoring. Je profite de ce temps pour faire une séance de relaxation complète de mon corps. Ceci fait, on nous donne une chambre. Comme les contractions sont très espacées et douces, je prends mon temps pour installer nos affaires et celles de notre fils. On a dû mal à réaliser que bientôt il sera là dans le couffin qui l'attend. La chambre est tout à fait agréable, l'endroit idéal pour perdre les eaux intensément. Car maintenant, cela coule à flots. Mais, cela ne nous inquiète pas, on peut même dire que cela nous plait bien... Après tant de journées à la piscine, cela me paraît tout naturel.
On passe la matinée à danser sur des musiques de notre fameuse et toute récente playlist. Nous choisissons les musiques les plus rythmées, les plus entrainantes. Nous dansons le signe de l'infini, nous chantons.
A chaque fois que je dois être examinée on en profite pour faire des respirations diverses et variées (abdominales, de la vague, sur l'utérus, du col...). Nous chantons aussi beaucoup pendant ces monitorings et nous émettons pas mal de sons et de murmures.
Lorsque midi arrive, j'ai faim et les femmes du service ne me donnent pas à manger. C'est seulement à 3 heures de l'après-midi que la situation se débloque et j'ai enfin un plateau repas. Ce n'est pas bon mais je mange avec plaisir.
A 4 heures, une sage-femme – déjà la troisième que nous voyons – nous propose de quitter la maternité pour une petite promenade. Elle nous donne deux heures. Nous sommes absolument ravis de cette perspective et nous sortons le sourire aux lèvres. Il fait beau et nous allons de jardins en jardins. Nos pas nous mènent jusqu'à la biocoop du quartier. Nous entrons et faisons quelques courses pour apporter une touche de douceur et de gourmandise aux repas de la maternité.
Arrivés à la caisse, nous rencontrons une amie avec sa fille de deux mois. Elle n'en revient pas de nous voir ici – moi, avec mes contractions et mon eau qui se fait la malle ; nous, joyeux et exfiltrés de la maternité. Nous profitons pleinement de cet événement en allant boire un verre ensemble. Son compagnon nous rejoint. Nous nous retrouvons donc tous les quatre en terrasse avec nos deux enfants – le leur de deux mois et le notre bientôt né. Je prends une limonade, j'en rêvais et il n'en restait qu'une. Nous trinquons. J'ai des contractions toutes les 8 minutes. Je me sens bien. Nous rions beaucoup. On essaie de deviner quel sera le visage de notre fils. On profite du soleil. Les serveurs pensent qu'on se moque d'eux quand on leur dit que je suis en train d'accoucher et que la maternité m'a donné une permission de sortie. Je les comprends, c'est irréel.
Lorsque nous rentrons à la maternité, mon pantalon absolument trempé, nous avons une heure de retard. Dans la chambre nous trouvons un gentil petit mot de la sage-femme nous annonçant qu'elle a de bonnes nouvelles pour nous. Elle nous donne rendez-vous devant les salles d'accouchement. Nous nous y rendons le cœur léger, un peu coupables toutefois d'avoir prolongé la ballade-récré d'une heure de plus. C'est alors que nous croisons le sosie de Louis de Funès sur un brancard. C'est définitivement une journée extraordinaire. Il n'est pas mort !
Dans la foulée, la bonne nouvelle de la sage-femme me paraît excellente : elle a plaidé en notre faveur - on ne déclenche pas médicalement l'accouchement tout de suite, on nous laisse plus de temps. Par contre, j'ai le droit à une séance d'acuponcture pour favoriser l'ouverture du col. Je prends toutes ces nouvelles comme une véritable chance et je me retrouve avec des aiguilles dans le ventre en train de chanter sur la table du monitoring que j'inonde abondamment. Tout va bien.
Pour couronner le tout j'ai le droit à un « décollement », une sage-femme passe son doigt dans le col et caresse la tête du bébé. Cela doit favoriser la mise en place du travail. De notre côté, on a l'impression que notre fils est de plus en plus proche de la porte. On se réjouit sans hâte, on profite. Par contre, on me pose un cathéter et on m'injecte un antibiotique : cela fait plus de douze heures que j'ai perdu les eaux. La peur de l'infection rode, elle ne m'atteint pas.
Nous dînons ensuite dans notre chambre avec la sensation que c'est notre dernier repas en tête à tête. Les contractions s'intensifient. Nous profitons de chaque instant. On a la certitude de vivre un moment privilégié.
Après le repas, Olivier rentre à la maison chercher mon ballon car je sens que cela va encore durer. A son retour je lui propose de se coucher car mieux vaut qu'il se repose et qu'il ne soit pas fatigué quand j'aurai besoin de lui. En cas de problème, je le réveillerai. Je suis en confiance, j'ai des contractions toutes les six minutes, j'ai ma musique, mon ballon, mes respirations, mes beaux souvenirs de grossesse et le sourire de Martine qui m'accompagne. Je passe ainsi la nuit à côté d'Olivier qui dort paisiblement. Toutes les quatre heures, on me ré-injecte de l'antibiotique. Entre chaque contraction, je m'endors assise par terre le dos au ballon. Je ne tiens pas couchée. Pour chaque contraction, un son, une pensée ou un souffle, de la joie dans tous les cas.
A 6 heures du matin – soit un peu plus de 24 heures après la perte des eaux, on m'invite à un nouvel examen. Je réveille Olivier. Le col commence à s'ouvrir correctement. Je suis ravie mais l'appétit vient à me manquer lors du petit déjeuner. Il est 9 heures, j'ai des contractions toutes les quatre minutes.
C'est à ce moment qu'une nouvelle sage-femme fait irruption dans notre chambre. Au premier regard, on comprend tout de suite qu'elle n'est pas tendre. A ses premiers mots, on apprend de plus que, pour elle, un bel accouchement est un accouchement bien maitrisé, c'est à dire bien médicalisé. Elle nous annonce sans la moindre douceur qu'on déclenche l'accouchement à grand renfort d’ocytocine. Je ne cherche pas à lutter, je ne chercher pas à m'opposer, je ne cherche pas à lui dire tout le mal que je pense de sa manière de nous parler. Je laisse couler et on la suis vers la salle d'accouchement mais j'ai le cœur brisé. Pourquoi le cœur brisé ? Juste parce que je n'ai pas accès à la salle « nature », à sa piscine... Parce que la sage-femme sur laquelle on tombe est froide, revêche. On dirait qu'elle n'aime pas son travail. Une vague de découragement me fait pleurer.
Mais là encore, nous avons eu beaucoup de chance. A peine se rapproche t-on des salles d'accouchement que j'aperçois quelqu'un que je connais. Il s'agit d'une des apprentis yogi grenobloise. Nous nous étions rencontrées lors de ma première séance de yoga-maternité à Grenoble. C'était aussi son premier cours. Nous avions un peu échangé, nous avions découvert que notre date de terme était la même et que nous devions accoucher dans la même maternité. Nous avions souri alors de ces coïncidences. Mais qui aurait pensé que nous accoucherions le même jour à la même heure, deux jours avant terme. Je me jette dans ses bras, nous nous enlaçons. Je suis si heureuse de la voir. Je ne connais même pas son nom.
Nous rentrons ensuite chacune dans nos salles d'accouchement respectives. Elle dans la salle « nature », moi dans une conventionnelle. J'ai alors le cœur léger. Je suis de nouveau pleine de joie et d'énergie. On m'installe la perfusion d’ocytocine, le monitoring. Je leur tourne le dos. Je suis debout à côté de la table d'accouchement, je danse avec Olivier. La sage-femme nous laisse seuls avec un ballon comme chaperon.
Serrés l'un contre l'autre, nous faisons des mouvements du bassin. Olivier me rappelle régulièrement ce que je dois faire pendant les contractions. Cela me rassure profondément. D'ailleurs je n'ai pas vraiment le temps de m'inquiéter car je suis toute bercée par mes sensations.
Première visite de la sage-femme, l'ouverture du col est de 3 centimètres. La sage-femme repart et nous reprenons notre danse. Olivier a faim et surtout froid aux pieds. Dans la précipitation, il est sorti de la chambre sans chaussures. Le voici pieds nus. Il part donc un petit instant se ravitailler et se chauffer. Je reste seule. On a confiance l'un dans l'autre.
A son retour, nous reprenons notre danse. Les contractions continuent de prendre de l'ampleur et je remarque qu'Olivier varie dans ses indications. Il ne laisse pas la monotonie s'installer. Il m'invite notamment à accueillir la contraction pour ensuite la repousser loin dans le sol. Je le suis et ce n'est pas chose simple. J'ai l'impression de lutter contre les contractions à grand renfort de tai-chi – discipline qui lui est familière.
La sage-femme revient au bout de deux heures – soit le double de ce qu'elle avait annoncé. On ne cherche pas à savoir pourquoi, de toutes façons je ne l'attendais pas. Elle m'examine, l'ouverture du col est de 4 centimètres. C'est peu. Elle n'est pas rassurante. Olivier commence à voir la césarienne arriver à grand pas mais se garde bien de me dire quoi que ce soit. Moi, je suis toute à mes sensations. Je me sens en totale confiance, je ne doute pas de la bonne issue de l'aventure.
Par contre, je décide de ne plus suivre les indications trop « tai-chi » d'Olivier. Fini la lutte. Je l'écoute parler, sa voix me suffit. Je garde les contractions pour moi, en moi. Par contre, je les vois comme des pluies de paillettes lumineuses. C'est très agréable. Je suis alors assise sur le ballon, toujours en mouvement, j'ai des contractions toutes les minutes, je m'endors entre chacune d'elles. Olivier veille à ce que je ne tombe pas.
La sage-femme revient, je monte docilement sur la table d'examen sans aucune attente. A peine sa main est-elle à l'intérieur de moi que je ressens la bonne nouvelle qu'elle va annoncer. Le col est ouvert à 7 cm. De joie, je bondis de table. Avec Olivier on est si heureux. Notre fils arrive. Pour moi, 7 c'est pour ainsi dire la dilatation complète. D'ailleurs à peine sur le sol, je sens une présence contre mon sacrum. Quelle joie ! La sage-femme le remarque tout de suite car j'ai envie de pousser. Elle s'active pour l'arrivée imminente.
N'ayant jusqu'ici absolument pas souffert, je suis alors si joyeuse que je ne ressens même plus les contractions. Je suis toute disposée à suivre les instructions de la sage-femme et de la jeune médecin qui nous a rejoint. Elles me demandent de remonter sur la table d'accouchement. Je m'exécute même si j'ai la sensation que je peux et – peut-être dois – rester debout, dans le mouvement. En temps normal, je me serai opposée à leur proposition. Impossible de lutter dans une telle situation, ce sera donc pour notre prochain enfant. Nous testons ensuite différentes positions. Le bébé ne vient pas. Olivier pense que je vais éclater. Il ne me dit rien heureusement. On trouve enfin la bonne position. Lors de chaque poussée j'accompagne notre enfant dans sa descente et entre chaque poussée je détends au maximum mon périnée. On me demande l'estimation de poids de notre fils. Je dis 3,2 kilos. On organise une poussée dite « finale ». Tout le monde pose ses mains sur moi. Je me sens bien. J'adore la chaleur de ses trois paires de mains. Je me sens entourée, choyée, privilégiée. C'est alors que je sens notre fils glisser en moi. Une vague de bonheur m'envahit au passage. Basile est né.

Si on fait un premier bilan...
Cela a duré 35 heures – nous n'avons pas trouvé le temps long.
Je n'ai pas eu de péridurale – je n'en n'ai pas eu besoin.
Nous avons eu la sage-femme la moins adéquate qui soit – elle nous a fait totalement confiance, nous lui en somme très reconnaissants.
La médecin a pris la liberté de m'inciser légèrement – je ne lui en veux pas.
Basile ne pesait pas 3,2 kilos – il en pesait plus de 4 et je ne lui en veux pas non plus.
Je suis fière de notre travail d'équipe.
Jennifer et Olivier


Seydou le 22 septembre 2014


Nous sommes donc devenus les heureux parents de ce petit garçon après un long mais très beau chemin de naissance!
J'ai commencé à ressentir des contractions plus fortes dès l'après-midi du samedi 20 septembre ; j'ai continué mes activités jusqu'à aller manger une glace en ville le soir. Vers minuit, les contractions s'intensifient et après des bains chauds relaxants, nous voilà partis pour la maternité à 5h du matin.
Le col est déjà un peu ouvert, on nous invite à aller marcher une heure, ce que nous faisons. Pendant les contractions, je me tiens à mon compagnon, à la boîte aux lettres que nous croisons, à un arbre...Je ressens l'intensité dans le dos.
Nous retournons à la maternité, le col s'est encore un peu plus ouvert.
On nous propose assez vite la salle nature de la maternité, et le bain.
Je vais y rester toute l'après-midi du dimanche, de 11h à 17h environ. Mon compagnon remet régulièrement de l'eau chaude. Je gère chaque contraction en pensant à la vague, qui va si bien avec l'eau chaude qui me réconforte et m'entoure.
Le col bouge encore un peu mais pas énormément ; les sages-femmes me laissent dans le bain, je m'y sens bien.
A la fin de la journée, la nouvelle que le col n'est pas encore suffisamment ouvert pour accoucher me décourage. On me demande de me promener et de me baisser, de me mettre sur les talons pour faire descendre le bébé (qui va très bien sur tous les monitos faits...on a pu me faire les monitos dans le bain). Je fais aussi des signes de l'infini sur le ballon ; je m'accroupis, je m'accroupis en me tenant à des points hauts, je m'accroupis en faisant des signes de l'infini avec le bassin...
Je marche et je me décourage...je me culpabilise...cela doit être de ma faute si après toutes ces contractions, mon col ne s'ouvre pas plus...suis-je prête à la naissance? Quelle résistance vient se placer sur le col?
Je respire, je pleure un peu, je respire. Je pense toujours à la respiration, à ne pas me fermer, à laisser passer ces pensées comme des nuages dans le ciel.
Quand nous revenons après la marche, le col n'a pas vraiment bougé. Nous sommes dimanche soir. Les contractions s'espacent un peu.
Les sages-femmes me proposent alors de rompre la poche des eaux sous péridurale, avec un apport d'ocytocine pour accentuer le travail.
Il est désormais presque lundi ; dimanche vers minuit...
En route pour une salle de naissance ; la péridurale est posée, je sens encore le bas de mon corps, cela me rassure, je ne perds pas mes sensations, elles diminuent seulement.
Je continue à respirer, la vague, la respiration abdominale...
on me parle de césarienne si le travail continue à être lent ; le bébé lui va bien.
Je m'accroche à cette nouvelle, le bébé va bien, et j'essaie de me concentrer sur le présent, sur la famille que je vais construire, sur la force que mon corps a eu pour déjà porter ce petit être, je me galvanise, je me trouve forte, je vais chercher du soutien dans le dialogue avec mon compagnon.
La médecin passe me voir...elle m'examine et m'explique...que bébé est un bébé rêveur, il a la tête dans les étoiles, c'est-à-dire qu'il regarde vers le ciel, son dos est contre mon dos, sa tête n'appuie pas vraiment sur le col au bon endroit, ce qui n'aide pas à l'ouverture.
Cette information donnée, la sage-femme s'occupe de nous pour tenter de faire tourner bébé: acupuncture mais aussi prises de positions qui permettent au bébé de tourner...après plusieurs postures prises, l'échographie rend son verdict: le bébé a toujours la tête tournée vers le ciel. Je trouve que c'est beau, il a bien le droit de se mettre dans le sens où il veut...
La médecin repasse ; nous sommes lundi vers 3h du matin ; elle me dit qu'elle va tenter de le tourner...après une manipulation qui a duré un certain temps, bébé s'est tourné et le col est tout à fait ouvert!
Elle me dit que je vais devoir l'aider et pousser. Je réalise à peine que l'accouchement est en train de commencer tout à fait, c'est-à-dire le passage final.
La médecin me dit que le bébé risque de faire le yoyo et qu'elle utilisera peut être la ventouse.
Alors il va naître! Et je n'aurai sûrement pas de césarienne.
Je suis si heureuse que je trouve beaucoup de force en moi.
La médecin et la sage-femme me demande de pousser; je comprends tout juste que bébé va bientôt en arriver en voyant la puéricultrice préparer la balance, sortir une couverture...c'est donc bien vrai!
Je sens les contractions monter malgré la péridurale et je me concentre pour pousser ; à chaque expire j'arrive à pousser deux à trois fois.
Je pousse de toutes mes forces, je n'ai jamais vécu une force pareille; je ne suis plus moi, c'est une force qui me traverse et me transforme.
En quelques poussées (sans ventouse ni aucun appareil), on m'annonce voir les cheveux, puis encore un peu et le bébé est sur moi.
Il est 4h16, Seydou est né!
Nous nous regardons tous les trois, si émus.
Très vite, Seydou prend le sein et nous commençons notre vie à trois, avec beaucoup de douceur et tant d'amour.
Le chemin fut très long avec des moments de découragement et des moments de force intense, de respiration vibrante qui disait toute l'énergie qui me traversait.
Je me souviens de ce chemin avec beaucoup d'émotion et de fierté.
Le yoga m'a permis de ne jamais oublier de respirer, de laisser passer les pensées négatives comme des nuages dans le ciel, de voyager le long de signes de l'infini rassurants,
d'accepter que je ne commande pas tout...mais que des forces me traversent et que l'accouchement est d'abord l'affaire de ces forces et ensuite une relation pour nous à trois, le bébé et ses parents.

Merci chère Martine pour cette belle préparation et à bientôt pour continuer le chemin du yoga.
Des pensées pour les futures mamans, mes meilleures vœux à elles,
Sarah


Paul-Emile le 18 octobre 2014


"Je prends la plume" pour vous annoncer la naissance de mon petit Paul-Emile, le 16 octobre à Belledonne.

Ce petit bébé est finalement arrivé 3 jours après le terme par un accouchement déclenché.
On m'avait souvent dit que les accouchements se passent finalement rarement comme on l'avait imaginé.
Quand je pense au temps que j'ai passé à m'imaginer ressentir les contractions en pleine nuit, les sentir s'amplifier, prendre une douche, m'apaiser avec la respiration de la vague, faire le mouvement de l'infini pour ouvrir le bassin etc etc... Eh bien finalement, rien de tout ça!

Jusqu'au jour du terme, j'étais en pleine forme et sans la moindre contraction ni le moindre signe annonciateur du travail.
Avant le jour J, nous nous sommes rendus 2 fois à la clinique, le jour du terme et la veille.
A chaque fois, on a trouvé mon col ouvert à 2.
Pas d'évolution entre les 2 jours. Le niveau du liquide amniotique avait baissé, on m'a donc donné RDV le lendemain pour accoucher !!
J'aurais bien sûr préféré que cela arrive spontanément,et j'y ai mis la meilleure volonté : ménage de fond en comble, cuisine, 7étages à pieds, acupuncture, 4h de marche, homeopathie et bien sûr 3 séances de yoga par jour! Cela faisait d'ailleurs plusieurs semaines que j'étais dans un état d'esprit d'ouverture, de descente, que je m’accroupissais sans arrêt !

Le jour J, on m'a posé la perfusion à 10h, puis la péridurale à midi suivie de la rupture de la poche des eaux. J'avoue m'être dégonflée car j'ai eu peur des douleurs amplifiées par le déclenchement. J'ai demandé une péridurale la plus légère possible. Ainsi j'ai pu sentir régulièrement les contractions qui m'ont fait assez mal par moments. La respiration de la vague m'a bien aidée. Je n'ai malheureusement pas pu utiliser le ballon ni d'autres mouvements car j'avais interdiction de me lever.
Le travail s'est poursuivi tranquillement jusqu'à 17h. Mon col était alors ouvert à 5. Les contractions sont alors devenues très douloureuses. Je me suis rappelé du AAAOOOOOOM comme botte secrète et ça m'a fait beaucoup de bien car j'avais vraiment mal.
A 17h30, j'ai appelé la sage femme qui m'a examinée. Mon col était passé de 5 à 10 en seulement 30 minutes. Ce qui expliquait les douleurs. Et le plus fou, c'est que le bébé était déjà là, prêt à sortir!!!!
En 4 poussées seulement, il était là! Quel bonheur à ce moment là d'avoir conscience du tunnel de la naissance pour savoir où pousser justement :-)
Et voilà à 18h07, je connaissais l'incroyable joie de devenir Maman et de rencontrer enfin ce petit être que j'ai senti en moi pendant 9 mois.

En discutant un peu plus tard avec le médecin, il m'a dit qu'il était plutôt rare que le bébé se présente aussi vite après l'ouverture totale du col, surtout pour un premier bébé.
Moralité, les exercices quotidiens de yoga ont certainement beaucoup aidé à ce que tout se passe si vite : mouvement de l'infini, divers assouplissements du bassin, écartement des ischions... etc etc...

Donc finalement, même si mon accouchement s'est moins prêté à l'utilisation du yoga que ce que je m'étais imaginé, j'ai tout de même pu utiliser de nombreux exercices.
Mais surtout, le plus important je crois, c'est que ces séances m'ont permis d'avancer vers mon accouchement avec une grande sérénité et presque sans peur. Je me sentais préparée, grâce à une meilleure connaissance de mon corps et une confiance en moi. Je pense aussi que cela m'a permis d'être encore mieux connectée à mon bébé.

UN GRAND MERCI A VOUS MARTINE ET A ISALINE.

Mélanie

DSC00030


Nolwenn le 20 octobre 2014


Nolwenn est donc arrivée par une belle journée d'automne.
La semaine précédant des signes que bébé arrivait sont arrivés progressivement : j'ai perdu le bouchon muqueux, j'avais quelques contractions le soir assez irrégulières et qui s'estompaient vers 22h, et des douleurs sacro-illiaques à la marche. J'avais hâte que bébé arrive.
Le samedi, j'ai commencé à avoir des pertes que je trouvé bizarre, je ne me suis pas alarmée. Bébé a bougé pas mal dans le ventre changeant son dos de côté, ce qu'il n'avait pas fait depuis des semaines. Le dimanche, nous sommes allés nous promener tranquillement en chartreuse, il y avait une belle lumière d'automne. J'ai fait le plein d'images et de sensations qui m'ont bien aidés pendant l'arrivée de Nolwenn. En fin d'après-midi, j'ai fait quelques postures de yoga, et une visualisation du toboggan de la naissance. J'ai alors réalisé que mes sensations étaient vraiment différentes et indiqué à Yannick que je pensais avoir fissuré la poche des eaux. Nous nous sommes dit que nous irions le matin à la maternité. Pas très intelligent, mais j'avais envie que le travail se déclenche tout seul, car j'avais une peur bleue et un refus interne très fort du déclenchement avec hormones de synthèse.
A 2h du matin j'ai commencé à ressentir des douleurs dans le dos, et je me suis dit "chouette". J'ai pris du spasfon en espérant que cela ne fasse rien pour que ce soit le travail. Je me suis recouchée, et j'ai essayé de dormir. Une contraction m'a réveillé une heure plus tard. J’ai alors ressenti une grande joie. J'ai réveillé mon mari, et nous avons joué à quelques jeux de société, mangé, pris une douche. Des instants heureux. Les contractions venant toutes les 6 minutes nous avons décidés de partir pour la maternité. Dans la voiture, j'avais mal au sacrum en étant assise. C'était très désagréable, et les contractions avaient l'air de ne plus être là. Arrivés à la maternité à 5h30, j'ai fait les derniers 200 m à pied pour que cela soit plus confortable. La sage-femme m'a examinée: c'était bien du liquide amniotique donc on me gardait, le col était fermé. On m'a donné des antibiotiques et on attendait ma gynécologue qui arrivait à 8h, mais il était probable qu'on me déclenche à ce moment-là. On m'a branché allongé sur le dos au monitoring, J'ai expliqué à Yannick que c'était un des scénarios dont je n’avais pas envie. J'avais des douleurs dans le dos à intervalles réguliers, mais cela ne ressemblait pas aux contractions des derniers soirs, et cela n'était pas visible sur le monitoring. Les 45 minutes furent très désagréables. Sur le chemin de la naissance, c'est une des choses que je retiens. Le fait de refuser ce qui arrive rend la douleur plus désagréable. J'ai vécu au cours de la journée des contractions plus intenses, mais beaucoup moins désagréables.
On nous a ensuite installés dans la chambre pour attendre 8h. Yannick a essayé de respirer avec moi pour me faire dormir et me reposer, mais je n'arrivais pas être autrement qu'accroupie ou debout.
A 8h, la sage-femme est venue me chercher, pour un examen, un monitoring et installer un tampon de prostaglandine. Le col était mou et perméable mais sur le coup entre le changement d'équipe et ma compréhension des choses personne n'a remarqué la différence (la sage-femme me l'a indiqué plus tard). J'ai été branché au monitoring et j'ai eu droit cette fois-ci de bouger. Je me suis installée sur le ballon et le soulagement fut assez immédiat. J'ai donc fait des mouvements de l'infini et des chiens-chats. Lorsque la contraction arrivait je sentais ma colonne jusqu'à l'accroche du diaphragme. Entre les contractions j'essayais de respirer calmement pour me détendre. Je me suis rendue compte que ma curiosité rendait la contraction plus "longue". Je m'y accrochais mentalement au lieu de la laisser passer. J'ai vu qu'en lâchant prise, en étant moins "curieuse" des sensations, cela se passait mieux.
J'ai eu ensuite le droit de manger un peu, puis j'ai eu une deuxième dose d'antibiotique. Je pouvais marcher dans le couloir le long des salles, et j'ai admiré la belle journée d'automne. Yannick m'aidait à m'étirer pendant les contractions, et sur certaines j'ai commencé à mettre en place des sons. J'essayais de mobiliser un peu mon bassin aussi. Les contractions étaient présentes, et venaient à une périodicité chaotique : quelques contractions à 2 min d’intervalles, puis 15 min de pause. J'ai eu ensuite droit à un bain de 2h. Ce fut très agréable, les contractions étaient très différentes, et la chaleur permettait de se détendre. J'ai rompu le reste de la poche des eaux et j'ai vomi, ce que j'ai pris comme un très bon signe. J'ai même eu 2 contractions sur l'avant que j'ai accueillies avec beaucoup de bonheur. L'examen en sortie de bain a montré que j'étais dilaté à 2 doigts...La sage-femme a proposé de poser l'oxytocine. Pour moi ce fut un peu un choc, je pensais qu'on allait continuer ainsi, même si les contractions étaient irrégulières, je m'étais dit que le travail avançant on laisserait cela ainsi. J'ai exprimé que je souhaitais la péridurale le plus tard possible, pas par masochisme, mais pour pouvoir bouger et me mobiliser le plus longtemps possible. La discussion a rendu les contractions très douloureuses et j'ai perdu les pédales. Au vu de l'expérience du matin, je me suis dit que je n'avais pas d'autre choix que l'acceptation. Je savais que les contractions allaient se rapprocher sous l'effet de l'oxytocine. J'ai demandé à avoir un peu de temps avant la pose de la perfusion. J'en ai profité pour me calmer par respiration abdominale le plus possible, par visualisation comme si une tempête approchait et qu'il fallait préparer le bateau.
Elle a posé l'oxytocine et m'a indiqué qu'elle augmenterait la dose toutes les 20 min. Elle m'a aussi installée avec un monitoring sans fil, ce qui m’a permis de mieux bouger. Les contractions sont arrivées plus régulières. J'ai commencé à chanter pendant les contractions, des "a", des "ou", et des "o". Cela dissolvait la contraction, c'était très agréable. Mais avec les augmentations de concentration en hormone c'est devenu de plus en plus difficile. Étonnamment, pas la contraction en elle-même mais la période d'accalmie. J'avais du mal à me détendre et à accepter qu'on augmente les doses sans me prévenir et que la vitesse s'accélère alors d'un coup. Au bout de 4 augmentations, je n'arrivais mais plus du tout à détendre mon bassin. Je sentais mon périnée complètement fermé. Et là j'ai essayé la respiration de la vague. Je me suis rendue compte que c'était plus exigeant, mais plus efficace. Avec la respiration de la vague j'arrivais mieux à m'isoler et la concentration se plaçait mieux qu'avec les sons...mais j'avais du mal à le faire. Je pense que j'ai commencé trop tard la vague ou trop tôt les sons... Comme je n'arrivais toujours pas à me détendre, j'ai accepté la péridurale. L'anesthésiste est arrivé. Il a été super. Il m'a indiqué que je perdais mon énergie, qu'il fallait que je me concentre plus sur ma respiration, sur mes narines...Et en fait il m'a fait reprendre beaucoup plus facilement la respiration de la vague pendant les contractions. 3 contractions sont passés le temps de la pose sans aucun souci et j'étais déjà plus calme...Encore une belle leçon de lâcher- prise et d’intérêt de faire le calme en soi sans se disperser.
La péridurale m'a détendue, et j'ai alors dilaté très vite. On a pu me placer sur le côté. Pendant cette dilation, je sentais les contractions, et j'utilisais la respiration de la vague, entre les contractions, je plaçais la belle lumière d'automne de la ballade dans mon bassin ou alors j'imaginais mon col s'ouvrant comme une fleur de lotus... L'appareil arrêtait pas de biper, et il a fallu un moment (changement de pousse-seringue, de vitesse,...puis venue de l'anesthésiste) pour comprendre que le tube était plié dans mon dos et que le produit se délivrait mal. La suite est un peu plus vague pour moi... J'ai eu très rapidement de nouveau mal à l'anus et au coccyx. Je ne sentais les contractions que dans cette zone-là....avec une très forte intensité, qui m'a fait perdre les pédales. Je parlais beaucoup et Yannick avait du mal à réussir à me faire respirer avec lui. Quand je reprenais pied je faisais des mouvements de l'infini mentaux, je mettais de la lumière sur le chemin, mais pour être honnête, j'étais vraiment ailleurs à partir de ce moment-là, et ce que je faisais était plus instinctif que réfléchi. Je me souviens de doré dans mon bassin.
A dilatation complète, on m'a placé en position gynécologique, alors que ce n'étais pas ce que je souhaitais avant l'accouchement rationnellement, ni ce que je ressentais comme juste à ce moment-là (je sentais les contractions sur mon coccyx et spontanément j'aurais préféré être à 4 pattes). Je me suis débattue en vain et j'ai perdue beaucoup d'énergie à dire non à ce moment-là. Je n'arrivais pas à leur faire confiance dans cette position. Là encore, je n'avais pas vraiment le choix...quand j'ai accepté la douleur est redevenue acceptable. Il a fallu alors pousser. Cela a duré 20 min, une petite épisiotomie, et bébé est arrivé. Une petite fille !!! 4h après la pose de l’oxytocine, ce fut express, mais quelle joie de rencontrer enfin son regard. Quelle présence !
Au final, quelle leçon pour moi, qui souhaite tout contrôler. Les contractions sont un professeur impitoyable : si j’étais dans l’acceptation, le lâcher-prise, et le bonheur emmagasiné pendant la grossesse, la contraction était une joie. Lorsque je me débattais, refusais ce qui m’arrivait, me dispersait à discuter d’autre chose, la contraction était comme se prendre une porte dans la figure : plus que désagréable. Je n’ai pas eu l’accouchement peu médicalisé dont j’avais rêvé. Je n’en veux pas à l’équipe médicale, qui a fait ce qu’elle pensait devoir faire pour que nous soyions toutes les deux en bonne santé. Néanmoins grâce aux outils appris en cours de yoga, j'ai l'impression d'avoir su faire face à cette journée à la maternité (arrivé à 5h du matin, naissance à 19h), Un grand merci! La prochaine fois je me préparerais encore mieux à accepter ce qui arrive sans chercher à lutter…et je commence à m’entraîner dès à présent avec les événements du quotidien.
Marion

Felix le 1er novembre 201

4
mon petit Felix est arrivé samedi dernier avec une vitesse incroyable,
pour ma fille j'avais mis 2 jours pour le travail; cette fois c'était même pas 2 heures.

Pour commencer au début, samedi soir je sens une contraction qui me parait sérieuse mais je pense à ton conseil de me reposer tant que possible et pas m'épuiser en faisant des 8 sur le ballon et des sons dès le début du travail... je décide donc d'essayer de dormir un peu et pose le réveil à mon coté pour voir un peu le temps entre les prochaines contractions. Il est 21h03.

Oups... 21h10 et la prochaine contraction!
Oups... 21h16 et encore une.

Je me lève et préviens mon mari que la nuit risque d'être longue.
Encore une contraction...
J'appelle une copine et demande si elle peut rester avec ma fille cette nuit, elle dort, et les voisins qui voulaient la garder pendant l'accouchement sont partis dans l'après-midi et ne sont pas encore de retour. Ma copine pourra être là dans 45 min, ça nous parait rapide et on l'attend tranquillement.

Encore 2 contractions.
J'appelle mes parents qui ont proposé de nous aider après l'accouchement et qui vont prendre la route le lendemain. (Ils habitent à 5 heures de route...)

Encore une contraction...
Mon mari décide de poser mon sac dans la voiture et revient avec la nouvelle que le voisins viennent de rentrer.
Je prépare un lit pour la copine qui va arriver et me rends compte que les contractions deviennent plus douloureuses et plus rapprochées.

Vers 22 heures, la voisine et ma copine arrivent presque en même temps.
Nous partons directement pour la maternité, pour aller à la clinique mutualiste nous mettons un peu près 10 minutes sur l'autoroute désertée. Je suis toujours convaincue que le petit va naître demain dimanche.

J'ai 2 contractions entre la voiture et l'entrée de la clinique, et une autre devant l'accueil.
Ils arrivent avec un fauteuil pour m'accompagner en salle d'accouchement, mais je ne suis vraiment pas bien du tout en position assise et ils insistent que je m'assois pour raison de sécurité... finalement je trouve une position un peu sur le coté qui est acceptable pour tous, et m'installe sur les genoux et penché en avant sur la tête du lit une fois arrivée.

Apparemment le monitoring n'est pas comme il faut, la sage-femme décide de percer la poche d'eaux pour accélérer le travail, et le liquide est teinté. Il faut donc sortir le bébé rapidement, je me trouve forcée sur le dos et dirigé pour une poussée intense avec le souffle bloqué - les étriers me conviennent pas, mais je pose les pieds sur l'endroit qui est prévu pour les genoux, c'est déjà mieux, et je pousse. Mon mari reste près de moi de me masse le bassin, ça fait du bien. L'idée avec les sons et la demande de bloquer le souffle ne fonctionnent pas, je fais des cris et bruits bizarres, mais quelques minutes après j'ai mon petit Felix sur le ventre, tout mignon et en bonne santé, né le jour même à 22h47 à peine une demi-heure après arrivé à la clinique.

L'accouchement ne s'est pas vraiment passé comme je l'aurai imaginé, mais je suis heureuse de l'avoir vécu sans péridurale, et sans trop m'épuiser. Nous sommes rentrés chez nous lundi et toute la famille va bien.

Bonne journée,
et bon accouchement pour celles qui l'attendent encore...

Sabine

droppedImage



Swan le 5 novembre 2014


C'est avec beaucoup de retard que je vous informe de la naissance de Swan le 5 novembre dernier !

Tout s'est bien passé même si tout aurait pu être un peu plus serein...
Je me suis levée à 5h le 5 novembre avec des contractions régulières (toutes les 10 minutes environ) mais très supportables. J'ai donc pris un petit déjeuner, mis les suites pour violoncelle de Bach et sauté dans ma baignoire pour faire passer le temps.
Mon conjoint s'est levé, a emmené notre aîné à la crèche et c'est tout sereinement et à pieds que nous nous sommes rendus à la Mutualiste vers 9h (même si les contractions ont bien ralenti notre progression !).
Arrivés à destination, l'examen a révélé un col effacé à 2 mais, en position horizontale, les contractions étaient bien moins fréquentes et intenses. La sage femme m'a donc gentiment intimé de retourner chez moi continuer le travail, en dépit de mes (faibles) protestations pour faire du ballon ou prendre un bain sur place...
Le trajet retour a été un peu plus difficile que l'aller et, arrivés chez nous, je n'ai eu de cesse de chercher une position où les contractions seraient un peu moins douloureuses. Mon conjoint m'a proposé maintes fois de l'aide, des massages, etc. mais je crois que j'ai définitivement la souffrance solitaire et silencieuse !!
Debout, assise, appuyée contre le mur... Au bout d'une demi heure, je n'en pouvais plus et voulais retourner à la Mutualiste pour avoir la péridurale, tant pis si on allait y rester des heures...
A peine sortis, la poche s'est percée.
A partir de ce moment, les contractions sont devenues vraiment très très intenses et, surtout, elles s'accompagnaient d'une irrésistible et irrépressible envie de pousser !!!
Nous avons réussi à marcher jusqu'à la voiture, à nous garer et à monter au 1er... pour que Swan arrive illico à peine déshabillée et allongée sur la table ! Inutile de préciser qu'il n'y a eu ni monito, ni péridurale, etc. Swan est né à 11h49.

Bref, tout ça pour vous remercier de votre accompagnement : yoga et sophro m'ont très certainement aidée à trouver le souffle et le calme nécessaires pour cet accouchement sans un cri et sommes toutes assez rapide ;-)
Chloé


Ysaline le 5 novembre 2014


Ma 2ème fille est née le 5 novembre à 03h32 du matin chez nous : Ysaline (clin d'oeil à Isaline, la prof de yoga maternité, elle m'a donné cette inspiration du choix de ce joli doux prénom).
Une belle mise au monde magnifique d'accoucher chez soi dans son milieu familier.
Un énorme merci pour la qualité et l'intérêt très utile de vos cours et ainsi de vos 2 livres : ce fut une découverte de l'intérieur de mon corps, je confirme que c'est primordial de connaître son corps, chose non réalisée pour ma 1ère grossesse.
J'ai beaucoup aimé votre métaphore de l'hélicoptère.
Les 1 ères contractions ont commencé vers 00h15. J'ai gardé quelques rappels automatiques de vos cours qui m'ont été d'une grande aide précieuse, ainsi le soutien d'encouragement de mon mari et de la sage-femme : la respiration de la vague, gestion de l'intensité et de la sensation, puis il est venu tout naturellement le mouvement du 8 infini du grand bassin au petit bassin pour emmener Ysaline à la sortie. Sans réflexion, une simple concentration totale du corps et de l'esprit.
Je suis très contente de la réussite de la préparation physique et mentale avec vous.
Merci de partager votre expérience. Merci de m'avoir donnée une naissance ressentie, de m'avoir donnée l'occasion de prendre conscience du corps, de l'emplacement de la position du bébé dans mon ventre pour la délivrance et ainsi de mieux accueillir les contractions positivement.
Belle continuation et continuez ainsi à transformer les femmes enceintes comme vous m'avez transformée.
Justine B


Célian le 11 décembre 2014


2014 s'est terminé en beauté pour nous avec l'arrivée de notre petit Célian et la joie de le mettre au monde par voie basse. J'ai rarement le temps de me mettre à l'ordinateur pour raconter mon accouchement. Du coup je vais faire un petit résumé...

Célian est arrivé le 11 décembre, 3 jours avant le terme. Le travail a débuté à minuit et demi, tout en douceur et les contractions ont augmentées en intensité toute la nuit. C'est un beau souvenir, tout le monde dormait, on était tranquille mon bébé et moi pour faire ce chemin ensemble. Tout d'abord j'ai essayé de me reposer au maximum dans mon lit, ensuite j'ai fait du ballon, puis j'ai pris un bain, du spasfon... Je ne ressentais pas de la même manière les contractions, par rapport à mon premier accouchement. Aucune douleur dans l’utérus, mais une grosse pression au niveau du col. Puis plus tard est venue une intensité dans les reins. Du coup j'ai principalement gérer le travail avec une respiration abdominale, au niveau du col de l’utérus, en essayant de visualiser de la lumière, de la chaleur à ce niveau là. Et j'imaginais, au niveau du col, un soleil qui s'agrandissait. Pour les reins, j'ai utilisé une bouillotte bien chaude dans le bas du dos.

A 7 heures du matin, nous sommes partis à la maternité, arrivés à 7H30. Au premier examen, j'ai eu la surprise et la joie d'apprendre que mon col était ouvert à 7. A ma dernière visite de grossesse, j'avais négocié d'aller jusqu'à 6 sans péridurale. Je dois la prendre par sécurité, au cas où il y ait besoin d'une césarienne d'urgence. Mais je voulais accompagner mon bébé et l'aider le plus possible.
Je n'ai pas eu cette péridurale tout de suite, car toutes les salles d'accouchement étaient occupées. On me l'a posé vers 8H45. A ce moment là, les contractions étaient devenues plus difficiles à gérer. J'avais laissé tomber la bouillotte, j'étais sur le ballon, avec Julien derrière moi, à chaque contraction, je m'étirais, accrochée à lui. Et il me massait le bas du dos. J'ai aussi sur la fin, utilisé les sons : aaaooommm...

La péridurale a été totalement différente de la première fois, je l'avais demandé très peu dosée, du coup je sentais tout et je pouvais encore bouger les jambes. Je ne me suis pas sentie coupée de mon bébé, je pouvais encore accompagner les contractions, avec des respirations, de la lumière au niveau du col etc... peu de temps après avoir eu la péri, la poche des eaux a rompu, j'étais à 9. A 10H 45, j'étais à 10. A partir de là c'est un peu plus flou, le bébé ne s'est pas encore engagé. je suis allongée sur le côté, on me laisse dans cette position un bon moment. mais comme il ne s'engage toujours pas, on me met ensuite en position gynécologique, sur le dos. je ne sais plus à quel moment, le sage femme se rend compte qu'elle a mal interprété sa position, en fait il regarde vers le ciel, son dos est contre mon dos. c'est pour ça qu'il n'arrive pas à s'engager. L'interne vient me voir, on commence à parler césarienne. Ils nous laisse tous les deux avec julien pour aller faire le point. Là je pleure un bon coup, c'est une immense déception d'être encore une fois aller jusqu' à dilatation complète, pour finir par une césarienne.

Finalement, la chef de service vient m'examiner. Longtemps. Puis elle m'annonce qu'elle va essayer de tourner mon bébé à la main! Je ressens une immense gratitude pour ce docteur, qui a tenté le tout pour le tout avant la césarienne. il faut dire mon bébé était en pleine forme d'après le monito.
Elle réussit à le tourner d'un quart de tour et à l'engager un peu. Et elle m'explique que je vais maintenant pousser pour essayer de lui faire terminer sa rotation. Je dois pousser pendant 20 minutes. Là c'est rapidement le pire moment de l'accouchement. Entre deux contractions, on m'examine, je voudrais juste qu'on me fiche la paix quelques minutes pour me reconcentrer, me détendre, reprendre un peu d'énergie en respirant calmement, mais les contractions sont rapprochées (avec la perf d'ocytocine) et les examens entre chaque contraction sont douloureux. j'ai très mal dans les reins (je n'ai pas repris de dose de péridurale, il est 14H00, elle ne fait plus vraiment effet). Au bout de 20 minutes, le bébé a progressé, son rythme cardiaque est toujours bon, la chef de service donne son feu vert pour pousser encore 10 minutes. Au bout de 10 minutes, elle revient avec une ventouse. A ce moment là je laisse passer une contraction sans pousser, et c'est la pire de toute. Pas une bonne idée de résister à ce que le corps demande! j'ai crié, pleuré... Ensuite avec la ventouse, en deux poussées, Célian est arrivé. Je me souviens d'avoir eu très mal, une sensation de brulure intense et d'avoir penser "je n'ai pas réussi à détendre assez mon périnée, mais il est en train de sortir, ouf!".

J'étais tellement épuisée, que je n'ai pas eu la force de l’attraper pour le sortir, j'ai laissé faire les sages femmes. Par contre Julien a pu couper le cordon, et on a eu notre long moment à trois pour découvrir notre bébé, merveilleux instants que nous n'avions pas eu avec la césarienne d'Aurélien.
Ensuite j'ai fait une hémorragie de la délivrance, mais finalement le placenta est sorti tout seul. Je ne me suis rendue compte de rien, j'étais dans la découverte de mon bébé. j'ai eu une déchirure simple du périnée, bien heureuse de n'avoir eu que ça car c'était un gros bébé de 4,060 kg.

Je garde un merveilleux souvenir de cet accouchement (sauf la poussée), je suis heureuse d'avoir peu accompagner mon bébé tout le long de son chemin de naissance. Et encore plus heureuse d'avoir pu l'accueillir en peau à peau contre moi pour ses premières heures de vie.
Aujourd'hui tout va bien, il grandit bien et son grand frère, mon grand bébé de 18 mois, adore lui faire des bisous!

Un grand merci pour les séances de yoga que j'ai pu suivre, et la révision des sons, qui m'ont bien aidée juste avant la péridurale. Bonne année,

Hélène


Justine le 18 décembre 2014


Comme promis, voici quelques détails sur la naissance de Justine (2,7 kg – 49 cm) le 18 décembre 2014 au CHU de La Tronche, moins de 2h après le début du travail et 15 minutes après l'arrivée à la maternité !
Le terme était le 28 décembre, mais depuis le début du mois, j'avais pas mal de contractions et je sentais que cela travaillait au niveau de mon bassin. Et comme mes 2 aînés étaient nés avec au moins 15 jours d'avance, j'étais sûre d'accoucher avant Noël...
A 17h30, j'ai eu l'impression que je commençais à perdre les eaux, mais je n'en étais pas certaine. Je suis donc allée chercher les enfants à l'école à pied. Comme j'étais en retard, je marchais d'un bon pas et j'ai eu 2 ou 3 contractions assez fortes pendant les 10 minutes du trajet.
A 18h, après avoir récupéré les enfants, les contactions continuaient. J'ai donc appelé mon mari et nous sommes tous rentrés à la maison en voiture pour nous préparer à partir à la maternité. Comme cela nous avait été conseillé pendant les cours de yoga, j'ai laissé mon mari gérer les enfants et les préparatifs, et je me suis concentrée sur ma respiration : abdominale entre 2 contractions et respiration de la vague pendant les contractions.
A 18h30, nous avons laissé les 2 grands chez le copain qui devait les garder. Pendant le trajet vers la maternité, l'intensité des contractions augmentait, ainsi que leur fréquence : toutes les 2 minutes, puis toutes les minutes. Et en arrivant à Meylan, je commençais même à avoir envie de pousser ! Les cours de yoga m'ont été très précieux pour rester concentrée sur ma respiration : en gardant les yeux fermés, je me disais que la contraction allait forcément se terminer et j'essayais de ne pas lutter contre la douleur. J'ai même tenté quelques sons lorsque la douleur était trop forte. Entre 2 contractions, j'essayais de me relâcher et de me reconnecter avec le bébé. Du coup, je n'ai quasiment rien vu du trajet ni des bouchons en arrivant sur Grenoble...
Vers 19h, nous sommes enfin arrivés à la maternité. Les contractions étaient trop intenses pour que je puisse marcher, mon mari m'a donc poussée en fauteuil roulant dans les couloirs. Juste devant la porte d'entrée des urgences maternité, j'ai eu une contraction tellement forte que je n'ai pas pu rester assise et que je me suis mise accroupie devant le fauteuil.
Ensuite, j'ai tout-de-suite été conduite en salle d'accouchement. La sage-femme a voulu me faire un monitoring mais j'ai dit que ce n'étais pas la peine... et en effet, j'étais à dilatation complète ! Je lui ai dit que j'avais envie de pousser et elle m'a dit de le faire, que cela me soulagerait. J'étais en position « gynéco » et j'ai demandé à me mettre sur le côté. Mais finalement, l'envie de pousser était tellement forte que je suis restée dans la position où j'avais été installée. J'ai poussé une 1ère fois et la tête est sortie, puis une 2ème fois et ma petite Justine est née, encore enveloppée dans sa poche des eaux. Il était 19h13 !
J'ai eu la chance de vivre un accouchement rapide, facile, et sans péridurale : mieux que tout ce que j'aurais pu rêvé ! En effet, je souhaitais si possible éviter la péridurale, mais je pense que si j'étais arrivée plus tôt à la maternité, je l'aurais demandé par peur de la douleur.
Un grand merci à Martine et Isaline pour les cours de yoga qui m'ont vraiment guidée tout au long du travail et de l'accouchement. Cela m'a donné confiance en ma capacité à accoucher, à me laisser aller à mes sensations et à acquérir certains automatismes très utiles le jour J : respirer, lâcher prise, chercher les positions qui me soulagent, comprendre ce qui se passe au moment de la poussée (pression sur le sacrum, brûlure au niveau du périnée)...
Le cours de préparation avec les papas m'a aussi permis d'être plus sereine car je savais que mon mari comprenait que j'avais besoin de rester dans ma bulle.
Enfin, le cours de Martine sur « l'ouverture des portes », que j'ai suivi le matin de la naissance, a sans doute aussi facilité l'accouchement...
Bonne continuation à toutes les futures mamans, je vous souhaite de belles rencontres avec vos bébés... et je vous laisse car pour nous, c'est l'heure de la tétée... !
Cécile


Marius le 4 janvier 2015


La veille des premiers signes, le 2 janvier, j'ai eu la chance d'avoir une visite privée du Château de Bon Repos à Haute-Jarrie, grâce à une amie de ma belle-maman. Ce château date de 1460 et renferme pleins de mystères, le soleil était de sortie. Le château de Bon Repos semble tout droit sorti d'un livre qui raconterait l'Histoire du Moyen-Age à des enfants. Il se dresse sur son champ, au bout de son chemin, et nous fait rêver, avec ses quatre tours coiffées d'un chapeau pointu. Son allure générale n'a presque pas changé, au fil de ses cinq siècles d'existence. Quelle émotion de monter les marches en colimaçon, là où il y a plus de 5 siècles des personnes les ont empruntées également. Dans ce château, il y a une toute petite chapelle qui a été restaurée, la scène de la Nativité est l’emblème de celle-ci, j'ai ressenti une vive émotion à ce moment, pensé à toutes ces femmes au cours des siècles qui ont mise au monde des enfants dans ce château, une bonne contraction utérine est arrivée à ce moment. La journée se termine tranquillement, en buvant une bonne infusion chaude et une tranche de brioche des rois, et je me disais peut-être que dans les prochaines heures....
C'est dans la nuit à partir de minuit que j'ai ressenti des contractions différentes, irrégulières en intensité et en fréquence, j'ai continué à dormir, puis toute la journée idem, j'ai réglé les dernières petites choses à la maison, car je sentais que les choses démarraient. A partir de 17h, les contractions régulières sont arrivées, toutes les 5 minutes, malgré le temps pluvieux et froid, nous sommes sortis marcher une heure autour du village de Haute-Jarrie, la nuit commençait à tomber, et je savais au fond de moi qu'une grande nuit m'attendait...
Les contractions commencèrent à être beaucoup plus intenses et toutes les 3 minutes, je commence à penser au trajet en voiture, nous décidons de partir à la maternité à 22H. Arrivés à la clinique, une sage-femme, Amélie nous accueille, mes contractions sont de plus en plus intenses, elle m'examine et là... grosse déception, un col à 1 doigt, très tonique mais une tête bien basse, je me dis mais que va être la suite... Amélie nous installe dans une chambre pour poursuivre le travail, elle me dit de me détendre le plus possible pour faire lâcher ce col.
Ballon, signe de l'infini, respiration de la vague, la main chaude de mon conjoint dans le dos, les contractions étaient toutes dans le dos, et je sentais mon bébé qui appuyait à chaques contractions... L'utilisation des sons m'a énormément aidé à chaques contractions, je prenais une grande inspiration, puis un long "mmmmmm" intense sortait. Il est 2 h du matin, les contractions sont toutes les minutes, je n'arrive plus à me détendre, je fatigue, je ne trouve plus de positions pour me soulager, je commence à trembler comme une feuille... Nous partons en salle d'accouchement pour faire le point, Amélie m'examine, 2 doigts, et ce col toujours tonique avec bébé qui appuie dessus... me donnant parfois l'envie de pousser. Amélie me propose la péridurale pour faire lâcher ce col, pour moi c'était un échec de la poser aussi tôt... je ne voulais pas et en même temps je commençais à manquer de force, mes contractions commencent à prendre le dessus.
2h30 pose de la péridurale... j'ai beaucoup fait rire l'équipe, "Mais c'est pas possible, moi sage-femme, je dis à toutes mes patientes de poser la péridurale le plus tard possible et moi à 3 cm je craque, je ne suis vraiment pas une warrior!!!!"."C'est pas ce que j'avais prévu moi!!!!". L'anesthésiste m'a donc posé une péridurale très faiblement dosée, je ressentais encore mes contractions douloureuses, mais plus facile à gérer. Là un long travail de 10H m'attendait... J'ai fait le vrai travail de la primipare, 1cm par heure, 2heures d'engagement, mais tout ça naturellement, sans syntocinon, mon petit bonhomme a été un vrai petit sportif, pas un seul ralentissement, pendant ces 14h de travail , un tracé parfait. Pendant ces 10 heures, la péridurale étant faiblement dosée, je n'ai pas arrêté de me mobiliser, j'ai persévéré. On m'annonçait un bébé de 4Kg500, je savais que la mobilisation de mon bassin était primordiale. J'ai pris mille et une position sur la table d'accouchement, 4 pattes, côté gauche, côté droit, assise en tailleur sur une galette à faire des millions de signes de l'infini, l'exercice des ailes de papillons, du rameur que j'avais vu en yoga, pensé à mon col qui s'ouvre à chaque contraction. La poche s'est rompue à 8 cm, et mon bébé a continué à prendre son temps, il allait bien.
Le papa, n'a pas cessé de me masser le bas du dos qui n'était pas soulagé par la péridurale, de poser sa main chaude sur mon sacrum, de respirer avec moi à chaque contraction, cela m'aidait je me calais sur lui, pendant ces 10heures il a été là près de moi, sans relâche. Pour les gens, 14 heures semblent vraiment très long, pour moi, au final ça a passé vite, j'étais occupée, concentrée, et je pense que mon corps avait besoin de ce temps pour faire naître mon enfant.
Puis à 11H45, nous nous installons pour l'accouchement, je suis sereine, mais très fatiguée, ou vais-je trouver la force de pousser mon bébé... 40 min de poussées intenses!!! J'ai eu du mal à le faire passer au niveau des épines, puis à la 38ème minute je l'avais débloquée!!! Je remercie la deuxième sage-femme, Aurélie, de m'avoir fait confiance et de m'avoir accordée ces quelques minutes en plus pour faire naître mon enfant naturellement. J'ai senti qu'il était tout près, j'ai touché sa tête, et j'ai fondu en larme, la partie était gagnée je savais qu'il allait arrivé. Une force inimaginable est montée en moi et en 2 poussées il est sortit "doucement, ne POUSSEZ PLUS!!!" j' ai sentit sa tête, son épaule antérieure passée puis la deuxième et là une grande aspiration vers l'extérieur, un vide brutal dans le ventre, une délivrance... J'ai attrapé mon bébé dans les bras, son premier cri intense, vif, mon conjoint me dit "t'es une vraie chef ma puce". On a réussit!!! Tous les trois, un vrai travail d'équipe!!!
Au final, Marius pesait 3790g à la naissance, comme quoi il ne faut pas prendre peur, la grossesse s'est passée à merveille, et pour moi la nature devait faire que mon bébé aurait un poids qui correspondrait à mon bassin, seulement un bel œdème, une belle éraillure et 2 petits points. Après ce long marathon, nous étions épuisés mais quel BONHEUR!!!! Cette sensation de sentir mon bébé glisser hors de moi, je ne l'oublierai jamais c'est tellement intense, j'avais l'impression d'être dans un état de "transe" tellement d'émotions, de sensations sont là. Tous nos sens sont en éveil intense, l'odeur de l’accouchement, de notre bébé, le premier regard de notre enfant qui est si profond, ce petit poids chaud et mouillé sur notre corps, et enfin son premier cri si vigoureux!!!!
"Vivre la naissance d'un enfant est notre chance la plus accessible de saisir le sens du mot miracle".
Devenir Maman est un véritable dépassement de soi, j'ai poussé mes limites à point où je ne pensais pas, autant pour l'accouchement, que pour l'allaitement, ou j'ai faillit craquée. Etant un bébé costaud, il réclamait vivement la montée de lait, alors que je dégoulinais de colostrum... Ce fut 24H de pleurs horribles, déchirant le cœur, de voir son bébé hurler de faim et ne pas pouvoir satisfaire son besoin fut un déchirement pour moi, j'avais l'impression de ne pas reconnaître mon bébé, j'étais prête à lui donner un biberon de lait artificiel pour le soulager, mais j'ai tenu bon, le papa a été là non stop, pour le rassurer, m'aider à le consoler en attendant cette montée de lait , lui donner des dizaines et des dizaines de pipettes de colostrum... J'étais épuisée, je l'ai confié deux heures à l'équipe pour me reposer, une équipe formidable sans qui je n'aurai pas réussit, ces deux heures ont été primordiales, j'ai pu dormir, et Marius du coup a dormit également pendant ces deux heures. Nous avions tous les deux besoin de cette pause. Et à partir de là, les tétées furent de mieux en mieux, le lait arrivait et le calme et la sérénité aussi. La journée de J3 fut un pur bonheur, pour les sage-femmes je pouvais allaiter tous le service tellement j'avais de lait, la montée de lait n'a pas été très" rigolote" mais mon bébé était bien c'était le principal. Moi qui pensais sortir en sortie précoce, ces 4 jours à la clinique Mutualiste ont été primordiaux, nous avions interdit toutes visites, nous étions tous les 3 dans notre bulle à prendre nos repères, se découvrir...
Une nouvelle vie à trois débute, nous sommes sereins et tellement heureux. Je suis également tellement fière de moi et de mon petit Marius. Tout est gravé dans ma mémoire comme dans celle de chaque femme qui devient maman. Chaque histoire est différente et toutes se répondent, du début du chemin au premier cri du bébé...Nous avons tant rêvé de toi, Marius, et tu es là!!!

Merci Martine TEXIER, pour tous tes cours de Yoga, qui ont préparé mon corps physiquement et m'on permis d'avoir confiance en mon corps. Sachant que c'était un beau bébé qui s'annonçait, j'ai débuté les exercices du bassin dès le 8ème mois, 1H 1H30 tous les jours, sans relâche; en plus d'aller à la piscine 3 fois/semaine. J'ai marché quasi 6 km par jour les derniers 15 jours avant d'accoucher. Tout ça a fait que j'étais bien dans mon corps, pas de douleurs ligamentaires, pas mal au dos, je dormais bien, me réveillant juste une ou deux fois dans la nuit. Mon corps récupèrent également très vite des suites de l'accouchement, mon périnée n'a pas trop souffert, je le ressens mieux de jour en jour, ma sangle abdominale récupère aussi très vite, je suis à J7 et quasi le ventre plat!! Je pense que tous ces cours m'ont permis d'accoucher naturellement. UN GRAND MERCI A TOI!!!
Et enfin, le plus grand des merci au papa. Tu as été là sans relâche, à me rassurer, me soutenir, m'aider dans les moments difficiles du début de la grossesse à ce jour...Tant de mots que je pourrais dire, mais pas besoin de l'écrire tu le sais, je t'aime plus que tout au monde!! MERCI
Merci la vie...

Héléna, une maman épanouie, une sage-femme qui sera encore plus passionnée par son métier.

DSC_0120


Solal le 31 janvier 2015


Bonjour Martine et Isaline

Je viens partager le récit de la naissance de Solal le 31 janvier dernier a 1h33- le terme prévu était le 4 février.
Jeudi 29 au soir j'ai ressenti des lourdeurs au bas ventre et je me sentais fatiguée. J'ai assez mal dormi et le vendredi matin des contractions presque agréables car très attendues sont arrivées, assez régulièrement. Mais elles n'étaient ni longues ni très intenses. Sam a donc emmené Milan, notre ainé, chez sa nounou, et est allé au travail.
J'ai fait une promenade d'une heure, dans le froid. Après le déjeuner les contractions se sont beaucoup espacées: toutes les 30 mn puis une toutes les heures. J'étais un peu déçue en voyant que ce n'était finalement pas le "vrai" début de travail . J'ai fait du yoga puis une sieste. Avant d'aller chercher le grand j'ai vu que j'avais perdu le bouchon muqueux.
Le bebe pesait énormément dans mon bassin, sur le périnée.
Voulant nous détendre et penser à autre chose nous avons invité des amis proches a diner.
A 21h les contractions ont repris, tout de suite régulières et longues, d'une intensité supportable. J'ai couché Milan, nous avons diné, tout cela entrecoupé de contractions qui nécessitaient que je sois debout appuyée contre un meuble, ou un mur.
Après manger nous avons avec mon conjoint et une amie fait le tour du quartier, et nous étions tous joyeux car là nous étions surs que c'était bien le jour j. Les contractions étaient espacées de dix mn environ et je commençais a avoir besoin du soutien de Sam pour les surmonter. Nos amis ont proposé de dormir sur place pour garder Milan. Ça m'a beaucoup rassurée je me suis sentie libérée d'un grand poids puisque je n'avais plus a penser a la garde du grand.
Rentrés a la maison nous avons passé un bon moment dans le salon tous les 4 a écouter de la musique, plaisanter. J'étais a genoux par terre, le buste sur le ballon et lorsqu'une contraction arrivait je me balançais.
A 23h cette position devenait un peu inconfortable donc j'ai pris un long bain de plus d'une heure. Nos amis étaient allés se coucher. Sam, assis près de moi, me versait de l'eau sur le ventre a chaque contraction, ce bruit régulier me berçait. La maison était calme et nous, sereins. Les contractions se sont petit a petit rapprochées et Sam a compté qu'elles avaient lieu toutes les 5 mn. J'ai senti qu'il fallait penser à aller à la maternité. Mais je craignais un peu de sortir de l'eau car pour mon premier accouchement la sortie du bain avait été un peu rude. Effectivement ça a été difficile de retourner à la pesanteur et les contractions m'ont paru violentes, Sam m'a aidée à m'habiller et à monter jusqu'à la voiture. Je commençais instinctivement a faire des sons graves cela me calmait, les contractions se rapprochaient encore je me suis dis que la machine s'emballait!
Une fois arrivés a la maternite en sortant de la voiture j'ai senti que ça poussait. Une sage femme, jeune et souriante, Marine, nous a accueilli et je pense qu'elle a senti tout de suite où nous en étions dans le travail. Moi je n'étais pas sure, je me disais que j'espérais être au moins dilatées a 5 ou 6 mais lorsqu'elle m'a examinée et annoncé que j'étais presque à dilatation complète seule la poche des eaux entravait encore l'ouverture, j'ai pleuré de joie car notre projet de naissance avait l'air vraiment bien parti. Le temps de s'installer en salle d'accouchement et pour les sages femmes de poser une perfusion au cas où et un monito pour le cœur du bébé, j'ai commencé à pousser en position sur le coté. La violence de l'expulsion et son aspect instinctif, incontrôlable m'ont surpris. Je me souviens m'être dis :c'est donc ça que les femmes vivent depuis la nuit des temps. Je sentais tout le corps de mon bébé dans mon bassin et sur mon périnée. La poche des eaux a rompu dans un grand bruit comme une explosion Quelques contractions, il est là, c'est un garçon il s'appellera Solal. Il est arrivé 30 mn après notre arrivée à la maternité. Sans péridurale ni déchirure ni épisiotomie. la naissance comme nous l'avions rêvée ensemble, tous les 3...
J'ai énormément appris avec vous deux et c'est une porte qui s'est ouverte pour moi, je continuerai le yoga. J'ai bcp pratiqué les exercices avant l'accouchement chez moi.
Je me suis servie des positions vues en séance couples, bien sur de la respiration de la vague et des sons. Et de toutes vos paroles, Martine et Isaline, qui ont résonné régulièrement en moi et m'ont donné confiance. Le fait de penser à autre chose en dinant avec des amis m'a sûrement aidé à lâcher prise. Mais le principal c'est le rôle qu'a joué mon "rocher" car lorsqu'il s'éloignait ne serait-ce que de qq mètres l'intensité décuplait!
Merci milles fois pour cette belle préparation et bons accouchements à toutes..
Hanna


Adèle le 2 février 2015


Me voilà en train d'écrire sur mon accouchement trois mois après...
Il m'aura fallu du temps pour que les souvenirs douloureux puissent un peu s'estomper et laisser toute la place à ceux plus agréables, plus positifs!
J'ai suivi les séances de yoga pendant presque toute ma grossesse, interruption d'un mois au 7ème mois parce que mon col était mou et presque ouvert sur les conseils de mon médecin. J'aurais dû t'appeler plus tôt pour avoir ton avis et poursuivre ces séances qui m'ont fait beaucoup de bien.
Les derniers mois de grossesse ont été plutôt tranquilles, allongée, beaucoup...les séances de yoga m'ont permis de garder quand même une certaine mobilité et la pêche!
Un examen très important à la fin du 8ème mois à Saint Etienne m'a pas mal stressé...réviser et en même temps se préparer à accueillir un nouveau-né... pas évident!
J'ai dû faire l'expérience du lâcher prise et m'obliger aussi à me programmer des journées moins remplies!
La veille au soir de l'accouchement, 20 jours avant le terme, nous étions bien tranquilles à la maison, soirée pizza avec une amie. Je reste seule à un moment dans le salon et...tiens, j'ai l'impression d'être un peu trempée... je vais vérifier aux toilettes...rien de trop bizarre, j'en parle à mon compagnon et mon amie, on se dit qu'on verra bien comment les choses évoluent.
Pas de contractions,
Le lendemain, rien de spécial en apparence. Nous allons chanter avec des amis tout l'après-midi. En fin de journée, j'ai vraiment l'impression qu'il se passe quelque chose de différent. Je suis un peu mouillée mais pas trop... en rentrant chez nous vers 19h, je décide d'appeler la maternité. On me dit de venir vérifier si la poche des eaux n'est pas fissurée sait-on jamais!
Nous avons en boucle tout le temps les chants que nous avons chanté cet après-midi avec Joseph mon compagnon... Ces chants nous suivront toute la nuit!
Nous partons tout de suite à la maternité, les mains dans les poches. La clinique est tout prêt de chez nous. Moi qui m'étais imaginée un trajet à pieds le jour J un peu difficile... Là nous rions, on marche vite, on débriefe la journée...bref, nous n'avons pas du tout en tête que je pourrais accoucher bientôt.
C'est un dimanche soir, le personnel de la Clinique est restreint. Nous sonnons et nous attendons notre tour. Je culpabilise un peu en me disant que je vais gêner le personnel pour pas grand chose...
La sage femme arrive et m'installe avec mon compagnon dans une petite pièce. Elle m’ausculte et me prélève un peu du liquide.
Je n'ai pas de contractions, du moins, je ne ressens pas grand chose.
Paf! C'est du liquide amniotique! ''Vous allez rester avec nous, on va vous administrer un antibiotique, étant donné la fissure qui date un peu''. ''Votre col est ouvert à 3 doigts''. J'ai en effet des contractions selon le monitoring et ah oui tiens, c'est vrai, je ressens régulièrement des petites contractions!
On se regarde avec mon compagnon et c'est vraiment étrange... On se retrouve d'un moment à l'autre à la maternité, je vais bientôt accoucher, j'en reviens pas... Je suis un peu effrayé, je ne sais pas à quoi m'attendre et puis je stresse un peu évidemment... Suis-je prête? Vais-je y arriver? Un bébé??? Un mélange de sentiments et d'émotions! Et je fais une petite réaction allergique au médicament dans la foulée!
On nous installe dans une chambre. Il est 21h environ, je ne me souviens plus très bien des heures. Joseph s'endort un peu à côté de moi. Je rassemble mes souvenirs des séances de yoga...la respiration de la vague, les exercices sur le ballon...
J'ai un peu mal mais pas trop. Je me dis...facile finalement! Si c'est ça la douleur...
J'essaie de m'endormir quand j'entends un ''crac'' au fond de moi. Je me redresse, un faux mouvement? Je sens tout d'un coup de l'eau qui s'écoule!!

La sage femme revient, elle semble soulagée ou surprise...''votre accouchement, vous avez envie de quoi?'' Je réponds que pour le moment, je souhaite avoir une péridurale, je lui dis que je ne sais pas vraiment comment je vais supporter la douleur... C'est la découverte!
La sage femme m'examine. Le travail est bien avancé! Je suis à six cm peut-être, je ne m'en souviens pas.
Les contractions se font progressivement de plus en plus fortes. Joseph est près de moi, il m'accompagne. Je pense à des jolis paysages, je ferme les yeux de plus en plus souvent. La douleur commence à être de moins en moins supportable. Je me dis, ça y est, on y est, c'est ça les fameuses contractions!!!
Joseph me guide, il me parle. Il me chante des chansons que je chante à mon tour. De temps en temps il me parle mais ça m'agace vite, ça me déconcentre! La respiration de la vague fait son effet. Ca m'aide beaucoup.
Au bout d'un moment, je n'en peux plus. Le monitoring m'empêche de bouger, tant pis, je me mets quand même à quatre pattes sur le lit. Ca me soulage, Joseph me masse le ventre. C'est presque insupportable, je crie, j'appelle la sage femme pour demander la péridurale. On me répond qu'il faut attendre 10 minutes, la salle n'est pas encore prête. Et oui, c'est dimanche, la pleine lune, la neige, la maternité est bondée et le personnel n'est pas très nombreux!
Les dix minutes me semblent intenables. J'attends un peu mais une contraction est trop forte et je crie à nouveau. On vient me chercher pour la péridurale. On m'aide pour marcher, c'est entre une contraction, j'ai juste le temps de m'asseoir, une contraction très forte arrive, je crie très fort et je sens que le bébé arrive, je le sens là tout près! Avec Joseph on s'exclame ''le bébé va sortir! Le bébé va sortir!'', une contraction vraiment douloureuse arrive et là je dois m'allonger, je crie, je pleure, je suis inquiète!
On me rassure et on me demande ensuite si je vois comment souffler pour pousser.
Je ne pensais pas que la poussée était si difficile. Le bébé rentre et sort, je suis fatiguée! Les contractions sont moins fortes. On attend tous ensemble entre deux contractions, on se regarde, je me repose et hop c'est reparti!
Je pousse et je sens la tête du bébé! Ses cheveux!
Encore quelques poussées et ça y est, le bébé sort! C'est une fille!
Adèle est née le 2 février à 1h45. C'était rapide et fort! Merveilleux, étrange à la fois! Surprenant...
Adèle s'est mise à pleurer en sortant du ventre, elle s'est blottie contre moi et nous lui avons chanté les chants que nous avions répétés ce jour là. Elle s'est tout de suite calmée, confiante.
Que de découvertes, gravées à jamais dans ma mémoire et dans celle de son papa Joseph.
Ma mère m'avait dit qu'on accouchait vite dans la famille mais comment savoir pour son propre accouchement?
Nous avons été malheureusement séparées assez rapidement après, j'ai eu une hémorragie de la délivrance et on m'a transféré au CHU pendant 12h environ. Les semaines qui ont suivies, c'est cet incident qui a pris beaucoup d'importance, il a fallu faire avec et cela a pris du temps.
J'avais un peu idéalisé l'accouchement et finalement, on ne maitrise pas grand chose!
Mais maintenant, avec du recul, du repos, je reviens sur cet accouchement qui s'est quand même bien passé. Les cours de yoga m'ont aidé à traverser cette douleur encore inconnue. Mon compagnon a été ma sage femme finalement. Nous étions presque seuls à vivre ce moment, le personnel ne pensant pas qu'Adèle arriverait si vite!
Merci donc à toi Martine pour cet enseignement. A bientôt peut-être pour la suite...

Marine


Madelaine le 15 février 2015


Depuis quelques temps, je me disais que bien que ce soit un premier bébé, tout pouvait aller très vite. J'avais donc ouvert cette fenêtre dans ma tête. Et quelle ne fut pas mon étonnement !
à 6h au petit matin ding dong tiens tiens des contractions qui ne peuvent pas me laisser indifférente ! les voila ! c'est pour aujourd'hui ! à 6h30 "chéri, je crois que c'est parti", bim bam boum d'un bond il se lève, remplir la piscine, préparer le terrain douillet, être au petit soin, etc… à 6h30 j'envoie un message à la sage femme "allo c'est parti, pour l'instant ça va, mais tout de même les contractions c'est toutes les 5 ou 10 min maximum". Quelques contractions plus tard, à 7h30 ça y est je perds pieds, je vois bien que je ne peux pas lutter, je me laisse donc flotter vers un drôle d'état. Pas du tout désagréable, mais surprenant. … tout de même ça bouscule et surtout je me suis faite avoir par la rapidité des évènements, l'intensité des contractions est à ce moment vraiment forte et je me fait surprendre ! au départ je n'arrive pas à gérer la douleur (si bien que je vomis ! et je ne savais pas que c'était tout à fait normal !) mais après quelques unes je reprends les rênes, je me calme, et entame les fameuses profondes respirations au moment voulu. Plus le travail avance et plus je sens que je me familiarise avec ces douleurs, heureusement passagères. Bien sûr, sur le moment, je ne me dis pas "c'est super les contractions !!" mais par contre, entre deux, quel bonheur. C'est un vrai soulagement et une petite fenêtre pour retrouver le sourire. Le sourire m'a beaucoup aidé entre deux, dans ce temps étrange.
Tout va très vite, à 10h la sage femme m'examine : "col totalement dilaté et si tu veux, tu peux toucher la tête de ton bébé, il est juste là" et en effet, à deux doigts de la sortie, je touche sa petite tête molle… incroyable.
Mais à partir de là, les mystères de la venue au monde font que… la progression s'arrête. Pas les contractions, mais ma petite ne sort pas pour autant. Après plus d'1h30 de tentative, on part à la maternité. Ma petite ne viendra pas au calme à la maison. Tant pis. Je continue à gérer la douleur et ça marche, ce n'est pas insurmontable, le trajet est pénible mais tout va bien, je n'ouvre pas les yeux ou très peu, je les ai fermés presque tout le long depuis 7h30... Arrivés là bas, je vous passe les détails… je dirais simplement que j'ai gardé le sourire et de l'humour, jusqu'au bout et ça a été vraiment important vu l'affolement dans lequel la suite s'est passée.
Bref.
Le souvenir de ces heures à la maison restera longtemps longtemps dans ma tête, durant les nuits qui ont suivies le film est repassé de nombreuses fois. On ignore pourquoi tout ne s'est pas déroulé jusqu'au bout à la maison, enfin.. on a quelques pistes ! il faut juste accepter maintenant et prendre le temps de réparer la brutalité de cette venue au monde.
Aujourd'hui nous sommes ensemble, tout est calme et surtout…. Madelaine.
Un calme rayonnant, sacré.
Nous posons un pas devant l'autre, dans une douceur infinie et ça…. c'est beau, tellement beau.
Bon accouchement à toutes !
Camille

Madelaine



Andjanie le 17 février 2015


j'ai accouché une fille à La Clinique Mutualiste. Andjanie est née le 17 février 2015 à 19h46; 3,33 kg; 52 cm. La date prévue était le 27 février 2015 donc que'elle a chosir de voir le monde 10 jours avant.

Depuis le 14 fév 2015 le soir, j'ai senti la contraction mais c'était irrégulière. Je me suis dit que peut-être à cause de la toux que j'ai eu depuis qq jours. Le lendemain, le dimanche, 15 février 2015 dans l'après-midi, j'ai encore ressenti la contraction mais cette fois-ci était plus souvent mais elle est restée irrégulière.

Le lundi matin, le 16 février 2015, je voulais assister au cours de yoga avec Isaline mais la toux m'empêcher d'y aller. Alors, j'ai appelé mon médecin traitant pour lui dire que la toux n'était pas guérri depuis la semaine dernière. Donc que je suis retournée à 13h pour voir mon médecin traitant et elle me l'a donné une ordonnace d'un syrop homeopathie.

Je suis restée tranquillement à la maison tout l'après-midi et j'ai appellé ma mère qui était en Indonésie, et j'ai raconté c'est tout qui s'est passé depuis le weekend. Elle m'a conseillé de marcher, de continuer mes activités, etc, pour que je ne puisse pas penser aux contractions.

On était tjrs le lundi, 16 fév 2015, vers 19h40, après avoir dîné à la maison avec mon mari, les contraction sont revenues. Cette-fois ci durait à chaque une demi heure. On attendait à peu-près 2 heures pour savoir si la contraction était régulière. Vers 21h30, on a appellé la clinique pour expliqué la situation. Et puis, le service maternité nous a conseillé d'attendre encore 2 heures si la contraction restait régulière. Après avoir appelé la maternité, la contraction durait entre 5 et 10 minutes.

Vers minuit (donc on était mardi, le 17 février 2015), j'ai eu le sang qui coulait un peu petit peu et puis j'ai senti que j'ai eu le bouchon muqueux qui a rompu quand j'ai fait pipis. On a rappelle la maternité, elle nous a dit qu'on pouvait aller à la maternité.

Et puis, on a préparé les affaires tranquillement et on est partis à la maternité. Nous sommes arrivés à 00h45. La sage-femme qui nous a accueilli m'emmener directement dans la chambre pour faire le monitoring de mon ventre et à vérifier la tension. Et puis, elle m'a vérifié le col d'uterus que j'ai eu la dilatation 1.

Deux heures plus tard, pas d'avance sur la dilatation au col d'uterus. La sage-femme a failli m'envoyer à la maison car la contraction était relenti. Mais avant de retourner à la maison, elle m'a vérifié la poche des eaux et apparemment elle était fissurée. Donc qu'elle a décidé de me garder à La Maternité et elle m'a emmenée à la chambre particulière.

Quand je suis arrivée dans la chambre, elle m'a dit que je me reposait un peu. J'ai dormi pendant 2 heures. Quand je me suis réveillée, elle m'a vérifier le col d'uterus et j'ai eu la dilatation 2.

Pendant la matinée, j'ai essayé de faire marcher, de faire les respirations et puis on m'a emmener à la salle nature où je pouvait gérer la contraction avec le ballon, les escaliers, le lit et même le jacuzzi. Mon mari était restée à côté de moi. Il m'a pas laissé une seule seconde.

Dans la salle nature, j'ai senti trop..trop..mal durant la contraction et le col d'uterus ne se dilatait pas. J'ai essayé être dans le jacuzzi pour calmer la douleurs de contractions mais c'était pas gagné.

Vers 15h00 quand la dilatation 4, je me suis plus retenue la douleur tellement ça faisait mal. Et puis, j'ai dit à la sage-femme que je voulais une péridurale. Au fait, on n'a pas pu imaginer la douleur des contractions si on ne le jamais vecues.

Et puis, on nous a emmené à la salle d'accouchement et on a mis la péridurale vers 15h30. Comme j'a i senti trop trop mal pendant la matinée, l'effect de la péridurale m'a aidé beaucoup. Deux heures plus tard, la sage-femme a vérifier le col d'uterus et ça a avancé la dilatation 6!

Enfin vers 19h15, le col d'uterus a eu la dilatation 10! La sage-femme qui m'a accompagnée le travail tout tout long de la journée m'a dit que ce serait l'autre sage-femme qui allait m'aider à accoucher car la prémière a fini ses horaires de travail.

Et puis on s'est préparées à faire l'accouchement. La sage-femme qui m'a aidée à accoucher, a dit qu'elle allait dire au moment que je devait pousser pour que le bébé sorte. La travail exact a commencé à 19h35. J'ai poussé la bébé par la respiration et puis au 3ème respiration la tête du bébé est sortie, et j'ai continué à respirer et boom! La bébé est sortie d'un seul coup comme elle est descendue du tobogan et la sage-femme a failli la manquer! Heureusement elle a eu un bon reflet et elle a réussi à attraper la bébé.

Andjanie Amandine Gouteron est née sans la difficulté le 17 février 2015 à 18h46. Elle a choisi le jour de carnaval (mardi gras pour voir le monde). Elle était enfin dans mes bras après 24h de contraction dont 20h sans la péridurale. Mais, j'étais heureuse d'essayer jusqu'au bout. La plus importante qu'elle a la bonne santé. Elle a eu son instinc à chercher mes seins directement et a fait teter, pendant on m'a fait la cicatrice. Le docteur m'a dit que j'ai perdu du sang mais j'ai rien senti tellement que j'étais heureuse que la bébé était dans mon bras. Quant au mon mari, il a assisté tout au long du travail et il m'a soutenu beaucoup.

Deux heures plus tard, on voulait m'a emmené dans la chambre, et là, quand je me suis levée du lit, j'étais black out. J'ai eu hemorragie post-délivrance et je me suis évanouie. Heureusement d'ailleurs, ça durait pas lontemps car mon mari m'a attrapé dans ses bras et il m'a parlé en essayant de me réveiller. Qq minutes plus tard, j'étais revenue à mon état et je me suis sentie très très fatigue. Mais oui...pendant 24h, j'ai rien mangé ni bu.

En tout cas, merci beaucoup Martine, pour le cours de yoga qui m'a aide beacoup tout au long du travail, surtout les respirations, ainsi que le physiquement m'a aidé à retenir les forces et l'énergie durant le travail.
Je souhaite bon courage pour les femmes qui accouchent bientôt.
Je t'embrasse,
Ita

image2



Zélie le 24 février 2015


J'ai accouché de Zélie le mardi 24 février, et ce fut une expérience magnifique!

Tout d'abord, merci, car je pense que le yoga m'a mise dans les conditions idéales, physiques et mentales, pour le vivre à fond!

Le jour de mon accouchement, les contractions ont commencé vers 3h30 du matin.
J'ai attendu une heure, temporisé en prenant une bonne douche, puis appelé mon conjoint pour partir à la maternité (on habitait loin, et les contractions se rapprochaient tout de même à 5 minutes, ma grosse hantise était que ça s'accélère trop avant qu'on arrive à la maternité).
Pendant qu'il se préparait, j'ai pu marcher un peu dehors dans la nuit, c'était beau.
Pendant tout le trajet, je me suis mis de la musique que j'aimais, j'avais l'impression de partir en voyage, comme ça, en roulant de nuit, ça me rappelait les départs vers les aéroports au petit matin, et je me sentais très bien, euphorique et très heureuse.
Pendant les contractions, le souffle de la vague marchait très bien pour les accompagner, et ça s'est très bien passé.

Arrivés à la maternité sans encombre, on ne s'est pas pressés, on a encore fait un tour dehors avant de monter aux urgences.
Là, on nous a effectivement dit après examen que le travail avait bien commencé, mais que ça pouvait être long.
On est donc retournés se balader une heure, prendre un petit déjeuner, etc...
En remontant, j'ai senti que les contractions passaient un degré au dessus, et là; le vrai travail a commencé.
Le personnel de la maternité a été très respectueux de notre projet, très soutenant et gentil, et nous a très bien accompagnés.
Dans un premier temps, je ne voulais pas de péridurale, et donc ils nous ont installés dans une salle avec un ballon de yoga.
Là, de 9h à 14h, j'ai pu donc gérer comme je voulais, avec les mouvements de l'infini du bassin assise sur le ballon, notamment, le souffle de la vague, des mouvements de bras...
Un moment donné, j'ai voulu réessayer une position debout, et là, ce fut le moment le plus fort pour moi.
Je me suis mis la musique de Lhasa , "La marée haute", en boucle dans les oreilles, et je me suis mise à danser sur cette chanson que j'adore, entrainant mon conjoint dans la valse, puis m'accrochant et continuant à danser contre le mur pendant les contractions, qui sont devenues du coup hyper rapprochées et très intenses.
Apportez de la musique à la maternité, dansez votre accouchement, c'est tellement fort!

Bon, du coup, j'ai dépassé un seuil de douleur que je n'arrivais plus à supporter, et j'ai demandé une péridurale.
Mais je ne l'ai pas regretté, car j'ai vécu un super moment avant, et la péri m'a permis de souffler un peu pendant quelques heures et de reprendre des forces pour la suite car j'étais épuisée.
Après quelques heures sans sensations où j'ai repris des forces, l'effet de la péridurale s'est estompé, j'ai ressenti à nouveau les contractions, mais sans qu'elles soient trop dures à gérer car un peu atténuées, et j'ai pu vivre toute la fin du travail en accompagnant mon bébé dans les contractions avec le souffle, des petits mouvements de bassin couchée sur une petite bouée, et des sons très graves, mon conjoint m'accompagnant dans les souffles et les sons. Ce moment à trois fut très intense aussi. On se sentait vraiment en communion avec le bébé, pour l'accompagner vers la sortie.
Après tout ça, à 20h13, mon bébé est sorti en dix minutes, tellement j'ai poussé comme une folle!
Je n'ai pas vu le temps passer dans cette journée hors du temps. Tout était tellement fort, les heures ont passé si vite et en même temps si pleines!
Un moment unique!
Avec ou sans péri, l'important est de s'écouter et de faire ce que l'on sent au moment où on le sent pour bien vivre ce moment magique comme on le souhaite. J'étais partie pour essayer d'accoucher sans péridurale, et j'avais peur de vivre comme un échec le fait de la demander, mais à un moment donné, elle s'est imposée à moi, je ne me suis pas posée la question, c'était mieux ainsi, et je ne l'ai pas du tout regretté, car j'ai pu bien vivre ainsi chaque moment de cette journée inoubliable.

Emmanuelle

Zélie

Tu es née de la mer
Des vagues de mon corps
Qui t’ont bercée si doux
Qui t’ont poussée si fort
Pour te guider vers nous
Vers la lumière

Tu es née de la terre
De ton père comme un roc
Où accrocher mon flanc
Où amarrer ma coque
Où reposer mon sang
Dans la tempête

Tu es née de nos chants
Et nos souffles mêlés
Te tressant un chemin
Pour t'aider à passer
Du creux de mon bassin
Jusqu’à la porte

Tu es née de nos mots
Du chant de nos prières
Des anges au-delà
Qui nous veillent sur terre
Et qui ont entendu
Nos voix et nos appels

Tu es née des étoiles
Descendues dans mon ventre
Poussière de galaxie
Parcelle d’univers
Miracle de la Vie
Ma petite Zélie
Tu es venue,
Merci
Emmanuelle


Ariel le 7 mars 2015


Je ne serai pas au cours de jeudi, ce sera le jour ou je quitterai la maternité avec un très joli petit garçon,
Ariel est ne pour notre plus grand bonheur. J'ai tellement lu de récits d'accouchement ces derniers mois sur le site que je suis très très heureuse de vous conter le mien.
Mon accouchement a été magnifique, je n'aurai jamais pense qu'il serait ainsi.

Le terme était prévu pour le 14 mars. Dans la journées du 7, par un beau samedi ensoleille nous étions alles marcher un peu en montagne puis en ville. J'etais vraiment très fatiguée et je me suis reposée dans l'apres midi avec une grosse sieste (quelle excellente idée j'ai eu).
J'ai eu l'impression toute la journée de perdre un peu de liquide, en tout cas d'avoir encore plus souvent que d'habitude envie d'aller aux toilettes. Je crois que j'avais rompu la poche des eaux des l'après midi mais ne m'en suis pas rendue compte.
Le soir on est allé au resto avec des copains et en rentrant vers 22h j'étais de mauvaise humeur: j'en avais marre des aliments interdits, de ne pas pouvoir mettre mes chaussures, maintenant en plus de ne plus retenir ma vessie et de devenir incontinente, bref...
Avec le recul je me rends compte que tout cela annonçait le début du travail...
Je me couche tard et me réveille une heure plus tard, a 2h30 en me disant que quelque chose ne va pas, que ça "coulait". Je vais aux toilettes, effectivement "ça" coule, un peu, légèrement. En moi je pense "ok c'est parti.Mince, il va falloir faire venir ces contractions maintenant sinon je vais être déclenchée " (Je craignais cela, d'être déclenchée) et en même temps je suis très sereine. Je me prépare tranquillement, appelle la mat pour être sûre que je dois bien venir et que je ne peux pas continuer ma nuit comme j'en aurai envie. Je réveille le papa a 3h, on se fait un petit dej tranquillement et on décide de partir a pied.
Je n'ai aucune contractions, en tout cas pas douloureuses.
Depuis le quatrième mois j'ai des contractions non douloureuses qui m'ont fait craindre longtemps un accouchement en avance (absolument pas finalement) et qui sur la fin de grossesse semblaient ne servir a rien, (la suite vous prouvera que non...)
On part, on est serein, ce sont les grandes eaux qui coulent gentiment dans mon pantalon désormais, plus de doute.
En arrivant on est accueilli et première bonne nouvelle je suis dilatée a deux doigts (incroyable)

Le monitoring montre des contractions que je ne sens pas (celles que je connais, le ventre se tend mais pas de douleurs fortes) jusqu'à la dernière que je sens bien passer. Super le travail commence tout seul. Mais comme c'est un premier bébé, on se doute bien que cela va mettre du temps! Je dis a la sage femme que dans l'idéal on aimerait essayer le travail sans péridurale, si c'est possible pour le bébé. Avec le recul je réalise quelle a bien fait part de notre souhait a la sagefemme qui a pris le relais a 7h, toute l'équipe de la clinique mutualiste a été au top.

La sage femme nous donne notre chambre et nous conseille de nous reposer et de revenir en salle de naissance lorsque les contractions ne seront plus gerables. elle nous explique que je serai déclenchée au plus tard le lendemain a vingt heures, si le travail n'est pas assez rapide.

Il est 5h30.
..
Le papa s'endort sur le canapé
Moi je me mets au lit.
Dix minutes plus tard je ne peux plus y rester, l'intensité des contractions me surprend. Heureusement, j'avais pense a demander un ballon et je m'assois dessus, je ne crois pas se j'aurai pu tenir debout.
Le papa dort tranquillement, moi je sens les premières vagues et suis vraiment surprise par leur force. Elles viennent toutes les cinq minutes, puis rapidement toutes les quatre minutes puis trois puis deux minutes... Je danse l'infini, mets de la musique (j'avais prépare une play liste douce, belle musique africaine et reggae) et tente la respiration de la vague: quel étonnement!! Je n'arriverai pas du tout a m'en servir de tout l'accouchement!! Moi qui l'avait tellement pratiquée a la maison ou au cours, la, l'expiration me soulage effectivement mais l'inspiration est terrible, elle me donne l'impression de faire remonter la douleur,
Je gère comme je peux. Je vais prendre une douche, l'eau chaude me fait du bien.
Je réveille le papa, on décide de partir en salle de travail. Le trajet est intense, j'ai du mal a marcher pendant la contraction. Je me dis que je n'ai pas tenu très longtemps dans ma chambre.
La salle nature est libre!! Toutes mes pensées se dirigent vers cette baignoire dont j'ai RÉVE tous ces derniers mois (nous n'avons qu'une douche a la maison)
Je pense: pas de respiration de la vague mais un bain, voilà qui va m'aider.
Il est 7h30, les sages femmes ont tourne.
Déception en arrivant dans la salle nature. La sage femme qui nous accueille, Muriel, me dit qu'il n'y a pas d'eau, qu'elle ne fonctionne pas, et il n'y a pas de douche. mais elle connaît mon nom et sait que mon projet est de tenter d'accoucher naturellement. Ce lien fait entre les équipes me rassure, me met en confiance.

C'est amusant après coup, mais pas de bain et pas de vagues, je suis un peu perdue et la confiance en moi en prend un coup. Et immédiatement les contractions deviennent plus difficiles a gérer.

Je me mets a quatre pattes, instinctivement, (alors que j'ai beaucoup de mal a tenir cette position normalement, c'est fou). J'appuie tout le haut de mon corps sur le ballon, position que je ne quitterai plus pendant des heures.

Heureusement avec sylvain, on trouve notre recette magique: cette position et des points d'acupression ( appris pendant la préparation avec ma sage femme. pendant la contraction et faits par le papa, Certains points sont abandonnes très vite. finalement c'est un point dans le dos que le papa va utiliser pour me faire mal et je vous jure cela aide beaucoup.
Je me concentre sur le moment présent, interdiction de se projeter, je me concentre sur la détente. Je pense a mon bébé.

Mais l'intensité est forte! Et pas de baignoire pas de respiration de la vague je panique en pensant aux heures de travail (tout ce qu'il ne faut pas faire n'est ce pas martine?) et demande au papa d'aller chercher Muriel et la péridurale.
Il m'avoua après (il est vraiment super ce papa) lui avoir dit "je ne pense pas qu'elle la veuille vraiment mais elle a besoin d'accompagnement"
Muriel revient

Et la commence un travail d'équipe, quelque chose d'incroyable. Elle nous dit qu'il faut que nous trouvions un rituel pendant la contraction: on continue ce qui marche: moi couchée sur le ballon en avant, les mains du papa sur le sacrum ou dans le dos, et des "om" de plus en plus forts qui ne me lâcheront plus. Au début le papa les fait avec moi mais je me rends compte que ça me déconcentre.Alors il s'en sert jute comme signal du début de la contraction pour être la, présent.
On est la tous les trois, avec mon bébé. Muriel m'encourage, m'accompagne. Je sais que l'on discute entre deux contractions, elle me pose des questions j'y réponds cela me change les idées. Le papa me dira après coup que même si elle s'intéressait a mes réponses tout cela n'était que stratégie. Moi je n'en ai rien vu. Puis, de plus en plus je ferme les yeux tout le long, me concentre dans mon monde

Les contractions sont intenses douloureuses mais tout cela est gerable: je reste dans le moment présent, pense très fort a la prochaine détente, et uniquement a elle. A chaque fois que je me suis projetée dans le temps le travail a ete plus difficile. Muriel me le rappelle. Sylvain m'aide dans les sons. Je deviens de plus en plus déconnectée d'eux.
De temps en temps je pense: mon dieu si cela dure des heures cela va être dur.
Rappelez vous! A 5h j'étais dilatée a deux, a 9h Muriel me repropose de faire le point: dilatation a 7!!!! Je comprends mieux cette intensité et pourquoi j'ai été surprise par elle!!
Cela me redonne du courage.
La sage femme me dit qu'à midi nous serons trois, vous imaginez?

Et la commence la deuxième parie de l'accouchement, beaucoup beaucoup plus diffice pour moi.

J'avais beaucoup travaille a la maison mon bassin, travaille l'ouverture, tenter de visualiser.
Je n'avais pas imaginé que la descente était aussi longue. Pour moi, des que le col était ouvert le bébé glissait dans ce tunnel comme dans un toboggan!!! Et bien ... Pas du tout...
Il aura fallu encore quatre heures de contractions et de poussée. On tente les espaliers, je tremble je suis fatiguée.
La vraiment je dois ce merveilleux accouchement, cette force de l'accouchement gère sans péridurale grace au papa et a Muriel. Bien sur c'est moi qui vit l'instant, mais ils restent présents, je fais mes om toute seule mais je sens leur présence près de moi a chaque contraction. Ils ne m'ont jamais repropose de péri (qu'à ce moment j'aurai accepté, avec une césarienne en ag, n'importe quoi pour que l'intensité s'arrête)
J'ai eu une dose de dérive de morphine, j'ai adoré, j'ai pu souffler pendant quelques contractions. J'étais toujours couchée sur mon ballon mes ooooommmm étaient de plus en plus forts.
Pour faire descendre le bébé Muriel me propose de me pendre aux espaliers.
C'est dur, je commence a pousser vers le bas pendant les contractions

Pour moi la délivrance est proche, je me trompe et cela me fatigue. Je me fatigue. Je perds confiance mais je continue. Je tourne mes pensées vers le bas et je donne tout. Je parle au bébé a haute voix, je l'encourage.
Pendant deux heures on continue comme ça. Quelqu'un (?? Une sage femme probablement) me fait de l'acupuncture qui est censée aider le bébé a descendre. Cela marche probablement mais j'ai seulement un souvenir flou d'avoir des aiguilles partout, je me les enfonce et les tords quand je change de positions a cause de la fatigue.

On part en salle d'accouchement
Je n'y crois plus (c'est fou ce manque de foi en moi, en fait tout se passait très bien et tout était normal, je ne comprenais pas pourquoi ce petit bolide du début prenait tellement son temps)
Les deux heures de poussée ont été... Très très longues.
Le bébé faisait le yoyo et je voyais aux trois personnes présentes que même si je poussais correctement cela n'étais pas assez efficace. Puis il a eu la tête du mauvais cote et Muriel l'a déplacé. C'était dur. Vraiment dur.
Le bébé est finalement sorti, juste avant treize heures
C'est dur de décrire tout ça. C'est un garçon!!! Il m'étonne par sa perfection, il tete (il tete!!!)

Pendant que Muriel s'occupe de moi, du placenta (et de la déchirure :-) ) je me souviens qu'elle me pose plein de questions sur la préparation yoga. Elle me dit que les femmes qui suivent cette préparation, la tienne, sont les mieux préparées, qu'elle est impressionnée par notre capacité a gérer la douleur sans se laisser envahir par elle.
Elle me dit aussi qu'elle a senti des le départ que je pouvais y arriver, qu'on pouvait y arriver, que cela se sentait, alors que moi j'ai vraiment doute de moi.

Cela m'a émerveille. D'avoir réussi. D'avoir eu ce premier accouchement magique, sans péridurale,
Comme vous l'avez compris, j'ai eu beaucoup de chance, que le futur papa assure aussi sereinement, que la sage femme soit cette perle, et que mon si beau bébé y ait cru, et ai fait le chemin si vite au début. Sans eux je n'y serai probablement pas arrive de la même façon.

Et puis le yoga. Tu ne peux pas savoir Martine a quel point tes cours ont changé tout ce que j'imaginais sur la grossesse, puis sur la maternité. Sans toi non plus rien n'aurait été possible.
Je suis persuadée intimement que le bébé est venu si vite grace au travail de visualisation, au lâcher prise, a la confiance, a la gestion de la douleur (respiration abdominale, sons, concentration sur le moment présent, ne pas lutter pendant la force de la contraction, puis se de tendre, se détendre, se concentrer sur le bébé...)
J'ai adoré venir a tes cours et ils ont changé mon comportement a plus long terme. J'ai pratiqué beaucoup chez moi, tous les jours a la fin. J'ai eu la chance de passer tout un we avec Sylvain a Evian avec toi, et cela nous a rapproche tous les deux, en tant qu'équipe et ça aussi ça a joue beaucoup. Je conseille vraiment aux futures mamans de faire un de ces we, même sans le papa.

Cet accouchement a été tellement magique que je gère très bien les premiers jours, avec confiance, moi qui redoutais la fatigue, l'allaitement...
Je vous écris d'ailleurs pendant les tétées et la, il est 5h du matin, mon adorable petit bonhomme n'a pas dormi du tout, et moi non plus, mais c'est fou comme je gère cette fatigue, les pleurs, le début de l'allaitement avec confiance. Je sais faire. Je l'ai prouvé.

Merci mille fois
Toutes mes pensées yogi pour toutes les futures mamans. Faites vous confiance.

Claire

image



Inès le 10 mars 2015


Voilà le récit de mon accouchement… mon bébé est arrivé 7 jours avant le terme.
Alors qu’on m’a dit, durant toute ma grossesse, que mon bébé appuyait sur le col et que mon utérus était très contractile, à la visite du 9ème mois le bébé était remonté et j’avais du coup beaucoup moins de contractions. J’ai pleinement profité de ces dernières semaines étant particulièrement en forme et rayonnant pleinement de la vie que je portais en moi… Afin d’être en contact avec mon bébé j’avais établi plusieurs rituels comme autant de moments de partage. Le matin lors du passage de l’huile sur mon ventre mon bébé venait se faire caresser sous ma main, en fin de journée lors d’écoute de musique je dansais avec lui, il se manifestait clairement. Ces moments était particulièrement forts et m’ont énormément apporté, du réconfort en cas de coups de blues et beaucoup de confiance notamment pour l’accouchement. Je savais que nous allions faire équipe, que mon bébé était là et que nous y arriverions ensemble. Ainsi ces moments m’ont apporté beaucoup de sérénité.
Ma seule crainte était que finalement j’accouche après terme avec déclenchement, or le yoga m’a permis de faire des exercices de visualisation et d’ouverture du bassin. Le cours que j’ai suivi 5 jours avant d’accoucher, après vous avoir confié ma crainte à Martine, a beaucoup contribué à faire bouger les choses. Suite à ce cours j’ai rajouté à mes petits rituels des exercices pour favoriser l’ouverture du col. Je me suis rendue compte que lorsque je visualisais mon col je ne le voyais que fermé à double tour alors j’ai remplacé cette image par un col ouvert… J’ai senti durant ces jours de nouvelles sensations arrivées dans le bas ventre, plus de contractions aussi, mais j’ai continué mes activités comme d’habitude.
Et quelques jours après, voici mon accouchement… Lundi soir, mon mari et moi nous couchons après avoir regardé une émission. C’est un jour où j’ai été fatiguée, mais cela m’était déjà arrivé de l’être ainsi et je n’avais pas eu de pulsion de ménage particulière… Par contre, ce soir là, mon bébé est vraiment bien agité dans le ventre, il donne des coups à droite, à gauche, bouge beaucoup. Par ailleurs je sens des douleurs plus basses, comme si les ovaires étaient douloureux. Je me mets donc au lit mais ai du mal à m’endormir, me tourne dans un sens et dans l’autre sans trouver le sommeil. J’ai toujours quelques douleurs. Je m’interroge sur ce qui est en train de se passer et finalement c’est la faim qui me fait me lever. Il doit être 1 heure du matin et je me permets de manger tout ce qui me fait envie, des gâteaux, du lait, du yaourt, du jus de fruit. Cela me fait du bien, puis, je décide de faire quelques exercices sur le ballon, sentant que mes douleurs sont liées à des contractions plus ou moins régulières entre 10 à 20 minutes de fréquence. Parfois j’essaie de me reposer, de m’allonger sur le canapé mais cette position m’est très inconfortable. Du coup je me ballade dans l’appartement tout en faisant des exercices de l’infini, de balancement, etc. Vers 3 heures du matin, en allant aux toilettes, je constate un léger saignement. Ne sachant pas trop ce que cela signifie, si cela peut être une raison d’aller à la maternité, je décide d’appeler la maternité. On me dit que le col travaille mais je ne demande pas d’autres informations ne voulant pas trop savoir si cela pouvait signifier le début imminent du travail. Continuant à sentir des contractions régulières, je décide d’écouter de la musique afin de me reconnecter avec les moments d’intimité et de partage vécus avec mon bébé pendant ce dernier mois de grossesse. Sachant, par ailleurs, que le bébé n’a cessé de bouger durant toute la nuit, d’être avec moi durant tout le temps des contractions. Vers 4 heures du matin, je décide de prendre une douche, de me laver les cheveux… Je crois que c’est à ce moment là que j’ai senti des contractions plus rapprochées, environ 5 minutes, et plus douloureuses. Je prends quand même un spasfond me disant sait-on jamais… Je continue à gérer la douleur des contractions en appliquant ce que j’ai vu au yoga. Je fais la respiration de la vague, j’envoie de la lumière dans mon bassin que je détends complètement à chaque contraction. Ensuite, je décide de préparer mes affaires de toilettes tranquillement, de rassembler les dernières affaires que je souhaitais mettre dans mon sac, tout en gérant les contractions. Vers 6h30 je me dis qu’il faudrait que je réveille mon mari qui lui n’a pas fait son sac. La douleur est devenue plus présente et je suis maintenant convaincue qu’il faut que nous allions à la maternité pour que je me fasse examiner. Mon mari n’avait pas bougé de la nuit il m’a dit après coup qu’il sentait qu’il se passait quelque chose mais qu’il sentait beaucoup de sérénité ce qui ne l’avait pas poussé à se lever plus tôt. De mon côté je préférais qu’il dorme afin d’être en forme pour la suite des évènements et par ailleurs j’étais particulièrement bien à vivre ces premières heures dans mon intimité. Pendant que mon mari se prépare l’intensité des contractions monte encore, je me plie en deux, fais une longue pause et continue la respiration et l’ouverture. 7h30, nous arrivons à la maternité ; je suis examinée à 8h et la sage femme me dit que mon col est totalement effacé et ouvert à 3. Je n’en reviens pas du chemin déjà accompli et prends conscience que ça y est, dans quelques heures, on va avoir notre bébé dans les bras. La sage femme me demande ce que je veux pour la suite du travail : une prise en charge de la douleur, la salle nature ou aller m’installer dans la chambre. Je choisis d’aller dans la chambre avec un ballon, la sage femme nous redonne rendez-vous à 10h30. Mon mari range toutes les petites affaires, dehors il fait beau, un rayon de soleil entre dans la pièce. Moi, je ne peux pas l’aider toute concentrée que je suis pour gérer la douleur. Je ne me sers pas du ballon que je trouve inconfortable, je gère les contractions debout en pliant les jambes, en élargissant mon bassin, avec toujours la respiration de la vague et la visualisation d’images qui me font du bien. Jamais je n’ai opposé de résistance à une contraction, je les ai toujours acceptées et vécues pleinement. La douleur devient intense, la difficulté vient de la position idéale qu’il faut trouver pour gérer la douleur sachant que cette position évolue au fur et à mesure du travail. Je sens alors la différence entre une contraction gérée sans concentration et dans une position pas idéale et la contraction gérée avec concentration et une position qui me permet de la gérer au mieux. A 10h30, nous retournons voir la sage femme afin qu’elle m’examine. La douleur est maintenant très vive et plus basse encore dans le bassin. A sa et ma grande surprise elle m’apprend que tout est détendu et que mon col est ouvert à 8, elle me garde donc en salle d’accouchement pour la suite du travail.
Vient alors la question de la péridurale, qu’il faudrait bientôt poser si elle était souhaitée afin qu’elle agisse avant le travail de poussée. Un peu désemparée je ne sais quelle décision prendre. D’une part, j’ai déjà bien travaillé et appréhende un peu la suite à savoir si je vais pouvoir gérer la poussée sans regretter quelques minutes auparavant de n’avoir pas pris la péridurale, d’autre part, à ce moment là je vois l’intervention médicale, la réalisation d’une piqure comme une agression à un moment où je vis mon corps dans une profonde intimité. La sage femme nous laisse réfléchir une bonne heure sachant par ailleurs que le travail continue. Je prends finalement la décision de la pose de la péridurale en prenant conscience que mon objectif pour cet accouchement était d’aller le plus loin possible sans péridurale afin de pouvoir gérer « en autonomie » les contractions et l’ouverture du col mais que finalement j’avais moins préparé la poussée et l’appréhende donc avec plus d’appréhension. Ainsi, c’est déjà satisfaite du travail accompli que je prends cette décision, en me disant que pour un deuxième bébé je préparerai un peu mieux cette partie là et que j’aurai une marge de progression ! J’ai joué la prudence. La pose a été compliquée par une ancienne scoliose me mettant un petit coup au moral sans néanmoins rien regretter. Ainsi, la sage femme nous laisse un long moment pour récupérer d’une part et pour que le bébé descende petit à petit dans le bassin. Je suis alors allongée, le travail ralenti un peu, c’est un moment de récupération. Je sais que si j’avais du gérer cette descente sans péridurale j’aurais cherché d’autres positions et ne serais pas resté couchée mais aurais été plutôt dans des positions verticales. Tout serait allait alors beaucoup plus vite. Après que la sage femme m’ait conseillé de me coucher sur le côté droit je sens que le bébé descend. Malgré la péridurale la douleur est forte. J’ai choisi de ne jamais appuyer sur le bouton me permettant de la doser afin de toujours avoir des sensations. Finalement, la douleur ressentie dépassera celle vécue pendant les contractions. Il est possible que la péridurale ait eu un effet un peu moindre sur moi. Je sens le bébé descendre, comme un gros ballon qui m’écarte le bassin, il est bientôt temps de pousser. La sage femme me parle d’un entrainement et la douleur est finalement si forte que mon objectif est d’aller le plus vite possible. C’est alors que je pousse au maximum sans faire de pause, ne faisant que reprendre mon souffle, et en un quart d’heure notre petite Inès arrive. C’est une partie de l’accouchement qui m’a beaucoup impressionnée et dont la douleur et la force, malgré la péridurale, ont bien dépassé ce que je pouvais imaginer.
Je suis aujourd’hui heureuse de la manière dont s’est déroulé mon accouchement et me dis souvent que je ne pouvais espérer mieux. Je suis profondément heureuse des moments que j’ai vécus avec mon bébé avant qu’il n’arrive à travers les rituels quotidiens que j’avais mis en place, moments d’intimité, d’exercice, etc. Merci pour votre apport à travers vos cours, à travers vos livres, vos paroles rassurantes et justes et qui ont toujours eu un profond écho en moi. Merci à mon mari qui a toujours été là, a respecté mes choix et la manière dont je vivais cet événement, a d’abord été un observateur disponible puis a plus activement participé au fur et à mesure que l’accouchement avançait jusqu’au travail de poussée, où sa présence à mes côtés m’a permis de puiser plus loin l’énergie et de garder confiance. Encore merci.
Marie

Samuel le 24 mars 2015


Voici le récit de mon accouchement et de la naissance du petit Samuel le 24 mars dernier.
Pour info, j’ai fait du yoga prénatal de septembre à mars ainsi que de la sophrologie avec ma sage-femme. Mon conjoint avait également participé à une séance de Yoga avec les papas et une session de préparation à l’accouchement.
Depuis le début, je me demandais bien comment j’allais pouvoir gérer mon accouchement (souhaité si possible) sans péridurale, moi qui suis plutôt une cérébrale « en mode TGV » alimentée par un moteur à charbon émotionnel. Je me demandais quelle part de moi allait bien l’emporter.
Super travail d’équipe, je tenais à remercier Martine, Isaline, Catherine, Joëlle Estivals (sage-femme de la prépa à l’accouchement). Merci encore à mon époux et l’équipe de nuit de la maternité de la Tronche qui m’ont soutenue et encouragée pendant tout le travail.
Il faut savoir que le terme était prévu pour le 3 avril et que le samedi 21 mars nous avons visité une maison sur Voiron qui nous a tapé dans l’œil. A priori un coup de cœur pour tous les deux. Du coup, je décide de rester bien tranquille tout le dimanche sur le canapé. C’est décidé, nous iront revisiter la maison le lundi 23 soir. Sauf que le petit Samuel en avait décidé autrement. Lui aussi voulait nous donner son avis sur le futur nid familial.
Dans la nuit de samedi à dimanche, il est 2h du matin et je suis à priori réveillée par un début de travail. Je décide de prendre un bain, je mets de la musique. Les contractions sont très supportables et espacées de 8 min. Je fais les sons, c’est plutôt agréable comme sensation. Après cela je me fais toute la série des cours de sophrologie de Joëlle. Je note la fréquence de contractions qui est toujours la même depuis le début. Je me refais un deuxième bain histoire de confirmer que ce n’est pas un faux travail. Tout de même, on devait visiter cette maison le soir venu.
Cette fois le bain a refroidi, il est 7h du mat’, je préviens mon conjoint qui dormait bien que nous n’irons surement pas visiter la fameuse maison. Il me demande pourquoi, je lui dis que notre petit se prépare à venir au monde. Ok donc, il décide de ne pas partir travailler. On déjeune, puis je fais l’infini sur mon ballon devant l’émission des maternelles. Entre 7h et 9h les contractions se sont légèrement rapprochées toutes les 6 minutes.
A 10h on décide de partir à la maternité. Lorsque je m’agite un peu pour prendre mes affaires, je sens davantage les contractions. Il fait beau ce jour-là et moi qui avais pensé aller à la maternité à pied si c’était le cas (en temps normal cela prend 20 min et il y a un muret quasiment tout le long pour s’assoir en cas de besoin sur le trajet) mon côté terre à terre prend le dessus. Même si je sais que c’est bon de marcher, j’ai peur de perdre les eaux en chemin, et qu’à l’hôpital on me renvoie chez moi et devoir faire un retour à pied. Bref nous prenons la voiture.
Nous arrivons à la maternité à 11h, le col est dilaté à 3. Je suis placée sous monitoring, je bouge un peu dans la chambre mais le travail n’avance pas et finalement au bout de 2 heures on m’envoie me balader et manger un bout. De retour dans ma chambre, re-monitoring… je ne suis pas seule, je ne me sens pas à l’aise pour faire quoique ce soit, bref je reste allongée. Vers 16h, la sage-femme me propose de retourner me ballade ou de rentrer chez moi si je préfère vu qu’on n’habite pas très loin. Les contractions sont toujours espacées de 6 minutes. Petit coup au moral des troupes mais on décide finalement de rentrer à la maison où on sera mieux à notre aise.
A la maison, je m’installe sur le ballon. A 18h, l’intensité des contractions augmentent nettement, à partir de là je ne regarde plus la montre, c’est mon ami qui s’en chargera. C’est également à partir de ce moment-là que je vais solliciter son aide, et ce jusqu’au bout. Nous avons tenté 2 ou 3 positions mais finalement celle qui me soulagera le mieux et qui sera utilisée jusqu’à la fin quasiment : c’est moi assise sur le ballon et lui qui me soulèvera en me prenant sous les bras. J’ai la sensation que les contractions ne se rapprochent pas et d’un coup je prends conscience que la nuit tombe. Les contractions sont vraiment intenses, j’ai franchement mal. J’ai beau respirer et imaginer la bulle de bien-être (celle qui nous entoure à 1 m), j’ai l’impression que la respiration me fait du bien seulement de la tête au pied, mais que la douleur elle, se propage au-delà de mon corps dans cette fameuse bulle. Je regarde alors mon mari, un peu désespérée, et je lui dis décidément ça ne sera surement pas pour aujourd’hui. Sur ce, je perds les eaux. Ouf !! On va enfin retourner à la maternité et pouvoir commencer les choses sérieuses.
Prendre ces affaires, mettre une serviette de plage dans le pantalon car je n’arrête pas de perdre du liquide. Un sac poubelle sur le siège de la voiture et nous voilà parti. J’arrive dans le hall, le gardien qui me trouve accroupie suite à une contraction va me chercher un fauteuil. Cette fois je vais direct en salle d’accouchement, dilatation à « ?? » Je ne me rappelle plus 5 ou 6 je crois. Les sages-femmes me demandent si je souhaite la péridurale car l’anesthésiste est disponible. Je leur dit que mon projet à la base était d’essayer de faire sans, mais que là je me sens crevée et que si il me reste une heure de travail je m’en passerai bien mais que si cela devait encore durer 5 h alors, je crois que j’allais craquer et oui déjà 20h de travail !!! Mentalement ça fait long. Bref elles me disent que si tel était mon souhait, il n’y a pas d’urgence que l’anesthésiste est là toute la soirée, elles me demandent si je veux le ballon et vont me le chercher. Nous restons globalement tous seuls pendant cette phase mais les sages-femmes font des A-R fréquents et surtout m’encouragent à chaque passage. Je suis dans un espèce d’état second qui fait qu’à chaque fois que la douleur augmentait je me disais mais qu’elle idée stupide de se faire subir ça alors qu’il est possible de moins souffrir. Ensuite à chaque période de calme, je respirais, respirais, respirais pour m’apaiser et je ne pensais qu’à ça respirer (pas à me faire piquer).
Au bout d’un moment, je sens que le bébé descend et veut sortir. Les sages-femmes sont dans la pièce d’à côté en train d’accoucher une autre femme qui est un petit peu en avance sur moi. J’ai un peu peur d’être toute seule avec mon conjoint à ce moment-là mais elles arrivent bientôt. Je m’installe sur le côté, c’est le moment de la poussée !!! C’est très intense, un peu comme un train qui devait passer par une gare trop petite pour lui. Les sages-femmes me disent qu’il faut pousser plus fort pour l’aider à sortir, j’ai vraiment très mal. Je les supplie de m’aider, j’ai les larmes aux yeux. J’ai même mordu l’index de mon conjoint qui était à portée de mâchoire mais cela je n’en ai aucun souvenir. Finalement la tête passe, il reste encore les épaules, même partie de plaisir !! Ensuite c’est la délivrance. Il faut encore expulser le placenta, cela se fait « presque » tout seul. On me pose Samuel sur le ventre et nous demandons à savoir le sexe car nous ne savions pas. Surprise c’est un garçon, nous sommes très heureux !!!

Céline


Olivia le 10 avril 2015


Je tenais à vous écrire après cet incroyable moment que je viens de vivre pour la naissance de mon premier enfant (c'est une fille! Nous avions gardé la surprise :)).
Si la grossesse avait déjà commencé à m'apprendre que dans la vie on ne décide pas de tout (ce dont j'avais déjà conscience mais qui n'est pas toujours facile à accepter... :s), cette naissance me l'a bien confirmer...!
"Souffrant" d'une cholestase gravidique sur ma fin de grossesse (disfonctionnement du foie pouvant entraîner de graves souffrances foetales, diagnostiquée à 7 mois et demi), mon accouchement était programmé à 38 semaines... Je n'étais pas spécialement ravie de cet état de fait car j'avais rêvé d'un accouchement naturel (ou tout du moins le plus naturel possible car j'avoue que je n'étais pas sûre de ma capacité à accepter et tolérer la douleur encore inconnue de l'accouchement...). La perspective de me retrouver pendue à une perfusion d'ocytocine pendant toute la durée du travail ne m'enchantai guère...
La semaine précédant mon déclenchement j'ai donc fait tout ce qui était en mon pouvoir pour essayer d'accélérer les choses : acupuncture, la bastille par les escaliers 2 fois, du vélo, des pensées positives pour que mon bébé se prépare et même une pleine lune mais rien n'y fait, mon bébé n'est pas encore prêt semble t il, ou peut être est ce moi...
Jeudi matin (le 9 avril) je me rends donc à l'hôpital, quand j'en ressortirai nous serons une famille de 3, voilà ma seule certitude, je ne sais en revanche pas combien de temps mon bébé mettra pour venir nous rejoindre : 24? 48? Ou 72h?!
Après examen, mon col n'est pas franchement prêt à s'ouvrir, j'aurais donc un tampon propess pour les 24 premières heures, pour préparer mon col avant mise en place de la perfusion d'ocytocine destinée à son ouverture.
Cette journée de jeudi se passe sans encombre, entre monitorings, escaliers et promenade autour des bâtiments de l'hôpital (tout est toujours bon à prendre pour accélérer le processus), visite du papa le soir, et à 22h30 extinction des feux, mieux vaut se reposer avant que les choses sérieuses ne commencent!
A minuit 50 je me réveille, je commence vraiment à ressentir les contractions, je me mets sur le ballon et essaie de lire un livre pour me distraire l'esprit (je me suis arrêtée au milieu d'un chapitre ...!), je n'utilise pas encore la respiration de la vague car je me dis qu'il ne faut pas user mes cartouches trop vite (et si le travail n'avait même pas commencé...!).
Vers 1h30, j'appelle les sages femmes, j'ai tout de même mal, elles me font un monito pendant 1h, je suis toujours sur mon ballon, les contractions ne sont pas régulières (3 qui s'enchaînent puis un peu de répit puis ça repart) ; cette irrégularité me fait penser (à tort mais je ne le sais pas encore) qu'elles ne sont pas réellement efficaces... d'un autre côté je me rends bien compte que je n'arrive pas réellement à trouver une bonne position sur le ballon pour me soulager pendant les contractions et gère ma respiration un peu comme je peux... j'avoue que cela m'inquiète un peu car comment faire ensuite lorsque les choses sérieuses débuteront..? mais j'essaie de rester dans l'instant présent car c'est semble t il la clé pour se sortir de l'angoisse de la douleur à venir. Et puis nous trouverons sûrement une solution avec le papa lorsque ce sera le moment!
Le monito se passe, il est 2h30, je n'arrive toujours pas à me 'mettre à l'aise'! Les sages femmes me conseillent de marcher et de prendre une douche pour accélérer le processus ; je ressens qu'elles ne veulent pas m'osculter maintenant de peur de me décourager si des fois mon col n'avait pas commencé à s'ouvrir... je marche donc (5 min un peu pour faire bonne figure...) mais la douleur devient ingerable pendant les contractions, je rejoins ma chambre et rappelle les sages femmes, j'ai très envie de pousser et commence à me décourager : franchement si ça ce n'est rien en regard de ce qui doit arriver ensuite, je veux une césarienne sur le champ!!! (Je sais bien dans mon fort intérieur que ce genre de requêtes n'est pas possible... et moi qui souhaitait un accouchement naturel...!!!).
Face à mon insistance, j'ai droit à mon premier examen du col... là j'avoue que je ne gère plus grand chose... j'entends juste un 'elle est à dilatation complète' paniqué de la sage femme... il est 3h22, j'ai quand même la présence d'esprit d'appeler le papa, mon message est concis : viens tout de suite! J'entre en salle d'accouchement in extremis: 6 personnes sont autour de moi, elles me percent la poche des eaux et la poussée commence. En 6 fois, mon bébé nous rejoint, mais ne pleure pas (l'accouchement a été trop rapide - il est 3h33). Les sages femmes l'emmène tout de suite voir un pédiatre, j'ai à peine le temps de le voir. Plusieurs pensées me traversent : le papa n'est pas encore là!!!, est ce possible que j'ai déjà mis au monde mon enfant (tout est allé finalement si vite)?! Moi qui redoutait les longues heures en salle d'accouchement, se peut il que je n'ai même pas eu le temps de vraiment ressentir le travail et la descente de mon bébé?! Je suis un peu choquée, inquiète aussi car j'espère que cet accouchement express n'aura pas de conséquences sur la santé future de mon enfant, et à la fois tellement heureuse. Victor (le papa) arrivera en salle 5 minutes plus tard avec notre enfant dans les bras, il me laisse découvrir que nous sommes maintenant les heureux parents d'une petite fille: Olivia.
Depuis tout va bien, Olivia est plutôt sage (mais je préfère ne pas me prononcer trop vite sur son caractère :)), je n'arrête pas de la regarder et de me sentir heureuse qu'elle soit désormais dans notre vie.
Je tenais à vous remercier Martine car je suis persuadée des bienfaits des enseignements de vos cours, qui m'ont beaucoup aidé dans ma gestion de la douleur pour au final parvenir à mettre au monde mon enfant naturellement. Rester dans le moment présent est assurément ce qui m'a "sauvé" pendant cet accouchement. J'espère que pour une seconde grossesse, j'aurai l'occasion d'utiliser un peu plus les outils que vous nous transmettez (respiration de la vague, sons, ...) :).
Merci beaucoup pour votre aide précieuse,
Au plaisir de vous revoir,
Anne-France

DSCF5382



Gaston le 18 avril 2015


Il est 15h en ce 17 avril 2015. Je m'apprête à faire une petite sieste lorsque je sens quelque chose d'étrange... Je pense à la poche des eaux... Se peut-il qu'elle se soit fissurée? Je ne veux même pas y penser! Là, c'est l'heure de ma sieste alors je mets ça de côté et je sombre pour 2 bonnes heures de repos. Pour l'arrivée de ce deuxième bébé je veux être prête, ce qui implique d'être en forme! Vers 17h j'émerge. Clémentine joue avec sa grand-mère en bas. Je descends les rejoindre. Nous profitons de cette fin d'après-midi en jouant, en chantant des comptines, en rangeant un peu la maison jusqu'à l'arrivée du papa vers 19h. C'est vers cette heure-là que je me suis rendue à l'évidence: la poche des eaux devait bien s'être fissurée... J'étais désespérée! Le scénario de la naissance de Clémentine n'allait quand même pas se répéter...! J’avais quelques contractions mais pas vraiment plus intenses que celles qui m’accompagnaient depuis ces 3 dernières semaines et surtout, je n’avais pas tellement l’impression qu’elles étaient régulières ou rapprochées... En tous cas, cette fois je savais ce que j'avais à faire: RIEN! En l'absence de contractions intenses, j'ai poursuivi mes occupations de la soirée. Vers 20h j'ai quand même prévenu Nico que nous allions certainement devoir partir pour la clinique dans la nuit. Nous avons donc rassemblé les sacs afin d'être prêt le moment venu puis nous avons fait un tout petit tour sous la pluie avant de nous coucher. Je rêvais de cette balade mais mon corps était finalement trop fatigué pour que nous prolongions ce moment délicieux... J’avais le bassin lourd et je sentais que quelque chose se réveillait dans mon ventre... Les contractions étaient là. Pas tellement intenses mais lorsque j’étais allongée, elles se faisaient plus sentir. J'ai recherché la détente avec la respiration de la vague et j’ai pu m’assoupir quelques minutes par-ci, par-là. Vers 1h30 j’ai eu besoin de m’activer. Je me sentais mal allongée. J’ai hésité à réveiller Nico n’étant pas sûre que le travail avait réellement commencé. Je ne sais pas vraiment pourquoi, je sentais qu’il ne fallait quand même pas traîner. J’ai donc réveillé Nico, nous avons rassemblé les affaires, chargé la voiture et à 2h nous sommes partis en direction de la clinique mutualiste. Sur le trajet, les contractions se sont légèrement intensifiées tout en restant vraiment gérables. Je fermais les yeux lorsque j’en sentais une arriver et je lançais la respiration de la vague tout en visualisant l’ouverture de mon col. C’était facile! Nous arrivions presque à la maternité lorsqu’une vague de déprime m’a soudainement
envahie. Rien à voir avec l’excitation que j’avais ressentie lors de l’arrivée de Clémentine il y a 2 ans... Et je me suis mise à cogiter, à me dire “et si je n’arrivais pas à aller au bout sans péridurale, et si, et si, et si...” N’importe quoi! J’ai chassé ces pensées inutiles de ma tête en me servant à nouveau de la respiration de la vague. Génial! Ca marche! Il était temps, nous arrivons à la clinique. Il est 2h30. Nous marchons jusqu’à l’entrée tranquillement. Je m’arrête une fois pour laisser passer une contraction. Nous montons au premier étage, par les escaliers et je m’applique à mobiliser mon bassin à chaque marche. Ca me fait du bien! Une sage-femme nous accueille, je lui explique que j’ai perdu les eaux et que j’ai des contractions qui me semblent à présent bien installées (régulières et sans aucun doute efficaces!). Elle nous explique que 2 autres personnes sont déjà en travail et qu’ils sont en train de leur poser leur péridurale. Je lui dis tout de suite qu’ils n’auront sans doute pas à en poser une troisième... On nous accompagne dans une salle d’examen et nous attendons là le retour de la sage-femme. Je reste debout et je mobilise doucement mon bassin. Je ne sais pas dire si mon bébé est bas, c’est vraiment quelque chose que je ne sens pas. En revanche, je sens un poids sur mon sacrum et lorsque j’arrête de faire danser mon bassin, j’ai l’impression que toutes mes articulations s’ankylosent. Je ressens des pressions, des tiraillements de partout. Alors je retourne au mouvement. C’est presque naturel de bouger comme ça. Ca me détend vraiment! Lorsqu’une contraction arrive, je continue à fermer les yeux, je m’appuie contre le mur ou contre Nico et je rappelle la vague de détente. Tout se passe très bien. La sage-femme revient et m’examine. Je lui dis que je me sens bien ouverte et que j’espère que je ne me trompe pas!... “Attendez, je vérifie parce que ça me semble bizarre... Non, c’est bien ça, vous êtes à 6!” Alors ça c’est une excellente nouvelle! Je lui dis quand même que je trouve ça étrange parce que j’ai l’impression que les contractions sont peu intenses et qu’elles ne durent que quelques secondes. Elle me répond qu’elles sont quand même d’une belle intensité et qu’elles durent bien 1mn30. Parfait! Alors tout va bien, je reprends confiance, l’excitation revient. La sage-femme nous propose d’aller nous installer dans notre chambre avant de retourner en salle de travail. Je lui explique que je préfèrerais aller dans la salle nature maintenant. En effet, le changement de salle à un stade avancé de l’accouchement m’avait fait sortir de ma bulle lors de la naissance
de Clémentine. J’aimerais vraiment pouvoir m’installer et ne plus bouger de l’endroit où je serai. Elle me conduit donc en salle nature. Il est 4h15. Une fois dans la salle, je fais le tour et je cherche l’Endroit où je me sentirai bien. J’installe les coussins, la lumière est tamisée, c’est très bien. Nico part quelques minutes avec la sage-femme pour poser nos affaires dans la chambre. C’est une fois seule que j’ai senti que les choses changeaient: jusqu’à maintenant, les contractions étaient tout à fait gérables et il me suffisait de fermer les yeux et de respirer tranquillement afin de laisser passer la contraction. Brusquement tout s’est emballé... Je ne tenais plus sur mes jambes et je ne savais plus comment me positionner. J’avais hâte que Nico revienne ! Finalement, à son retour, je m’étais écroulée sur un ballon, à genoux, la tête dans les bras. Je ne pouvais plus bouger. Je m’efforçais de relancer le souffle sitôt que je sentais que ma respiration se bloquait. Ca me soulageait mais je perdais facilement le fil. Nico me suggérait des outils que je saisissais volontiers : il se mettait à faire des sons, j’essayais de le suivre mais je n’arrivais qu’à émettre des râles... Je sentais que je n’étais pas loin de la panique et sitôt que je montais en pression, Nico me ramenait vers la détente et le lâcher prise avec des sons, des massages, son souffle... Je m’accrochais à tout ce qu’il me proposait jusqu’au moment où j’ai senti une pression très forte au niveau du sacrum. Mon bébé arrivait ! A partir de là, je ne me souviens plus que des sensations, je n’avais plus aucune image, j’étais complètement déconnectée de la réalité. Je me suis retrouvée sur un fauteuil en direction de la salle d’accouchement à pousser des cris libérateurs (les aigus sortaient tout seuls et me faisaient curieusement un bien fou !) et à m’excuser juste après (peut-être que la déconnection n’était pas totale malgré tout !...). Je suis arrivée sur la table d’accouchement mais je n’ai aucun souvenir de la façon dont je suis montée dessus ! Et là, je savais que je devais pousser. Je le sentais. Il y avait une telle pression dans mon bassin ! Mais à ce moment-là j’ai été saisie d’une peur intense. Un mélange de « et si je n’étais pas capable/ mais j’en peux plus !!/Mais je vais avoir vraiment trop mal ! ». Et puis tout s’est passé très vite dans un mélange de sensations à la fois douces et intenses. J’ai poussé mon bébé vers la sortie d’une façon un peu brouillonne et précipitée et en quelques secondes Gaston a pointé son nez. J’ai alors eu l’impression de me réveiller après avoir rêvé que je gravissais la montagne de ma vie et
j’ai découvert un tout petit bébé sur mon ventre apaisé, Mon tout petit. Quelle aventure ! Je suis tellement fière de nous ! Ce qui m’a vraiment aidée à aller jusqu’au bout, outre la rapidité de cet accouchement, c’est de me maintenir dans un certain lâcher prise grâce à la respiration de la vague, puis la respiration tout court. Le fait de rester debout le plus longtemps possible et surtout dans le mouvement m’a aidée à me détendre et j’ai vraiment ressenti un certain bien-être à pratiquer le mouvement de l’infini dans tous les sens, à tous les étages de mon corps. Enfin, le fait de « connaître » et de pouvoir visualiser les étapes de l’accouchement et la descente de mon bébé m’ont permis de relativiser mes peurs, de me raccrocher à mes sensations et ma confiance pour pouvoir pousser notre petit Gaston jusqu’à nous. Un grand Merci Martine ! Merci également à ysaline dont le cours pour les couples nous a beaucoup apporté.
Stéphanie

inconnu


le 1 mai 2015


J'ai suivi avec vous 4 cours de préparation à l'accouchement et je dois dire qu'ils ont changé ma vision de la grossesse et de l'accouchement et même sûrement pour aller plus loin, une certaine façon de voir la vie. Pour tout cela je vous remercie vivement.

Grâce à vous et à vos témoignages et enseignements, j'ai pu prendre du recul sur mes deux précédents accouchements et vivre celui-ci dans la joie et l'apaisement en sachant - et mon mari aussi!!- que je ne voulais pas de péridurale.

Mon fils est né le 1 mai, après 7h de travail qui sont passés, très très vite. Je ne m'étais pas mis de pression pour cet accouchement, pas d'attente en terme de durée de travail..., seulement l'envie de le vivre pleinement, de manière positive comme une vraie libération.

Voici mon témoignage

Raconter mon accouchement me trotte dans la tête depuis un bon moment mais pas facile d’aligner les mots dans le bons sens. Pour ma troisième grossesse au fond de moi je voulais accoucher sans péridurale. En effet lors de mes précédentes grossesse j’avais la volonté d’aller au maximum sans péridurale et à chaque fois lorsque la sage femme est venue pour me dire « voulez-vous que l’on vous pose la péridurale j’avais d’abord dit non puis pousser par mon mari, accepter. Ce qui fait que pour la première je n’ai rien sentie. On peut dire que cet accouchement était à 100% médicalisé, alors que celui du deuxième a été plus soft et j’ai plus senti les contractions. J’ai tout de même eu une période de flottement lorsque l’anesthésiste m’a posé la péridurale qui n’a marché que d’un côté puis m’a donné des nausées. Ensuite ça a été génial. Pour le 3ème, je voulais donc essayer sans péridurale pour vivre au plus profond mon accouchement. Je me suis préparée par les cours de yoga qui m’ont donnée pas mal d’outil. J’ai aussi préparé le papa, d’autant que c’était lui qui avait demandé la péridurale pour moi les deux autre fois, pensant que je ne m’étais pas préparée à un accouchement physiologique.

Donc le jeudi (une semaine avant le terme) j’avais pris rendez-vous chez l’acupuncteur pour me détendre et aider à l’accouchement. Les enfants étaient rentrés de vacances le mercredi et mes parents restaient un petit moment le temps que j’accouche. Tous les facteurs logistiques pour la garde des enfants étaient réunis. Le jeudi soir j’ai commencé à avoir de sérieuses douleurs en accompagnant ma fille au cours d’anglais, à tel point que de retour je suis allée prendre un bain et ai demandé à mon père d’aller la rechercher. Le reste de la soirée s’est passé sans soucis ni douleur. La nuit passe et je me réveille à 4h30 avec des contractions un peu douloureuses, je respire pour me détendre. Elles sont assez rapprochées et douloureuses, je les accompagne. Je décide d’aller me prendre un bon petit dèj avec du pain complet, on ne sait pas de quoi sera fait la journée et je vais avoir besoin d‘énergie. Je prends un spasfon et une douche puis me recouche, les contractions s’espacent, je me rendors et me réveille vers 6 h, les contractions sont encore présentent, régulières ou pas je ne saurais dire. Mon ainé se réveille à 7h, je le prends dans les bras – ça peut peut-être aidé. Je vais réveiller mes parents pour leur dire que c’est surement le jour J. Toute la maisonnée se réveille, et moi j’ai toujours de bonnes contractions – qui font bien mal, le moindre bruit m’énerve. Je me réfugie alors dans ma chambre dans le noir sur le ballon et quelques minutes plus tard, après deux-trois contractions- donne le départ à mon mari qui vient de finir de prendre sa douche. Les contractions sont très douloureuses et je respire, me détends.
Nous prenons la voiture, personne sur la route, pas de stress, pas d’angoisse, je suis zen, tout va bien se passer. Je n’arrive plus trop à marcher et prends un fauteuil pour aller jusqu’aux Urgences. Nous sommes accueillis par la même dame que celle qui nous avait accueillis pour mon fils, c’est Antoine qui la reconnait. Elle me dit « Il va falloir le pondre rapidement, si vous voulez une chambre simple ». Après les examens de base, la sage-femme m’ausculte, je suis ouverte à 6. Je pense « Cool ! » J’annonce également à la sage-femme que je ne souhaite pas accoucher avec péridurale. Elle me place alors dans la salle nature où il y a un bain mais les contractions sont tellement fortes que rien que l’idée de me déshabiller et de bouger ne m’enchante pas. Je serai très bien là. Je cherche ma position, enfin nous cherchons ma position avec la sage-femme. Elle s’en va chercher un fauteuil et me voilà les quatre fers en l’air sur la table à respirer fortement. Il faut que j’enlève mon jean et culotte ce qui me demande un effort surhumain, je me mets ensuite dans ma bulle et me concentre sur des sons graves et sur la musique de yoga que mon mari a mise, celle avec laquelle j’ai l’habitude de faire mes exercices, que j’ai eu lors de ma séance d’acupuncture et de préparation à l’accouchement chez la sage-femme. Cette musique me rassure. La sage-femme me demande si elle peut m’examiner, je suis ouverte complètement. J’ai envie de changer de position, elle me le suggère aussi. Je me retrouve de côté, une jambe en l’air, un foulard sur la tête car la lumière me gêne, je me bouche aussi de temps en temps les oreilles –surtout quand la sage-femme à la grosse voix arrive et fait des commentaires qui m’énervent, j’ai besoin d‘être en moi. Je pousse un grand cri, quelque chose de liquide passe entre mes jambes, c’est la poche des eaux qui vient de se rompre. Je fais des sons de plus en plus grave, au niveau du bas du ventre. La sage-femme m’accompagne dans la respiration avec sa voix chaude, elle me guide. Je n’en peux plus, la sage-femme me rassure, je suis à la phase de désespérance. Ouf ! cool, il ne me reste plus trop de temps avant de voir mon bébé. Je demande l’anesthésiste mais de me répondre qu’il n’est pas dispo tout de suite et que de toute façon j’y suis bientôt. Le bébé est en train de passer dans le bassin, je sens que ça pousse dans les fesses, une main bienveillante me masse le dos, me touche la jambe. La sage-femme fait une nouvelle vérification, le bébé n’est pas encore assez bas pour pousser. C’est douloureux, je suis animale, je respire dans le ventre, comme je peux, je chante des om bien grave. Ca y est j’y suis les sages-femmes se préparent pour l’expulsion. Olalala, ne me lâchez pas. Les contractions sont méga douloureuses.
Après trois contractions et de fortes poussées dans le bas du ventre, de gros cris de douleurs, voici mon bébé. Mais au fait, un garçon ou une fille, un garçon bien sûr je le sais au fond de moi, ce qui est confirmé quelques secondes après.
A L


Noa le 11 mai 2015


Notre Noa est arrivée lundi vers 18h30. Au final tout s'est passé encore mieux que ce dont j'avais pu rêver! Le tampon de prostaglandine a suffi et je n'ai pas eu besoin de davantage d'interventions extérieures. En quelques heures les contractions sont arrivées, rapidement très intenses et je suis passé de 3 cm à dilatation complète en 30 mn. La poussée a été un moment incroyable, d'une intensité foudroyante et magique. J'ai senti mon bébé progresser centimètre par centimètre et en quelques efforts colossaux, son papa l'a sortie de moi et mise sur mon ventre.
Le tout à pris moins de 4h, même s'il est évident que la durée n'a que peu d'importance.
Je te prépare un petit récit dès que je reviens sur terre mais sache que tu m'as été d'une aide incomparable. Je n'y serais jamais arrivée sans toi! La sage femme m'a tout de suite dit que j'étais une "martine texier tout craché"!

Voici le récit plus détaillé de la naissance de notre petite Noa.

J'ai eu la chance de connaître dès le départ l'état de grâce qu'est la grossesse et dont tu parles merveilleusement bien dans tes livres. Je ne m'attendais pas du tout à cela. Etant quelqu'un de très cérébral, je voyais un petit peu la grossesse comme une étape nécessaire pour avoir un enfant, avec ses petits bobos, ses angoisses, ses étapes à franchir... Quelle ne fut pas ma surprise de me découvrir incroyablement sereine, les sens en éveil, ressentant cet état d'ouverture et ce bouillonnement de vie ! J'ai été également bouleversée par la relation incroyable avec le bébé qui se tisse tout en douceur jour après jour. Autant d'états émotionnels qui m'ont profondément marquée et changée à vie !
Cela me semble important de le dire car j'imagine que nous sommes beaucoup à être dans mon cas : très actives, investies dans mille projets en même temps, à cogiter pour un oui ou pour un non, angoissées, stressées... La grossesse est une formidable expérience d'ancrage et de lien à la vie, pour peu qu'on se laisse la possibilité de le ressentir.

Pour en venir à la naissance de Noa, j'ai eu la chance d'avoir le temps de la préparer intensément avec tes enseignements. Je me suis rapidement mise à faire du yoga et de la méditation tous les jours. Cette préparation physique et mentale m'a été indispensable pour mener à bien mon envie de vivre un enfantement le plus naturel possible. Sans cette préparation, l'intensité m'aurait fait perdre complètement pied.
A partir du 7e mois de grossesse, j'ai eu de nombreuses contractions et j'ai été arrêtée. Etant persuadée au fond de moi que mon bébé était bien et qu'il ne risquait rien, l'angoisse du corps médical m'a tout de même un peu contaminée et j'ai tout de suite senti que je fermais toutes les portes à l'intérieur pour garder mon bébé au chaud. Au début du 9e mois, comme par magie, toutes les contractions ont disparu. J'ai commencé à me dire qu'il allait falloir faire un gros travail d'ouverture des portes. J'étais tellement bien enceinte ! J'étais en pleine forme, je faisais de longues balades et l'attente était vraiment délicieuse.
La date du terme approchant, une angoisse a commencé à s'installer : et si mon bébé ne venait pas ? Moi qui travaillais depuis des mois sur le lâcher prise, j'ai réalisé que j'étais loin du but ! Malgré tout ce que j'ai pu entreprendre (montée à la Bastille au pas de course, tonte de la pelouse accroupie avec des ciseaux, lavage et relavage des vitres, acupuncture, des milliards d'enchainements debout/accroupie...), rien ne bougeait et la date du terme est arrivée. Lors du contrôle à la maternité, on nous a annoncé que le bébé n'avait plus assez de liquide amniotique et qu'ils allaient devoir déclencher le travail. J'avais beau me répéter inlassablement ce que Martine nous enseigne : "chaque bébé emprunte le chemin qui lui est propre, ce n'est pas la femme qui accouche, c'est la nature qui met au monde le bébé, il faut cultiver l'ouverture et accepter ce qui arrive", j'étais inconsolable et je suis arrivée en pleurs le lendemain matin à la maternité. Je répétais inlassablement : " ce n'est pas ce que je voulais !"
Amélie, super sage femme, m'a mis le tampon de prostaglandines pour tenter de faire maturer le col et m'a dit qu'il resterait jusqu'au lendemain matin et que la perfusion d'ocytocine serait posée à ce moment là. A partir de 14h, j'ai commencé à ressentir des tiraillements de plus en plus intense dans le ventre et le dos ainsi qu'une incroyable pesanteur dans le périnée. Pourtant, au monitoring de 14h30, Amélie regarde le col et me dit que rien n'a bougé. Je retourne dans ma chambre, intimement persuadée que le travail se mettait en route. L'intensité, encore tout à fait gérable, monte rapidement d'un cran. Mon homme était rentré chez nous pour finir de préparer l'arrivée du bébé. Je l'appelle car je sens que je vais avoir besoin de lui très vite. Il revient vers 15h, comprend que le travail a démarré mais ne réalise pas tout de suite que les choses bougent très vite. Il prend le temps d'installer le tapis de yoga, de sortir les huiles essentielles, les balles de tennis et tout ce que nous avions prévu. Rien de tout cela ne nous servira !
De mon côté, je pars progressivement dans une sorte de torpeur. L'intensité monte encore et j'ai désormais du mal à marcher. Nous retournons en salle d'accouchement pour demander un ballon. Amélie nous conseille de nous mettre sous la douche pour me soulager. Il doit être 15h30 et je pense que nous avons bien passé 1h sous la douche, moi sur le ballon et Thomas à me passer de l'eau chaude sur le sacrum et sur le bas du ventre. Je suis littéralement décontenancée par ces vagues de douleur. Je ne m'attendais pas du tout à ça. Elles arrivent de façon très rapprochée et ne me laissent que guère de répit. Malgré tout, j'entre progressivement dans le rythme, c'est comme une danse. Je me soule de respirations de la vague et suis stupéfaite de leur efficacité. J'essaye d'accueillir chaque contraction avec bonheur et sans résistance. Je sens que je gère mais je sens aussi qu'il va falloir encore lâcher pour que le travail avance vraiment. Au bout d'un moment, cela va trop loin pour moi. Je tente sans succès une sortie de la douche mais la douleur me cloue sur place. On appelle la sage-femme qui comprend que les choses bougent. Je n'ai pas le choix, il va falloir sortir de cette douche, m'habiller et parcourir la centaine de mètres qu'il y a entre ma chambre et les salles d'accouchement ! Ce sera au final en fauteuil car je ne peux plus marcher !
Arrivée dans la salle d'accouchement, je me hisse sur la table et me mets sur le côté dans une position improbable que je ne quitterai plus. Je suis accrochée au cou de Thomas et l'image du rocher me sauve ! Je m'accroche à lui comme à la vie. Il est mon lien au monde réel. La sage femme réussit à m'examiner. Ouverture à 3 cm. Je suis partagée entre le "déjà, c'est génial" et le "seulement 3 !". Elle me dit que c'est super, que le travail a bel et bien démarré. Merci mais j'avais remarqué !!!
Les contractions arrivent toujours en rafales. Je demande comment ça se passe pour la péridurale. Connaissant mon souhait d'accoucher sans, elle fait diversion en me disant qu'on peut peut-être attendre 1h. A ce moment, je sens qu'il faut que je prenne une décision : soit j'arrête de lutter, de vouloir contrôler la douleur et je m'abandonne à elle, soit je lutte et je ne pourrai pas tenir. Je n'ai aucune idée de comment j'ai fait mais je choisis la première option et j'ai l'impression de sauter dans le vide. Les contractions sont toujours très intenses mais moi je ne suis plus vraiment là. Je m'efforce seulement de rester accrochée à mon précieux rocher. A ce stade là, les sons viennent naturellement, pendant et entre les contractions. Je n'ai jamais été à l'aise avec eux pendant les séances de yoga mais là cela me porte. Très vite, je sens l'envie de pousser. Je le dis à la sage femme qui, m'ayant examinée il y a 20 mn, n'y croit que très moyennement. Voyant que je n'ai pas d'autre choix que de répondre à ce besoin impérieux, elle m'examine à nouveau et voit qu'effectivement, je suis à dilatation totale. Elle me dit "le bébé arrive !". Je le sais déjà car je sens précisément mon bébé descendre et progresser lentement. Branle-bas de combat autour de moi : je n'ai toujours pas de cathéter, il faut installer la table pour la poussée, elle appelle du renfort. De mon côté, je pousse tant bien que mal, plus pour me soulager que pour faire sortir mon bébé. Je pense " ma pauvre, si Martine te voyait pousser comme ça !". Je suis toujours sur le côté et je sens que je suis vraiment inefficace. La sage femme me propose de me mettre semi-assise. Cette position sera idéale pour moi. Je me sens tout à coup puissante. La douleur n'est plus là. Je sens seulement le soulagement de pousser et je sens précisément mon bébé. Je sais que tout va bien. Les contractions s'espacent et me laissent un peu de répit entre. Quel bonheur ce calme entre deux poussées ! En très peu de temps, la tête sort, je peux la toucher. Je n'en reviens toujours pas. Tout va si vite ! La sage femme propose à Thomas de sortir lui-même le bébé de mon ventre, il hésite une demie seconde et se décide. C'est donc lui qui pose notre fille sur mon ventre. C'est un moment incroyable, il n'y a pas de mots. Il est 18h22, notre Noa est là. Il me faut un peu de temps pour réaliser. J'ai besoin que la délivrance se fasse pour me sentir disponible pour mon bébé. C'est quand la sage femme aura fini de s'occuper de moi que je serais vraiment prête pour accueillir ma fille et vivre ce fameux premier regard. L'histoire d'amour a commencé !

Quelques remarques pour finir : tout le travail quotidien d'ouverture et d'assouplissement, d'ancrage, de méditation a joué un rôle crucial pour moi, tout comme le fait de connaître précisément la physiologie. Savoir ce qui se passe dans son corps permet de lutter contre la peur et sentir son bassin s'ouvrir donne de la confiance. Et l'instant présent, le lâcher prise, on s'en doute mais cela fait toute la différence ! Et il faut absolument lire le bouquin de Maïtie Trelaun sur la peur de la douleur !
Merci infiniment Martine pour ces enseignements, qui vont bien au-delà, pour ma part, de l'expérience de la naissance de ma fille.

Toutes mes affectueuses pensées
Emilie

Adèle le 30 mai 2015


J’ai la joie de partager avec toi et toutes les autres mamans le chemin
que nous avons emprunté mon bébé et moi pour sa mise au monde « terrestre ».
J’avais comme tu le sais gardé dans mon corps et mon esprit un souvenir
quoique qu’émouvant et beau mais assez douloureux de mes précédents
accouchements en raison de la prise en charge médicale.
Je souhaitais une naissance physiologique. Bien sûr nous n’avons pas
prise sur tout mais forte de mes expériences, du long travail personnel que le
yoga et des rencontres (les interventions du sommet de la naissance furent un
déclic important), j’osais enfin suivre mon intime conviction : je pourrai
pleinement vivre cette naissance.

Je me préparais donc à élargir mon bassin et inviter mon enfant à venir avant le terme du 2 juin. Même mes rêves étaient baignés par cette ouverture !
Vendredi 29 4h00 : avec le chant matinal des oiseaux je sens mes premières contractions de travail. Je suis excitée et heureuse mais en même temps inquiète de savoir si elles vont continuer. Pour mon premier enfant ce travail avait duré 5 jours;
Je vaque à mes occupations de la journée : les contractions continuent doucement.
19h00 : j’ai dû mal à être pleinement avec mes enfants : je fais des postures ; ils m’imitent. Ils sont très excités. Je leur dis bien que le bébé essaie de faire toc toc mais peut être qu’il prendra son temps.
Je suis heureuse sur ma terrasse fleurie. Je regarde mes enfants par cette belle fin de journée. Mon corps travaille et je ressens une profonde plénitude et sérénité.
21h00 : J’ose demander à mon mari d’amener les petits chez leur
mamie. Tant pis si c’est une fausse alerte. Les contractions mêmes
espacées de 15 minutes sont régulières. J’ai besoin de me retrouver seule. Je prends un bain au son d’un raga. J’accompagne chaque contraction par une ouverture. C’est inouïe comme cela me fait du bien d’accentuer ces contractions. Je chante des sons au rythme des pulsations de mon corps.
Un orage éclate : il accompagne ces pulsations et l’intensité qui augmente. Je suis habitée par une joie : dans un état d’attention globale (de tatraka ?).
3h00 : les contractions sont toutes les 4 minutes. Partagée entre le souhait de rester dans cet état chez moi pour continuer ce chemin et l’appréhension que cela vienne vite et que je risque de ne plus pouvoir me déplacer à ma maternité, je questionne mon mari. Ce dernier après des massages et une présence juste m’avait demandé s’il pouvait se reposer. A son réveil il ne sait comment répondre : sans doute car je ne lui laisse pas le choix ;
Nous arrivons à la maternité à 3h30. Une jeune sage femme nous accueille et me pose des questions. Je regarde mon mari qui prend toute la mesure de son rôle de protecteur : c’est lui qui répond.
Protocole du monitoring d’entrée : verdict : effacement du col et
dilatation à 3. On ne me renvoi donc pas à la maison !
Je continue le travail dans la salle nature. Je suis si heureuse de ce travail engagé, plus que jamais j’ai foi en les postures et en mes compétences de femme ! La sage femme revient et tout d’un coup tout bascule. Elle m’annonce qu’après consultation de mon dossier et de mes antécédents les préconisations des médecins sont formelles : en raison d’une possible intervention instrumentale voire de césarienne la péridurale est fortement conseillée sinon ce sera l’anesthésie générale.
Coup d’effroi : elle m’annonce cela comme une mesure de sécurité ;
pour mon bien. Mon mari tente de m’aider en lui expliquant que mon choix était de ne pas avoir de péridurale afin d’avoir un travail plus rapide et moins problématique. Elle ne le regarde pas et continue de me fixer dans l’attente d’une réponse. Je suis perdue : j’essaie de lui expliquer entre 2 contractions que je comprends sa démarche mais que je trouvais cela bien rude de me poser un tel choix en partant du postulat que de toute façon cela se passerait mal.
J’essaie d’être conciliante et aimable mais je dois avouer que cela
m’est difficile ;
Elle nous laisse pour réfléchir. A son départ mes contractions s’arrêtent : le mental est revenu. J’ai peur, je doute, je me dis que mieux vaut la péridurale que l’AG, j’entre sans mon rendre compte dans ce discours médical. Mon mari tente de me rappeler à ma personne, mais c’est dur.
D’autant plus que tout le travail s’est arrêté. Je suis las et
épuisée : il est 9h00 du matin.

Avec le jour vient une nouvelle sage femme. Et pour moi elle fut une nouvelle source d’énergie et je reprends grâce à elle courage et foi en moi-même.
Il se trouve qu’elle a suivi la formation à Evian, qu’elle fait de l’acuponcture et qu’elle est mère de 3 enfants ! (Maud qui
sera notre lumière).
Comme par hasard le travail reprend sur un rythme et une intensité
soutenue ;
Cependant mon corps est épuisé par ses longues heures de travail (même avec un arrêt de 2h00). J’accepte la pose d’une péridurale lorsque je rencontre l’anesthésiste. Un médecin qui non seulement parle mais écoute !
Après lui avoir exposé ce que je voulais, je lui fais confiance.
Le personnel est à sa juste place. Mon mari me soutient dans le rythme du travail.
Rythme lent puisque la dilatation est longue. Relance par l’ocytocine de synthèse à 14h00.
17h00 : J’accompagne mon bébé vers la sortie. Tout ce travail est fait avec lui. Sa force est phénoménale. Son rythme cardiaque est idéal. Il m’autorise de prendre mon temps ; notre temps. Et non celui de l’équipe ou d’une certaine norme. Je le sens passer par le grand bassin. Puis arrive la petite porte du détroit inférieur. Je sais que s’il bloque ce sera à cet endroit. Je commence à avoir peur, je suis pleinement dans la désespérance. J’ai beau le savoir je peine à revenir connecté à mon enfant. Maud et mon mari sont présents. Je me mets dans toutes les positions que
je ressens d’instinct. La péridurale est si faiblement dosée que je peux bouger dans tous les sens avec mes jambes. Je ressens l’intensité des contractions qui ne cesse d’augmenter ; je sens la fin du chemin proche.
Mais l’enfant est bloqué. On me parle de forceps. Je refuse.
L’obstétricien arrive. Elle est étonnée de mon obstination. Elle accepte alors de juste guider la tête de mon enfant par une ventouse. Je pousse. Je suis submergée par l’intensité. Mon corps est entièrement voué à cette poussée interminable ; La tête vient. Les épaules sont bloquées encore un effort.
J’entends l’équipe qui commence à paniquer. Je suis au delà et me
souci pas d’eux. Je sais que j’y arriverai.

Un cri retentit ; mon enfant est sur moi. Nous avons ensemble trouvé notre
harmonie dans le travail. Notre temps.
Mon mari est ébahi ; il cherche à voir le sexe de notre enfant. Ce dernier est
posé contre moi, nous refusons de bouger. 10 minutes plus tard je cède et avec
bien du mal car l’enfant est pudique il m’annonce que notre bébé
sera nommée Adèle il est 18h00.

Peu importe la durée d’un accouchement, j’ai une nouvelle fois
appris que tout était vu d’esprit. Le travail ne fut pas long mais lent.
Les contractions ne furent pas douloureuses mais intenses. IL fallait bien cela pour ouvrir mon bassin qui malgré sa physionomie étroite a pu peu à peu
s’ouvrir. Adèle m’a accompagnée. J’ai beaucoup appris de
moi-même : serais-ce elle qui m’a accouchée ???
Audrey


Jean le 31 mai 2015


Témoignage de l'accouchement de Claire, le 31 mai 2015.
En vert et en italique, des petits bouts de point de vue du papa...

Notre petit garçon est né dimanche 31 mai 2015; je dois dire que je ne m'y attendais pas : le terme était pour le mardi 2 juin, jour de pleine lune... j'étais alors persuadée d'accoucher au terme, d'autant plus que je continuais à me sentir bien dans mon corps; nous avions même prévu d'aller passer la journée au lac le dimanche... Du coup, lorsque les contractions ont commencées dans la nuit du samedi au dimanche, j'étais persuadée qu'elles allaient passer, et que j'allais passer une journée normale... Comme tu disais Martine, ça ne se passe jamais comme on l'a prévu!! Mais ça, sur le moment...

Du coup, vers 2h du matin, j'ai ressenti mes premières contractions. Cela faisait quelques jours peut être que j'avais quelques petites douleurs, comme des douleurs de règles, que j'avais interprété comme la maturation du col. Ressentir ma première contraction a été une sacrée expérience; on ne peut pas se tromper; j'étais toute étonnée, excitée aussi, et en même temps, j'avais l'impression de comprendre... l'image de la vague... Je suis restée au lit, tranquillement, ou du moins en essayant de rester tranquille, me disant qu'il fallait me reposer, que ça allait sûrement passer. Mais au bout d'un moment, je me suis levée pour aller me poser au salon, éviter de réveiller mon compagnon car je bougeais beaucoup. Les contractions ont dû se rapprocher, mais je n'ai pas mesuré; j'étais en état d'observation tranquille, quoique déjà surprise par la force de ces vagues. Pas moyen de rester allongée lorsqu’elles venaient. Je me suis dis « zut quand même, je me sens un peu l'arrache! »

J'ai décidé de regarder quelques témoignages d'accouchement sur le site du Lotus Rouge, histoire de me laisser inspirer par d'autres femmes, car, tellement je ne pensais pas avoir à gérer les vagues là maintenant, je me sens un peu dépourvue de créativité! Et là, entre 2 contractions qui me laissent lire, je me remet en tête la respiration de la vague, l'existence du ballon etc..

Vers 4h je pense, je vais chuchoter à mon compagnon que, juste pour le prévenir, j'ai des contractions, mais qu'il peut rester dormir... Il me rejoint peu de temps après au salon; pas possible de se rendormir vraiment après cette information!! Je me rappelle qu'il me dit que les contractions sont quand même proches, et je me revois rigoler avec lui en le regardant, à 6h du matin, en train de récurer la baignoire pour que je prenne un bain dans une baignoire reluisante (ça semblait important pour lui)!! Je crois que c'est après cet intermède agréable pour gérer les contractions que j'ai commencé à perdre la notion du temps; que je n'avais déjà pas trop avant!

Nous avions prévu d'accoucher à la maison. Pendant mon bain, il a préparé le salon comme nous avions pensé, et puis j'ai dû gérer les contractions avec la respiration de la vague, le ballon je pense.. Puis à un moment, il a appelé la sage femme; j'étais déjà très intériorisée..les contractions étaient fortes et rapprochées je crois...

J'étais dans ma bulle.

Claire m'a réveillé vers 4h. Moi non plus je n'étais pas bien sûr que notre bébé arrivé le jour même. J'avais lu beaucoup de témoignages d'accouchement avec des faux départs plusieurs jours ou semaines à l'avance. Mais je me suis lancé dans l'aventure en me disant (comme depuis le début de la grossesse) qu'on verrait bien où tout ça nous mènerait !

Quoi qu'il en soit, pour moi le plus important avant l'accouchement et durant toute cette aventure a été d'essayer de permettre à Claire de se sentir le mieux possible, de suivre le flot de ce qui se passait, de prendre soin de sa « bulle ». Je n'en faisais pourtant pas complètement parti ; étant à la fois acteur et spectateur, j'avais malgré tout un regard extérieur et intellectualisé sur ce à quoi je participais.

Lorsque la sage femme est arrivée, j'ai à peine ouvert les yeux. On a continué à gérer les vagues. Je ne me rappelle plus les détails, mais les contractions ont été gérées à deux, avec mon compagnon, ou avec la sage femme lorsqu'il a eu, rarement, besoin de s'absenter. Je ne sais plus si je faisais déjà des sons; mais j'ai beaucoup utilisé les AOMmmm... avec zéro retenue apparemment ! Je me souviens qu'il y a eu quelques ratés dans la gestion des contractions, où je me suis fait surprendre par une contraction; j'ai alors complètement subi la douleur; l'image de la puissance du rouleau dans l'océan qui te ramasse, te secoue, te noie, etc, me semble tout à fait correspondre à ce que j'ai ressenti alors. J'ai dû jurer des choses genre "putain j'ai pas géré - aarrghh...!!, jme suis pas préparée...".

Je n'ai vraiment compris et ressenti la puissance et l'efficacité de la respiration de la vague que ce jour là. Je l'accompagnais en tirant sur mes bras, accrochés à mon compagnon, accroupie, contre le ballon...je sais plus bien, on a eu plusieurs positions; il faut croire que j'avais retrouvé ma créativité! Et puis avec le son. Nous avions une très chouette connexion; je crois que je l'ai juste houspillé quelques fois quand il ne me prenait pas exactement comme il fallait..

Il parait que l'ouverture de mon col a été rapide ; que vers midi je crois, la sage femme a appelé sa collègue, car elle pensait que la naissance était proche, il ne restait qu'un petit bourrelet devant..

A un moment donné, je sais que j'ai eu comme une envie de pousser. C'est là que le travail a commencé à stagner je crois.

La deuxième sage femme est arrivée; je ne l'ai même pas vue; enfin, pas regardé, mais j'ai sentie qu'elle était là, et c'était ok.

J'ai appelé la sage femme vers 8h. Comme c'était la fête des mères et que Claire allait bien, elle a pris un temps avec ses enfants et n'est arrivée que vers 9h30. Cela faisait déjà plusieurs heures que Claire avait des contractions intenses, régulières et rapprochées, mais pas de stress, nous étions en confiance, déjà dans notre rythme d'accouchement à deux. La deuxième sage femme est arrivée en fin de matinée. Ça a été difficile pour moi d'accueillir cette nouvelle personne dans notre petit espace d'accouchement. Je ne la connaissais pas et je pensais qu'elle resterait en dehors de la pièce, juste là pour aider à des petites choses et « au cas où ». Mais j'ai vu que cela ne dérangeait pas Claire et encore une fois j'ai préféré accompagner le flot.

Durant l'accouchement, Claire a passé probablement plus de temps à s'excuser de la façon dont elle parlait ou agissait qu'à nous donner des ordres ou être vulgaire ! Pourtant peu importait pour les deux sages femmes et moi ce qu'elle pouvait dire ou faire, notre seul objectif était d'accompagner ce qui se passait en elle. Je dois dire quand même que la présence des sages femmes était très rassurante pour moi ; je me serais senti démuni sans elles. Et c'était quand même bon d'avoir quelqu'un d'autre pour me permettre d'aller aux toilettes ou manger un morceau !

La journée n'a pas été si fatigante que ça pour moi. Certes, je manquais de sommeil, mais je suis habitué aux nuits blanches dans les festivals de danse, et accompagner les contractions de Claire ressemblait un peu à une danse où il fallait que je trouve la bonne position, le bon mouvement, la bonne tension pour accompagner la vague qui la traversait.

Nous avons continué à gérer les contractions, avec cette envie de pousser... mais je crois que je ne savais pas comment faire.

Apparemment l'enfant est bien descendu, il est arrivé dans le vagin, tout le monde voyait poindre son crâne, j'ai même pu le toucher.. Mais je n'arrivais pas à pousser efficacement.

Je ne crois pas l'avoir vraiment senti descendre, je sais juste qu'à un moment on m'a proposé d'aller sous la douche et que le jet d'eau chaude sur le sacrum était juste trop douloureux !

A un moment, j'ai eu un petit coach de poussée sur les toilettes; histoire de mieux sentir où/comment il fallait pousser, de lâcher avec la peur des selles aussi...

Nous avons poussé pendant un long moment. La sage femme écoutait régulièrement le cœur du bébé pour vérifier que tout allait bien. Je ne poussais pas assez longtemps. Je commençais à fatiguer. Le bébé allait bien, mais j'avais de moins en moins de force pour gérer les contractions et pousser, et je ne savais plus comment me mettre... Je n'arrivais plus vraiment à me détendre non plus entre deux contractions. Les sages femmes m'ont proposé différentes postures. Je pense j'étais un peu sortie de ma bulle aussi, et j'avais un état d'esprit défaitiste; "j'y arrive pas"...

Nous avons pris des tas de positions différentes : moi assis sur le ballon avec Claire à genou face à moi, Claire sur le ballon et moi debout face à elle, debout l'un en face de l'autre... Malgré quelques essais, il était hors de question que je la tienne par derrière! Dans toutes les positions, ce qui semblait important pour Claire était d'être légèrement penchée vers l'avant lors des contractions et que je lui tire les bras ou les épaules vers l'avant et le haut. C'était comme si tirer dans un sens permettait de pousser dans l'autre ; la tension dans nos bras était intense !

La sage femme a écouté le cœur du bébé par intermittence. Pour moi, c'était rassurant d'avoir des nouvelles de la santé du bébé et en même temps la présence du monitoring me déconnectait un peu de l'instant. Même lorsqu'il n'était pas utilisé il restait allumé et il y avait une petite horloge avec l'heure qui défilait dessus. J'ai eu du mal à me déconnecter du temps à cause de ça.

Au bout d'un moment, le cœur du bébé a montré des signes de fatigue. Nous sommes partis d'urgence à l’hôpital. Il était vers 17h30. Là, j'ai reconnecté avec mon bébé, je me suis efforcée d’être présente à lui, de le rassurer.. Je ne savais pas du tout comment il allait; il fallait qu'il aille bien; j'étais avec lui. Pendant ce temps mon compagnon a géré le départ aux urgences. Comme nous ne pensions pas accoucher ce jour, bien sûr, aucun sac n'était prêt pour le départ! Donc on est parti avec le strict nécessaire, un bonnet pour le bébé, un pantalon pour moi et zou en voiture.

Les gens me demandent souvent après coup comment j'ai fais pour descendre les escaliers.. Je sais pas!! Ça s'est fait comme ça sans réfléchir; normal; il fallait arriver vite à l’hôpital, c'est tout. L'installation dans la voiture a été plus délicate; j'ai dû insulter 2-3 feux rouges, trouver le trajet interminable (on doit habiter à 3-4min du CHU!!), et me rendre compte que gérer des contractions dans la voiture, c'est vraiment pas commode! Après avoir enfin trouvé le bon étage/couloir, été poussée sur mon fauteuil roulant, j'ai littéralement jeté mes chaussures et mes vêtements par terre, on a branché le monito et vu que le bébé allait très bien... Instants de respiration..

« Comment avez vous fait pour aller à l’hôpital ? » Question dérisoire... Je crois que si ça avait été nécessaire j'aurai porté Claire dans mes bras en courant sur le kilomètre qui nous séparait de la maternité. Heureusement la voiture était garée juste en bas de l'immeuble !

Claire a passé plus de 4 heures dans la phase des contractions. Elle a fait du mieux qu'elle a pu et j'ai été admiratif devant le courage et la volonté qu'elle a mit dans les poussées. Mais avec le temps, la fatigue et le découragement sont venus ; elle ne trouvait pas comment faire et ni moi ni les sages femmes n'avons trouvé le moyen de l'aider. Peut-être aurions-nous du la « coacher » plus tôt, peut-être y avait-il un mot, un geste à faire ?... Quoi qu'il en soit au bout d'heures de travail acharné avec le bébé qui ne sortait pas, il était bon de passer dans un autre lieu et de changer de méthode. Petite frayeur tout de même au moment du transfert vers l'hôpital, mais soutenue par le désir que tout aille bien.

Là, toute une équipe s'est occupée de nous; je n'étais plus du tout dans ma bulle, mais quand même je n'avais pas vraiment retrouvé ma diplomatie. Le personnel du CHU a été super; comme j'avais prévu d'accoucher à la maison et que le bébé allait bien, ils ont décidé de continuer à me faire pousser sans intervention médicale. Je me souviens avoir écrabouillé la main d'un jeune homme à coté de moi. Mon compagnon était là, et les 4-5 personnes du CHU présentes vraiment là aussi. J'étais très coachée, c'était chou, je crois que j'avais besoin de ça. Mais j'étais épuisée et réclamais, apparemment pas très diplomatiquement, que l'on me fasse une ventouse. Je voulais que mon bébé sorte...

Au bout d'un moment, ils me l'ont posé cette "p..." de ventouse... Et là, j'ai dû crier, insulter, que ça faisait super mal, qu'on me "défonçait le vagin"... Je ne savais pas ce que c'était une ventouse... En plus, elle a lâchée la première fois; on a dû recommencer; je crois que la gynéco n'était pas non plus très douce... Puis à un moment, mon compagnon m'a raconté cela après, ils ont observé le rythme cardiaque du bébé qui chutait, et là, ils y sont allés franco de la ventouse, m'ont fait une épisio, et tout le monde c'est mis à "crier" des : "Allez y madame ! Poussez ! C'est bien ! Lâchez pas !... etc.". J'ai poussé comme une folle, hors contraction; fallait que le bébé sorte; maintenant. Je ne savais pas les détails, mais c'était clair : c'était MAINTENANT. Et le bébé est sorti... C'est mon compagnon qui l'a recueilli et me l'a mis sur le ventre...

Quelle surprise que cette petite chose gluante et bleue sur moi... Puis son regard.. Quelques larmes.. On a dû me féliciter, m'informer de l'épisio, s'excuser qu'on ait dû intervenir... Mais tout était parfait pour moi! Ils avaient géré comme il fallait, toute l'équipe. J'étais heureuse; le bébé était là, en bonne santé. Il s'est mis à téter, pendant qu'on me recousait... J'ai quand même dû insister pour qu'on ne m'injecte pas de morphine pour être recousue! J'allais souffrir me disait le médecin!! Après les douleurs que je venais de vivre, ça me semblait vraiment pas nécessaire!! D'ailleurs, pendant les ventouses, j'ai quand même pris le masque avec gaz (hilarant?) pour atténuer les douleurs... Ça, je crois que c'était bienvenu en fait..

Nous n'étions pas préparé à ce qu'était une prise en charge à l'hôpital, à ce que la ventouse allait faire au crâne de notre bébé, à la pratique d'une épisiotomie en urgence, sans même nous demander ni nous informer. J'ai vu ce que Claire ne voyait pas. Je ne lui ai rien dit, sinon que tout allait bien, qu'il fallait qu'elle pousse, qu'elle allait y arriver, qu'elle allait faire sortir notre bébé. J'étais malgré tout très impressionné, un peu choqué par ce qui se passait entre ses jambes ; les manipulations sans ambages des gynécos, le crâne du bébé déformé par la ventouse. Confiance, confiance, tout va bien se passer, tout se passe pour le mieux...

Et finalement tout va bien.

Nous sommes rentrés tous les trois le soir même, tout allait bien, accompagnés d'une amie qui nous a aidé à gravir les escaliers de chez nous... pour notre première nuit en famille..

J'avais encore une sacrée énergie. Étonnant le dopage hormonal...! Ce n'est que les jours suivant que j'ai senti combien cela avait été physiquement engageant; je n'avais plus de force dans les bras, les jambes; l'entrejambe douloureuse...

Avec mon compagnon, nous avons pris le temps pour nommer notre enfant; on ne l'a déclaré en mairie que 2-3 jours après le naissance, bien que son prénom nous soit venu peu de temps après l'avoir rencontré... Il se prénomme Jean.

Je dois préciser que la séance de préparation à l'accouchement sur l'allaitement m'a bien servie en attendant la visite de la sage femme le lendemain!

J'ai repensé à la vision positive de la naissance que tu véhicules Martine... dans ces moments là, je crois qu'on est pas du prête à revivre ça! Maintenant, il en est déjà autrement... Même si je sais qu'il y a sûrement un petit travail à faire pour qu'une prochaine fois, peut erre, mon périnée puisse s'ouvrir... naturellement... que je puisse lâcher...

En tout cas, cette belle aventure continue, avec la découverte, chaque jour, de notre enfant, de la vie à trois...
Claire et le papa


Noémie le 23 juin 2015


J'ai enfin trouvé le temps de partager avec toi et les autres femmes ce beau moment de la naissance de Noémie. C'est une joie de partager ce que j'ai pu vivre car les témoignages des autres femmes m'avaient beaucoup apporté pendant ma préparation. C'est très riche d'entendre qu'ont vécu d'autres femmes et les petits "outils" qu'elles ont pu utiliser. Un grand merci à toi Martine pour tout ces petits conseils, ces techniques, cet état d'esprit par lequel tu nous guides pour se sentir prête à vivre pleinement cette mise au monde d'un petit être.

Ce qu'il faut savoir c'est que mes 2 précédents accouchements avaient été vécus de façon cérébrale avec beaucoup de désespoir au cours de longues heures (et mêmes jours) précédents l'accouchement. Cette fois je voulais partir sur une autre base, voir l'accouchement différemment et grâce à ta préparation, je suis arrivée très confiante en cette fin de grossesse, j'étais arrivée à avoir confiance en moi et mon bébé ce qui m'a donné l’énergie d'y croire le jour de la naissance.

Depuis 2 jours je sentais des petites préparations dans mon corps, le terme n’étais plus bien loin, j’étais donc rassurée de savoir que cela se préparait. Le lundi j'ai commencé à avoir quelques contractions espacées, non régulières et plus ou moins intense. J'en ai donc profité pour faire quelques exercices sur le ballon, d’élargissement du bassin, ce qui ne m'a pas empêché d'aller choisir le parquet (car nous sommes en plein travaux), de m'occuper de mes filles, je ne voulais pas penser "qu'à ça" car je sais d’expérience que ça pourrait être très long et ne veux pas m'épuiser ou me lasser : "et si c’était que pour dans 3 jours ?"

Jusqu'à environ 22h, les contractions sont toujours irrégulières mais peut-être un peu plus rapproché, je décide d'aller me coucher car on ne sait jamais, il faut que je me repose tant que je le peux encore. Je n'y crois pas du tout pour cette nuit. Le repos aura été de courte durée, impossible de m'endormir. L'intensité augmente d'un coup et se rapproche mais j'ai refusé tout le long de regarder la montre, ça m'avait beaucoup trop stressé lors des autres accouchements. Je me suis dit "je le sentirai bien quand il faudra partir". J'essaie quelques positions, je commence la respiration de la vague mais je n'arrive pas à la tenir très longtemps car l'intensité monte. Vers 1h du matin je prends une douche assise dans le bac de douche laissant couler l'eau sur mon ventre, c'est vraiment agréable (mais là je rêve d'une baignoire !), je respire profondément à chaque contraction et souffle très doucement. Je me sens bien à ce moment là, je laisse venir les contractions, je les vois arriver puis elles passent, je les vis une par une. Et je me serine dans la tête : "c'est la nature qui met au monde mon bébé" et je vis les choses vraiment différemment. En sortant de la douche je dis à mon mari qu'il faut partir à la maternité, même si c'est du faux travail. Arrivée à la maternité à 2h15, les contractions se sont franchement intensifiées, dès que j'essaie de lutter, j'ai vraiment mal, et au moment où je me reprend en lâchant prise, l'intensité diminue et la contraction passe. Cette fois j'utilise la technique du son "o" qui ne me quittera plus jusqu'au bout. Nous faisons les sons tous les 2 : ça m'a beaucoup aidé que mon mari les fasse avec moi. Là c'est un soulagement comme si je pouvais extérioriser ce qui se passe en moi.
La sage-femme m'examine et immense déception : dilatation à 2 "Madame, vous habitez loin ? Vous pouvez rentrer chez vous". Et voilà que ça recommence comme les autres fois. Pourtant je commençais à y croire. Le mental revient j'ai beaucoup plus mal, je désespère. Comment à ce rythme là et à cette intensité là je ne peux pas être plus dilatée ??? Maintenant j'ai les yeux fixés au monitoring. Heureusement que la sage-femme, avant de m'examiner, a eu la présence d'esprit de me demander si je souhaitais la péridurale : j'ai dit que j'aimerais éviter mais avec mon expérience, je ne voulais pas être déçue si je la prenais tout de même. Mais après cette annonce, je refuse donc de rentrer chez moi, c'est impensable car je ne peux plus bouger de ma position, je suis sur le côté et puis à ce moment là je me dit "il va falloir combien de temps pour être dilatée à 3 ou 4 pour pouvoir avoir la péridural car je ne tiendrai pas des heures dans cet état". Et le mental prend le dessus, j'ai du mal à revenir dans ma bulle. Le monitoring se passe et au bout de 45 min, je sens que j'ai une envie de pousser et à la fois je perds les eaux. On appelle la sage-femme, je suis vraiment angoissée par ce qu'elle va m'annoncer. Là, grande surprise : dilatation expresse : je suis à 7, elle veut m'emmener en salle d'accouchement car elle pense que ça va être très rapide. Je suis heureuse à ce moment là comme si j'avais gagné un marathon mais je reste un peu méfiante car à mon dernier accouchement la dilatation s'était bloquée à 7/8 pendant 2 heures. Mais je reprends confiance en moi. La sage-femme me dit : "bon là il faudrait se décider très vite pour la péridurale" puis enchaîne, "en fait ça tombe bien vous ne la vouliez pas, allez on y va, car ça ne va pas tarder". Elle aura vraiment bien fait de ne pas me laisser le choix car dans le doute peut-être aurai-je choisi de la prendre. Je continue toujours et encore les sons. Et moi qui pensais prendre le temps dans la baignoire, faire des massages, écouter de la musique de relaxation... parfois l’imprévu nous rattrape. Je passe en salle d'accouchement et de sentir cette envie de pousser me rassure. Je sens que ce n'est pas moi qui accouche, la nature accouche pour moi, je n'ai pas besoin de pousser, la poussée se fait toute seule accompagnée des sons. Je sens exactement où se trouve le bébé et il arrive très vite. Il est 4h, Noémie est posée sur moi. Je suis très émue, même euphorique de la voir. Je suis si heureuse que ce fut été si rapide, et sans péridurale. On est si bien tous les 3, c'est un moment magique.

Isabelle B


Jules le 25 juin 2015


Notre petit Jules est arrivé le 25 Juin 2015.
Je tenais à vous remercier pour les cours de Yoga qui m'ont énormément apporté: en préparation pour surmonter ma peur de l'accouchement et pendant le travail le jour J!
En effet, le travail a commencé le matin du 25/06. Cela tombait bien, sylvain (mon chéri était en vacances) et Martin (l'aîné était en vacances chez mes parents; la date du terme approchant...). Nous décidons de faire une petite balade en ville, direction le vieux campeur! Nous rentrons déjeuné tranquillement puis en début d'aprem; j'essaie de faire une sieste... Dans l'après midi les contractions se rapprochent et s'intensifient. Les postures sur ballon et la position debout m'aident à gérer ces contractions...ainsi que les exercices de respiration.
Vers 19h, on décide de manger un morceau car on sent qu'il va bientôt falloir aller â la maternité. Et là, très régulièrement (je ne me souviens pas le nombre de minutes) , je suis obligée de me lever, de respirer, de faire le mouvement de l'infini avec mon bassin pour faire passer la contraction. Sylvain commence à regarder sa montre et me dire qu'il ne va pas trop falloir tarder quand même! Alors je décide de prendre une petite douche bien chaude avant d'y aller! Le temps de prendre les dernières affaires: bouteille d'eau , fruits secs... Et on décide d'y aller!
En sortant de chez nous, j'ai le bonheur de croiser Réjane ( acupunctrice et amie qui m'a suivi pendant toute ma grossesse. Elle est aussi une ancienne sage femme.). C'est un signe! J'ai quand même un peu la trouille d'y aller. Réjane me rassure, me dit que tout va bien se passer et d'expliquer dés mon arrivée l'histoire de mon 1er accouchement et que je veux absolument pas revivre ça...
Arrivée à la mat'(20:30), il y a pas mal de monde ce soir là. On me demande si je peux patienter mais là, je sens bien que les choses se précisent et la sage femme voit bien que je gère très bien les contractions mais que le travail est bien amorcé! Â l'examen, le col est déjà dilaté à 6! Je suis assez fière d'avoir bien géré le travail pour le moment.
Ensuite tout s'enchaîne: on nous emmène en salle d'accouchement, je souhaitais une péridural déambulatoire donc l'anesthésiste arrive. Malheureusement, je n'aurais plus l'occasion de me relever avec la péridurale car le personnel est débordé et ils ne veulent pas que je me lève seule...
Vers 22:15, la sage femme revient, le col est dilaté à 9. La péridurale ne fait plus effet, elle rajoute du produit et appelle l'obstétricien.
Il commence à me faire pousser, puis me dit que je ne suis pas assez efficace, que le bébé doit sortir ( je comprends que sinon il utilisera du matériel...) alors je rassemble toutes les forces et là c'est bon, il a bien progressé. Ouf! Encore une ou deux poussée et voilà à 22:54, Jules est né!!!!
Il va bien et me voilà soulagée!!!
L'accouchement s'est bien passé!!!

Depuis notre sortie, Jules se porte bien malgré les fortes chaleurs...

Merci à Martine et Isaline pour vos cours qui m'ont été d'une grande aide....

Bonne continuation à vous,

Claire C

inconnu_1


Juliane le 9 juillet 2015


Je trouve enfin le temps pour mettre par mail le récit de mon accouchement. Ma petite Juliane est arrivée le 9 juillet (terme théorique 15 juillet).
Le mercredi 8 juillet je me réveille et après un passage au toilette, je vois du sang, panique à bord on part à la clinique, tout va bien, j’ai perdu le bouchon muqueux, le col est toujours fermé, court et mou. On passe la matinée à faire des courses, j’ai des contractions un peu douloureuses mais je ne prête pas attention, j’ai eu tout au long du 9ime mois des contractions et souvent elles étaient douloureuses donc je ne m’inquiète pas.
Le soir au diner, je n’ai pas beaucoup d’appétit et j’ai toujours mes contractions, je pars me coucher pour me reposer, je n’en parle pas à mon mari, pourquoi l’inquiéter surtout si c’est du faux travail. De 22h30 à minuit trente, j’ai des contractions toutes les 20min/30min gérables et j’arrive à m’endormir entre les contractions, de toute façon je me suis dis tant que je peux dormir autant dormir et garder mes forces et surtout ça veut dire que ce n’est pas encore le vrai travail!! De minuit trente à 2h30 du matin, les contractions sont toutes les 8 min puis 5min et là elles sont bien douloureuses, je reste allongée et je gère avec le souffle. Au début je faisais la respiration de la vague puis rapidement j’ai commencé à concentrer mon expiration sur l’utérus et sur la contraction, je me relâchais complètement entre deux contractions pour récupérer, respiration profonde et abdominale et je relâchais tous mes muscles (je pensais même à relâcher les muscles de ma mâchoire!!). Je visualisais mon col qui s’ouvrait comme une fleur. A 2h30 les contractions sont tellement douloureuses que je commence à émettre des sons les fameux O et Ammm que nous avons fait ensemble, et ça m’aidait beaucoup, pourtant pendant les exercices de yoga je n’étais pas fan des exercices de son mais pendant le travail ça m’a beaucoup aidé.
A 2h30 je décide de réveiller mon mari qui dormait dans une chambre à coté, il se lève d’un coup et comprend que c’est peut être le jour J (oui je n’étais toujours pas sûre moi même), il me prépare une bouillotte chaude et je continue à émettre mes sons à chaque contractions et à me relaxer entre chaque contractions. A 3h30 du matin, les contractions sont toutes les 5min depuis un moment, je decide de prendre un bain en me disant si ça ne s’arrête pas ça veut dire que c’est le jour J!! Le bain chaud est agréable mais les contractions sont toutes les 4min et toujours très douloureuses, je regarde ma montre il est 4h du matin, je sais qu’à la clinique les sages femmes changent à 7h et je me suis dit ça serait bien d’arriver pour 7h, pour pas avoir un changement d'équipe en plein milieu du travail mais je réalise qu’on doit partir parce que nous avons 40min de voiture avant d’arriver à la clinique, en plus nous habitons à la montagne (1000m) donc il y a les virages à gérer!!! 4h30 du matin on part, arrivée à 5h15 au parking de la clinique, mon mari a très bien géré la route et à chaque contraction j’appuyais fort sur son épaule, il ralentissait et moi je continuais mes cris (ou dois je dire mes hurlements??).
On arrive au parking, le veilleur de nuit me voit arriver, je m’arrête toutes les minutes pour crier il s’inquiète, appelle l’ascenseur et prévient les sages femmes à l’étage, mais je refuse de prendre l’ascenseur, ça va être l’escalier, je veux continuer à faire avancer le travail, arrivée en haut je vois la sage femme arriver avec une chaise roulante je souris et je lui dis que je veux marcher. En me voyant m’arrêter toute les minutes en criant, la sage femme (une jeune) s’inquiète et me demande si c’est mon premier enfant je dis oui et elle a l’air soulagé! elle me met un monito pour écouter coeur de bébé et m’examine rapidement et là elle me regarde d’un regard blanc et me dit, vous êtes à 9,5 de dilatation on part de suite en salle d’accouchement!! Victoire!! je voulais à tout prix gérer les contractions à la maison pour arriver au moins dilater à 5 à la maternité. Je demande la salle physio, et je confirme que je ne veux pas de péridural, la salle est chouette avec un grand canapé et plein de choses pour s’étirer, la sage femme me dit que je ne peux pas utiliser la baignoire vu que l’accouchement est imminent mais je ne la voulais pas, je voulais rester début et m’enraciner à chaque contraction, la poche des eaux se rompt je me mets à 4 pattes sur le canapé adossée à un ballon et je commence naturellement à pousser, la sage femme un peu paniquée me demande si j’acceptais d’accoucher plutôt sur le coté, j’ai compris que c’est plutôt le gényco qui allait pas tarder à venir qui prefere cela, je lui ai dit que j’étais prête à essayer mais que si ça ne va pas on revient à 4 pattes, elle était soulagée et m’a dit qu’elle me dira quand se mettre sur le coté, après 5 poussées à 4 pattes tout s’accélère le genyco arrive je bascule sur le coté, j’attrape mon pied et 3 poussée après ma petite est là!! Il est 6h19 du matin, 1h après notre arrivée à la clinique :) et pas eu besoin de changer d’équipe ;)
je peux vous dire que le souffle du yoga m’a énormément aidé à la faire sortir!! Ma puce a poussé deux cris puis elle a rien dit, elle regardait partout et elle était très calme, l’équipe médical était très étonné par son calme. Et d’ailleurs tout au long du travail son rythme cardiaque était stable. J’ai eu une déchirure superficielle de deux points et un accouchement sans aucune aide médical! Mon mari a pu voir notre petite sortir de mon corps et a été emerveillé, il en a longuement parlé après.
La delivrance s’est faire rapidement sans injection d’ocytocine ni rien (pourtant à la clinique ils le font systématiquement sauf pour les accouchements physio). Le genyco est venu me félicitait et j’oublierai jamais sa phrase “Madame je tenais à vous dire que je ne suis pas personnellement pour les accouchements physiologiques mais là vous m’avez impressionné, bravo”, la sage femme m’a demandé comment j’ai préparé mon accouchement et j’ai parlé de tes cours Martine, elle m’a dit qu’elle s’en doutait!
Durant tout le travail, et pendant les contractions, je parlais à ma fille pour l’encourager à descendre, pour lui dire que j’étais là pour elle, et pour qu’elle n’est pas peur, je me répétais aussi à moi les mots confiance et patience! A aucun moment je n’ai demandé la péridural et à aucun moment j’ai senti que je n’y arriverais pas, j’avais une confiance énorme en mon corps, en dame Nature.
Pour finir j’aimerais dire aux filles que mon accouchement n’était rapide que grâce à tout ce que j’ai mis en place depuis des mois. Ma mère a eu un accouchement long, avec péridural et dans ma famille nous sommes connu pour des accouchements longs, je ne suis pas non plus endurante (en temps normal) face à une quelconque douleur donc si pour moi ça été rapide, c’est surtout grâce :
  • cours de yoga à la maison tous les jours où je reproduisais ce que tu nous apprenais Martine
  • la meditation et la visualisation
  • le sport (je faisais quotidiennement du sport) surtout des squats
  • l’alimentation, j’ai diminué tous les produits animaliers et acidifiant et j’ai augmenté les fruits et légumes
  • un lâcher prise et une confiance dans mon corps et la vie, pourtant je suis quelqu’un de très cérébral
  • un mari qui m’a toujours soutenu et qui le jour J a su garder pied sur terre et être discret mais toujours présent

Enfin je voulais aussi dire qu’avant mon accouchement j’avais beaucoup de crainte quand au lieu où j’allais accoucher, je n’avais pas osé l’accouchement à domicile et la clinique que nous avons choisi n’était pas connu pour être dans le physio (clinique belledonne) et pourtant j’ai eu le plus beau des accouchements, ce n’est pas le lieu qui détermine mais bien vous, c’est votre accouchement, c’est votre corps, soyez confiante!
merci Martine pour tout, ton cours de yoga (et surtout tout ce dont tu nous enseignes) a été une lumière qui m’a permis d’épouser et d'accepter la douleur de l’accouchement, c’est sans aucun doute la plus belle des douleurs

Noha

inconnu_2



Sohan le 1er août 2015


Voici un mail pour partager mon expérience avec les futurs Mamans et te raconter mon accouchement, la naissance de Sohan, le 1er Août dernier par une jolie nuit de lune bleue à 3h51 du matin. Il faisait 4,090kgs pour 52 cm!
Au départ je voulais un accouchement physiologique, sans péridurale...

J'ai commencé à avoir des contractions dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 juillet, c'était comme des douleurs de règles, de plus en plus fréquentes, toutes les 5 minutes environ, mais la douleur était supportable, et j'arrivais à gérer, notamment avec le souffle et en faisant des sons. Je n'ai pas réussi à m'endormir, j'ai donc été m'allonger dans le canapé (aussi pour ne pas réveiller Thomas avec mes Om!), la matinée s'est poursuivie sur le même rythme, des contractions régulières toutes les 5 minutes environ, plus ou moins intenses, comme des douleurs fortes de règles. Je faisais quelques exercices de yoga pour assouplir le bassin comme tous les jours, je me suis dit qu'avec le poids prévu pour mon bébé, ce serait toujours ça de fait, pour lui faciliter la descente, surtout s'il arrivait ce jour là. Je me suis demandée si je devais aller à la maternité, mais j'ai pensé à ce que tu disais, et qu'on sentait la différence entre la phase de prétravail et la phase de travail, qu'il fallait se faire confiance. Je me suis donc fait confiance, j'ai été marché une heure tranquillement le long de l'Isère. J'ai évité au maximum de regarder ma montre (pas facile).
Puis les contractions ont cessé progressivement dans l'après-midi. Thomas est rentré le soir à 20h30, et c'était le début de ses vacances de 2 semaines. 30 minutes après, à 21h00, les contractions ont repris avec une intensité et une fréquence assez fortes et violentes (on dirait que Sohan a attendu que son Papa soit à la maison et en congés!). J'ai essayé de nouveau les sons, mais cela m'apaisait moins. J'avais envie de pousser fort lors des contractions, qui se rapprochaient et s’intensifiaient de plus en plus. Il n'y avait que la position accroupie qui m'apaisait et me faisait me sentir bien, et parfois à 4 pattes. Je me suis dis : "ça y est, ça, c'est le vrai travail!". Je ne tenais plus à la maison, on a donc décidé d'aller à la maternité, heureusement Thomas s'est occupé des affaires, moi je passais mon temps à faire des "Om", me lever entre les contractions et m'accroupir lorsqu'elles arrivaient. Je n'arrivais plus vraiment à réfléchir ni à penser. Dans la voiture, impossible de rester assise, j'étais à moitié à 4 pattes/accroupie, les fesses vers le pare-brise! Arrivée à la maternité vers 11h, la sage femme m'a dit que j'étais dilatée à 4cm et qu'elle était étonnée pour une primipare (qui en général arrive à dilatation 1 ou 2). On est resté un moment dans la salle d'examen, Thomas me faisait des points d'acupression (méthode Bonapace), et je faisais la respiration de la vague pendant les contractions, en me disant "la nature travaille et sait ce qu'elle fait", "ton corps sait ce qu'il fait", "ait confiance". Puis les points de pression ne m'aidaient plus et avaient tendance à me contracter encore plus, alors j'ai continué seule à faire la respiration de la vague. Je pensais aussi à ce que tu disais et depuis le début du travail, je me plongeais dans les sensations que je ressentais, en imaginant ce petit bébé qui allait vers la sortie avec chaque contractions, je me laissais envahir complètement par les contractions, j’essayais de surfer avec. Puis j'ai eu de plus en plus de mal à tolérer les contractions, la sage femme est venue, et sa voix douce et apaisante qui me disaient "c'est bien, respirez, soufflez doucement, pensez à un endroit où vous êtes bien" m'a fait beaucoup de bien, je l'ai mémorisée et repassée en boucle dans ma tête, ce qui m'a permis de passer encore quelques contractions. Puis j'ai été mise dans la salle nature, dans la baignoire, ce qui a permis une bonne détente entre les contractions, mais pas de changement pendant les contractions. Puis j'ai commencé à avoir un peu trop chaud, et je n'arrivais plus à détendre mon corps, les contractions devaient de plus en plus intenses et violentes, j'avais l'impression de ne plus avoir de temps de détente entre, j'ai vomi 3 fois de suite et j'étais vraiment épuisée, j'ai donc demandé la péridurale, j'étais désespérée, la sage-femme est venue m'examiner et m'a dit que j'étais dilatée à 7, que la péridurale pouvait mettre 1h à faire effet. Je me disais que je n'y arriverais jamais, que je ne tiendrais jamais 1 heure et que mon corps allait lâcher avant! J'ai donc eu droit à la péridurale, la douleur a cessé rapidement, je ne sentais plus les contractions, mais rapidement la sage femme et la gynéco sont venus dans la chambre, le rythme de Sohan avait baissé à la suite de la péridurale et d'une grosse contraction qui ne passait pas. Son rythme ne remontait pas, elles ont parlé de césarienne si ça se poursuivait ainsi. Là tout de suite, j'ai énormément culpabilisé d'avoir demandé la péridurale, et de l'avoir mis en danger, j'avais les larmes aux yeux et ommençait à paniquer. J'ai eu droit à du spray pour diminuer la contraction, qui m'a ensuite fait partir en hypotension, j'ai donc eu droit à un autre médicament pour remonter ma tension (je me sentais partir, Thomas m'a aidé à garder les yeux ouverts). Puis la gynéco m'a dit que j'étais dilatée à 8, elle a percé la poche des eaux et a massé le crâne de Sohan pour le stimuler. Moi je me suis dis "accepte ce qui arrive, on va y arriver tout les deux, allez Sohan, reprends ton rythme, ça va aller, on va le faire ensemble cette naissance, on va y arriver sans césarienne". Son rythme a récupéré, puis tout le monde est parti. Je n'ai eu qu'une dose de péridurale pourtant! Je ne sentais plus les contractions mais assez vite j'ai été à dilatation complète et j'ai ressenti une très grande envie de pousser, je sentais sa tête et sa pression dans mon bassin, alors je n'ai pas pu faire autrement que de pousser. La sage-femme a à peine eu le temps de s'installer. Il est sorti assez rapidement, avec de beaux cris, j'ai eu la chance de l'avoir tout de suite en peau à peau pendant plus de 2 heures et on a attendu que le cordon cesse de battre avant de le couper (comme je l'avais demandé). Je n'ai pas eu d'épisiotomie, juste deux petites déchirures superficielles avec 2 points (ce qui a étonné les sages femmes vu son poids et mon petit gabarit). La sage femme m'a dit que j'étais faite pour accoucher et que j'avais dû avoir une superbe préparation à la naissance (alors merci Martine et aux autres professeurs!)
Après tout ça, et avec réflexion, je crois que lorsque j'ai vomi et que j'ai demandé la péridurale, ça signait probablement une accélération de l'accouchement et la fin qui approchait, et je me suis dis que je ce moment de désespoir intense, était celui dont tu nous parlais qui arrive avant la fin du travail. Thomas était un peu dépassé, et les sages-femmes avaient beaucoup de travail (donc étaient peu présentes), et je n'ai pas réussi seule à passer ce cap, pourtant je pense qu'il ne manquait pas grand chose. Enfin tout a bien fini, et on est ravi avec Sohan. Je suis très contente d'avoir appris qu'il y a un projet de maison de naissance à Grenoble, je pense que le soutien d'une sage-femme qui nous aide et nous accompagne pendant l'accouchement est très précieux.

Voilà pour mon expérience, merci encore pour tout, et beaucoup de belles choses pour toutes les Mamans. Et peut être à bientôt.
Devi

inconnu_3



Maé le 19 septembre 2015


Bonjour Martine, et toutes les futures maman du cours de yoga.
Je vais vous raconter le magnifique accouchement de notre petite Mae. Pour le contexte, j'ai déjà un petit garçon de 3 ans 1/2, l'accouchement pour lui avait été long car j'avais perdu les eaux, ils avaient dû au bout de 18h me déclencher par ocytocines et ensuite la poussée avait été compliquée car je ne sentais rien...Je n'avais pas aimé la sensation de ne plus sentir mes jambes, de ne pas pouvoir me lever... Je n'avais pas envie de revivre la même chose, je voulais un accouchement sans péridurale pour pouvoir sentir, gérer les choses et vraiment accompagner mon bébé. Nous avons décidé de faire appel à une sage femme libérale qui fait des accouchements en plateau technique, elle m'a suivie tout au long de ma grossesse et pendant l'accouchement de chez moi à la maternité.
Le vendredi 18 je me sens différente, le bébé est vraiment descendu, je marche bizarrement et ça me pèse dans le bassin (le lâcher-prise du cours de yoga de jeudi a peut être fonctionné...).Mon compagnon m'avait offert a 18h un massage du corps de 1heure pour femme enceinte, au bout de 20 minute de massage, je ressens une contraction, j'essaye de ne rien faire paraître même je sens mon ventre se durcir et mon visage devenir rouge écarlate, je respire et laisse passer. Puis une autre 20 minute après, les contractions s'installent toutes les 20 minutes, je sens que ce ne sont pas les mêmes que d'habitude. Je rentre chez moi, dans la soirée on se pose la question est-ce qu'on fait garder le grand ou pas, mais on décide d'aller tous dormir, on verra bien pendant la nuit. La nuit se passe les contractions ne sont pas très régulières entre 10 et 20 minutes, j'arrive à dormir entre les contractions. Le matin on se lève j'ai l'impression que rien n'a changé toujours toutes les 20 minutes mais mon conjoint décide d'amener notre fils chez ses grands parents car il faut 1h30 pour faire l'aller retour. Quand il part vers 10h, j'ai l'impression que le temps entre les contractions se rapproche, toutes les 10-15 minutes, je fais le mouvement de la vague debout entre les contractions, je fais quelques exercices de yoga pour étirer le bassin et lorsque la contraction arrive je reste debout pour souffler et faire juste des petits mmhhh..Je prends une douche pour voir si ça passe, mais rien ne change, je sors et ça s'accélère toute les 5 minutes environs. J'envois un message à mon conjoint pour lui dire de ne pas tarder. Je gère les contractions en restant debout, toujours avec le mouvement de la vague entre chaque contraction, la douleur est intense je suis obligée de faire des sons plus fort, je fais surtout le OOOO... Mon compagnon arrive, je lui dis qu'il faut appeler la sage femme, il l'appelle pour lui dire que j'ai des contractions assez rapprochées toutes les 5 à 3 minutes. J'essaye une autre position allongée mais alors là, c'est horrible!! Je me sens bien que debout car j'ai l'impression de mieux gérer mon souffle. La sage-femme arrive, elle m'examine directement, je suis dilatée à 4 cm, on décide de partir directement à la maternité de Voiron pour que le voyage ne soit pas trop dur. Je me mets à l'arrière de la voiture, j'essaye de rester debout les mains sur le dossier du siège mais a chaque virage c'est horrible, le trajet a été difficile car je ne pouvais pas gérer correctement. Arrivée là-bas je m'arrête toute les minutes pour faire des OOO lors des contractions, ma sage-femme les fait avec moi et me dirige pour que le OOOO reste bien grave et long, elle me masse au niveau du sacrum en même temps. Je suis dans ma bulle et me concentre que sur les OOO, la douleur est très intense. On va en salle d'accouchement vers 13h30 et on fait un monitoring pendant 30 minutes. Les contractions sont tellement fortes que j'ai froid, j'ai des frissons partout et mes jambes ont du mal à me tenir, mon conjoint me masse le sacrum, je fais toujours des OOO... Après le monitoring, la sage femme m'examine je suis à 7 cm, elle me change de position pour faire descendre le bébé dans le bassin et soulager mes jambes. Je me mets a genoux sur le lit avec un coussin entre les fesses et les pieds, les bras appuyés sur le ballon devant moi pour faire des mouvements avec le bassin. Mais lorsque la contraction arrive, je crie" je suis pas bien", je me relève alors et me remets à la verticale à genoux les mains appuyées sur les cuisses, c'est beaucoup mieux comme ça. Je remets mes mains sur le ballon entre les contractions pour pouvoir lever mes fesses et bouger le bassin. La sage femme part faire des papiers elle me dit "si tu sens que la poche des eaux lâche, ne retiens rien laisse aller, n'aies pas peur!". les contractions sont très difficiles à gérer, j'ai l'impression de ne plus y arriver, je ne pense pas à la péridurale mais j'en peux plus, j'essaye de rester concentrée mais la douleur est si forte que mes OOO finissent par AAhhhh au moment du pic d'intensité. A 14h20 la poche se perce, je ne retiens rien et ressens même un soulagement. La prochaine contraction n'est plus du tout pareille ça pousse; alors je dit à mon conjoint "ça pousse appelle la sage-femme", il cherche le bouton ne le trouve pas alors il sort en disant "ça pousse vite". La sage femme arrive, elle enlève le linge salle pour nettoyer mais là je lui dis "elle arrive"! Elle a juste le temps de mettre un gant, la petite Mae glisse hors de moi en 1 minute. j'ai l'impression de ne pas avoir eu mal pendant la descente du bébé dans le bassin, même si mon conjoint m'a dit que j'avais poussé un cri très fort comme si j'étais très énervée, mais je ne m'en souviens même pas. J'ai l'impression de ne pas avoir poussé une seule seconde, la contraction a fait le travail toute seule. A 14h27 Mae est née, elle était toute calme et n'a pas pleuré avant de longues heures, elle était toute sereine.
Je pense vraiment que les exercices d'étirement du yoga que je faisais presque tous les jours durant le dernier mois ont vraiment aidé mon bassin à se préparer. J'ai pris aussi de l'homéopathie durant le dernier mois et pendant le début de l'accouchement pour favoriser un travail efficace et rapide.
Je ne pouvais pas espérer un meilleur accouchement, c'est aller vite, je suis arrivée à m'enivrer, a accepter et a ne pas me bloquer lors des contractions (enfin sur la majorité). J'ai eu quelques pensées sur le fait que je n'allais pas y arriver mais très rapide car je revenais toujours au moment présent.

Je te remercie pour tous ces exercices et ces conseils précieux, le yoga m'a surtout appris à connaitre mon corps et de ne pas avoir peur.
célia

Naissance Basile

Je ne sais pas vraiment pourquoi nous nous étions persuadés que notre fils arriverait au moins deux semaines avant le terme normalement prévu le 3 août, jour de la fête de ma mère. Aussi, dès le 10 juillet, nous étions prêts. Le 14 juillet, on regarde le feux d'artifice. Rien, toujours rien. On commence à se dire qu'il arrivera peut-être à terme et nous passons nos journées à la piscine grenobloise de Jean Bron. Dès que j'ai trop chaud je nage, dés que je suis à bonne température je retourne lire à l'ombre. Nous allons aussi au cinéma lorsqu'il pleut. Un jour nous avons même vu trois films dans la même journée. On est aussi allé marcher en montagne. Rien. Toujours rien. On profite de ce temps calme pour nous. On est bien, au calme. On pratique un peu de yoga chaque jour.
Le 30 juillet, nous décidons de composer une playlist de musiques pour l'accouchement. Ce n'était pas vraiment une nécessité mais un petit plus qui nous faisait plaisir. Nous y passons la journée. Et le soir, je me retrouve avec une playlist « naissance » sur mon iphone : soit 4 heures de musiques que nous présupposons adéquates pour un accouchement. Mais qu'en savons-nous vraiment ?Certaines sont lancinantes, d'autres faites pour être chantées ou dansées. On se couche en se demandant si tout ça servira vraiment mais quand même satisfaits de la tâche accomplie. Et ce bébé quand viendra t-il ? La tension monte.
Durant la nuit, je suis réveillée par ce que je pense être un gaz de ma part. Celui-ci est suivi d'un peu d'un petit écoulement. Je me dis « Ma pauvre fille ! C'est la fin des haricots ! Tu pètes la nuit ! ». Aussitôt pensé, je me reprends et me réveille : « Mais qu'est ce que c'est que cette histoire ? Et si j'étais en train de perdre les eaux ? Ce serait tout à fait mon genre d'être en train de les perdre et de me raconter une sombre histoire de pets ». Tout en rigolant de moi même, je me lève pleine d'entrain et après une petite douche, bien mieux réveillée, je peux affirmer que je perds doucement les eaux. Pas de doute. J'annonce donc la bonne nouvelle à Olivier et nous partons dans l'instant pour la maternité. La valise – vous l'aurez compris – nous attendait déjà depuis plus de quinze jours.
Il est 5 heures du matin, nous traversons la ville dans le calme. Nous nous rendons à pied à la maternité. Je respire l'air frais, je regarde le jour qui se lève, on voit passer des chats sauvages, on n'est pas pressé, on découvre des jardins que nous n'avions jamais vus.
Arrivés à la maternité, les choses se gâtent. Nous sommes coincés dans l’ascenseur. Effectivement pour je ne sais quelle obscure raison je me trompe d'ascenseur – celui-ci est hors service la nuit. Mais le problème n'est pas tant d'être coincés dedans que d'entendre la personne au bout de l'interphone de secours nous répondre pour toute aide « Mais sortez de l'ascenseur, voyons, sortez » alors que nous sommes bel et bien enfermés dedans. Je me dis « Ceci n'arrive qu'à moi » et ça me fait bien rire. Ca m'aide à rester calme. Enfin, une sage-femme entend les tambourinements d'Olivier sur la porte de l'ascenseur et nous libère. Elle est si charmante et atterrée de notre situation que nous n'en retenons que le comique.
Tout de suite après cet incident, je suis examinée à l'aide d'un monitoring. Je profite de ce temps pour faire une séance de relaxation complète de mon corps. Ceci fait, on nous donne une chambre. Comme les contractions sont très espacées et douces, je prends mon temps pour installer nos affaires et celles de notre fils. On a dû mal à réaliser que bientôt il sera là dans le couffin qui l'attend. La chambre est tout à fait agréable, l'endroit idéal pour perdre les eaux intensément. Car maintenant, cela coule à flots. Mais, cela ne nous inquiète pas, on peut même dire que cela nous plait bien... Après tant de journées à la piscine, cela me paraît tout naturel.
On passe la matinée à danser sur des musiques de notre fameuse et toute récente playlist. Nous choisissons les musiques les plus rythmées, les plus entrainantes. Nous dansons le signe de l'infini, nous chantons.
A chaque fois que je dois être examinée on en profite pour faire des respirations diverses et variées (abdominales, de la vague, sur l'utérus, du col...). Nous chantons aussi beaucoup pendant ces monitorings et nous émettons pas mal de sons et de murmures.
Lorsque midi arrive, j'ai faim et les femmes du service ne me donnent pas à manger. C'est seulement à 3 heures de l'après-midi que la situation se débloque et j'ai enfin un plateau repas. Ce n'est pas bon mais je mange avec plaisir.
A 4 heures, une sage-femme – déjà la troisième que nous voyons – nous propose de quitter la maternité pour une petite promenade. Elle nous donne deux heures. Nous sommes absolument ravis de cette perspective et nous sortons le sourire aux lèvres. Il fait beau et nous allons de jardins en jardins. Nos pas nous mènent jusqu'à la biocoop du quartier. Nous entrons et faisons quelques courses pour apporter une touche de douceur et de gourmandise aux repas de la maternité.
Arrivés à la caisse, nous rencontrons une amie avec sa fille de deux mois. Elle n'en revient pas de nous voir ici – moi, avec mes contractions et mon eau qui se fait la malle ; nous, joyeux et exfiltrés de la maternité. Nous profitons pleinement de cet événement en allant boire un verre ensemble. Son compagnon nous rejoint. Nous nous retrouvons donc tous les quatre en terrasse avec nos deux enfants – le leur de deux mois et le notre bientôt né. Je prends une limonade, j'en rêvais et il n'en restait qu'une. Nous trinquons. J'ai des contractions toutes les 8 minutes. Je me sens bien. Nous rions beaucoup. On essaie de deviner quel sera le visage de notre fils. On profite du soleil. Les serveurs pensent qu'on se moque d'eux quand on leur dit que je suis en train d'accoucher et que la maternité m'a donné une permission de sortie. Je les comprends, c'est irréel.
Lorsque nous rentrons à la maternité, mon pantalon absolument trempé, nous avons une heure de retard. Dans la chambre nous trouvons un gentil petit mot de la sage-femme nous annonçant qu'elle a de bonnes nouvelles pour nous. Elle nous donne rendez-vous devant les salles d'accouchement. Nous nous y rendons le cœur léger, un peu coupables toutefois d'avoir prolongé la ballade-récré d'une heure de plus. C'est alors que nous croisons le sosie de Louis de Funès sur un brancard. C'est définitivement une journée extraordinaire. Il n'est pas mort !
Dans la foulée, la bonne nouvelle de la sage-femme me paraît excellente : elle a plaidé en notre faveur - on ne déclenche pas médicalement l'accouchement tout de suite, on nous laisse plus de temps. Par contre, j'ai le droit à une séance d'acuponcture pour favoriser l'ouverture du col. Je prends toutes ces nouvelles comme une véritable chance et je me retrouve avec des aiguilles dans le ventre en train de chanter sur la table du monitoring que j'inonde abondamment. Tout va bien.
Pour couronner le tout j'ai le droit à un « décollement », une sage-femme passe son doigt dans le col et caresse la tête du bébé. Cela doit favoriser la mise en place du travail. De notre côté, on a l'impression que notre fils est de plus en plus proche de la porte. On se réjouit sans hâte, on profite. Par contre, on me pose un cathéter et on m'injecte un antibiotique : cela fait plus de douze heures que j'ai perdu les eaux. La peur de l'infection rode, elle ne m'atteint pas.
Nous dînons ensuite dans notre chambre avec la sensation que c'est notre dernier repas en tête à tête. Les contractions s'intensifient. Nous profitons de chaque instant. On a la certitude de vivre un moment privilégié.
Après le repas, Olivier rentre à la maison chercher mon ballon car je sens que cela va encore durer. A son retour je lui propose de se coucher car mieux vaut qu'il se repose et qu'il ne soit pas fatigué quand j'aurai besoin de lui. En cas de problème, je le réveillerai. Je suis en confiance, j'ai des contractions toutes les six minutes, j'ai ma musique, mon ballon, mes respirations, mes beaux souvenirs de grossesse et le sourire de Martine qui m'accompagne. Je passe ainsi la nuit à côté d'Olivier qui dort paisiblement. Toutes les quatre heures, on me ré-injecte de l'antibiotique. Entre chaque contraction, je m'endors assise par terre le dos au ballon. Je ne tiens pas couchée. Pour chaque contraction, un son, une pensée ou un souffle, de la joie dans tous les cas.
A 6 heures du matin – soit un peu plus de 24 heures après la perte des eaux, on m'invite à un nouvel examen. Je réveille Olivier. Le col commence à s'ouvrir correctement. Je suis ravie mais l'appétit vient à me manquer lors du petit déjeuner. Il est 9 heures, j'ai des contractions toutes les quatre minutes.
C'est à ce moment qu'une nouvelle sage-femme fait irruption dans notre chambre. Au premier regard, on comprend tout de suite qu'elle n'est pas tendre. A ses premiers mots, on apprend de plus que, pour elle, un bel accouchement est un accouchement bien maitrisé, c'est à dire bien médicalisé. Elle nous annonce sans la moindre douceur qu'on déclenche l'accouchement à grand renfort d’ocytocine. Je ne cherche pas à lutter, je ne chercher pas à m'opposer, je ne cherche pas à lui dire tout le mal que je pense de sa manière de nous parler. Je laisse couler et on la suis vers la salle d'accouchement mais j'ai le cœur brisé. Pourquoi le cœur brisé ? Juste parce que je n'ai pas accès à la salle « nature », à sa piscine... Parce que la sage-femme sur laquelle on tombe est froide, revêche. On dirait qu'elle n'aime pas son travail. Une vague de découragement me fait pleurer.
Mais là encore, nous avons eu beaucoup de chance. A peine se rapproche t-on des salles d'accouchement que j'aperçois quelqu'un que je connais. Il s'agit d'une des apprentis yogi grenobloise. Nous nous étions rencontrées lors de ma première séance de yoga-maternité à Grenoble. C'était aussi son premier cours. Nous avions un peu échangé, nous avions découvert que notre date de terme était la même et que nous devions accoucher dans la même maternité. Nous avions souri alors de ces coïncidences. Mais qui aurait pensé que nous accoucherions le même jour à la même heure, deux jours avant terme. Je me jette dans ses bras, nous nous enlaçons. Je suis si heureuse de la voir. Je ne connais même pas son nom.
Nous rentrons ensuite chacune dans nos salles d'accouchement respectives. Elle dans la salle « nature », moi dans une conventionnelle. J'ai alors le cœur léger. Je suis de nouveau pleine de joie et d'énergie. On m'installe la perfusion d’ocytocine, le monitoring. Je leur tourne le dos. Je suis debout à côté de la table d'accouchement, je danse avec Olivier. La sage-femme nous laisse seuls avec un ballon comme chaperon.
Serrés l'un contre l'autre, nous faisons des mouvements du bassin. Olivier me rappelle régulièrement ce que je dois faire pendant les contractions. Cela me rassure profondément. D'ailleurs je n'ai pas vraiment le temps de m'inquiéter car je suis toute bercée par mes sensations.
Première visite de la sage-femme, l'ouverture du col est de 3 centimètres. La sage-femme repart et nous reprenons notre danse. Olivier a faim et surtout froid aux pieds. Dans la précipitation, il est sorti de la chambre sans chaussures. Le voici pieds nus. Il part donc un petit instant se ravitailler et se chauffer. Je reste seule. On a confiance l'un dans l'autre.
A son retour, nous reprenons notre danse. Les contractions continuent de prendre de l'ampleur et je remarque qu'Olivier varie dans ses indications. Il ne laisse pas la monotonie s'installer. Il m'invite notamment à accueillir la contraction pour ensuite la repousser loin dans le sol. Je le suis et ce n'est pas chose simple. J'ai l'impression de lutter contre les contractions à grand renfort de tai-chi – discipline qui lui est familière.
La sage-femme revient au bout de deux heures – soit le double de ce qu'elle avait annoncé. On ne cherche pas à savoir pourquoi, de toutes façons je ne l'attendais pas. Elle m'examine, l'ouverture du col est de 4 centimètres. C'est peu. Elle n'est pas rassurante. Olivier commence à voir la césarienne arriver à grand pas mais se garde bien de me dire quoi que ce soit. Moi, je suis toute à mes sensations. Je me sens en totale confiance, je ne doute pas de la bonne issue de l'aventure.
Par contre, je décide de ne plus suivre les indications trop « tai-chi » d'Olivier. Fini la lutte. Je l'écoute parler, sa voix me suffit. Je garde les contractions pour moi, en moi. Par contre, je les vois comme des pluies de paillettes lumineuses. C'est très agréable. Je suis alors assise sur le ballon, toujours en mouvement, j'ai des contractions toutes les minutes, je m'endors entre chacune d'elles. Olivier veille à ce que je ne tombe pas.
La sage-femme revient, je monte docilement sur la table d'examen sans aucune attente. A peine sa main est-elle à l'intérieur de moi que je ressens la bonne nouvelle qu'elle va annoncer. Le col est ouvert à 7 cm. De joie, je bondis de table. Avec Olivier on est si heureux. Notre fils arrive. Pour moi, 7 c'est pour ainsi dire la dilatation complète. D'ailleurs à peine sur le sol, je sens une présence contre mon sacrum. Quelle joie ! La sage-femme le remarque tout de suite car j'ai envie de pousser. Elle s'active pour l'arrivée imminente.
N'ayant jusqu'ici absolument pas souffert, je suis alors si joyeuse que je ne ressens même plus les contractions. Je suis toute disposée à suivre les instructions de la sage-femme et de la jeune médecin qui nous a rejoint. Elles me demandent de remonter sur la table d'accouchement. Je m'exécute même si j'ai la sensation que je peux et – peut-être dois – rester debout, dans le mouvement. En temps normal, je me serai opposée à leur proposition. Impossible de lutter dans une telle situation, ce sera donc pour notre prochain enfant. Nous testons ensuite différentes positions. Le bébé ne vient pas. Olivier pense que je vais éclater. Il ne me dit rien heureusement. On trouve enfin la bonne position. Lors de chaque poussée j'accompagne notre enfant dans sa descente et entre chaque poussée je détends au maximum mon périnée. On me demande l'estimation de poids de notre fils. Je dis 3,2 kilos. On organise une poussée dite « finale ». Tout le monde pose ses mains sur moi. Je me sens bien. J'adore la chaleur de ses trois paires de mains. Je me sens entourée, choyée, privilégiée. C'est alors que je sens notre fils glisser en moi. Une vague de bonheur m'envahit au passage. Basile est né.

Si on fait un premier bilan...
Cela a duré 35 heures – nous n'avons pas trouvé le temps long.
Je n'ai pas eu de péridurale – je n'en n'ai pas eu besoin.
Nous avons eu la sage-femme la moins adéquate qui soit – elle nous a fait totalement confiance, nous lui en somme très reconnaissants.
La médecin a pris la liberté de m'inciser légèrement – je ne lui en veux pas.
Basile ne pesait pas 3,2 kilos – il en pesait plus de 4 et je ne lui en veux pas non plus.
Je suis fière de notre travail d'équipe.